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L’UEEA: l’intégration de l’Ouzbékistan renforcera l’indépendance agroalimentaire

La République d’Ouzbékistan, devenue membre-observateur de l’Union économique eurasiatique (UEEA) en décembre dernier, pourrait, dans le cas d’une adhésion à venir en qualité de membre à part entière de l’organisation, renforcer considérablement l’autonomie de tous les pays membres de l’union vis-à-vis des importations agroalimentaires. Surtout dans le secteur des fruits et des baies.

Il est important de noter qu’à l’heure d’aujourd’hui, le niveau d’autosuffisance pour les principaux types de produits agricoles et alimentaires au sein de l’Union économique eurasiatique se trouve à hauteur de 93,1%. Pour les experts et les hauts responsables de l’espace eurasien, dont Artak Kamalyan – ministre de l’Industrie et du complexe agro-industriel de la Commission économique eurasienne (l’organe exécutif de l’UEEA, chargé de la mise en œuvre des décisions, du respect des traités et de la gestion des activités économiques de l’organisation, ndlr), ce chiffre devrait dépasser 97% en 2021 pour pratiquement tous les produits alimentaires.

Pour les produits tels que les céréales, le sucre, les huiles végétales, les viandes de porc et de mouton, ainsi que les œufs et les pommes de terre – les pays de l’Union économique eurasiatique sont totalement autosuffisants grâce à leur propre production. L’exception concerne justement les fruits et les baies, sur lesquels le niveau d’autosuffisance se trouve au niveau de 43% et qui restent importés en grandes quantités, y compris en provenance d’Ouzbékistan. A noter que le surplus de fruits et de baies dans ce pays est d’environ un million de tonnes par an.

Par ailleurs, les légumes et les fruits représentent près de 90% de la structure des exportations de denrées alimentaires de l’Ouzbékistan. En ce sens, si l’adhésion de Tachkent en qualité de membre à part entière au sein de l’UEEA se confirme, cela aura indéniablement un effet positif sur tout le marché agroalimentaire de l’Union économique eurasiatique – augmentant significativement l’indépendance agroalimentaire des pays de l’organisation eurasienne vis-à-vis des importations hors-union. Tout en offrant des avantages certains aux exportateurs ouzbèks pour qui les exportations des produits agroalimentaires représentent l’une des principales priorités.

Tout cela permet pour Artak Kamalyan de considérer que grâce au secteur agro-industriel, l’intégration future de l’Ouzbékistan au sein de l’UEEA peut se faire de manière très harmonieuse. Ainsi, cette pleine intégration permettra à Tachkent de jouir de tout son potentiel pour l’approvisionnement du marché des pays membres sur les positions qui représentent son point fort, tout en répondant à ses besoins internes grâce aux capacités des autres pays de l’union en divers types de denrées alimentaires.

Evidemment, la question très importante de l’indépendance alimentaire totale pour l’Union économique eurasiatique, n’est pas le seul avantage qu’offrirait cette pleine adhésion de l’Ouzbékistan à lui-même et les autres pays membres. L’intégration de Tachkent faciliterait largement la vie aux plus de deux millions de citoyens ouzbèks vivant et travaillent dans l’espace de l’UEEA, principalement en Russie. Parmi ces avantages on peut citer l’absence de permis de travail – nécessaire à tous les citoyens étrangers en provenance de pays non-membres de l’union, sans oublier les atouts destinés à leurs familles.

Pour revenir à la question d’indépendance dans le secteur agroalimentaire, elle est importante à bien d’égards. Tout d’abord et à l’heure des tensions montantes avec les pays occidentaux, les pays de l’espace eurasien se doivent de diminuer les liens de dépendance avec les partenaires nostalgiques de l’unipolarité – aussi petite que cette dépendance puisse être. Notamment dans le cas d’imposition de nouvelles sanctions et de contre-sanctions réciproques.

L’autre aspect et pas des moindres, concerne une fort possible adhésion de l’Iran au sein de l’UEEA. Si cette intégration se confirme, il est certain qu’elle ne fera pas plaisir à un certain nombre de pôles pro-unipolaires – Washington en tête, sans oublier ses principaux alliés. D’où l’importance évidente d’augmenter encore plus l’autonomie au sein du grand espace eurasien, qui se positionne comme l’un des principaux acteurs de la montée en puissance du concept multipolaire mondial devenu réalité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Iran compte adhérer à l’Union économique eurasiatique

Le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf avait récemment annoncé que son pays prévoit de rejoindre l’Union économique eurasiatique (UEEA). Si cette annonce suscite un évident enthousiasme pour les partisans de l’intégration eurasienne, du côté des puissances occidentales et d’Israël – l’heure est résolument à l’inquiétude.

L’éventualité d’une adhésion de la République islamique d’Iran à l’Union économique eurasiatique conforte l’idée du plein renforcement de la coopération eurasienne – aussi bien dans le sens d’une région plus que stratégique pour le renforcement du concept multipolaire du monde, ainsi que dans l’idée que c’est bel et bien en Eurasie que se forme la véritable notion de communauté internationale. Et ce aussi bien du point de vue géopolitique, géoéconomique, sécuritaire et démographique.

