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Les exportateurs africains et l’eldorado russe

Un supermarché à Moscou

La crise entre l’Occident et la Russie ouvre des perspectives prometteuses à d’autres acteurs économiques. La place laissée libre par les producteurs occidentaux, notamment dans l’agroalimentaire, pourrait ainsi bénéficier aux pays africains.

La Russie représente encore un marché clé pour de nombreux exportateurs européens, qu’ils soient français, allemands, italiens, grecs ou autres. Pourtant, les pays de l’UE ont perdu pour très longtemps, voire pour toujours, de larges parts de marché dans le secteur agroalimentaire.

Les producteurs nationaux russes ont parfaitement su tirer leur épingle du jeu, au point qu’au-delà de l’autosuffisance dans plusieurs secteurs-clés, la Russie est devenue une puissance exportatrice de premier plan: elle s’est même hissée en 2017 à la première place mondiale des exportations de blé, devant les États-Unis, son principal concurrent à l’export.

Mais il serait également juste de rappeler que plusieurs pays non-occidentaux ont su profiter des occasions que représentent les contre-sanctions russes aux sanctions occidentales, y compris dans le secteur agroalimentaire. Parmi eux et hormis des pays voisins d’ex-URSS —hors Ukraine et pays baltes-, on retrouve la Turquie, l’Égypte, le Maroc, l’Afrique du Sud, la Chine, le Vietnam, le Brésil, l’Argentine, entre autres. L’Algérie voit aussi s’ouvrir des perspectives intéressantes et l’Afrique subsaharienne, en plus de l’Afrique du Sud, y aurait toute sa place.

De plus, commercer avec la Russie ouvre potentiellement les portes d’un marché encore plus vaste, celui de l’Union économique eurasiatique, qui comprend déjà la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan. Le Tadjikistan, lui, est candidat officiel à l’adhésion et la Moldavie est quant à elle membre observateur. Au total un marché de plus de 180 millions de personnes.

L’Afrique dispose d’un climat unique, propice notamment à la production de fruits exotiques —appréciés des consommateurs russes. Et à condition de créer des conditions favorables, les producteurs d’Afrique subsaharienne auraient toutes les chances de réussir. Et si jusqu’ici les exportateurs africains étaient surtout focalisés sur les pays européens ou du Moyen-Orient, il serait probablement temps aujourd’hui de penser à tisser des liens avec des partenaires russes. À cet effet, une intensification de contacts d’affaires entre les producteurs et entrepreneurs des deux parties, avec le soutien de leurs autorités respectives, serait sans aucun doute la solution.

Et à l’heure du retour de la Russie sur le continent africain, les opportunités mutuellement bénéfiques vont se multiplier, et pas uniquement dans l’agroalimentaire. Les voyages de délégations africaines en Russie, comme russes en Afrique, se sont multipliés au cours de ces derniers mois, des contacts facilités par plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’Afrique dispose d’un nombre conséquent de cadres ayant été formés en URSS et en Russie. De plus, de tels échanges bénéficient du soutien des opinions publiques respectives de chaque pays: on sait par exemple que la Russie, notamment grâce à sa politique actuelle, est grandement appréciée dans pratiquement l’intégralité du continent africain.

Côté russe, les élites libérales de l’ère Eltsine, ayant crié et juré que l’avenir de la Russie est «uniquement avec l’Europe et l’Occident», ayant été écartées, le temps des illusions est bel et bien terminé. La Russie coopérera avec ceux qui respectent sa souveraineté, ses intérêts et ses valeurs —comme la Russie respecte et respectera les leurs.

