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Se trouver sur la liste des sanctions de Kiev est un honneur pour Fabrice Beaur

Fabrice Beaur et Alexandre Zakhartchenko

Fabrice Beaur est un citoyen français installé dans le sud de la Russie.

Il est le chef du département de Russie/Caucase de l’Observatoire Eurasien pour la Démocratie et les Elections (EODE) et a dirigé une mission d’observation pour les élections présidentielles et législatives dans les Républiques populaires de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR), en novembre de l’année dernière.

Il a été placé en première position sur la liste des sanctions décrétées par Kiev. Pour rappel, récemment la junte kiévienne a publié une liste de 400 personnalités, russes, ukrainiennes et étrangères, qui sont désormais sous sanctions de la « nouvelle » Ukraine. Parmi ces personnes, on retrouve beaucoup de beau monde: Sergueï Choigou, ministre russe de la Défense. Roy Jones Jr., rappeur et multiple champion du monde afro-américain de boxe. Steven Seagal, célèbre acteur hollywoodien, Gérard Depardieu, ou encore Ramzan Kadyrov, le président tchétchène. Sans oublier plusieurs journalistes (merci la « liberté d’expression ») et représentants de la société civile russe, ukrainienne et de plusieurs autres pays.

Sputnik: Vous avez été placé premier sur la liste des sanctions décrétées récemment par Kiev. Quel sentiment cela vous inspire-t-il?

Fabrice Beaur : Mon apparition sur cette liste est un honneur. Et être le premier de celle-ci est pour moi un plaisir personnel que je ne cacherais pas.

C’est une reconnaissance de mon action en faveur de la résistance antifasciste des républiques rebelles du Donbass de Donetsk et de Lougansk.

Cela marque la fuite en avant du régime de Kiev qui ne sait plus quoi inventer pour expliquer sa répression armée sur les régions de l’Est et justifier sa politique suicidaire pour l’avenir de l’Ukraine en tant qu’Etat en inventant à tour de bras des « ennemis » de l’Ukraine.

Sputnik: Vous avez en effet pris part en qualité d’observateur aux élections présidentielles et législatives à Novorossia en novembre 2014. Un petit rappel de ce que cela représentait?

Fabrice Beaur : Le régime actuellement en place à Kiev est arrivé par un coup d’Etat dans la nuit du 21 février 2014. En totale contradiction avec l’accord signé le soir même qui validait une transition légale du pouvoir au niveau gouvernemental.

Les régions de l’Est et du Sud de l’Ukraine se sont alors soulevées pour refuser le cours russophobe du nouveau pouvoir.

La suite des événements, aujourd’hui, tout le monde les connaît. Soulèvement populaire, répression de la junte néo-bandériste pro-US de Kiev, organisation des milices populaires dans le Donbass, confrontation armée et naissance de facto de deux nouvelles entités étatiques; à savoir les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.

Il suffit de se rappeler des résultats sans aucun détour des referendums d’auto-détermination organisés dès le début du conflit pour comprendre que nous sommes face à une dynamique réellement populaire.C’est dans ce cadre que des élections ont alors été organisées en novembre 2014 dans ce Donbass en résistance. Il s’agissait de donner une assise légale à ces jeunes républiques.

J’ai alors participé à une délégation d’observateurs internationaux via une Mission de l’ONG EODE — Eurasian Observatory for Democracy and Elections. Comme je l’ai déjà fait en Priednestrovié (Transnistrie, ndlr), en Abkhazie, en Ukraine, en Russie ces dernières années.

Tant par les observations que nous avons faîtes, que le rapport de mission ou les résultats, ces élections ont été une étape reconnue de consolidation d’un processus démocratique que contestent seulement les partisans de l’escroquerie du « Maïdan ».

Sputnik: Le fait d’avoir été placé en première position sur cette fameuse liste de « sanctions », est selon vous un simple hasard ou une confirmation de la haine venant de la junte de Kiev à votre égard, pour le fait d’avoir permis à deux ex-régions ukrainiennes d’avoir des observateurs internationaux lors de leurs élections?

Fabrice Beaur : Mes actions pour soutenir le combat populaire des républiques rebelles du Donbass ne plaisent évidemment pas à Kiev.Si l’origine de tout cela est ma participation en tant qu’observateur international aux élections en République Populaire de Donetsk (DNR) en novembre 2014 comme nous venons d’en parler, je pense que c’est surtout ma rencontre avec Alexandre Zakhartchenko à cette même période qui a produit cette obsession sur ma personne. J’en ai pour preuve que les petits délateurs franco-ukrainiens de Paris se sont déchaînés pendant plusieurs semaines sur les réseaux sociaux contre moi. Je pensais que la haine de ces activistes aux méthodes de petits gestapistes sur le tard était seulement une poussée de fièvre. Mais me voir réapparaître dans cette nouvelle « liste noire » démontre semble-t-il que la peste néo-bandériste est belle et bien une infection généralisée en Ukraine, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat ukrainien à la main de la junte.

Vient s’ajouter à tout cela que l’ONG EODE, qui a organisé la mission internationale de monitoring électoral du référendum pour l’autodétermination de la Crimée et de Sébastopol.