Pour rappel, l’Iran fait partie d’une autre grande organisation internationale eurasienne, à savoir l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en qualité de membre-observateur, avec de très bonnes perspectives de devenir prochainement membre à part entière. Mais que représente concrètement du point de vue stratégique une adhésion de Téhéran au sein de l’UEEA? Il faut pour cela faire mention de plusieurs orientations.

Tout d’abord, il faut noter que désormais l’Union économique eurasiatique dépasse le cadre «promu» dans la vision des élites atlantistes, comme une simple renaissance de l’URSS. Sachant que l’Iran, à la différence des membres actuels de l’UEEA, n’a jamais fait partie de l’Union soviétique. Cela conforte donc l’idée que la notion même de l’intégration dans l’espace eurasiatique est un concept résolument tourné vers l’avenir et surtout qui attire les nations du grand espace eurasien.

D’autre part, et puisqu’on parle d’économie, il faut noter que pour l’Iran – la 21ème puissance économique mondiale en termes de PIB nominal, la 25ème en qualité de PIB à parité de pouvoir d’achat et l’une des principales économies parmi les pays du monde musulman, la perspective d’entrée dans l’UEEA ouvrira des perspectives économiques fortement intéressantes. Puissance énergétique de premier plan (avec une part de marché au niveau mondial des produits pétroliers de 5,5%), l’économie iranienne a connu une vive diversification au cours des dernières années. Cela sans oublier le potentiel scientifico-intellectuel de la nation perse qui n’est pas à démontrer. Y compris en comparaison avec certains de ses voisins régionaux. Ainsi qu’une capacité ferme à résister aux sanctions et pressions extérieures.

Quant à l’Union économique eurasiatique, il faut rappeler que l’organisation représente en soi une population de près de 200 millions de personnes, un PIB nominal de plus de 1700 milliards d’équivalent de dollars et un PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA) de près de 4800 milliards d’équivalent de dollars.

Cette intégration de l’Iran dans l’espace eurasien se déroule  au moment d’un renforcement stratégique avec des pays comme la Chine et la Russie. Ceci étant dit, Pékin et Moscou ne sont pas les seuls soutiens de cette alliance avec l’Iran, aussi bien sur le plan géoéconomique que géopolitique. Des pays comme l’Arménie voient d’excellentes perspectives pour leurs projets économiques dans le cas d’une entrée de l’Iran dans l’Union économique eurasiatique.

Parmi les projets qui peuvent prendre forme ou être ravivés, on peut faire mention du projet ferroviaire reliant l’Iran et l’Arménie. Le coût de ce projet avait été estimé à 3,2 milliards d’équivalent de dollars. La longueur de cette route devrait être autour de 300 kilomètres, avec une infrastructure comprenant 64 ponts d’une longueur totale de 19,4 kilomètres, ainsi que 60 tunnels de 102,3 kilomètres et 27 stations.

Mais ce n’est pas tout. Si ce projet venait à être réalisé, l’Arménie n’aurait pas seulement une importante voie d’accès à l’Iran, mais également vers la Caspienne – en renforçant ainsi les liens par voie maritime avec les autres membres de l’UEEA – comme la Russie et le Kazakhstan. Ce qui est certain, c’est que l’adhésion de l’Iran à l’Union économique eurasiatique ouvre des opportunités pour Erevan de booster son économie, surtout pour la période post-covid et post-conflit avec l’Azerbaïdjan. D’autant plus lorsqu’on connait l’importante et influente diaspora arménienne d’Iran et qui maintient des contacts étroits avec la nation d’origine. Tout cela ne peut être donc que fort positif pour les deux pays, et plus généralement pour le front eurasien.

Evidemment, l’intégration de l’Iran dans l’UEEA ne trouve pas que des partisans. Et suscite une inquiétude peu voilée du côté étasunien, ou encore israélien. Justement, le quotidien israélien Israel Hayom note que les Etats occidentaux craignent que l’adhésion de l’Iran à l’Union économique eurasiatique permette à Téhéran de contourner les sanctions étasuniennes et de faire progresser son programme nucléaire.

Le souci pour les opposants à ces processus de larges intégration et interaction en Eurasie, c’est qu’ils oublient que des pays-civilisations que sont la Chine, la Russie, l’Iran et d’autres n’ont pas l’habitude de demander d’autorisation à qui que ce soit, en ce qui concerne leurs intérêts respectifs et ceux de leurs alliés. Et que si l’adhésion de l’Iran dans l’Union économique eurasiatique se concrétisera – ce n’est certainement pas Washington, Bruxelles ou Tel-Aviv qui pourront la faire stopper.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Ouzbékistan dans l’UEEA: d’observateur à membre à part entière?

En décembre dernier, l’Ouzbékistan avec Cuba ont rejoint le rang de membres observateurs de l’Union économique eurasiatique (UEEA). Depuis, de nombreuses voix s’élèvent à Tachkent afin que le pays puisse passer rapidement à l’étape supérieure au sein de l’organisation.