Tout cela pour dire qu’il ne faudra pas s’étonner que la Russie et l’Afrique multiplient dans un avenir proche leurs échanges bilatéraux. De l’aveu des intéressés, il est aujourd’hui évident que la Russie peut beaucoup apporter à l’Afrique, comme l’Afrique peut beaucoup apporter à la Russie. Et cela concerne notamment les domaines sécuritaire, technologique, agroalimentaire, énergétique, minier, éducatif, culturel, du nucléaire civil. L’essentiel étant que la Russie, tout en pensant évidemment à ses intérêts, saura indéniablement aussi respecter et tenir compte ceux de ses partenaires africains. Ce fut le cas lors de la période soviétique, cela restera le cas avec la Russie contemporaine.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804271036133999-afrique-eldorado-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La nouvelle Route de la soie, la multipolarité économique en marche

Caravane sur la Route de la soie

Plus le temps passe et plus la multipolarité gagne du terrain. Au-delà des changements de grande envergure qui s’opèrent au niveau de la politique internationale, le volet économique n’est pas en reste, comme le démontre le projet de nouvelle Route de la soie.

L’OCS, les BRICS, l’Union économique eurasiatique, tous ces projets ont déjà confirmé leur solvabilité. Les puissances que les Occidentaux avaient tendance à appeler émergentes, pèsent de plus en plus sur l’économie internationale. Selon plusieurs cabinets et centres d’analyse occidentaux importants, à l’horizon 2040-2050, 6 des 10 principales économies mondiales seront celles de pays non-occidentaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, Mexique), à condition que l’on mette le Japon dans le « camp occidental », car membre du G7.

Mais plusieurs projets en cours ont pour objectif d’accélérer encore plus les choses. Il s’agit évidemment de la nouvelle Route de la soie, nommée aussi « Ceinture », « La Route » ou encore « Le pont terrestre eurasiatique ». Il s’agit d’un plan de très grande envergure voulu par la Chine et à portée ouvertement eurasienne, puisque c’est bel et bien l’Eurasie qui y jouera un rôle clé, comme dans un passé lointain.

Son principal axe? Une liaison de fret ferroviaire qui part de la Chine, passe par le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie (les trois pays membres-fondateurs de l’Union économique eurasiatique) pour arriver en Europe centrale et occidentale (les consommateurs finaux). Les trois pays cités jouent ainsi un rôle de hub commercial majeur. La route s’inscrit aussi dans l’objectif de sécuriser les approvisionnements de gaz russe en direction de la Chine, dont la consommation ne cesse de croître.

D’autres voies additionnelles devraient s’y ajouter, notamment le réseau routier, qui devrait permettre à d’autres pays de l’espace eurasien de contribuer au projet, à savoir le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, ainsi que l’Iran et la Turquie. Sans surprise, les pays cités y voient de grandes opportunités économico-commerciales.

Qu’en est-il des autres, notamment des pays occidentaux?

Washington y voit une façon pour Pékin d’augmenter considérablement un poids sur l’économie mondiale déjà très important, ce qui évidemment ne peut la ravir. D’autre part via ce projet, la Chine diminuera non seulement ses coûts de transport, mais en plus réduira considérablement les risques liés à d’éventuelles tensions en mer avec les USA, qui pourraient évidemment affecter ses approvisionnements.

Quant à Bruxelles, elle n’est pas ravie d’être réduite au rôle d’observateur ou de consommateur final. Et selon la dernière information relayée par RFI, les six pays de l’UE qui participent en ce moment même au Sommet international sur les nouvelles routes de la soie à Pékin (Allemagne, France, Grèce, Portugal, Royaume-Uni et Estonie) n’ont pas souhaité signer le communiqué commun sur le commerce. Elles prétendent que Pékin « ne prend pas en compte ce que l’Union européenne réclame depuis longtemps, à savoir que la Chine accorde un accès plus libre à son propre marché ».

Il est pour autant peu probable que l’Europe bruxelloise puisse faire quoi que ce soit contre le grand projet eurasiatique face à une Chine, deuxième puissance économique mondiale, extrêmement déterminée et ouvertement soutenue par des pays partisans de l’ordre multipolaire. Et ce d’autant moins que les pays de l’UE ont eux aussi clairement besoin du marché chinois pour écouler de leurs produits et services. Pour rappel, le coût total du projet s’élèverait à plusieurs trillions de dollars et, selon CNN, englobera à terme 68 pays, représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial, justifiant une fois de plus la détermination chinoise et eurasienne.