Tout cela est évidemment insupportable pour le gouvernement pro-US de Kiev.

Sputnik : La liste comportait tout de même 400 noms de personnalités, parmi lesquelles des hommes politiques, des journalistes, des activistes de la société civile, des sportifs, des acteurs et un bien grand nombre de pays représentés via les personnes sanctionnées. Pensez-vous que la junte de Kiev continuera à élargir encore plus cette liste?

Fabrice Beaur: Ce n’est ni la première, ni la dernière « liste ». Il semble y en avoir plusieurs ou bien une dont la mise à jour constante soit un passe-temps à temps complet pour les ambassades ukrainiennes et du ministère des affaires étrangères de Kiev. Sans oublier le SBU dont le professionnalisme est aujourd’hui à l’image de la nature « pacifiste » des activistes du Maïdan qui l’ont intégré.

Sputnik : N’est-ce pas selon vous un aveu de faiblesse, voire d’isolation, de la part des autorités putschistes ukrainiennes qui à travers ce genre d’actes essaient de punir des personnalités, pour certaines très connues au niveau mondial, pour d’autres moins connues mais étant très actives afin que la vérité se sache sur ce qui se passe véritablement en Ukraine et dans les territoires l’ayant quitté? Et ce malgré tout le soutien affiché des élites politiques et médiatiques de l’Occident, ainsi que de l’OTAN, à ces mêmes autorités?

Fabrice Beaur: Je ne crois pas que la propagande grossière de la junte fonctionne encore auprès de la population ukrainienne. « L’ennemi » est une carte qui ne semble plus passer. Les « promesses » du « Maïdan » sont aujourd’hui lettres mortes. Rien n’a changé en Ukraine. Tout a empiré. Et non du fait de « l’agression de la Russie » mais de la politique antirusse et russophobe de cette junte néo-bandériste pro-US. L’alignement du nouveau pouvoir bandéro-oligarchique à l’allégeance atlantiste a produit un Etat-zombi où le ridicule côtoie la criminalité, la corruption à un niveau encore plus élevé que cela ne pouvait l’être dans le passé.

Si la junte de Kiev tient encore debout c’est par le matraquage de sa propagande et de sa chasse à tout ce qui s’oppose à elle. La situation économique et financière de l’Ukraine est catastrophique. L’Etat ukrainien est en réalité en banqueroute. Mais les organisations soi-disant internationales, mais sous contrôle U.S., que sont le FMI et la Banque mondiale la perfusent pour éviter d’en arriver officiellement à ce stade. Mais je crois que c’est peine perdue du fait que s’ils veulent sauver le système financier ukrainien, les banques, ils ne font que prolonger le supplice social que subit la population en Ukraine. Et retarder l’inévitable n’a jamais empêché qu’il se produise.

Maintenant, personne ne peut affirmer que demain se produira la chute du pouvoir en place à Kiev. Et si cela devait se produire par quel régime il serait remplacé. Dans la lutte d’influence entre oligarques et autres employés de l’impérialisme US, c’est à qui montrera le plus ses muscles afin de plaire à l’Ambassade US de Kiev qui est le vrai centre de commandement de la « révolution » (sic) du « Maïdan » (re-sic). En Ukraine actuelle tout est possible.

Surtout le pire!

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150930/1018503384.html

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Pas de gaz russe en Europe cet hiver ?

(…) « aucune préférence ne serait accordée à l’Ukraine »; « il n’y aura pas d’avance pour le transit de gaz en Europe; « pas d’accords supplémentaires sur les Accords de Minsk »; « et pas de concessions sur la Syrie »

Alexeï Miller, PDG de Gazprom

http://fr.sputniknews.com/presse/20150911/1018111605.html

Crise des migrants : les élites occidentales doivent assumer leurs responsabilités

Chaque jour qui passe, on voit sur les médias du mainstream ces images de migrants : hommes, femmes, enfants, qui arrivent massivement en Europe. Certains en perdant la vie avant de débarquer sur les côtes européennes, ce qui nous rappellent les images choquantes, notamment des derniers jours. Beaucoup admettent que c’est une tragédie humaine, d’autres appellent ouvertement à fermer les frontières et chasser les immigrés. La réalité est que c’est effectivement une véritable tragédie et les élites occidentales, médias comme politiciens, oublient incontestablement certaines choses qu’il faudrait absolument leur rappeler.

Les Occidentaux parlent d’un « déferlement », voire d’un « tsunami » de migrants. Avant de commenter, il serait bon de rappeler ce qu’avait dit le leader de la Jamahiriya libyenne, feu Mouammar Kadhafi, à savoir que le chaos orchestré par l’Occident dans différents pays, y compris le sien, finira par détruire ce même Occident, en premier lieu l’Europe. Passons à la suite.

Les élites de l’Occident sont soit véritablement aveugles, soit font une fois de plus semblant de l’être. Après la guerre orchestrée par la junte kiévienne contre son propre peuple, en premier lieu contre la population du Donbass, plus de deux millions de citoyens ukrainiens ont fui en Russie. Remarquez : pas en Europe qui porte pourtant une responsabilité évidente dans ce qui est arrivé dans ce pays entre novembre 2013 et février 2014, pas même dans les autres régions de l’Ukraine, dont ces personnes sont pourtant citoyens, mais bien en Russie.

