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À terme une base russe au Venezuela?

Le président vénézuélien Nicolas Maduro est arrivé en visite officielle en Russie

Alors que les États-Unis et son bras droit l’Otan possèdent des dizaines de bases militaires à l’étranger, le temps approche vraisemblablement pour mettre un peu d’ordre dans le secteur.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro est arrivé en visite officielle en Russie. D’une part pour rencontrer de nouveau le leader russe et de l’autre pour prendre part à la Semaine énergétique de Russie 2017. Si l’accent de la rencontre a été mis sur l’amitié qui unit les deux pays et les nombreux domaines d’intérêts réciproques, notamment dans le secteur énergétique, il n’en demeure pas moins que la sphère de la Défense reste elle aussi une orientation prioritaire dans les relations russo-vénézuéliennes, de même qu’avec d’autres pays latino-américains.

Juste avant son départ pour Moscou, le leader du Venezuela avait déclaré: «Je vais avoir une réunion de travail très importante avec le président Vladimir Poutine. Très importante pour l’avenir de la coopération financière, technologique, agricole et militaire entre la Russie et le Venezuela». À noter que la visite de Maduro à Moscou est la première étape d’une tournée dans trois pays: Russie, Biélorussie, Turquie. Les médias occidentaux n’ont évidemment pas pu manquer l’occasion de dire que c’était une «tentative du Venezuela de sortir de l’isolement imposé par la communauté internationale»… À ce niveau rien de nouveau côté mainstream occidental. De la même manière depuis 3 ans ces mêmes médias s’acharnaient à parler de la prétendue «isolation» de la Russie et restent maintenant bouche bée en observant les leaders des quatre coins du monde faire pratiquement la queue pour atterrir dans la capitale russe, y compris les alliés encore déclarés du camp atlantiste. À ce titre le tout récent reportage de BFM TV sur la venue du roi saoudien en Russie (la première visite officielle d’un monarque saoudien en terre russe), qui a suivi l’arrivée du président Maduro, avec une délégation de près de 1000 personnes a fait bien sourire, surtout les mots de la fin:

http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/benaouda-abdeddaim-moscou-va-accueillir-le-roi-slamane-d-arabie-saoudite-0310-987509.html

Dans le cas du Venezuela, il est aussi ridicule de parler d’un quelconque isolement, sachant que plusieurs pays d’Amérique latine n’ont pas manqué d’afficher leur soutien à Caracas face aux pressions occidentales. Ajoutez à cela le soutien officiel de Moscou, Pékin et Téhéran et il devient réellement absurde qu’une communauté représentant moins de 10% de la population terrestre puisse encore s’autoproclamer «communauté internationale»… Passons.

Au-delà de la rencontre très constructive Poutine-Maduro et du renforcement de l’alliance qui caractérise les deux pays, l’heure est effectivement à l’intensification du partenaire bilatéral. Ainsi, Rosneft et Gazprom se voient offrir de nouvelles opportunités d’affaires sur le sol de la République bolivarienne (le premier y étant déjà très actif). Pour rappel aussi: la Russie et le Venezuela font partie du comité chargé par l’OPEP d’assurer le suivi de l’accord passé entre les pays membres du cartel pétrolier pour réduire l’offre et stabiliser les prix du brut.

Mais en supplément des accords économiques et énergétiques qui caractérisent les relations entre les deux nations, l’interaction dans le secteur de la Défense est effectivement appelée elle aussi à croître, surtout au moment où la rhétorique agressive émanant de Washington en direction de Caracas et d’autres capitales de cette région du monde ne fait que s’intensifier.

Pour rappel, plusieurs hauts cadres du ministère russe de la Défense, y compris le ministre Choïgou, avaient déclaré à maintes reprises que la Russie avait entamé une série de négociations en vue de retrouver des bases militaires à l’étranger, utilisées dans le passé par l’URSS, voire en créer de nouvelles. En Asie, c’est le Vietnam qui a été mentionné. En Amérique latine: Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, notamment.