Le cas intéressant est celui de l’Ukraine, qui se retrouve de plus en plus isolée. En effet, de l’aveu même des élites ukrainiennes issues du coup d’État de février 2014, le gazoduc Turkish Stream fermera la page qui avait fait de ce pays un important hub gazier entre la Russie et l’Union européenne. Mais Kiev semble aussi être hors-jeu dans le projet de nouvelle Route de la soie, puisqu’après le Kazakhstan et la Russie, c’est la Biélorussie qui sera vraisemblablement privilégiée.

Tout cela pour dire que les énormes problèmes économiques actuels de la « new Ukraine » ne sont pas prêts d’être résolus. Restera alors pour Kiev à compter sur une aide économique que l’Occident est de plus en plus réticent à fournir, ainsi que tenter de profiter du régime sans-visa qui a été validé le 11 mai dernier par l’UE, régime qui ne donne pour autant pas droit de résider, ni de travailler dans l’Europe de Bruxelles. Mais cela est une autre histoire et il sera difficile aux élites de Bruxelles d’expliquer aux millions de citoyens ukrainiens du Centre et de l’Ouest du pays, ayant soutenu le Maidan, que ce qu’ils avaient espéré n’est pas exactement ce qu’ils auront obtenu, avec les conséquences migratoires qui en découlent.

Après tout, la meilleure analyse se fait après expérience personnelle. Un peu comme dans la Moldavie voisine, où après sept années de pouvoir pro-occidental, un président résolument prorusse a pris le pouvoir via des élections démocratiques, sans coup d’État. Chaque chose en son temps.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705161031400522-route-de-la-soie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Direction Moscou, le revirement confirmé de la Moldavie

Igor Dodon

C’est un virage à 180 ° pour la Moldavie. Dirigé pendant sept ans par une équipe résolument pro-européenne et pro-Otan, le pays se tourne désormais vers la Russie. La visite d’Igor Dodon, le président moldave à Moscou, concrétise ce changement stratégique.

La première visite officielle à l’étranger d’Igor Dodon, le président moldave récemment élu, vient de se clore. Son agenda fut assez chargé. Durant sa visite, le chef d’État moldave a rencontré plusieurs responsables russes de haut niveau, dont Valentina Matvienko — l’actuelle présidente du conseil de la Fédération ( la chambre haute du Parlement russe ) puis Sergei Lavrov, le chef de la diplomatie. Enfin, en soirée Igor Dodon a rencontré Vladimir Poutine. Les deux chefs D’État ont abordé plusieurs sujets.

Dans le domaine énergétique, ils ont ainsi confirmé leur désir d’avancer sur plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux en rapport avec la dette de l’État moldave pour le gaz russe, y compris celui livré en Transnistrie (PMR), qui avait fait sécession avec la Moldavie en 1990. Pour rappel, ce pays dépend à 100 % des livraisons de gaz russe.

L’autre point important concernait l’élargissement des entreprises moldaves pouvant exporter en Russie leur production, notamment agroalimentaire. En effet et depuis les sept dernières années du pouvoir de la coalition pro-occidentale, puis de la signature de l’accord d’association avec l’UE, la Moldavie n’a cessé de perdre ses parts sur le marché russe. Un marché qui n’a jamais pu être remplacé ailleurs, au vu de ses capacités.

Les deux hommes ont également abordé la question des migrants moldaves travaillant en Russie, autre source importante de revenus pour le budget du pays. C’est un point que la presse mainstream oublie souvent de mentionner lorsqu’elle aborde le sujet, puisqu’à en croire certains médias, la grande majorité des Moldaves travailleraient dans l’UE, principalement en Italie, où ils sont effectivement environ 150 000. Mais ce sont plus d’un demi-million de Moldaves qui vivent et travaillent en Russie, sur une population totale du pays de 3,5 millions d’habitants.