Les représentants de l’ONU ont déjà admis le fait qu’un très grand nombre de réfugiés en provenance de l’Ukraine se trouvent à ce jour sur le territoire russe (les mêmes réfugiés que la sulfureuse étasunienne Jen Psaki, actuellement directrice des Communications de la Maison-Blanche, appelaient des « visiteurs temporaires » allant visiter leurs babouchkas en Russie)… Les médias occidentaux en parlent-ils ?

Passons à la Syrie. Le pays qui à ce jour a accueilli un très grand nombre de réfugiés syrien sur son sol n’est autre que la Turquie. Là aussi et selon les sources officielles, le chiffre de ces réfugiés approche deux millions de personnes. D’autant plus que les deux pays sont voisins et partagent une frontière commune. Le Liban est lui aussi très peu mentionné, pourtant accueillant lui aussi un nombre énorme de réfugiés : 1,2 million de réfugiés dans un pays dont la population totale est à peine de quatre millions. Pourtant, ils sont loin de faire le buzz comme l’Europe bruxelloise, ce qui fait croire à l’opinion publique internationale (merci encore au mainstream) que c’est l’Europe qui est devenue le principal « centre d’accueil » de tous ces gens, fuyant la guerre.

Passons maintenant aux responsabilités de chacun. Le leadership de la Turquie a effectivement joué un rôle négatif dans la crise syrienne, notamment par ses appels radicaux contre le président syrien Bachar al-Assad, surtout au début de cette crise (bien qu’aujourd’hui cette approche semble progressivement s’atténuer, le leadership turc ayant commencé à comprendre le danger extrémiste qui peut à l’instar de la Syrie, frapper également la Turquie). Néanmoins, la Turquie est-elle plus responsable de ce qui arrive en Syrie, que les élites occidentales avec leurs alliés du Golfe ? Très loin de là. Donc que ces derniers prennent eux aussi et pleinement leurs responsabilités.

Dans le cas européen, le problème qui se pose effectivement, c’est que tout ce chaos a été initié principalement par les USA. Donc logiquement, c’est ce pays qui doit accueillir la grande majorité des réfugiés, en provenance de tous ces pays où la main étasunienne a été fortement active. Pourtant, les USA ont d’ores et déjà annoncé qu’ils n’accueilleront que 1500-2000 réfugiés syriens. Intéressant comme approche mais très loin d’être nouveau et qui ne fait que confirmer une fois de plus la situation de sous-traitance dans laquelle se trouve l’Union européenne face aux Etats-Unis, chefs indiscutables. Un peu comme la guerre des sanctions Occident/Russie, dans laquelle c’est l’Europe qui sort la grande perdante (2 millions d’emplois perdus, 100 milliards d’euros en termes de perte financière, et ce n’est pas encore la limite). Parallèlement, les USA sortent évidement bien moins touchés, dû simplement au fait que les relations économico-commerciales entre ce pays et la Fédération de Russie étaient bien moins intenses qu’entre l’UE et la Russie. Par ailleurs et pour anecdote, alors que l’Europe a perdu et continue de perdre d’énormes parts de marché sur le territoire russe, principalement dans le secteur agricole et alimentaire, le business américain en Russie progresse…

Revenons à la question des migrants et répondons à deux questions simples. La Libye de Mouammar Kadhafi était-elle un pays émetteur de migrants ? Non, les Libyens immigraient peu et le pays se permettait même d’accueillir un nombre important de migrants en provenance d’autres pays africains et même d’Europe (principalement de l’Est : Bulgarie, Roumanie, Ukraine,…). Et aujourd’hui ? En plus d’être l’un des hauts-lieux du terrorisme international, la « nouvelle Libye » bhlienne, est devenu l’un des principaux points émetteurs de migrants, aussi bien de Libyens que de représentants d’autres pays, africains ou du Moyen-Orient. Et la Syrie d’avant la crise émettait-elle beaucoup de migrants à l’étranger ? Là encore la réponse est non, si ce n’est les hommes d’affaires et entrepreneurs syriens qui opéraient hors des frontières syriennes, l’immigration elle était minime. En tout cas très loin de ce que l’on observe aujourd’hui, lorsque des familles entières fuient pour ne pas se retrouver décapitées par des extrémistes barbares…

Conclusion : l’Occident, ou plutôt une fois encore ses élites doivent assumer le chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. Après que cette responsabilité soit partagée à part égale entre USA et UE, ce serait la moindre des choses, le seul problème est que le premier ne le voit pas de cette façon et l’Europe bruxelloise sera une fois de plus obligée de subir. D’autre part, ces mêmes élites, politiques comme médiatiques, doivent cesser de pleurnicher en répétant sans cesser et chaque jour qui passe le fait qu’ils accueillent quelques dizaines de milliers de migrants, venant de pays qu’ils ont eux-mêmes mis à feu et à sang, alors qu’en parallèle des pays comme la Russie et la Turquie accueillent des millions de réfugiés en provenance de la Syrie, du Yémen et de l’Ukraine. Sans oublier d’autres comme le Liban mentionné plus haut, ou encore la Serbie, pays non-membre de l’UE, n’ayant aucune responsabilité à porter dans le chaos orchestré par ses voisins occidentaux dans les pays aujourd’hui émetteurs de tous ces pauvres gens, et qui pourtant adoptent une approche beaucoup plus humaine.