À noter qu’actuellement la présence militaire russe en dehors des frontières nationales se trouve principalement chez les alliés de l’étranger dit «proche» d’ex-URSS: Biélorussie, Arménie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Abkhazie, Ossétie du Sud, République moldave du Dniestr. La Syrie, bien qu’alliée de longue date mais considérée comme faisait partie de l’étranger «lointain» est un peu l’exception à la règle. Mais soyons honnêtes: même si cette présence devait s’élargir aux pays d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine mentionnés (voire à d’autres), elle resterait inférieure en terme de nombre par rapport aux bases militaires américaines et plus généralement occidentales de par le monde. C’est un fait. Et c’est pourquoi la rhétorique d’une Russie «agressive», venant de la part de ceux qui ne négocient même pas mais imposent leur présence à différents endroits de la planète, fait sourire.

En ce qui concerne le cas particulier du Venezuela, il faut savoir qu’il est plus que probable que l’opposition locale (libéraux + extrême-droite) soutenue depuis Washington et plusieurs capitales occidentales fera de son mieux pour bloquer tout accord russo-vénézuélien en la matière. Mais plus les atteintes à la souveraineté vénézuélienne se poursuivront de la part de ceux qui se sont un peu trop habitués à dicter leur volonté, plus Caracas aura la détermination de la protéger par un renforcement des alliances existantes. Et probablement, il ne sera pas le seul. Le reste à suivre.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201710061033353868-venezuela-russie-maduro-poutine/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Pourquoi une intervention directe US au Venezuela est peu probable ?

Venezuela

Au moment où l’armée de la République arabe syrienne poursuit ses succès, toujours plus à l’Est, contre les terroristes de Daech, annonçant une victoire imminente dans cette guerre imposée à la Syrie non seulement par le terrorisme international mais aussi par la politique néocoloniale d’un certain nombre d’Etats.

Les Etats-Unis passent aux menaces vis-à-vis d’autres pays du monde.

En effet, Donald Trump a menacé le Venezuela d’une possible intervention militaire US en vue de « défendre la démocratie » dans ce pays. Au-delà du fait que cette « belle excuse » ne passe plus car de moins en moins de personnes ne se font d’illusions sur une « démocratie » à l’occidentale imposée par les bombes dans la pure violation du droit international et de la souveraineté des Etats, les Etats-Unis, se sentant clairement menacés par l’avènement de l’ère multipolaire, commencent à menacer un peu beaucoup de pays simultanément. D’abord l’Iran, grande puissance du Moyen-Orient et alliée (surtout depuis les événements syriens) avec la Russie, puis la Corée du Nord dont le leadership ne cache pas sa détermination à utiliser des moyens fortement radicaux en cas d’attaque le visant (bien qu’il n’attaquera pas en premier), et maintenant le Venezuela. L’élite US aurait certainement aimé ajouter à cette liste la Russie et la Chine, les deux grands avant-postes de la multipolarité, mais un minimum de raison les en empêche évidemment, les Etats-Unis comprenant parfaitement ne pas être en mesure d’affronter directement ni la Russie, ni la Chine, même séparément. Si ce n’est par des sanctions, qui dans le cas russe boostent plus la Russie vers une indépendance de plus en plus grandissante vis-à-vis de l’Occident qu’autre chose.

Maintenant parlons un peu des perspectives. Le principal partenaire de la Corée du Nord est bel et bien la Chine. C’est donc principalement à elle que revient la gestion de ce dossier à l’heure des tensions grandissantes entre Washington et Pyongyang. La Russie suit évidemment de près la situation, sachant que les dites tensions ont lieu tout près des frontières est du territoire russe mais laisse assez clairement l’allié chinois traiter prioritairement ce dossier. Ce qui est d’ailleurs assez logique. Dans le cas du Venezuela, cela est différent. La République bolivarienne est un allié officiel de la Fédération de Russie, tout comme l’est la République arabe syrienne. Cela se traduit notamment par une vision similaire sur les principaux dossiers internationaux, y compris au niveau de l’ONU. Mais ce n’est pas tout. Au-delà de l’aspect politico-idéologique et de soutien commun à la multipolarité, Moscou possède avec Caracas plusieurs intérêts: coopération dans le domaine militaro-technique, pétrolier (Rosneft notamment), dans le domaine des infrastructures et du transport, ainsi qu’agricole (la Russie fournit d’ailleurs actuellement d’importantes quantités de blé à ce pays). Plus généralement, il est admis que le Venezuela fait partie des principaux partenaires de la Russie en Amérique latine.