La discussion s’est aussi axée sur le dialogue lancé par Igor Dodon avec Tiraspol, la capitale de la PMR. Un éventuel accord de fédéralisation ne serait pas à exclure, bien que l’on en soit encore loin. Néanmoins, le dialogue positif engagé entre Chisinau et Tiraspol est un signe positif. Enfin, le président moldave a réitéré son engagement d’annuler l’accord d’association avec l’Union européenne, signé en juin 2014, et dans lequel la Moldavie n’a, selon Dodon, rien gagné, tout au contraire. Mieux que cela, le leader moldave a demandé à ce que son pays puisse rejoindre l’Union économique eurasiatique, ne serait-ce qu’à titre d’État observateur dans un premier temps.

Une approche qui a suscité la réaction des milieux pro-occidentaux à Chisinau, alors que Dodon se trouvait encore à Moscou. Selon leur déclaration officielle, ils ont affirmé « être prêts à tout pour bloquer toute éventuelle annulation de l’accord d’association avec l’UE et tout processus d’intégration en direction de l’Union économique eurasiatique ».

En effet, le combat s’annonce sérieux puisque le président moldave aura besoin du soutien de son parlement pour mettre en œuvre ses ambitieux projets. Néanmoins, et au vu des sentiments régnant au sein d’une large part de la société moldave, ses chances sont assez importantes. Il convient de rappeler que depuis quelques années, les sentiments pro-UE ont baissé d’une façon aussi drastique qu’augmentaient les sympathies prorusses au sein de la population. Une situation qui a d’ailleurs permis de mettre fin à sept années de pouvoir de la coalition pro-occidentale et de voir arriver la victoire d’Igor Dodon, le chef du Parti des socialistes de Moldavie, en novembre dernier.

Dernier point, au moment où l’Otan cherche de nouveau à attiser les tensions aux frontières de la Russie, le président moldave n’a pas caché son intention de s’éloigner du dialogue engagé par la précédente administration avec l’organisation nord-atlantique. D’ailleurs, le choix même de Moscou comme première visite officielle à l’étranger conserve toute sa symbolique : ce fut Bruxelles qui était la priorité tout au long des années précédentes de Chisinau. Une page vraisemblablement tournée, du moins pour le moment.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201701191029674983-igor-dodon-direction-moscou/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Plusieurs de mes amis et lecteurs souhaitaient avoir mon avis sur les raison d’une « avancée » vers l’objectivité de certains médias du mainstream, notamment vis-à-vis de l’Ukraine et de la Syrie. Le voici.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160224/1022032651/medias-russie-abkhazie-gorgie-information.html

Tentative de révolution colorée à Erevan: l’Arménie tient bon

Protestations à Erevan, Juin 22, 2015

Il fallait bien s’y attendre. L’Arménie était dans le collimateur de Washington depuis un bon bout de temps.

Le fait que l’Arménie soit visée par une révolution de couleur made in USA n’a donc effectivement rien de surprenant. Et ce pour plusieurs raisons:

1) L’Arménie est un allié de longue date de la Russie. Les peuples russe et arménien partagent une relation plus qu’étroite depuis de longs siècles.

2) Une position géographique du pays réellement stratégique: frontières communes avec la Turquie et l’Iran, ainsi qu’avec l’Azerbaïdjan et la Géorgie.

3) L’Arménie a fait le choix de l’intégration eurasiatique et est devenue membre à part entière de l’Union économique eurasiatique avec la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie. A laquelle s’est jointe également le Kirghizistan en mai dernier (le Tadjikistan en cours). Une union qui donne beaucoup de stress à l’administration étasunienne, pour qui l’UEEA représente une nouvelle URSS. Le tout en refusant de signer l’accord d’association avec l’Union européenne, tant voulu par les Occidentaux (cela ne rappelle rien à personne?…).

4) Last but not least, le leadership arménien a adopté une position diamétralement opposée aux élites occidentales sur la Crimée. Durant la tentative ukraino-étasunienne à l’Assemblée générale de l’ONU en mars de l’année dernière de faire « condamner » le retour de la Crimée à la Russie, l’Arménie n’a pas soutenu l’initiative occidentale.

