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Quand la Russie dame le pion à l’Occident dans le Maghreb

Quand la Russie dame le pion à l’Occident dans le Maghreb

Personne n’est irremplaçable. Y compris ceux qui pensaient l’être des décennies et même des siècles durant. Le train avance, et beaucoup le voient filer.

Coopération renforcée avec Alger, multiplication des conventions avec Rabat, dont un spectaculaire accord de libre-échange entre la Russie et le Maroc, la tournée de Medvedev en Afrique du Nord se solde par un succès. Une fois encore, Moscou et les tenants de la multipolarité bousculent les positions de l’Occident.

Dmitri Medvedev revient di Maghreb les mains pleines. Le Premier ministre russe a en effet marqué des points importants au Maroc, qui était vu jusqu’à présent comme un allié occidental solide. En Algérie, moins de surprises, puisque l’alliance stratégique entre Moscou et Alger date de plusieurs dizaines d’années. Elle sort néanmoins renforcée de la visite de Medvedev, avec des promesses de diversification des secteurs d’interaction.

Le monde change, la réalité géoéconomique et géopolitique aussi. Alger comme Rabat font partie des principaux partenaires de la Russie en Afrique et dans le monde arabe. Si avec la première, cette relation s’est forgée durant la lutte d’indépendance et dans les premières années de son obtention, dans le cas du Maroc le partenariat stratégique a commencé son chemin à partir du début des années 2000.

L’Algérie fait partie du Top 3 des principaux partenaires de la Russie dans le secteur de la Défense, derrière l’Inde et la Chine. Pour la seule année 2016, Alger a commandé à Moscou pour 924 millions de dollars d’armements contre 1,2 milliard pour New Delhi et 959 millions de la part de Pékin. Mais l’interaction ne s’arrête pas là. Les deux pays partagent grand nombre de visions communes ou similaires au niveau politique et de l’actualité internationale.

Leurs intérêts communs concernent également le secteur énergétique, les deux pays étant de grands producteurs de pétrole et de gaz. Plusieurs projets dans l’industrie agroalimentaire sont en cours de négociation, l’Algérie s’ouvrant potentiellement le marché russe. Une chose est certaine: l’Algérie était, reste et restera un partenaire privilégié de la Russie, et ce à plusieurs niveaux.

Dans le cas du Maroc, les échanges avec la Russie sont également à un niveau stratégique. Rabat est un important fournisseur de produits agroalimentaires sur le marché russe. Ainsi, la Russie est-elle le principal débouché des agrumes marocains avec 45% de la production destinée à l’export, contre 30% pour l’UE et 20% pour l’Amérique du Nord. Une part de marché qui pourrait encore croître, la Russie s’étant dernièrement déclarée prête à augmenter ses achats d’agrumes en provenance du Maroc. «La part actuelle du Maroc sur le marché russe au niveau des agrumes est de 26%, nous sommes prêts à ce qu’elle atteigne 50%», a fait savoir le ministre russe de l’Agriculture Alexandre Tkatchev.

Dans le domaine de l’énergie, la Russie est prête à participer à la construction au Maroc de centrales électriques à gaz. En outre, la pêche, l’industrie et le tourisme représentent quant à eux des secteurs appelés à connaître également une hausse conséquente.

Toutes ces annonces sont toutefois éclipsées par celle de la création d’une zone de libre-échange entre la Russie et le Maroc d’ici un an au maximum.

En passant, les producteurs européens peuvent «remercier» une fois de plus leurs dirigeants: au moment où la Russie est arrivée à une autosuffisance complète sur plusieurs secteurs de l’industrie agroalimentaire, en augmentant au passage ses exportations, ne serait-ce qu’au niveau du blé, des pays non occidentaux renforcent sans complexe leurs positions sur ce grand marché qu’est la Russie.

Cela confirme une fois de plus ce que nous avons déjà annoncé à plusieurs reprises: les produits agroalimentaires de l’UE, actuellement bannis de Russie en raison des contre-sanctions, auront les plus grandes difficultés à revenir sur ce marché, si jamais ils y parviennent un jour.

N’est-ce pas l’Occident politique et médiatique qui annonçait en grande pompe de grands problèmes à venir pour l’économie russe après l’adoption de sanctions occidentales? Et qui est perdant au final? Les producteurs de l’UE n’ont jamais réussi à compenser leurs pertes se chiffrant en dizaines de milliards d’euros et en dizaines de milliers d’emplois perdus, ni même à trouver des marchés de remplacement.