Par ailleurs, récemment le président russe a transmis son soutien au leader vénézuélien faisant face à une large pression occidentale couplée à une opposition largement libérale et pro-occidentale. Tout cela pour dire que la Russie surveille de près la situation dans cet Etat, dans le viseur de Washington depuis de longues années. Dans le viseur pour plusieurs raisons: premières réserves mondiales de pétrole, fer de lance d’une intégration latino-américaine ouvertement hostile à la politique US dans la région et dans le monde depuis Hugo Chavez, alliance avec la Russie — rival reconnu des USA. Parallèlement, la CIA tout comme le Département d’Etat US n’ont pas cessé de considérer toute l’Amérique latine comme l’arrière-cour étasunienne. C’est une raison supplémentaire de l’hystérie américaine en vue de se débarrasser de tous les leaders latino-américains, aussi progressistes soient-ils, pour avoir des représentants radicaux mais dociles aux intérêts de Washington, à la sauce Batista ou Pinochet.

Maintenant pourquoi une intervention directe des Etats-Unis au Venezuela est peu probable. Un compatriote et collègue russe d’Algérie, ancien militaire, m’avait dit il y a quelques jours la chose suivante: une agression ouverte américaine contre le Venezuela serait le meilleur cadeau que Washington pourrait faire à toute la résistance latino-américaine. Et je dois avouer que je rejoins cette position. Pourquoi? Pour plusieurs raisons. Connaissant les sentiments profondément anti-américains d’une large coalition de leaders de cette région du monde, sans oublier des populations concernées, une telle intervention risque d’exacerber ces sentiments à un tel niveau que les conséquences se feront sentir jusque dans les territoires étasuniens. C’est la première chose. D’autre part, si l’Amérique latine s’est déjà habituée aux déstabilisations étasuniennes via la CIA en coordination avec la cinquième colonne locale, cela n’a rien à avoir avec une intervention armée d’agression directe qui créera immédiatement une très large solidarité régionale face à une telle agression. Sachant d’ailleurs qu’une telle agression pourrait créer une résistance peut-être plus radicale encore au néocolonialisme US que c’est actuellement le cas au Moyen-Orient.

D’autant plus que le Venezuela est loin d’être seul dans sa politique d’opposition à Washington dans cette région, avec là aussi des conséquences pouvant être dramatiques aussi bien pour les intérêts américains (y compris même dans les pays où les élites restent encore pro-US) mais également pour les citoyens étasuniens. Enfin, et au-delà de l’alliance régionale évidente, le Venezuela peut compter sur un soutien diplomatique de son allié russe et très probablement chinois au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Last but not least, les technologies russes d’armement présents au Venezuela et l’expérience acquise en coordination avec les conseillers russes, y compris en tenant compte de l’expérience syrienne, font que les Etats-Unis non seulement devront mais vont réfléchir trois fois avant de s’engager dans une nouvelle aventure guerrière.

Le monde n’est plus même. Et ne sera plus jamais comme avant. En raison de cela, plusieurs forces à l’intérieur des USA seraient prêts à plonger l’humanité entière dans une guerre totalement destructive car comprenant que leur hégémonie sur le monde est arrivée à sa fin. Parallèlement, ils comprennent aussi qu’une telle guerre sera dévastatrice pour eux-mêmes et leurs intérêts. Quant à Trump, il aura montré qu’il ne diffère pratiquement en rien des autres présidents US. Le temps des illusions (de certains) est définitivement clos. Pour reprendre les paroles du ministre de la Défense du Venezuela: « Toute l’élite US est extrémiste ».