Depuis que l’Ouzbékistan et Cuba aient rejoint récemment la Moldavie en qualité de membres observateurs de l’UEEA – les membres de plein droit étant aujourd’hui le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan – l’éventualité que le premier cité devienne lui aussi membre de plein droit semble de plus en plus à l’ordre du jour. Et ce aussi bien au niveau de l’UEEA, que du leadership et de la société d’Ouzbékistan.

En effet et du côté de l’Union économique eurasiatique, la volonté est clairement dans la favorisation de la pleine intégration de Tachkent au sein de l’organisation. Les pays membres se déclarent d’ailleurs prêts à accorder tout le soutien nécessaire au pays dans l’intégration en tant que membre de plein droit.

Au niveau de l’Ouzbékistan, les sentiments régnant, notamment au niveau de la population du pays, sont clairement en faveur de ladite intégration eurasienne – l’espace par ailleurs tout simplement naturel pour la nation ouzbèke. Lors du sondage effectué en mai de l’année dernière, ¾ des citoyens ouzbèks avaient confirmé soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. 

Plus récemment, il a été également rappelé qu’au-delà des avantages existants dans le cas d’une pleine intégration, notamment pour le commerce et les exportations, les travailleurs originaires d’Ouzbékistan pourront profiter des avantages qu’offre l’appartenance à l’UEEA. 

Ainsi, les citoyens des pays de l’Union économique eurasiatique travaillant dans les pays de l’union n’ont pas besoin d’obtenir de permis de travail, chose qui est nécessaire pour les migrants venant d’autres pays. Parmi les autres avantages mentionnés, les taux de l’impôt sur le revenu et de l’assurance sociale sont les mêmes pour les migrants appartenant à l’UEEA que pour les citoyens des pays de l’union où ils se trouvent. Lors de l’embauche, les diplômes et certificats de qualification sont reconnus sans accréditation ou procédure de reconnaissance supplémentaire.   

Lors des paiements liés à la retraite, le stage de travail dans les pays de l’UEEA autres que celui de l’appartenance est pris en compte. Enfin, les migrants, ainsi que les membres de leurs familles, dont les pays sont membres de l’union reçoivent des soins médicaux d’urgence gratuitement. A noter que sur les près de 2,5 millions de citoyens ouzbèks travaillant en dehors de leur pays, environ 2 millions vivent et travaillent en Russie. Un nombre conséquent d’entre eux travaillent également au Kazakhstan.

Tout cela conforte l’idée que l’Ouzbékistan pense très sérieusement de passer de statut d’observateur à membre à part entière de l’Union économique eurasiatique. En termes de timing, si l’année 2025 avait été mentionnée dans le passé comme décisive, il n’est pas à exclure que cela puisse arriver plus tôt.

Il est à rappeler que l’establishment étasunien a maintes fois déclaré sa vive opposition quant aux processus d’intégration dans l’espace eurasien post-soviétique, en y voyant ni plus ni moins « qu’une renaissance de l’URSS ». Ceci étant dit, le dernier mot reviendra aux peuples concernés, et non pas aux politiciens occidentaux. Les sentiments observés dans l’espace eurasien confortent cette idée.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: du Kazakhstan jusqu’à Cuba

L’Union économique eurasiatique (UEEA) a accordé le statut d’observateurs à l’Ouzbékistan et Cuba, élargissant par la même occasion son influence régionale et internationale. Retour sur les développements récents et moins récents.  

Malgré la vive opposition de nombre d’Etats occidentaux aux processus d’intégration dans l’espace eurasiatique ex-soviétique, principalement de Washington, rien ne semble pour le moment pouvoir stopper un processus enclenché depuis les années 1990 comme une initiative personnelle de Noursoultan Nazarbaïev, devenue une réalité en 2014. Depuis ledit processus poursuit sa lancée.

Il est important encore une fois de rappeler le rôle précisément du Kazakhstan et notamment de son ex-président Nazarbaïev pour que l’UEEA voie le jour. En effet, le leader kazakh à l’instar de nombreux habitants d’Asie centrale était opposé à l’éclatement de l’URSS. Mais lorsque la fin de l’Union soviétique était en train de devenir une réalité, il avait cherché dès les premiers moments à créer et bâtir un autre cadre d’intégration et d’interaction dans l’espace eurasien post-soviétique. Et ce aussi bien dans l’intérêt de son pays le Kazakhstan, que de nombreux autres Etats ayant composé l’URSS.

Dans un commentaire récent, accordé dans le cadre du film-documentaire Traits pour un portrait et diffusé par la chaîne de télévision Khabar, le premier président du Kazakhstan a évoqué comment était venue l’idée de la création de l’Union économique eurasiatique. Fait intéressant: l’initiative de Nazarbaïev était réellement apparue avant même l’éclatement officiel de l’URSS. Sa proposition était alors de créer à la base une union de quatre Etats (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, Ukraine), dans les mains de laquelle était concentrée 90% de l’économie soviétique. Tout en proposant aux autres pays de pouvoir l’intégrer, selon leur volonté.