http://fr.sputniknews.com/opinion/20150909/1018078093.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Article repris

L’un de mes articles (sur le « roi du chocolat » Piotr Porochenko, criminel non seulement contre la population du Donbass, mais également contre le peuple de Côte d’Ivoire) repris par le bimensuel camerounais Horizons Nouveaux Magazine

Моя статья (о том, что « шоколадный король » Порошенко преступник не только на Донбассе, но и в Кот-д’Ивуаре, на африканском континенте) перепечатана камерунскими СМИ

La « nouvelle Ukraine », Etat terroriste et criminel

Pistolet

L’Ukraine, ou plutôt sa version putschiste, avance vraisemblablement « à grands pas » dans la famille « européenne ». Un Etat, ou ce qu’il en reste, qui tourne désormais ouvertement vers la criminalité à tous les niveaux, ainsi que vers le terrorisme pur et simple.

L’Occident politique et médiatique, lui, ne fait que couvrir ces meurtres et atteintes à la liberté en ayant même le culot d’affirmer que l’Ukraine avance sérieusement sur « la voie européenne ». 

Il est quand même incroyable de voir une fois encore l’hypocrisie des élites occidentales. Une hypocrisie que l’on avait abordée tellement de fois. Mais à un moment, cela dépasse toutes les limites possibles. Après la tragédie de l’avion de la Malaysia Airlines, des accusations hystériques et sans fondements s’en ont suivi de la part des médias et gouvernements occidentaux, visant tantôt les résistants de Novorossia, tantôt directement la Russie et Poutine. Aujourd’hui ces mêmes « bien-pensants » sont devenus bien « calmes ». On est même arrivé à la situation où l’on voit à l’heure actuelle qu’il n’y a que la Russie et ses alliés qui soient véritablement intéressés à faire lumière sur cette tragédie.

Puis on a eu le meurtre à Moscou de l’activiste libéral, figure assez emblématique des années chaotiques russes 1990, Boris Nemtsov. Là-encore, l’hystérie occidentale n’a pas manqué, que ce soit au niveau des médias du mainstream ou des gouvernements. Un assassinat qui avait tout d’une provocation. Néanmoins le gouvernement russe avait promis de faire toute la lumière sur ce meurtre. Parallèlement, ces mêmes élites occidentales jouaient aux aveugles sur les disparitions, parfois quotidiennes, qui se déroulaient en Ukraine. D’autant plus que les victimes étaient presque toujours d’anciens cadres du président Ianoukovitch, bien trop souvent retrouvés « suicidés », selon la thèse officielle kiévienne.

Aujourd’hui, on y atteint véritablement le summum. Deux grands meurtres politiques en moins d’une journée. Le premier a ôté la vie à Oleg Kalachnikov, ancien président de la Rada (parlement ukrainien) et farouche opposant au putsch du Maïdan. Il a été retrouvé abattu à l’intérieur de l’immeuble où se trouvait son domicile, à Kiev. D’après les sources proches de la victime, Oleg Kalachnikov aurait dernièrement reçu plusieurs menaces émanant de groupes néonazis et ultra-nationalistes. Voici d’ailleurs ce qu’il a écrit à ses amis dans une lettre avant son assassinat: « Le génocide éhonté des dissidents, les menaces d’élimination physique et les insultes incessantes pour avoir appelé à fêter les 70 ans de la Victoire lors de la Grande guerre patriotique (que les nouvelles « autorités » kiéviennes tentent de faire oublier) sont devenues la norme dans l’Ukraine actuelle occupée par les nazis ».

 

Mais ce ne fut pas assez. On vient d’apprendre également l’assassinat d’Oles Bouzina, célèbre écrivain et journaliste ukrainien. Abattu dans la cour de son immeuble, toujours dans la capitale ukrainienne Kiev. Il était lui aussi bien connu pour être un opposant au putsch armé du Maïdan. Il restait néanmoins assez optimiste quant à l’avenir de l’Ukraine. Un avenir qu’il voyait avec la Russie. Des positions qu’il exprimait souvent lors de débats télévisés russes. Ces mêmes positions qui lui ont valu de perdre son poste de rédacteur en chef du journal « Segodnya » pour lequel il travaillait à Kiev. Ce ne fut pas assez pour les extrémistes néo-fascistes pro-occidentaux. Il leur a fallu l’atteindre lui aussi.