La Russie, de son côté, a réussi non seulement à donner une chance unique à ses producteurs, mais aussi à diversifier très largement ses relations extérieures. Moscou aurait certainement dû lancer ce processus bien avant, comme l’a fait la Chine, et ne pas attendre les tensions avec l’Occident, mais mieux vaut tard que jamais.

Le processus suit son cours et il n’y aura certainement pas de retour en arrière. Aux élites européennes de réfléchir un minimum pour ne pas perdre leurs positions économiques encore existantes en Russie, leur rapportant des sommes plus que considérables, au risque de voir les pertes se multiplier de plusieurs fois. En ce qui concerne les pays africains, les exemples de pays comme l’Algérie, le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Angola et certains autres encore démontrent qu’assumer sa souveraineté est tout à fait possible: non, il n’y a pas de peuples «élus» et «moins élus». Tous égaux. C’est cela la multipolarité.

Aux pays sous emprise encore des partisans de l’unipolarité d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201710131033444094-russie-occident-maghreb/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Pourquoi Erdogan est-il à nouveau en Russie?

Erdogan

Trois rencontres Poutine-Erdogan en neuf mois, le dialogue Moscou-Ankara s’intensifie. En effet, au-delà des convergences économiques et des divergences sur la Syrie, les deux pays partagent de vrais intérêts stratégiques. La Turquie ira-t-elle au bout de cette logique de dialogue ? Éléments de réponse.

Le président turc Erdogan sera de nouveau en Russie le 3 mai prochain. Il s’agit tout de même de la troisième visite officielle du président turc en Russie en seulement neuf mois. Après la rencontre d’août 2016 à Saint-Pétersbourg qui a officialisé la normalisation des relations entre les deux pays, puis celle de Moscou en mars dernier dans le cadre de la réunion du Conseil de coopération de haut niveau Russie-Turquie, c’est désormais à Sotchi qu’aura lieu cette nouvelle rencontre Poutine-Erdogan.

Les deux présidents ont un ordre du jour chargé, à commencer par la poursuite de la levée des sanctions commerciales russes décidées après la crise de novembre-décembre 2015. Les projets stratégiques et commerciaux sont aussi nombreux: Turkish Stream, centrale nucléaire d’Akkuyu, achat par la Turquie des systèmes russes S-400. Si sur la plupart de ces points, les chances de succès sont plutôt importantes, la Syrie reste, elle, une pierre d’achoppement entre les deux États.

En effet, la Russie reste ferme sur sa position qui stipule que seul le peuple syrien peut décider de son avenir, ce qui passe au préalable par l’éradication du terrorisme en Syrie. La Turquie, elle, campe sur ses positions anti-Assad. Néanmoins et malgré ce désaccord évident, les deux pays continuent de collaborer dans le cadre du processus d’Astana, en coordination également avec l’Iran.

Plus généralement, Erdogan doit se faire à l’idée que la Russie ne changera pas son approche vis-à-vis de la Syrie. Et tenant compte de cette réalité, il devrait en effet surtout se focaliser sur la poursuite du développement des relations bilatérales, aussi bien dans les sphères économique, que politique et culturelle. Les intérêts réciproques sont flagrants. Beaucoup d’entreprises turques attendent avec impatience la levée totale des restrictions pour pouvoir revenir à leur chiffre d’affaires avec la Russie d’avant les sanctions, voire de le développer plus encore: les 100 milliards de dollars d’échange à l’horizon 2020-2023 restent l’objectif déclaré des deux côtés.

Certains se demandent à juste titre si la Russie peut faire confiance à la Turquie, notamment en raison du jeu trouble qu’elle mène depuis plusieurs années en Syrie, l’allié de la Russie, sans oublier aussi le coup de poignard dans le dos de novembre 2015. Certes, il y a des choses qui ne s’oublient pas facilement et seul le temps pourra rétablir une confiance totale entre les deux pays. Néanmoins, les dirigeants des deux pays savent que les deux peuples sont liés l’un à l’autre et qu’il faut en tenir compte.