Soyons francs une fois encore, l’élite étasunienne n’acceptera pas officiellement l’ère nouvelle sous peu. C’est la raison pour laquelle le temps est probablement venu pour non seulement être aux aguets mais passer pleinement à l’offensive. D’autant plus que dans la vision des partisans de la multipolarité, ces offensives peuvent être très variées.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201708141032637549-venezuela-intervention-us/

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’idée de la démocratie souveraine attire

L’idée de la démocratie souveraine attire

La démocratie souveraine est une notion qui a été admise en Russie à partir du début des années 2000. A savoir un système qui se base sur des fondements démocratiques, tout en tenant compte des traditions et cultures du pays. A cette époque, cette notion n’a pas échappé à la règle des vives critiques du mainstream.

Mais tout change aujourd’hui. Et l’idée de la démocratie souveraine attira bien au-delà des frontières russes. En Amérique latine, plusieurs pays alliés de la Russie (du Brésil au Venezuela, de l’Argentine à la Bolivie, du Nicaragua à l’Equateur), partagent cette notion. Autre exemple, l’Inde, membre de l’alliance BRICS et grande puissance du continent asiatique, est considérée à juste titre comme la plus grande démocratie du monde. Et sa notion de la démocratie peut être aussi placée dans la notion de souveraineté, dans le sens que le modèle indien n’est pas calqué sur ceux qui souhaitent ardemment que cela soit le cas, à savoir les pays occidentaux, dont les élites considèrent que seule leur « vision des choses » est la bonne. A tort pour eux.

Autre membre des BRICS et leader du continent africain, la République d’Afrique du Sud, s’inscrit lui aussi parfaitement dans cette lignée: depuis la fin du régime raciste d’apartheid, longtemps soutenu par les Occidentaux, l’Afrique du Sud a pris le cap sur un régime démocratique et qui respecte les traditions nationales du pays. En parlant de l’Afrique, une nouvelle notion commence à voir le jour, celle de l’Africratie. Une approche nouvelle, développée par l’activiste politique souverainiste et panafricaniste camerounais Thierry Mbepgue, que nous avons déjà interviewé sur Sputnik.

Les principes fondateurs de cette idéologie se concentrent eux aussi sur la démocratie comme base pour toute société africaine et avec la souveraineté nationale comme une notion tout aussi inaliénable. Ajoutée à cela une vive opposition aux interventions extérieures dans les affaires internes des Etats africains (on comprend qui est visé). Nous en aurons peut-être d’ailleurs l’occasion d’en discuter plus longuement dans nos interviews futures.

En tout cas et ce qui est certain, c’est que la multipolarité est bien là. Et commence activement à prendre place dans la tête des gens, quelle que soit leur origine culturelle, ethnique ou religieuse. Et certaines « élites » ont beau à continuer à tenter de donner leurs bonnes « leçons » dans ce domaine, une grande partie de l’humanité ne le voit plus sous cet œil. Heureusement dirons-nous.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151026/1019089821/russie-democratie.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Sommet des Amériques à Panama : claque à Obama et aux USA

Barack Obama au sommet des Amériques

Le sourire d’Obama et ses tentatives de faire semblant de maîtriser la situation ne lui ont pas permis de cacher la triste réalité pour lui et son pays : les USA se rapprochent d’un isolement évident dans le cadre des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Qui aurait pu croire il y a encore 10-15 ans de cela que le pays dit « exceptionnel », se permettant encore à l’heure d’aujourd’hui de parler en porte-parole (autoproclamé) de la communauté internationale et agir en qualité de « gendarme » pouvant « isoler » qui que ce soit, arriver à la situation où c’est lui qui se retrouve clairement isolé, et ce dans ce qu’il considérait (et aimerait considérer encore) comme son arrière-cour?

En effet, c’est un bien triste constat pour la diplomatie étasunienne: les USA n’impressionnent plus. Leurs visions unipolaires du monde sont complètement hors-sujet dans le cadre du monde actuel. La très grande majorité des leaders d’Amérique latine n’ont à ce titre pas manqué d’afficher clairement leur unité face au souriant (nerveusement?) Barack Obama…

Les critiques de la politique US étaient explicites et sans langue de bois. Le président de la « nation exceptionnelle » ne pouvait en retour que continuer à sourire ou à faire semblant de ne pas entendre toutes les critiques le visant lui et plus généralement la politique de son pays, se trouvant encore psychologiquement dans une époque aujourd’hui révolue.