L’Ukraine tourne véritablement dans le terrorisme. Un terrorisme d’Etat dont on a déjà vu les résultats dans le Donbass et les massacres de la population civile. Comme dans d’autres territoires de Novorossia, notamment durant la tragédie d’Odessa avec des dizaines de personnes brûlées vives par des néonazis déclarés. On l’a vu avec le vol MH-17 de la Malaysia Airlines avec comme résultat près de 300 morts innocents, de différentes nationalités. Maintenant les putschistes kiéviens poursuivent leur « action » en assassinant tous ceux qui n’adhèrent pas à leur logique, le tout avec le soutien officiel et déclaré de Washington et de Bruxelles. On est également en droit de se demander où sont maintenant les cris des principaux médias occidentaux? Des « médias » surnommés désormais à juste titre comme des « médias-mensonges ». Mais il faut savoir que la vérité finit toujours par triompher. Et lorsque cela arrivera, les élites occidentales et leurs marionnettes fascisantes vont devoir répondre de leurs crimes. L’impunité n’est pas éternelle. 

Quant aux victimes et aux martyrs, que leurs âmes reposent en paix et que la terre leur soit légère. Condoléances aux familles et à tous les proches.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150416/1015692008.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

« Le Donbass ne refera jamais partie de l’Ukraine ». Entretien avec Konstantin Dolgov.

Konstantin Dolgov est co-président du Front populaire de Novorossia

Konstantin Dolgov est co-président du Front populaire de Novorossia.

Mikhail Gamandiy-Egorov, Sputnik France: Vous venez d’arriver de Donetsk. Comment se déroule la vie de la population depuis les accords de Minsk-2? Et globalement quelles sont les nouvelles?

Konstantin Dolgov: Le principal point positif de la trêve que l’on observe depuis les accords de Minsk 2 est que la population civile ne soit pas tuée. Néanmoins, la partie ukrainienne continue de violer l’accord de cessez-le-feu même si et il faut le dire cela se passe généralement sur la ligne de contact des forces ukrainiennes et de nos troupes. En ce qui concerne Donetsk, la ville est en train de revivre. On voit la réapparition d’embouteillages sur les routes. Et pour la première fois depuis le début de la guerre, on observe sur les points de contrôle des files d’attente de gens qui rentrent chez eux en République populaire de Donetsk depuis la Fédération de Russie.

Globalement, la situation reste très compliquée. L’un des principaux problèmes est que les retraités continuent de ne pas pouvoir toucher leurs retraites et ce depuis le mois de juillet de l’année dernière. Depuis le moment que Kiev ait tout simplement volé les retraites des gens. La position de la partie ukrainienne se résume au fait que puisque les habitants de Donetsk ont choisi la voie de l’indépendance, Kiev refuse donc de leur payer leurs retraites. C’est une approche véritablement hypocrite puisque tous ces gens durant de bien longues années avaient cotisé aussi bien au sein de la République socialiste soviétique d’Ukraine, puis au sein de l’Ukraine dite indépendante. De leurs salaires ils cotisaient au fonds de pension. L’argent du fonds de pension se trouve à Kiev. En conséquence de quoi, cet argent dû de plein droit aux habitants est tout simplement volé par Kiev et les personnes touchées ne peuvent jusqu’à présent pas toucher leurs retraites. Cette situation peut être caractérisée comme une catastrophe humanitaire. Nous avons à l’heure d’aujourd’hui environ 1,5 million de retraités qui se trouvent toujours sans retraites. Tout récemment nous avons commencé à payer les salaires aux employés de l’Etat, aux professeurs, médecins mais il y a encore un manque sérieux d’argent, en premier lieu cela concerne la masse monétaire. C’est ce qui a poussé le leadership de la république à déclarer que nous devenons une zone multi-devises où le rouble russe, l’euro ou le dollar ont tous une libre circulation au même titre que la hryvnia ukrainienne.

A Donetsk, comme dans nos autres villes, l’écho de la guerre se fait beaucoup ressentir. Beaucoup de gens ont été victimes dans ce qu’on appelle désormais l’ex-Sud-Est ukrainien. Et on le voit ne serait-ce qu’au niveau de notre fondation caritative Belaya kniga (« Livre blanc »), que je dirige. Tous les jours nous recevons des dizaines, et parfois même des centaines, de demandes d’aide. Directement de la part des personnes, ou via leurs proches, qui ont été blessés lors des attaques ukrainiennes. Certaines de ces personnes sont aujourd’hui handicapées. Ou encore de la part de personnes ayant perdu leur foyer après les bombardements ukrainiens. Notamment le village de Peski se trouvant non loin de Donetsk, qui a été tout simplement détruit et rasé. Les vétérans de la Grande guerre patriotique à l’instar des autres retraités ne touchent également pas ce qui leur revient de droit. Ce dont Kiev a l’obligation de payer mais qu’il refuse. Les orphelinats aussi se trouvent dans une situation très délicate, notamment au niveau de l’approvisionnement en produits de base, telle que la nourriture. Il y a des orphelinats aussi qui ont des problèmes de chauffage et d’approvisionnement en eau. En ce qui concerne les personnes devenues handicapées, bien souvent ils ont besoin de prothèses ou d’opérations couteuses. Des centaines de personnes juste à Donetsk.