Gardons aussi à l’esprit que la Turquie a été le seul pays membre de l’OTAN à ne pas s’être joint aux sanctions occidentales contre la Russie. Dans un intérêt purement commercial direz-vous. Certes, mais le fait est là: le leadership turc n’a pas suivi aveuglement les élites occidentales, notamment bruxelloises, qui ont préféré sacrifier les intérêts de leurs producteurs en suivant aveuglement les prérogatives de Washington.
Il faut reconnaître aussi à l’AKP d’Erdogan que c’est bien sous sa direction que les relations russo-turques avaient augmenté considérablement, pour atteindre un niveau sans précédent avant la crise de fin 2015. La Turquie reste également le seul pays membre de l’OTAN qui s’est « permis » une collaboration militaire, certes limitée, avec la Russie. Les frappes conjointes contre Daech dans le Nord syrien, de même que les exercices entre marines militaires des deux pays ont prouvé qu’il y a une perspective réelle, à condition de ne pas mettre de l’huile sur le feu là où il faut éviter d’en mettre: la Syrie.

Enfin, le tout dernier référendum national donnant désormais à Erdogan encore plus de pouvoir ne semble pas changer sa politique en direction de la Russie, tout au contraire. En témoigne une nouvelle visite prévue pour le 3 mai. En passant et en lisant la presse mainstream, on constate que les relations russo-turques font souffler un vent d’inquiétude évident au sein des élites occidentales. Cela est évidemment leur problème, mais c’est très révélateur.

Pour récapituler, Ankara doit se faire définitivement à l’idée que Moscou ne lâchera pas son allié syrien. Ankara doit également admettre qu’Assad représente la seule option fiable pour l’avenir de la Syrie. Ankara doit ensuite contribuer plus efficacement à faire pression sur les groupes armés, notamment ceux participant au processus d’Astana, pour qu’ils se joignent une bonne fois pour toutes à la réconciliation nationale lancée par Damas. Enfin, la Turquie doit commencer à respecter pleinement la souveraineté de son voisin syrien, sachant que plus vite la Syrie retrouvera la paix et la stabilité, mieux ce sera pour la Turquie, qui doit aussi faire face aujourd’hui à la menace terroriste et au séparatisme.

La Turquie ne peut pas manquer de s’apercevoir que la Russie est probablement son seul partenaire important, qui respecte réellement sa souveraineté, malgré les divergences entre les deux pays. Le temps de prendre une décision stratégique pour le futur de l’État turc s’approche. Le leadership turc le fera-t-il? C’est une autre question.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705021031187849-erdogan-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les alliés étasuniens se bousculent en Russie

Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président russe Vladimir Poutine

J’ose espérer que personne ne remettra en doute le fait que des pays comme le Qatar et le Japon soient des alliés confirmés des USA ?

Plus que cela, il s’agit de pays coordonnant activement leurs actions avec Washington, voire appliquant souvent les désirs de ce dernier. Mais le temps actuel les pousse vraisemblablement à commencer à chercher ailleurs.

Il y a quelques jours le ministre qatari des Affaires étrangères Mohammed bin Jassim al-Thani et le premier ministre japonais Shinzo Abe ont tous deux débarqué le même jour en Russie pour rencontrer le président Vladimir Poutine. Dans le cas qatari il était surtout question de Syrie et notamment du processus de paix (certains experts ont également supposé que les discussions ont touché le thème du marché pétrolier mais ce ne fut pas confirmé). Le développement des relations bilatérales était également à l’ordre du jour. En outre, le chef de la diplomatie qatarie a proposé d’organiser en 2018 l’année de la Russie au Qatar et du Qatar en Russie. 

Il est connu que le Qatar est responsable de soutien de plusieurs groupes armés terroristes en Syrie, notamment d’obédience takfiriste. Mais depuis les revers de ces derniers et les succès enregistrés par l’armée arabe syrienne sur différents axes du pays avec le soutien de ses alliés, le Qatar commence-t-il à réaliser que ses énormes investissements dans le but d’en finir avec le président syrien ne mèneront au final à rien et que donc il faut chercher le meilleur moyen de sortie du bourbier auquel il a grandement contribué? Pas certain mais affaire à suivre.

Dans le cas du premier ministre du Japon, les discussions ont porté sur les questions territoriales, thème traditionnel dans les pourparlers russo-japonais. Mais Abe est également arrivé avec toute une liste de mesures que le Japon compte proposer pour relancer le partenariat économique russo-nippon. Ce qui d’ailleurs n’a pas manqué de lui faire subir de grandes critiques de la part des autres membres du G7, USA bien évidemment en tête. A en croire d’ailleurs l’agence de presse japonaise Kyodo, le président US sortant Barack Obama aurait « déconseillé » à Abe de se rendre en Russie estimant qu’il ne s’agissait pas « du bon moment ». Mais Abe a pris la décision souveraine d’y aller quand même. 

