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Etats-Unis & alliés: séparés du reste du monde (universitaire)

18.04.2022

Les tentatives de l’establishment US et occidental à tenter de défendre l’ordre unipolaire révolu et le système libéral sont vouées à l’échec, ne faisant qu’augmenter considérablement l’écart entre le bloc occidental et le reste du monde. C’est l’avis de l’universitaire John Pang, dans un récent entretien à Xinhua.

Les comportements diplomatiques, politiques et économiques de l’Occident fondés sur l’hypothèse que le monde est toujours unipolaire sont voués à l’échec et sont désastreux pour l’Occident lui-même, selon John Pang, chercheur principal au Bard College de New York, dans un entretien récent accordé à l’agence de presse internationale chinoise Xinhua.

Pour l’universitaire de renom, les sanctions adoptées par les USA contre la Russie représentent en réalité une tentative de défendre l’ordre mondial unipolaire établi depuis la chute de l’Union soviétique. Toujours selon lui, ces comportements visent à défendre et à étendre l’hégémonie libérale qui a prévalu pendant plusieurs décennies après la fin de la guerre froide.

John Pang par ailleurs estime que le monde n’est plus unipolaire, y compris sur le plan économique. Il rajoute que les sanctions occidentales ne seront pas acceptées, et qu’elles ne fonctionneront pas comme elles sont censées le faire, pour la raison que l’économie mondiale a cessé d’être unipolaire depuis un certain temps.

Dans un article de février dernier, Observateur Continental avait d’ailleurs une fois de plus fait ce rappel, notamment quant au fait qu’à l’heure actuelle dans le Top 10 des principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat – moins de la moitié sont celles des pays occidentaux.

L’expert interviewé par l’agence de presse Xinhua a également rappelé que les sanctions sont ancrées dans la mentalité de la guerre froide, bien que même les acteurs de ladite période fussent plus réalistes que ceux d’aujourd’hui. Pour John Pang nous assistons également à un moment très intéressant de l’histoire mondiale – dans lequel les Etats-Unis et leurs alliés – n’ont jamais été aussi séparés du reste du monde. Et que leur point de vue n’a jamais semblé aussi déconnecté des attitudes dans d’autres parties du globe terrestre. Ces autres parties représentant l’écrasante majorité de la population terrestre par la même occasion.

John Pang conclue par le fait que le sens commun en Asie du Sud-Est, région du monde où il a grandi et travaillé durant plusieurs années, en particulier dans le milieu des affaires, est que le monde est entré dans une ère de multipolarité et que par ailleurs la tentative de l’establishment occidental de maintenir l’ordre unipolaire, de même que l’hégémonie libérale – est insensée et vouée à l’échec.

En termes de perspectives, difficile d’y rajouter quelque chose si ce n’est encore une fois de rappeler que la multipolarité, devenue réalité depuis maintenant plusieurs années – n’avait au préalable pas l’objectif d’isoler le monde occidental. A condition que ce dernier, étant une évidente minorité à l’échelle planétaire ait fait preuve d’adaptation aux règles qui émanent du concept multipolaire des affaires internationales.

Désormais, il est certainement trop tard. L’Occident politique et ses suivistes, notamment médiatiques, ont raté l’occasion de pouvoir bâtir un avenir commun pour toute l’humanité. Et c’est certainement encore une fois la raison pourquoi dans un avenir assez proche le monde ne sera pas seulement multipolaire – car il l’est déjà – mais sera indéniablement un monde multipolaire post-occidental, comme Observateur Continental  l’avait envisagé. Avec tout ce que cela implique. Les citoyens des pays occidentaux, partageant les valeurs de l’ère multipolaire et qui sont nombreux, auront alors à terme l’occasion de demander des comptes à leurs responsables politico-médiatiques.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La jeunesse comme fer de lance de l’intégration eurasienne

Histoire commune, échanges économico-commerciaux, politiques, éducatifs et culturels intenses, flux humains, l’intégration au sein de l’espace eurasiatique n’a probablement jamais été aussi forte depuis la fin de l’URSS. Le rôle attribué à la jeunesse des pays concernés en est pour beaucoup.