Sputnik France: Tous ces problèmes que vous venez de mentionner, vont-ils pouvoir être réglés dans un avenir prévisible?

Konstantin Dolgov: Ils vont être réglés mais il faut bien comprendre que nous nous trouvons toujours en situation de guerre. Bien que la trêve soit globalement respectée, ce n’est un secret pour personne que l’Ukraine se prépare de nouveau à attaquer le Donbass. Vraisemblablement ils utilisent l’expérience du massacre opéré par la Croatie en République serbe de Krajina. Cette dernière était devenue un Etat à part entière mais la Croatie avec le soutien des instructeurs étasuniens et de sociétés privées appartenant également à de hauts gradés militaires américains, s’était alors préparée à la reconquête en mobilisant et en modernisant ses forces armées. Et au cours d’un « blitzkrieg » elle avait écrasé ce qu’ils appelaient « le foyer du séparatisme ». Kiev vraisemblablement prépare le même type de scénario et nous recevons bon nombre d’information confirmant cette thèse. Kiev mobilise ses citoyens. Bientôt leurs forces armées atteindront le chiffre de 500 000 personnes: l’armée ukrainienne, les soi-disant « bataillons territoriaux », la « garde nationale ». D’autre part, de sérieuses discussions sont menées sur les livraisons d’armes à l’Ukraine par les USA. Mais de fait les armes américaines s’y trouvent déjà et nous le savons. Lorsque nous avons libéré l’aéroport de Donetsk, nous y avons trouvé les armes Made in USA. D’autre part encore, l’Ukraine continue d’appliquer ce qu’ils appellent l’impôt militaire ou selon les termes officiels « l’impôt pour l’opération anti-terroriste » (1,5% de prélèvement sur les salaires et revenus ukrainiens, ndlr). De nouveaux véhicules blindés et autres armements sont envoyés à différents endroits, notamment dans les directions de Kharkov-Izium, Izium-Slaviansk et d’autres. Tout cela certainement pas pour appliquer les accords de Minsk.

Evidemment dans cette situation, il est encore difficile d’assurer une vie normale aux citoyens de la République populaire de Donetsk. Nous sommes obligés de nous préparer à la guerre qui très certainement aura lieu. C’est une question de temps. Nous allons assurer la défense des habitants de Donetsk, Lougansk et de nos autres villes. Cela nécessite évidemment beaucoup d’efforts, aussi bien au niveau du leadership de nos républiques populaires, ainsi que de tous les habitants. Et c’est ce qui rend difficile la reconstruction pacifique qui permettra de retrouver une vie normale. Notre devoir est d’assurer la sécurité de nos citoyens et le faire sans des forces armées efficaces est tout simplement impossible. Si l’Ukraine réussit à réaliser ses plans pour le Donbass et que nous ne puissions pas assurer une défense digne de ce nom, le nombre des victimes se comptera par centaines de milliers. Néanmoins et globalement la situation s’améliore déjà. Et aujourd’hui on peut même dire que dans certains domaines, la DNR et la LNR, dépassent le niveau des territoires ukrainiens, pourtant non touchés par la guerre. En premier lieu cela concerne les services publics. Les bâtiments résidentiels sont chauffés et bien mieux que dans le reste de l’Ukraine. D’autre part, nous avons gelé les prix pour les services publics alors que parallèlement en Ukraine sur certaines positions ils ont été augmentés de sept fois, notamment en ce qui concerne le gaz… Notre objectif est bien évidemment de poursuivre le travail dans cette voie afin que malgré la guerre et l’agression de l’Ukraine contre nos républiques, nous puissions assurer un niveau de vie meilleur dans nos républiques qu’en Ukraine. Il s’agit du meilleur argument possible pour tous les habitants qui se trouvent encore sur les territoires occupés par le pouvoir autoproclamé kiévien. Nous considérons que les 35 millions de citoyens de l’Ukraine qui se trouvent de fait pris en otages par un gang de criminels de guerre basé à Kiev, par les Porochenko, Iatseniouk et autres, représentent le véritable potentiel de développement de Novorossia auquel nous devons penser.

Sputnik France : Donc selon vous la reprise des combats est juste une question de temps, c’est bien cela?

Konstantin Dolgov : Oui. Et d’après les informations que nous possédons, cela peut arriver pratiquement d’un jour à l’autre. L’Ukraine possède toutes les possibilités de passer à l’offensive sur certains endroits du front déjà aujourd’hui. Bien que et il est important de le mentionner, l’application de Minsk 2 à la différence de Minsk 1 est garantie par plusieurs pays de la communauté internationale, dont deux possèdent un statut de puissances nucléaires: la Russie et la France. Mais il faut toujours se rappeler que la décision de violer l’accord Minsk 2 par Porochenko ne va pas être prise par ce même Porochenko, mais bien à Washington. Compte tenu d’une certaine stabilisation économique que l’on observe actuellement en Fédération de Russie: on voit que le rouble se renforce par rapport au dollar, que les sanctions appliquées par les USA et l’UE n’ont pas eu l’effet escompté sur la Russie, il est donc tout à fait probable qu’afin de recréer une situation de déstabilisation aux frontières russes, Washington poussera Porochenko à la reprise de la guerre chez nous dans le Donbass. La météo s’est détériorée en ce moment: un vent très fort, avertissement de tempêtes, à certains endroits fortes pluies et neige. Un moment donc qui n’est pas idéal pour lancer l’offensive. Mais les prévisions météorologiques annoncent que d’ici 10 jours, le temps deviendra ensoleillé. Au Donbass nous avons les steppes, qui sèchent rapidement. Donc toutes les conditions seront réunies du côté ukrainien pour un déplacement « confortable » de leurs véhicules blindés et donc pour attaquer nos villes. A notre niveau ce que je peux dire c’est que nous sommes prêts à contrer les attaques qui nous visent.