Le temps est donc bien arrivé pour les Soros & Co. de s’en prendre à l’Arménie. D’une part pour punir les élites arméniennes, résolument pro-russes et de l’autre tenter de faire passer la République d’Arménie dans le giron occidental. Les méthodes n’impressionnent plus personne. Plus encore: cela devient un peu « old school » et pas très innovant. Des manifestants sortent pour manifester contre la hausse du prix de l’électricité. Jusqu’ici tout est relativement compréhensible: les citoyens expriment leur désaccord sur une question d’ordre économique et social d’actualité. Puis, quelques représentants radicaux lancent des provocations aux représentants des forces de l’ordre avec des appels n’ayant plus rien à avoir avec les réclamations initiales. En bref, rien de nouveau à l’horizon. Une tentative de révolution de couleur, tout ce qu’il y a de plus simple. D’ailleurs beaucoup de spécialistes arméniens sont unanimes: « l’œuvre » des services secrets et organismes affiliés étasuniens est évidente.

A noter que les forces de l’ordre arméniennes ont fait preuve de beaucoup de retenue. Les députés arméniens sont mêmes sortis dans les rues pour proposer aux manifestants de nommer un groupe de contact et avoir une rencontre avec le leadership du pays, y compris le président. Les USA et l’UE ont tout de même eu le culot de dire que les policiers arméniens ont utilisé la force d’une manière « excessive ». Révoltant une fois encore d’entendre cela en voyant la retenue évidente des policiers arméniens et parallèlement l’extrême violence des « forces de l’ordre » étasuniennes, ne serait-ce qu’à Ferguson et dans d’autres localités environnantes, avec d’autant plus des tendances policières ouvertement racistes.

Affaire à suivre donc. Mais à souligner quand même que beaucoup d’Arméniens et de leurs amis partagent un optimisme assez évident:

— Les instigateurs ne font aucun doute. Ils sont connus et reconnus.

— L’Arménie était visée depuis longtemps et cela était connu par les experts et organes compétents.

— Les Arméniens, en tant que peuple digne et fier, ne permettront pas le chaos dans leur pays, à l’instar de la sauce Maïdan. De la même manière qu’ils ne permettront certainement pas que de personnages outre-Atlantique, choisissent leur destin à leur place. Cela n’arrivera pas.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150624/1016693541.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Russie et ses alliés ont prouvé que le monde ne se limite pas à l’Occident

Vladimir Poutine (deuxième à droite) et ses hôtes après le défilé de la Victoire à Moscou

Il est encore assez difficile pour certains de concevoir la nouvelle réalité dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Celle d’un monde où un groupe limité de pays ne pourra plus dicter sa loi impunément.

Un monde dans lequel l’Occident politique continuera à exercer encore de son influence, mais de manière désormais limitée, tout en ayant à rendre des comptes si les nouvelles limites seront dépassées.

L’exemple récent en date: la grande célébration de la fête de la Victoire sur le nazisme le 9 mai, à Moscou. Les « leaders » occidentaux ont « brillé » par leur absence, mais entre nous il est à croire que leur présence même aurait été déplacée, surtout au vu des événements plus ou moins récents. Les élites de pays soutenant aujourd’hui la renaissance du nazisme et de l’extrémisme à différents endroits de la planète n’avaient rien à faire sur la principale place du pays ayant offert le plus lourd sacrifice à l’humanité pour anéantir la peste brune. 

Le plus drôle dans cette situation, c’est qu’on avait bien l’impression qu’au final ce sont ces mêmes « élites » qui se sont retrouvées clairement isolées. Tous les représentants de pays véritablement amis de la Russie étaient présents lors de cette grande fête et venus des quatre coins du monde: ex-URSS, Amérique latine, Asie, Afrique. Quelques délégations non et semi-officielles d’Europe étaient également là. En outre et lors du défilé militaire qui était le plus important et le plus impressionnant depuis bien longtemps, en plus des forces armées russes, on a eu droit au défilé des forces armées d’autres pays: Kazakhstan, Biélorussie, Arménie, Kirghizistan, Azerbaïdjan, ainsi que de Mongolie, de la Serbie, de l’Inde et de la Chine (dont l’effectif était le plus important parmi les pays cités).