Il ne faudra d’ailleurs pas s’étonner que les grands médias du mainstream, anglophones comme francophones, s’attaques ardemment sous peu à la personnalité d’Abe, ayant osé saper « l’unité » atlantiste. Pour rappel, le Japon s’est lui aussi joint aux sanctions occidentales contre la Russie après le ralliement de la Crimée à la mère patrie, mais cherche depuis tous les moyens d’en sortir connaissant les énormes intérêts économiques du Japon en Russie et voyant notamment comment en profite son voisin sud-coréen qui a refusé de se joindre aux sanctions anti-russes et ce malgré la grande pression exercée une fois encore depuis Washington. Mais Séoul n’ayant pas cédé.

Il est certain que ni le Qatar, ni le Japon ne sont pas des alliés de la Russie. Pas même des partenaires stratégiques, plutôt le contraire, connaissant le rôle fortement néfaste du Qatar en Syrie, à l’instar de l’Arabie saoudite, de la Turquie, des pays occidentaux et de l’Etat sioniste. Le Japon bien qu’étant un important partenaire économique, reste lui aussi encore dans le camp opposé. Pour longtemps? Cela est une autre question.

En tout cas et depuis que la Russie a prouvé une fois de plus au monde que personne ne pourra jamais la subordonner et depuis la favorisation fortement positive de ses relations extérieures avec pas moins des ¾ de l’humanité (Eurasie, pays BRICS, Asie, Afrique, Amérique latine), les adversaires commencent un à un à faire marche arrière. Et n’hésitent plus à saper leur propre « unité » imposée depuis les USA. Après évidemment cela fait bien sourire lorsque des Clinton ou Obama parlent d’une « Russie isolée » et qu’au même moment les principaux alliés des USA (bien que représentant une minorité dans le cadre de l’humanité toute entière) se bousculent pour venir dans cette même Russie. Ah, que le monde a changé en une quinzaine d’années!

La Russie revient en Afrique, ou la visite historique de Lavrov au Zimbabwe

Russian Foreign Minister Sergei Lavrov (L) and Zimbabwean President Robert Mugabe shake hands in Zvimba on September 16, 2014.

Un pas significatif de plus confirmant le retour de la Russie sur le continent africain que beaucoup attendent depuis bien longtemps. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est arrivé à Harare, la capitale du Zimbabwe, accompagné d’une importante délégation d’hommes politiques et d’affaires russes. Il s’est entretenu avec l’emblématique président et leader du pays, Robert Mugabe.

La diplomatie russe poursuit ses avancées notables sur tous les fronts. L’Occident politique qui parlait « d’isolation » se retrouve au final bien ridiculisé. La Russie ne s’est non seulement pas retrouvée dans une quelconque isolation, mais au contraire n’a fait que confirmer ses nombreuses alliances (on se rappellera des récentes tournées de Vladimir Poutine en Chine et en Amérique latine), ainsi que renouer les alliances du passé.

Le Zimbabwe est en effet un ami de longue date de la Russie. L’URSS avait activement soutenu la lutte du peuple zimbabwéen contre le régime raciste et ségrégationniste, très semblable à celui de l’apartheid en Afrique du Sud, contre lequel l’Union soviétique soutenait aussi activement la lutte. Sergueï Lavrov n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que Robert Mugabe est une légende et une très grande figure historique. En effet, Mugabe représente à ce jour aux yeux de ses concitoyens et de très nombreux Africains le symbole de la lutte contre un régime de ségrégation raciale, semblable à celui qui a perduré près d’un demi-siècle dans l’Afrique du Sud voisine, ainsi que contre le colonialisme et le néocolonialisme britannique.

Pour parler maintenant de l’aspect économique, la Russie et le Zimbabwe ont signé donc ce mardi un accord pour un montant total de trois milliards de dollars d’investissements. La coentreprise russo-zimbabwéenne Rushchrome Mining assurera ces investissements pour la construction d’une mine de platine à Darwendale, à 70 km à l’ouest de Harare. Ce gisement représente l’un des plus importants au monde en termes de platine et d’autres gisements métalliques (des réserves prouvés de 19 tonnes de platine et de 755 tonnes d’autres métaux du groupe platine). A savoir également que dans ce domaine, le Zimbabwe abrite tout simplement la seconde plus grande réserve mondiale (devant la Russie et derrière l’Afrique du Sud).