Mais l’idée n’avait pas reçu l’approbation de Mikhaïl Gorbatchev – le dernier leader de l’URSS, ni de Boris Eltsine – le premier président de la Russie post-soviétique. Au lieu de cela c’est la Communauté des Etats indépendants (CEI) qui verra le jour. Pour autant et voyant que la nouvelle organisation ne contribuait pas à une intégration profonde au sein de l’espace concerné, Noursoultan Nazarbaïev avait continué à insister pour qu’une structure d’intégration plus puissante se réalise.

Au final, c’est ainsi que naîtra l’Union économique eurasiatique, devenue aujourd’hui l’une des principales forces motrices aussi bien dans le grand espace eurasien, mais également dans le cadre du concept multipolaire du monde. Deux projets auxquels restent fermement opposés les élites étasuniennes, occidentales et atlantistes.

L’organisation est aujourd’hui composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. Depuis mai 2018, la Moldavie est devenue membre-observateur de ladite structure. Des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux en octobre 2019).

Désormais – deux nouveaux Etats ont rejoint avec l’aval des pays membres les observateurs de l’organisation: à savoir l’Ouzbékistan et Cuba. Dans le cas du premier, il s’agirait vraisemblablement que de la première étape du processus d’intégration. Sachant que lors du sondage mené en mai de cette année, ¾ des citoyens ouzbeks avaient soutenu l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA. Fait notable: parmi eux – beaucoup de jeunes.

En ce qui concerne Cuba, les éléments d’une coopération multisectorielle donnent non seulement des avantages, notamment économiques, évidents pour l’île de la liberté, mais peuvent également ouvrir la voie à une interaction encore plus large entre l’Eurasie et l’Amérique latine. Le tout au moment où nombre d’Etats latino-américains soutiennent fermement l’ère multipolaire mondiale. Parmi eux, on peut citer le Venezuela, le Nicaragua, la Bolivie ou encore l’Argentine.

Dans le cas de l’espace eurasien, une grande puissance comme l’Iran pourrait devenir également membre-observateur de l’Union économique eurasiatique prochainement. Des négociations sont prévues en ce sens. A noter que la République islamique est déjà membre-observateur d’une autre grande structure internationale basée en Eurasie – en l’occurrence l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une structure dans laquelle elle devrait devenir membre à part entière dans un avenir proche.

Et lorsqu’on sait que ces événements majeurs, dans le cadre de l’UEEA, se sont réalisés en l’espace d’un peu plus de six ans – de la création aux événements actuels, il est évident que l’espace eurasien aura pour mission de poursuivre le renforcement observé. Et ce malgré la vive opposition des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: l’Ouzbékistan en tant que nouveau pays membre?

Selon un sondage récent, effectué par le Centre de recherches et de réformes économiques, basé à Tachkent – la capitale de la République d’Ouzbékistan, ¾ des citoyens ouzbèques soutiennent l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

En effet, les processus d’intégration au sein de l’ex-URSS se poursuivent, notamment dans le cadre eurasien. La principale union économique au sein de l’espace des anciennes républiques soviétiques, qui regroupe actuellement la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan en tant que membres à part entière, ainsi que la Moldavie en qualité de membre-observateur, pourrait être élargie à la nation d’Asie centrale ex-soviétique ouzbèque.

Les résultats dudit sondage affichent un soutien de 74% des répondants à l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA, 16% y sont opposés, 4% ont répondu par la neutralité et 6% n’ont pas donné de réponse. A noter que le soutien en faveur de l’intégration est plus important chez les femmes interrogées que chez les hommes (82% contre 73%). L’essentiel des partisans de l’adhésion est au sein des groupes d’âges suivants : les jeunes de moins de 20 ans et les plus de 40 ans.

L’analyse des résultats a également révélé que parmi les partisans de l’intégration de l’Ouzbékistan au sein de l’Union économique eurasiatique, le plus grand nombre était parmi les enseignants, les étudiants, ainsi que les représentants du secteur privé (76%).

Parmi les avantages cités par les répondants du sondage, 51% estiment que l’adhésion à l’UEEA aura comme résultat une baisse significative des prix des biens et services, ainsi qu’une augmentation de la qualité des produits due à une amélioration de l’environnement concurrentiel. Le deuxième avantage cité, par 24% des citoyens ouzbèques, étant l’élargissement du marché d’exportation des produits nationaux, avec le potentiel supplémentaire de créer de nouveaux emplois. Enfin 15% des répondants sont convaincus que ladite adhésion améliorera les conditions pour les travailleurs-migrants (pour information sur les près de 2,5 millions de citoyens ouzbèques travaillant en dehors de leur pays, environ 2 millions vivent et travaillent en Russie).

A noter qu’en juin 2019, le président du pays Shavkat Mirziyoyev avait déclaré qu’en vue de prendre une décision sur l’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Union économique eurasiatique, le pays devait analyser tous les défis. En janvier 2020, le chef de l’Etat avait annoncé que la question de la participation du pays à l’union devait être étudiée de manière approfondie par le parlement national. Début mars, le Cabinet des ministres a décidé de soumettre à l’examen des deux chambres du Parlement la proposition concernant la participation de l’Ouzbékistan à l’UEEA en qualité d’observateur. Fin avril, la Chambre législative du Parlement a approuvé la participation du pays en qualité d’observateur au sein de l’union.