Tout le monde a également remarqué les échanges forts amicaux entre les leaders russe et chinois qui étaient assis l’un à côté de l’autre, tout au long du défilé. Le nouveau monde en grande marche, oui on peut le dire. D’autre part et à la veille de la grande fête, la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie et l’Arménie avaient signé l’accord d’adhésion du Kirghizistan à l’Union économique eurasiatique. Un grand moment d’autant plus que l’Union eurasiatique ne compte aucunement s’arrêter en si bon chemin: bientôt ce sera au tour du Tadjikistan, autre république de l’ex-URSS d’Asie centrale, de rejoindre l’union. Le tout sans oublier que d’autres pays analysent eux-aussi cette opportunité. Sans oublier également une fois encore la zone de libre-échange qui passera sous peu à l’étape ultime entre le Vietnam et l’UEEA. 

Mais ce n’est pas tout. Les derniers jours ont été aussi l’occasion de larges manœuvres navales communes en Mer méditerranée entre la Chine et la Russie. Des manœuvres qui ont connu un grand succès, les deux parties ayant exprimé leur entière satisfaction. Les deux nations ont une nouvelle fois montré leur capacité totale de pouvoir intervenir à n’importe quel endroit du globe pour contrer les défis qui leur seront lancés.

L’Occident doit se rendre donc à l’évidence: il ne dirige plus le monde. Le temps des humiliations et des injustices approche sa fin. Bien que ces dernières se poursuivent largement encore à différents endroits de notre planète, on est au moins désormais en droit d’être optimistes quant à l’avenir. Un avenir encore incertain et c’est justement la raison pour laquelle nous ne devons pas relâcher les efforts communs. Le monde multipolaire a besoin de notre unité commune. Peu importe que nous soyons de grands ou de petits pays, tout le monde a son mot à dire. 

Personne ne prévoit d’isoler l’Occident et il restera partie intégrante de l’humanité. D’ailleurs les nombreux messages récents de soutien et de sympathie de la part des citoyens de pays occidentaux, notamment européens, envers la Russie prouvent à quel point les élites occidentales sont éloignées de la réalité. Quoiqu’il en soit, le chemin se poursuit et il est très important aujourd’hui de comprendre que l’humanité est beaucoup plus large que ce qu’on a voulu nous faire croire jusqu’à encore assez récemment.

C’est d’ailleurs un message aux nations encore martyrisées par le néocolonialisme occidental. Le temps est venu de se relever, de prendre les choses en mains, de détruire le diktat extérieur et d’arracher sa dignité. L’Afrique, ce beau continent, est aujourd’hui le théâtre de grandes batailles. Et il y a toutes les raisons de croire que les Africains en sortiront vainqueurs! Et ce malgré toutes les actions criminelles des prédateurs néocolonialistes.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150522/1016212532.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Russie-Vietnam : en route pour la zone de libre-échange dans le cadre de l’Union économique eurasiatique

Dmitri Medvedev au Vietnam

La toute récente visite du premier-ministre russe Dmitri Medvedev en terre vietnamienne a confirmé le haut niveau des relations avec la République socialiste du Vietnam.

Plus encore, les perspectives pour l’avenir proche sont encore plus prometteuses et cela concerne pratiquement tous les domaines sans exception: économie, politique, partenariat militaro-technique. Confirmant ainsi une fois de plus l’alliance stratégique entre les deux pays.