Ce grand projet commun qui sera financé par la Russie compte sur une production de 600 000 onces de platine par an et avec pour résultat notable la création d’au moins 8000 emplois. Selon les estimations russes, le retour sur les investissements du projet sera de cinq ans. A ce sujet, le message du président zimbabwéen était lui aussi très clair : « Ce projet va nous permettre d’émerger en tant que nation. Nous ne pouvions faire cela avec des ennemis. Non, c’était impossible. Nous ne pouvions le faire qu’avec des amis ».Les amis désignés étant clairement la Russie et les autres pays des BRICS (la Chine et l’Inde étant également très présents économiquement au Zimbabwe, sans oublier bien évidemment l’Afrique du Sud qui entretient des relations très étroites avec son voisin). Les ennemis, eux, se reconnaitront sans aucune difficulté.

Robert Mugabe n’a pas non plus manqué d’apporter une fois encore son soutien politique et diplomatique à la Russie face aux sanctions occidentales, qu’il a qualifié d’illégales. « Ce sont des sanctions illégales. Une petite partie de notre communauté internationale, qui méprise la loi, cherche à dominer le reste du monde. Nous répondons : non ! ».

De son côté, Sergueï Lavrov a souligné que « l’Afrique était l’un des piliers du système mondial en évolution », rappelant par la même occasion que le système du monde unipolaire représente désormais le passé. « Il n’y a plus de retour possible vers un monde unipolaire, ni bipolaire d’ailleurs. L’avenir du monde ne peut être que multiple, sinon le système ne pourrait être durable »,a-t-il ajouté.

Mis à part les accords commerciaux, dont le principal est bien évidemment celui lié à la mine de platine de Darwendale, Lavrov et Mugabe ont scellé le partenariat dans le domaine militaire et technique. Le Zimbabwe qui a longtemps et jusqu’à aujourd’hui dû vaillamment résister aux interventions néocoloniales occidentales, en premier lieu britanniques et étasuniennes, se doit de défendre son indépendance et sa souveraineté jusqu’au bout. Une indépendance et une souveraineté que beaucoup d’autres nations africaines aspirent à arracher dans un avenir proche.

Pour finir, il faut dire que la Russie commence donc à confirmer par les faits et gestes son véritable retour en terre africaine. Et à l’instar des autres membres des BRICS, elle compte offrir à ce riche et brillant continent, trop longtemps martyrisé par des forces obscures, un vrai partenariat gagnant-gagnant. D’autre part, la Russie renouvelle donc ses alliances qui ont été gelées à la chute de l’URSS. Toutes ces raisons font que la Russie est véritablement attendue en Afrique. C’est ce que n’a pas manqué de rappeler Robert Mugabe et les autres représentants gouvernementaux zimbabwéens, ainsi que les principales figures des secteurs économique, de la défense et des médias. La Russie continuera donc d’agir activement dans ce monde multipolaire, dans lequel nous vivons aujourd’hui. De leur côté, les nations africaines nous attendent et comptent sur nous. Nous ne pouvons pas les décevoir.

http://french.ruvr.ru/2014_09_17/La-Russie-revient-en-Afrique-ou-la-visite-historique-de-Lavrov-au-Zimbabwe-5153/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Après l’alliance russo-chinoise, Poutine confirme l’alliance avec l’Amérique latine

Difficile à dire si ceux qui avaient parlé encore tout récemment d’isoler la Russie sur la scène internationale se sentent ridicules ou non (après tout ils sont bien habitués à l’être ces derniers temps), mais vraisemblablement ils le devraient…

La tournée de Vladimir Poutine en Amérique latine est un succès. Un grand succès. Et une nouvelle grande victoire géopolitique. De la même manière que celle qui a suivi la visite du président russe en Chine, en mai dernier. Cette dernière avait alors définitivement confirmé l’alliance entre la Russie et la Chine, en dépit des « efforts » occidentaux à saper cette alliance. Cette visite a pour rappel permis non seulement d’obtenir une nouvelle grande victoire géopolitique à la Russie mais également et sur le plan économique, a confirmé la diversification majeure de ses relations dans le domaine économique, notamment en ce qui concerne les livraisons de gaz, et qui a résulté en la signature d’un contrat gazier historique, prévoyant l’approvisionnement en gaz russe de l’Empire du Milieu pour les 30 prochaines années.