Sputnik France : En ce moment on observe beaucoup de discussions externes sur l’avenir de la DNR et la LNR. Certains parlent d’une « large autonomie » et qu’en tout cas les républiques populaires vont rester « au sein de l’Ukraine ». Pouvez-vous aujourd’hui répondre à cette question et mettre les points sur les « i »?

Konstantin Dolgov : Ce que je vais dire sera mon opinion personnel. Je parlerai de la tendance générale que j’observe. Cette tendance générale est simple: le Donbass dans tous les cas ne refera plus partie de l’Ukraine. Si c’était l’opposé, les millions de personnes vivant dans nos républiques ne le comprendront tout simplement pas et ne pourront l’accepter. Ils seront alors obligés de partir massivement. Où? Bien évidemment sur le territoire de la Fédération de Russie, le seul pays qui assiste véritablement Novorossia. En premier lieu grâce aux convois humanitaires que la Russie envoie dans le Donbass. Non, le Donbass ne fera pas partie de l’Ukraine. Nos habitants sont catégoriquement opposés à toute idée de retour au sein du pays qui massacrait ses concitoyens d’hier. En parlant d’indépendance, j’aimerai à ce titre faire un retour aux événements du printemps dernier, du printemps 2014 rentré dans l’histoire comme le « Printemps russe ». Nous allons regarder la vérité dans les yeux. Les gens qui sont sortis dans les rues pour manifester ne le faisaient pas pour la DNR et la LNR. Oui, il y avait ceux qui dès le départ réclamaient l’indépendance, il y avait aussi ceux qui prônaient la fédéralisation au sein de l’Ukraine. Ces derniers étaient certes bien minoritaires mais ils y étaient aussi. Le fait principal est que l’écrasante majorité des habitants des régions de l’ex-Sud-Est ukrainien voulaient suivre la même voie que la Crimée. Mais ce qui nous réunissait tous était le fait que nous réclamions la tenue d’un référendum pour déterminer le futur de notre terre dans la mesure où un coup d’Etat anticonstitutionnel venait d’avoir lieu à Kiev. Il n’y a donc plus de pouvoir légitime ukrainien au niveau de l’Etat. Le pouvoir passait au niveau des autorités locales qui devaient déterminer leur futur. Certaines d’entre elles ont préféré faire allégeance au gouvernement putschiste autoproclamé à Kiev. Mais les collectivités territoriales n’ont pas disparu et à ce titre Donetsk, Lougansk, Kharkov, Odessa et les autres régions voulaient qu’une seule chose: un référendum sur leur statut. Ce que je peux dire une fois encore c’est que dans toutes ces régions de l’ex-Sud-Est ukrainien, l’écrasante majorité des habitants souhaitaient suivre la Crimée et rejoindre la Fédération de Russie. Et même lorsqu’on a vu la formation des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk après le référendum du 11 mai dernier qui devait justement valider leurs indépendances, c’était vu par les habitants comme un statut provisoire. Le 8 mai je suis sorti de la prison de Kharkov et j’ai dû quitter le territoire ukrainien pour éviter une autre arrestation par les services spéciaux kiéviens qui se profilait pour me retrouver à Donetsk. Et en observant les sentiments régnants, aussi bien à Donetsk qu’à Lougansk, la création des républiques populaires était perçue comme une étape intermédiaire avant le rattachement à la Fédération de Russie. A ce titre, on se préparait à faire une demande officielle. Puis le 26 mai les premières bombes ukrainiennes sont tombées sur Donetsk. L’aviation ukrainienne a lancé ses bombardements. Et la guerre se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Mais à titre personnel, je suis convaincu qu’à un moment ou un autre, la grande partie du territoire appelé Ukraine, à l’exception probablement des cinq oblasts de l’Ouest, va demander à rejoindre la Fédération de Russie, y compris Kiev.

Sputnik France : Donc selon vous le projet Novorossia va s’étendre bien au-delà des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk?

Konstantin Dolgov : Je pense qu’un jour on verra le drapeau de Novorossia en qualité d’un des sujets de la Fédération de Russie, au même titre que celui de la Crimée qui a été rajouté au sein du bâtiment du Conseil de la Fédération regroupant tous les drapeaux de tous les sujets composant la Russie. En fin de compte, on y verra aussi le drapeau de Novorossia.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150402/1015467226.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Sans le putsch du Maïdan, l’Ukraine verrait aujourd’hui des élections présidentielles

Heurts à Kiev (Archives)

On dit bien que l’histoire ne tolère pas le mode conditionnel. L’Etat ukrainien en est le parfait exemple. En ce moment même auraient pu s’y dérouler des élections présidentielles légitimes.