Il apparait aujourd’hui de façon évidente que si l’intégration eurasienne ait pu, principalement à partir des années 2000 et à ce jour, se développer à un rythme intense et toucher non seulement l’orientation économico-commerciale, cela est dû justement à la compréhension des populations concernées quant à l’intérêt majeur d’un tel projet. Et sans le soutien des jeunesses des pays appartenant à l’espace eurasiatique, notamment ex-soviétiques, il aurait probablement été difficile d’obtenir les résultats souhaités, y compris même avec le soutien à ladite intégration de la part des élites politiques des pays en question.

A cet effet, plusieurs raisons peuvent être avancées. Un bagage culturel, linguistique et historique commun certain, les liens familiaux, les échanges dans la sphère économique et commerciale, et bien évidemment le secteur de l’éducation et de l’enseignement. Ce dernier est d’autant plus important qu’il concerne aussi bien l’éducation familiale, notamment l’attachement aux valeurs et traditions communes. Car en effet, ce qui rassemble un Russe, Kazakh, Biélorusse, Arménien ou un Kirghize, durant ne serait-ce que la célébration chaque année de la Fête de la Victoire sur le nazisme, est quelque chose qui probablement ne peut être compris par ceux qui n’appartiennent pas à cette histoire commune, notamment en ce qui concerne la question sacrée des sacrifices endurés par le peuple multiethnique soviétique. Mis à part évidemment pour les étrangers qui habitent dans l’espace eurasien ou qui en possèdent une connaissance réelle, approfondie et sans clichés.

Au-delà de l’éducation familiale, s’en suit évidemment celle de l’école primaire, du secondaire et de l’enseignement supérieur. Et là aussi et malgré les innombrables bourses offertes aussi bien par Washington (principalement) que Bruxelles, donc atlantistes, en vue de casser les liens des peuples eurasiens, il s’est avéré que les fonds alloués ne suffisent pas à détruire ces liens en Eurasie.

D’autre part, le système éducatif de l’espace eurasien s’adapte lui aussi à la réalité multipolaire et commence à répondre aux attaques extérieures. Dans le calme et sans hystérie. Ainsi et à titre d’exemple, à la veille de la nouvelle année universitaire vient de paraitre le manuel appelé Intégration eurasienne: idées, objectifs, processus et perspectives. Parmi les auteurs dudit manuel on retrouve plusieurs chercheurs et professeurs renommés de Russie et d’Arménie.

Comme l’annonce Armenpress, la principale et plus ancienne agence de presse arménienne, le manuel en question – offert aux étudiants, doctorants et aux enseignants d’Arménie et des autres pays de l’Union économique eurasiatique est un produit unique, n’ayant pas d’analogues dans la littérature scientifique russe et arménienne. Et représente par la même occasion un guide d’étude pour tous ceux qui souhaitent découvrir ce qu’est l’Union économique eurasiatique (UEEA), comprendre l’essence d’un phénomène comme l’eurasisme et l’intégration eurasienne, ainsi que de découvrir le contenu de ces processus, en premier lieu économiques, se produisant aujourd’hui dans l’espace post-soviétique.

L’inquiétude et la vive opposition de l’establishment atlantiste vis-à-vis de l’UEEA est, les connaissant, d’une certaine façon compréhensible. Notamment leur peur permanente de renaissance d’une URSS sous une autre forme. Et cette inquiétude est justement expliquée par le fait qu’au-delà d’une large part de la génération plus âgée des pays eurasiens qui approuve les processus en cours, le soutien de la majorité des jeunes d’Eurasie pousse les élites atlantistes à des gesticulations supplémentaires.

En effet et pour rappel, lors d’un récent sondage en République d’Ouzbékistan, pays d’Asie centrale de plus de 30 millions d’habitants, ¾ des répondants ont déclaré soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. Fait fortement révélateur: l’essentiel des partisans de l’adhésion se trouvait au sein des plus de 40 ans ayant connu l’URSS et des jeunes de moins de 20 ans – nés après la fin de l’Union soviétique.

Les fondations washingtoniennes comme bruxelloises, continueront certainement et par tous les moyens à tenter de ralentir ces processus. Mais ce que l’establishment occidental ne comprend pas – c’est qu’il y a des choses qui ne s’achètent pas. Les valeurs de la jeunesse eurasienne dans sa large majorité y compris.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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