Maintenant et pour parler perspectives, il serait juste d’aborder plusieurs points. Tout d’abord, un petit rappel historique s’impose. Celui qu’au moment de la chute de l’URSS, l’écrasante majorité des habitants des républiques soviétiques d’Asie centrale, dont l’Ouzbékistan, étaient radicalement opposés à la dislocation de l’Union soviétique. Deuxième point, et cela est tout aussi important : le fait que parmi les partisans de l’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Union économique eurasiatique on retrouve une bien large part de jeunes, notamment de moins de 20 ans – la génération qui de facto n’a pas connu l’URSS, confirme pleinement que le processus d’intégration dépasse largement, comme certains pourraient le penser, le cadre des nostalgiques de l’URSS. Si bien que certainement on peut retrouver de nombreuses personnes ayant cette nostalgie au sein des habitants plus âgés, dans le cas des jeunes il s’agit avant tout d’une compréhension logique de l’importance de l’intégration dans l’espace eurasien, y compris évidemment dans le cadre historico-civilisationnel, mais aussi tout simplement une réalité pragmatique des opportunités économiques, commerciales et d’emploi.

Enfin, et malgré la ferme volonté de l’establishment atlantiste de stopper cette intégration dans l’espace post-soviétique eurasien, la réalité est telle que malgré les énormes programmes économiques mis en place par les USA et certains de leurs alliés afin de détourner la jeunesse d’Asie centrale, y compris d’Ouzbékistan, d’un quelconque soutien vis-à-vis d’une intégration eurasiatique, vraisemblablement les résultats de ces tentatives occidentales restent pour le moins… médiocres. Au final, les réalités économiques, alliées à une lecture commune sur de nombreux points de l’histoire, y compris commune, le facteur humain, mental et civilisationnel, restent les atouts qu’il est très difficile d’anéantir, y compris à coups de millions, voire de milliards de billets verts.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les exportateurs africains et l’eldorado russe

Un supermarché à Moscou

La crise entre l’Occident et la Russie ouvre des perspectives prometteuses à d’autres acteurs économiques. La place laissée libre par les producteurs occidentaux, notamment dans l’agroalimentaire, pourrait ainsi bénéficier aux pays africains.

La Russie représente encore un marché clé pour de nombreux exportateurs européens, qu’ils soient français, allemands, italiens, grecs ou autres. Pourtant, les pays de l’UE ont perdu pour très longtemps, voire pour toujours, de larges parts de marché dans le secteur agroalimentaire.

Les producteurs nationaux russes ont parfaitement su tirer leur épingle du jeu, au point qu’au-delà de l’autosuffisance dans plusieurs secteurs-clés, la Russie est devenue une puissance exportatrice de premier plan: elle s’est même hissée en 2017 à la première place mondiale des exportations de blé, devant les États-Unis, son principal concurrent à l’export.

Mais il serait également juste de rappeler que plusieurs pays non-occidentaux ont su profiter des occasions que représentent les contre-sanctions russes aux sanctions occidentales, y compris dans le secteur agroalimentaire. Parmi eux et hormis des pays voisins d’ex-URSS —hors Ukraine et pays baltes-, on retrouve la Turquie, l’Égypte, le Maroc, l’Afrique du Sud, la Chine, le Vietnam, le Brésil, l’Argentine, entre autres. L’Algérie voit aussi s’ouvrir des perspectives intéressantes et l’Afrique subsaharienne, en plus de l’Afrique du Sud, y aurait toute sa place.

De plus, commercer avec la Russie ouvre potentiellement les portes d’un marché encore plus vaste, celui de l’Union économique eurasiatique, qui comprend déjà la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan. Le Tadjikistan, lui, est candidat officiel à l’adhésion et la Moldavie est quant à elle membre observateur. Au total un marché de plus de 180 millions de personnes.

L’Afrique dispose d’un climat unique, propice notamment à la production de fruits exotiques —appréciés des consommateurs russes. Et à condition de créer des conditions favorables, les producteurs d’Afrique subsaharienne auraient toutes les chances de réussir. Et si jusqu’ici les exportateurs africains étaient surtout focalisés sur les pays européens ou du Moyen-Orient, il serait probablement temps aujourd’hui de penser à tisser des liens avec des partenaires russes. À cet effet, une intensification de contacts d’affaires entre les producteurs et entrepreneurs des deux parties, avec le soutien de leurs autorités respectives, serait sans aucun doute la solution.

Et à l’heure du retour de la Russie sur le continent africain, les opportunités mutuellement bénéfiques vont se multiplier, et pas uniquement dans l’agroalimentaire. Les voyages de délégations africaines en Russie, comme russes en Afrique, se sont multipliés au cours de ces derniers mois, des contacts facilités par plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’Afrique dispose d’un nombre conséquent de cadres ayant été formés en URSS et en Russie. De plus, de tels échanges bénéficient du soutien des opinions publiques respectives de chaque pays: on sait par exemple que la Russie, notamment grâce à sa politique actuelle, est grandement appréciée dans pratiquement l’intégralité du continent africain.