Mais les maîtres outre-Atlantique en ont décidé autrement avec l’assistance de leurs marionnettes locales et semi-locales. L’Ukraine en a payé les frais et continuera vraisemblablement encore.

Les élites étasuniennes et bruxelloises, ainsi que certains « bien-pensants » au sein de ces pays aiment à répéter sans cesse que la Russie n’a pas respecté la souveraineté de l’Ukraine. Pourtant est-ce la Russie qui à travers des scénarios calqués ait organisé une énième révolution de couleur? Est-ce les politiciens et diplomates russes qui dès les premiers signes du chaos régnant soient apparus sur la place du Maïdan pour distribuer les biscuits et autres produits périmés? Est-ce la Russie qui a donné des garanties au niveau des ministres des affaires étrangères pour soi-disant « aider » l’Ukraine à sortir de la crise politique pour ensuite sans attendre trahir ces engagements? Non. Et les acteurs visés connaissent parfaitement les réponses à ces questions. La Russie a tout au contraire et dès le début de la crise ukrainienne appelé à respecter la souveraineté du pays et ne pas envenimer la situation. Les Occidentaux ont fait la sourde oreille…

La réalité est que la souveraineté de l’Ukraine a été trainée dans la boue dès que les USA aient décidé d’aller jusqu’au bout pour d’une part tenter de prendre une revanche sur la victoire diplomatique russe en Syrie et d’autre part prendre contrôle d’un pays qui partage des liens particuliers avec la Russie (ne serait-ce qu’au niveau des relations familiales). Et bien évidemment s’emparer avec le soutien de leurs suppôts néonazis et ultra-nationalistes de la Crimée et notamment de Sébastopol, historiquement et spirituellement russe depuis des siècles, pour les transformer en bases de l’OTAN. Cela aurait effectivement été une gifle magistrale à la Russie.

Mais depuis que le monde est devenu multipolaire (non sans l’assistance de la Russie), les plans étasuniens ne se passent pas toujours comme prévu. Si Kiev est tombé sous leur contrôle, la Crimée elle a su très rapidement et de façon responsable répondre à ce défi. La résistance a été organisée par les habitants pour empêcher le débarquement massif des extrémistes de Galicie et Kiev. Et ont exprimé leur volonté nette de rejoindre la Russie, pays que les Crimées ont toujours dans l’écrasante majorité considéré comme le leur. La Russie a soutenu cette initiative et pour dire vrai n’avait pas vraiment le choix. Car si nous aurions laissé la Crimée à son propre sort, cela aurait tout simplement signifié laisser les Criméens se faire massacrer par les néonazis maïdanesques enragés.

Le Donbass, ex-poumon économique et industriel de l’Ukraine post-soviétique, s’est lui aussi organisé afin de résister au putsch du Maïdan mais a dû payer un bien lourd prix à cela, avec des milliers de pertes civiles selon les sources officielles, des dizaines de milliers selon d’autres sources. Le fait est que la Crimée tout comme le Donbass ont refusé de se soumettre au diktat étasunien et à leurs marionnettes kiéviennes. Et si la Crimée a choisi de se rallier à la Russie, confirmant ainsi le grand retour historique, dans le cas du Donbass ce sera l’option de l’indépendance avec les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, formant ensemble l’Etat de Novorossia (ou la Nouvelle-Russie).

Une autre chose est sûre: il n’y aura pas de retour. Washington et ses suppôts ont voulu accélérer les choses pour atteindre leurs objectifs malsains, les premiers pensant que leur « exceptionnalisme » ne leur fera pas défaut. Mais lorsqu’en face vous avez une véritable force populaire refusant le diktat avec le soutien d’un grand pays ayant retrouvé la place qui lui revient, ledit « exceptionnalisme », ou plutôt néocolonialisme, a dû se rendre à l’évidence que dans ce monde multipolaire, il n’aura plus les mains libres pour poursuivre son chaos sans devoir faire face aux conséquences. Plus que cela, ledit néocolonialisme n’est pas au bout de ses peines et de nouvelles surprises. Et pas seulement au niveau de l’ex-Ukraine, mais bien au niveau de la planète toute entière.

Oui, sans le putsch armé du Maïdan de février 2014, l’Ukraine aurait aujourd’hui des élections présidentielles. Et peu importe qui aurait été le vainqueur, cela aurait été le choix des citoyens ukrainiens. Mais tout cela reste du conditionnel que l’histoire ne retiendra pas. Les USA ont voulu établir leur scénario chaotique dont ils sont les champions. Ils l’ont eu. Mais ils n’en sont pas sortis vainqueurs et n’en sortiront jamais. La Crimée est russe, le Donbass a arraché son indépendance et les élites occidentales n’y pourront rien.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150330/1015398417.html#ixzz3VtvrE4Vk

Mikhail Gamandiy-Egorov