Mais à un moment ou un autre, il faut bien se rendre un minimum à l’évidence. Les USA faisaient bien lors de ce sommet figure d’un pays isolé. Plus encore, les quelques tentatives de manifestations pro-US de certains « dissidents cubains », ou plutôt d’agents de la CIA dans les rues panaméennes, ont rapidement dû faire face à de jeunes cubains et vénézuéliens venus soutenir leurs gouvernements avec des slogans ouvertement anti-étasuniens.

Ces images étaient d’ailleurs très symboliques: de vieux « dissidents » manipulés et contrôlés par le département d’Etat des USA, travaillant pour certains depuis des décennies contre les intérêts de « leurs pays » en face d’une jeunesse au sang neuf, fière, patriotique et déterminée d’aller jusqu’au bout, pas moins que leurs dignes dirigeants, devenus des symboles pour tout un continent et même pour le monde. On pense à Fidel Castro, Che Guevara, Hugo Chavez. L’opposition entre le vieux monde unipolaire et la jeune et fraîche multipolarité, enfin devenue réalité. Ce qui est sûr, c’est que la relève est bien assurée. Et cela ne peut que ravir.

Il ne restait donc à Obama qu’à affirmer, presque en se justifiant, que « la nouvelle politique des USA envers les Etats d’Amérique latine et des Caraïbes ne sera plus jamais la même ». Et plus que cela (c’est d’ailleurs sur cet aspect que les médias du mainstream ont accentué leur « attention »), le président US est allé à des rencontres privées avec les leaders cubain et vénézuélien, Raul Castro et Nicolas Maduro. Les pays donc les plus visés, dans le cadre des Amériques, par les agressions & tentatives de déstabilisation US récentes et moins récentes. Des pays aujourd’hui devenus des exemples de résistance au néocolonialisme Made in USA et de la défense absolue de la souveraineté pour grand nombre d’autres pays de la région, du continent et bien au-delà. Des nations qui ont beaucoup inspiré d’autres. Et malgré un certain optimisme diplomatique affiché suite à ces entretiens où vraisemblablement le franc-parler était maître (ne serait-ce qu’au niveau de Castro et de Maduro, pour Obama on peut en douter), les USA sortent véritablement perdants de ce sommet avec pour résultat une preuve supplémentaire qu’ils ne sont plus en capacité de poursuivre leur diktat. Quoi de mieux donc que de reprendre les principales citations de plusieurs chefs d’Etats lors de ce sommet:

« Je vous respecte mais je ne vous fais pas confiance, M. Obama ». Nicolas Maduro, président de la République bolivarienne du Venezuela.

« Nos peuples n’accepteront plus jamais la tutelle, l’ingérence et l’interventionnisme dans nos affaires intérieures ». Rafael Correa, président de la République de l’Equateur.

« L’époque actuelle ne peut plus permettre et tolérer des mesures unilatérales et des politiques visant à isoler ou sanctionner tel ou tel pays. C’est pourquoi nous rejetons l’adoption des sanctions US contre le Venezuela ». Dilma Rousseff, présidente de la République fédérative du Brésil.

« C’est tout simplement absurde de considérer l’un d’entre nous — pays d’Amérique latine — comme une menace ». Cristina Fernandez de Kirchner, présidente de la République argentine, faisant allusion elle aussi aux sanctions US visant Caracas.

« Les USA doivent cesser de transformer le monde en un champ de bataille. Les Etats-Unis continuent de considérer l’Amérique latine et les Caraïbes comme leur arrière-cour et les habitants de nos pays comme leurs esclaves »… Evo Morales, président de l’Etat plurinational de Bolivie.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150413/1015633071.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

La très récente visite officielle du président équatorien Rafael Correa en Russie a été non seulement très productive, mais a confirmé une nouvelle fois les relations stratégiques qu’entretiennent désormais la Russie et la grande majorité des Etats d’Amérique latine.