Côté russe, les élites libérales de l’ère Eltsine, ayant crié et juré que l’avenir de la Russie est «uniquement avec l’Europe et l’Occident», ayant été écartées, le temps des illusions est bel et bien terminé. La Russie coopérera avec ceux qui respectent sa souveraineté, ses intérêts et ses valeurs —comme la Russie respecte et respectera les leurs.

Tout cela pour dire qu’il ne faudra pas s’étonner que la Russie et l’Afrique multiplient dans un avenir proche leurs échanges bilatéraux. De l’aveu des intéressés, il est aujourd’hui évident que la Russie peut beaucoup apporter à l’Afrique, comme l’Afrique peut beaucoup apporter à la Russie. Et cela concerne notamment les domaines sécuritaire, technologique, agroalimentaire, énergétique, minier, éducatif, culturel, du nucléaire civil. L’essentiel étant que la Russie, tout en pensant évidemment à ses intérêts, saura indéniablement aussi respecter et tenir compte ceux de ses partenaires africains. Ce fut le cas lors de la période soviétique, cela restera le cas avec la Russie contemporaine.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804271036133999-afrique-eldorado-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La nouvelle Route de la soie, la multipolarité économique en marche

Caravane sur la Route de la soie

Plus le temps passe et plus la multipolarité gagne du terrain. Au-delà des changements de grande envergure qui s’opèrent au niveau de la politique internationale, le volet économique n’est pas en reste, comme le démontre le projet de nouvelle Route de la soie.

L’OCS, les BRICS, l’Union économique eurasiatique, tous ces projets ont déjà confirmé leur solvabilité. Les puissances que les Occidentaux avaient tendance à appeler émergentes, pèsent de plus en plus sur l’économie internationale. Selon plusieurs cabinets et centres d’analyse occidentaux importants, à l’horizon 2040-2050, 6 des 10 principales économies mondiales seront celles de pays non-occidentaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, Mexique), à condition que l’on mette le Japon dans le « camp occidental », car membre du G7.

Mais plusieurs projets en cours ont pour objectif d’accélérer encore plus les choses. Il s’agit évidemment de la nouvelle Route de la soie, nommée aussi « Ceinture », « La Route » ou encore « Le pont terrestre eurasiatique ». Il s’agit d’un plan de très grande envergure voulu par la Chine et à portée ouvertement eurasienne, puisque c’est bel et bien l’Eurasie qui y jouera un rôle clé, comme dans un passé lointain.

Son principal axe? Une liaison de fret ferroviaire qui part de la Chine, passe par le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie (les trois pays membres-fondateurs de l’Union économique eurasiatique) pour arriver en Europe centrale et occidentale (les consommateurs finaux). Les trois pays cités jouent ainsi un rôle de hub commercial majeur. La route s’inscrit aussi dans l’objectif de sécuriser les approvisionnements de gaz russe en direction de la Chine, dont la consommation ne cesse de croître.

D’autres voies additionnelles devraient s’y ajouter, notamment le réseau routier, qui devrait permettre à d’autres pays de l’espace eurasien de contribuer au projet, à savoir le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, ainsi que l’Iran et la Turquie. Sans surprise, les pays cités y voient de grandes opportunités économico-commerciales.

Qu’en est-il des autres, notamment des pays occidentaux?

Washington y voit une façon pour Pékin d’augmenter considérablement un poids sur l’économie mondiale déjà très important, ce qui évidemment ne peut la ravir. D’autre part via ce projet, la Chine diminuera non seulement ses coûts de transport, mais en plus réduira considérablement les risques liés à d’éventuelles tensions en mer avec les USA, qui pourraient évidemment affecter ses approvisionnements.

Quant à Bruxelles, elle n’est pas ravie d’être réduite au rôle d’observateur ou de consommateur final. Et selon la dernière information relayée par RFI, les six pays de l’UE qui participent en ce moment même au Sommet international sur les nouvelles routes de la soie à Pékin (Allemagne, France, Grèce, Portugal, Royaume-Uni et Estonie) n’ont pas souhaité signer le communiqué commun sur le commerce. Elles prétendent que Pékin « ne prend pas en compte ce que l’Union européenne réclame depuis longtemps, à savoir que la Chine accorde un accès plus libre à son propre marché ».

Il est pour autant peu probable que l’Europe bruxelloise puisse faire quoi que ce soit contre le grand projet eurasiatique face à une Chine, deuxième puissance économique mondiale, extrêmement déterminée et ouvertement soutenue par des pays partisans de l’ordre multipolaire. Et ce d’autant moins que les pays de l’UE ont eux aussi clairement besoin du marché chinois pour écouler de leurs produits et services. Pour rappel, le coût total du projet s’élèverait à plusieurs trillions de dollars et, selon CNN, englobera à terme 68 pays, représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial, justifiant une fois de plus la détermination chinoise et eurasienne.