Plusieurs accords ont été signés dans le cadre de cette visite. 17 projets dits prioritaires ont été sélectionnés. La Russie fournira au Vietnam des avions civils, notamment le Sukhoï Superjet 100 et créera sur place des centres d’assemblage de véhicules russes. En outre, Gazprom Neft et La corporation de pétrole et de gaz du Vietnam vont collaborer dans le domaine pétrolier. Sur le plan énergétique également, de grandes chances que la Fédération de Russie construise au Vietnam la première centrale nucléaire du pays et assiste à la création du Centre pour la science et la technologie nucléaire. Par ailleurs, la Compagnie des chemins de fer russes (RZD) et les chemins de fer du Vietnam ont signé l’accord de partenariat dans le domaine de la logistique, ainsi que la réalisation de projets communs dans le domaine de l’infrastructure. Le tourisme n’a lui aussi pas été oublié. Les deux pays se sont mis d’accord sur le renforcement de la collaboration dans cette sphère, elle aussi stratégique pour le Vietnam. A noter que pour la seule année dernière, 400 000 touristes russes ont visité ce pays. Sur le plan des investissements, il est à rappeler que déjà à l’heure actuelle environ une centaine de projets à capitaux russes ont vu le jour au Vietnam.

En 2013, le volume des échanges entre les deux nations représentait environ 4 milliards de dollars. D’ici 2020, le volume devrait atteindre le chiffre de 10 milliards. C’est l’objectif qui a été fixé par les responsables russes et vietnamiens durant les pourparlers. Mais le point probablement clé de cette visite est le fait que le Vietnam compte dans les quelques prochains mois signer l’accord sur la création de la zone de libre-échange avec l’Union économique eurasiatique (les membres étant la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie, le Kirghizistan en deviendra membre officiel d’ici fin mai, puis le Tadjikistan). Le projet qui fait tellement inquiéter l’élite étasunienne et qui représente « à leurs yeux » une nouvelle URSS.

Et compte tenu du fait que d’autres pays, non issus de l’ex-Union soviétique, ont déjà exprimé leur désir d’établir des zones de libre-échange avec l’Union économique eurasiatique, notamment la Syrie et l’Egypte, fait que l’inquiétude US passe de plus en plus au stade hystérique. Et maintenant voici le Vietnam, le dragon de l’Asie, l’un des pays montrant des taux de développement les plus intéressants sur le continent asiatique et possédant un potentiel énorme.

Le tout après le récent mini-scandale ou plutôt la « réclamation » des USA envers le Vietnam afin que ce dernier ferme la base russe de Cam Ranh (ex-base navale de l’URSS), aujourd’hui utilisée pour le ravitaillement des bombardiers russes. Les USA avaient vraisemblablement oublié les crimes terribles qu’ils avaient commis à l’encontre du peuple vietnamien. Ils ont par ailleurs visiblement oublié aussi la raclée qu’ils ont reçu du peuple du Vietnam qui avait ardemment et jusqu’au bout défendu son indépendance et sa souveraineté, le tout après s’être libéré du colonialisme français. En tout cas et faisant suite de ladite « réclamation » étasunienne, les diplomaties vietnamiennes et russes avaient alors gentiment demandé aux USA de s’occuper de… leurs affaires.

Pour finir, il est à noter que la Russie poursuivra son « isolation », tellement rêvée et chantée par l’élite US, à l’image des nombreuses alliances et partenariats stratégiques de la Russie confirmés depuis les derniers mois avec de nombreux pays et groupes de pays, dont bien évidemment le Vietnam. Et ce également à la veille de la visite du chef du gouvernement grec Alexis Tsipras en Russie, qui inquiète déjà tellement de monde au sein de Washington et Bruxelles.

Ainsi qu’après la décision du président de la République tchèque, Milos Zeman, ayant tout simplement décidé de fermer la porte du palais présidentiel à l’ambassadeur des USA, après que celui-ci ait eu le culot de critiquer sur la TV tchèque la décision du leader du pays de visiter Moscou pour le 70ème anniversaire de la victoire de l’URSS sur la peste brune nazie, le 9 mai prochain, oubliant vraisemblablement qu’il se trouve en terre non-américaine. Les USA comprendront-ils enfin que le temps de leur diktat, partout et toujours, approche irrémédiablement sa fin? Probablement pas encore mais cela viendra.

A noter d’ailleurs que la Russie assume depuis quelques jours la présidence de l’alliance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) avec un agenda bien chargé et beaucoup de projets à réaliser. Mais cela, c’est une autre histoire.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150406/1015530703.html

Mikhail Gamandiy-Egorov