A la mort du leader vénézuélien et chef de file de la révolution bolivarienne Hugo Chavez, certains analystes se sont pressés d’annoncer que le Venezuela et toute l’Amérique latine allaient subir de grands bouleversements, notamment ce qui concerne la politique extérieure. Hugo Chavez était effectivement un grand ami de la Russie et c’est sous sa présidence que la Russie et le Venezuela sont devenus des alliés indéniables. Ce partenariat stratégique s’est rapidement répandu à toute l’Amérique latine pour laquelle la Russie est devenue un partenaire clé.

Le successeur d’Hugo Chavez à la présidence vénézuélienne Nicolas Maduro a rapidement déchanté tous ceux qui promettaient des « changements radicaux »à la région et s’est au contraire fortement engagé sur la même ligne politique que son illustre prédécesseur, y compris en ce qui concerne la politique étrangère. Le partenariat stratégique entre la Russie et la République bolivarienne n’a donc pas bougé d’un poil.

Mis à part le Venezuela, la Russie est vue comme un pays ami par bon nombre des pays de la région : que ce soit la Bolivie d’Evo Morales, l’Equateur de Rafael Correa, l’Argentine de Cristina Fernandez de Kirchner, le Brésil de Dilma Rousseff ou encore le Nicaragua de Daniel Ortega, sans oublier bien évidemment Cuba de Raul Castro, un allié de longue date.

La visite de Rafael Correa, président de l’Equateur, n’avait donc rien d’anodin mais était bien le signe supplémentaire des relations très privilégiées entre désormais la Russie et les pays latino-américains. D’ailleurs, en parlant du leader équatorien, il s’agit d’une personnalité très intéressante. Economiste de formation, il a suivi une partie de son cursus en Occident, à l’Université catholique de Louvain (Belgique) puis à l’Université de l’Illinois (Etats-Unis). Patriote engagé, fervent partisan de la souveraineté de son pays et de toute l’Amérique latine, il se qualifie lui-même comme étant un homme politique de gauche, un humaniste et un chrétien catholique.

Au cours de sa visite en Russie, Rafael Correa s’est bien évidemment entretenu avec le président russe Vladimir Poutine. Au programme figurait également la signature d’accords sur le partenariat bilatéral des deux pays sur le plan économique, commercial, culturel et humanitaire. La lutte commune contre le terrorisme et son financement était elle aussi au menu.

Avant de se rendre dans la capitale russe, le président de l’Equateur a visité Saint-Pétersbourg où il a notamment rencontré le gouverneur de la ville Gueorgui Poltavtchenko. A l’issue de son passage par la capitale des tsars, Rafael Correa a formulé un grand désir d’échanges entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. Quant à Moscou, le président Correa y a visité le centre de recherche et de développement Skolkovo, considéré comme la « Silicon Valley russe », ainsi que l’Université russe de l’Amitié des Peuples où le titre honorifique de docteur honoris causa lui a été attribué.

 Pour revenir à la partie diplomatique, les deux pays partagent des points de vus communs sur bon nombre de questions liées aux relations internationales, à la défense de la souveraineté et au respect du droit international. Les deux parties, aussi bien russe qu’équatorienne, ont jugé cette visite comme étant très fructueuse. « Nous avons eu une importante réunion à Moscou avec le président russe. Le président de la Russie est un homme politique très efficace,a déclaré Rafael Correa. Avant d’ajouter que les rencontres furent très productives et qu’elles se sont déroulées dans une atmosphère très positive ».

De notre côté, nous ne pouvons que souhaiter que cette alliance stratégique entre la Russie et l’Equateur, ainsi que l’Amérique latine en général puisse résister à toutes les tentatives des forces ennemies qui veulent y mettre fin, ou du moins tenter de la déstabiliser. Du moment que les Etats Sud-américains seront dirigés par des chefs d’Etats dignes et responsables comme Rafael Correa, nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Souhaitons également que ce partenariat puisse devenir un exemple et une importante source d’inspiration pour d’autres, notamment pour les relations entre l’Afrique et la Russie.

http://french.ruvr.ru/2013_10_31/Rafael-Correa-en-Russie-une-visite-symbolique-9149/

Mikhail Gamandiy-Egorov