Le cas intéressant est celui de l’Ukraine, qui se retrouve de plus en plus isolée. En effet, de l’aveu même des élites ukrainiennes issues du coup d’État de février 2014, le gazoduc Turkish Stream fermera la page qui avait fait de ce pays un important hub gazier entre la Russie et l’Union européenne. Mais Kiev semble aussi être hors-jeu dans le projet de nouvelle Route de la soie, puisqu’après le Kazakhstan et la Russie, c’est la Biélorussie qui sera vraisemblablement privilégiée.

Tout cela pour dire que les énormes problèmes économiques actuels de la « new Ukraine » ne sont pas prêts d’être résolus. Restera alors pour Kiev à compter sur une aide économique que l’Occident est de plus en plus réticent à fournir, ainsi que tenter de profiter du régime sans-visa qui a été validé le 11 mai dernier par l’UE, régime qui ne donne pour autant pas droit de résider, ni de travailler dans l’Europe de Bruxelles. Mais cela est une autre histoire et il sera difficile aux élites de Bruxelles d’expliquer aux millions de citoyens ukrainiens du Centre et de l’Ouest du pays, ayant soutenu le Maidan, que ce qu’ils avaient espéré n’est pas exactement ce qu’ils auront obtenu, avec les conséquences migratoires qui en découlent.

Après tout, la meilleure analyse se fait après expérience personnelle. Un peu comme dans la Moldavie voisine, où après sept années de pouvoir pro-occidental, un président résolument prorusse a pris le pouvoir via des élections démocratiques, sans coup d’État. Chaque chose en son temps.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705161031400522-route-de-la-soie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Direction Moscou, le revirement confirmé de la Moldavie

Igor Dodon

C’est un virage à 180 ° pour la Moldavie. Dirigé pendant sept ans par une équipe résolument pro-européenne et pro-Otan, le pays se tourne désormais vers la Russie. La visite d’Igor Dodon, le président moldave à Moscou, concrétise ce changement stratégique.

La première visite officielle à l’étranger d’Igor Dodon, le président moldave récemment élu, vient de se clore. Son agenda fut assez chargé. Durant sa visite, le chef d’État moldave a rencontré plusieurs responsables russes de haut niveau, dont Valentina Matvienko — l’actuelle présidente du conseil de la Fédération ( la chambre haute du Parlement russe ) puis Sergei Lavrov, le chef de la diplomatie. Enfin, en soirée Igor Dodon a rencontré Vladimir Poutine. Les deux chefs D’État ont abordé plusieurs sujets.

Dans le domaine énergétique, ils ont ainsi confirmé leur désir d’avancer sur plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux en rapport avec la dette de l’État moldave pour le gaz russe, y compris celui livré en Transnistrie (PMR), qui avait fait sécession avec la Moldavie en 1990. Pour rappel, ce pays dépend à 100 % des livraisons de gaz russe.

L’autre point important concernait l’élargissement des entreprises moldaves pouvant exporter en Russie leur production, notamment agroalimentaire. En effet et depuis les sept dernières années du pouvoir de la coalition pro-occidentale, puis de la signature de l’accord d’association avec l’UE, la Moldavie n’a cessé de perdre ses parts sur le marché russe. Un marché qui n’a jamais pu être remplacé ailleurs, au vu de ses capacités.

Les deux hommes ont également abordé la question des migrants moldaves travaillant en Russie, autre source importante de revenus pour le budget du pays. C’est un point que la presse mainstream oublie souvent de mentionner lorsqu’elle aborde le sujet, puisqu’à en croire certains médias, la grande majorité des Moldaves travailleraient dans l’UE, principalement en Italie, où ils sont effectivement environ 150 000. Mais ce sont plus d’un demi-million de Moldaves qui vivent et travaillent en Russie, sur une population totale du pays de 3,5 millions d’habitants.

La discussion s’est aussi axée sur le dialogue lancé par Igor Dodon avec Tiraspol, la capitale de la PMR. Un éventuel accord de fédéralisation ne serait pas à exclure, bien que l’on en soit encore loin. Néanmoins, le dialogue positif engagé entre Chisinau et Tiraspol est un signe positif. Enfin, le président moldave a réitéré son engagement d’annuler l’accord d’association avec l’Union européenne, signé en juin 2014, et dans lequel la Moldavie n’a, selon Dodon, rien gagné, tout au contraire. Mieux que cela, le leader moldave a demandé à ce que son pays puisse rejoindre l’Union économique eurasiatique, ne serait-ce qu’à titre d’État observateur dans un premier temps.

Une approche qui a suscité la réaction des milieux pro-occidentaux à Chisinau, alors que Dodon se trouvait encore à Moscou. Selon leur déclaration officielle, ils ont affirmé « être prêts à tout pour bloquer toute éventuelle annulation de l’accord d’association avec l’UE et tout processus d’intégration en direction de l’Union économique eurasiatique ».

En effet, le combat s’annonce sérieux puisque le président moldave aura besoin du soutien de son parlement pour mettre en œuvre ses ambitieux projets. Néanmoins, et au vu des sentiments régnant au sein d’une large part de la société moldave, ses chances sont assez importantes. Il convient de rappeler que depuis quelques années, les sentiments pro-UE ont baissé d’une façon aussi drastique qu’augmentaient les sympathies prorusses au sein de la population. Une situation qui a d’ailleurs permis de mettre fin à sept années de pouvoir de la coalition pro-occidentale et de voir arriver la victoire d’Igor Dodon, le chef du Parti des socialistes de Moldavie, en novembre dernier.

Dernier point, au moment où l’Otan cherche de nouveau à attiser les tensions aux frontières de la Russie, le président moldave n’a pas caché son intention de s’éloigner du dialogue engagé par la précédente administration avec l’organisation nord-atlantique. D’ailleurs, le choix même de Moscou comme première visite officielle à l’étranger conserve toute sa symbolique : ce fut Bruxelles qui était la priorité tout au long des années précédentes de Chisinau. Une page vraisemblablement tournée, du moins pour le moment.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201701191029674983-igor-dodon-direction-moscou/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Plusieurs de mes amis et lecteurs souhaitaient avoir mon avis sur les raison d’une « avancée » vers l’objectivité de certains médias du mainstream, notamment vis-à-vis de l’Ukraine et de la Syrie. Le voici.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160224/1022032651/medias-russie-abkhazie-gorgie-information.html

Tentative de révolution colorée à Erevan: l’Arménie tient bon

Protestations à Erevan, Juin 22, 2015

Il fallait bien s’y attendre. L’Arménie était dans le collimateur de Washington depuis un bon bout de temps.

Le fait que l’Arménie soit visée par une révolution de couleur made in USA n’a donc effectivement rien de surprenant. Et ce pour plusieurs raisons:

1) L’Arménie est un allié de longue date de la Russie. Les peuples russe et arménien partagent une relation plus qu’étroite depuis de longs siècles.

2) Une position géographique du pays réellement stratégique: frontières communes avec la Turquie et l’Iran, ainsi qu’avec l’Azerbaïdjan et la Géorgie.

3) L’Arménie a fait le choix de l’intégration eurasiatique et est devenue membre à part entière de l’Union économique eurasiatique avec la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie. A laquelle s’est jointe également le Kirghizistan en mai dernier (le Tadjikistan en cours). Une union qui donne beaucoup de stress à l’administration étasunienne, pour qui l’UEEA représente une nouvelle URSS. Le tout en refusant de signer l’accord d’association avec l’Union européenne, tant voulu par les Occidentaux (cela ne rappelle rien à personne?…).

4) Last but not least, le leadership arménien a adopté une position diamétralement opposée aux élites occidentales sur la Crimée. Durant la tentative ukraino-étasunienne à l’Assemblée générale de l’ONU en mars de l’année dernière de faire « condamner » le retour de la Crimée à la Russie, l’Arménie n’a pas soutenu l’initiative occidentale.

Le temps est donc bien arrivé pour les Soros & Co. de s’en prendre à l’Arménie. D’une part pour punir les élites arméniennes, résolument pro-russes et de l’autre tenter de faire passer la République d’Arménie dans le giron occidental. Les méthodes n’impressionnent plus personne. Plus encore: cela devient un peu « old school » et pas très innovant. Des manifestants sortent pour manifester contre la hausse du prix de l’électricité. Jusqu’ici tout est relativement compréhensible: les citoyens expriment leur désaccord sur une question d’ordre économique et social d’actualité. Puis, quelques représentants radicaux lancent des provocations aux représentants des forces de l’ordre avec des appels n’ayant plus rien à avoir avec les réclamations initiales. En bref, rien de nouveau à l’horizon. Une tentative de révolution de couleur, tout ce qu’il y a de plus simple. D’ailleurs beaucoup de spécialistes arméniens sont unanimes: « l’œuvre » des services secrets et organismes affiliés étasuniens est évidente.

A noter que les forces de l’ordre arméniennes ont fait preuve de beaucoup de retenue. Les députés arméniens sont mêmes sortis dans les rues pour proposer aux manifestants de nommer un groupe de contact et avoir une rencontre avec le leadership du pays, y compris le président. Les USA et l’UE ont tout de même eu le culot de dire que les policiers arméniens ont utilisé la force d’une manière « excessive ». Révoltant une fois encore d’entendre cela en voyant la retenue évidente des policiers arméniens et parallèlement l’extrême violence des « forces de l’ordre » étasuniennes, ne serait-ce qu’à Ferguson et dans d’autres localités environnantes, avec d’autant plus des tendances policières ouvertement racistes.

Affaire à suivre donc. Mais à souligner quand même que beaucoup d’Arméniens et de leurs amis partagent un optimisme assez évident:

— Les instigateurs ne font aucun doute. Ils sont connus et reconnus.

— L’Arménie était visée depuis longtemps et cela était connu par les experts et organes compétents.

— Les Arméniens, en tant que peuple digne et fier, ne permettront pas le chaos dans leur pays, à l’instar de la sauce Maïdan. De la même manière qu’ils ne permettront certainement pas que de personnages outre-Atlantique, choisissent leur destin à leur place. Cela n’arrivera pas.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150624/1016693541.html

Mikhail Gamandiy-Egorov