La meilleure réponse qui soit à l’Union européenne qui d’une manière infatigable (et comme toujours sous pression étasunienne) parlait de la nécessité d’une plus grande « indépendance énergétique » de l’UE vis-à-vis de la Russie (sans avoir véritablement de plan B). La Russie, elle, a préféré prendre les devants et l’initiative, et en signant ledit accord historique avec la Chine, a diversifié, et de quelle manière, son portefeuille clientèle. Après tout, les affaires sont les affaires. Mais en général, et étant quelqu’un pour qui l’entreprenariat n’est pas étranger, je peux dire qu’il est toujours préférable de faire des affaires avec quelqu’un dont on partage une vision commune et des valeurs proches. Justement, la Russie et la Chine (sans oublier les autres pays des BRICS) partagent largement une vision commune sur l’avenir du monde et les relations internationales.

Pour revenir à l’Amérique latine, cette visite du leader russe fait déjà grand bruit dans le monde entier, l’Occident ne faisant pas exception. Avant d’arriver à Cuba, première étape de cette tournée latino-américaine, Vladimir Poutine a signé le décret annulant 90% de la dette de Cuba (datant de l’époque soviétique) d’un montant total de 35 milliards de dollars. Les 10% restant vont être remboursés par Cuba sur une période de dix ans, pour ensuite être réinvestis par la Russie à Cuba, dans bon nombre de projets communs. L’un de ces projets concerne la coopération dans le domaine pétrolier, en l’occurrence la recherche et l’exploitation pétrolière dans le golfe du Mexique. L’autre aspect de la coopération bilatérale concernera la création d’une base de ravitaillement à Cuba pour les navires russes. Comme l’a souligné le président russe à l’agence de presse internationale cubaine Prensa Latina,la coopération entre la Russie et Cuba revêt un caractère stratégique et est orientée sur le long terme. Vladimir Poutine a par ailleurs rencontré le Comandante et leader charismatique de la révolution cubaine, Fidel Castro, avec lequel il a eu un long entretien privé, qui a porté sur les questions internationales et l’état de l’économie mondiale.

La prochaine escale devait être l’Argentine, autre partenaire stratégique de la Russie dans la région, mais le président russe a décidé de modifier légèrement le plan de sa tournée, afin de passer d’abord par le Nicaragua, pays ami et allié de longue date de la Russie. Le président nicaraguayen Daniel Ortega a personnellement rencontré Vladimir Poutine à l’aéroport. Les discussions ont porté sur grand nombre de projets communs, dont la livraison de matériels agricoles russes, le déploiement des stations au sol du système russe de positionnement par satellites GLONASS sur le territoire du Nicaragua, la coopération dans le domaine de la pharmacologie, ainsi que la création d’une base d’approvisionnement de navires russes.

Après donc le Nicaragua, le président russe se rendra comme prévu en Argentine où il rencontrera la présidente du pays Cristina Fernandez de Kirchner. Les relations russo-argentines actuelles sur le plan politique, économique, commercial et culturel battent leur plein et ne cessent d’aller de l’avant. Après l’Argentine, Poutine se rendra au Brésil, leader de la région, également partenaire stratégique de la Russie et membre des BRICS. Au Brésil, plusieurs rencontres sont prévues, les deux pays ayant d’importants projets économiques communs et une vision très proche sur l’actualité internationale. Par ailleurs, le président russe assistera à la finale de la Coupe du monde de football au Stade Maracana, à Rio de Janeiro. Le Brésil passera alors le relais à la Russie, qui accueillera la prochaine Coupe du monde de 2018.

Pour finir, revenons à ce que nous avons dit au début. Certains n’ont toujours pas froid aux yeux de se ridiculiser constamment. C’est leur droit. Mais franchement et après cette tournée latino-américaine du leader russe, on a vraiment de quoi à se poser des questions sur l’état mental de certains leaders occidentaux et plus globalement de l’élite politique occidentale, ainsi que de leurs marionnettes.

Quant aux amis de la Russie, ils ne manquent pas : Cuba, le Nicaragua, l’Argentine, le Brésil, sans oublier bien sûr les autres alliés de la Russie que sont le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur ou encore l’Uruguay, et le tout uniquement dans le cadre d’une région, en l’occurrence l’Amérique latine. Cela sans parler des alliés et partenaires stratégiques de la Russie au niveau de l’Union eurasienne avec les pays issus de l’Empire russe et l’ex-URSS. Sans parler des poids lourds que sont la Chine et l’Inde, ainsi que les autres pays des BRICS. Sans parler des amis de la Russie en Afrique et dans le monde arabe. Et quelqu’un parle encore « d’isoler » la Russie ? A ce rythme, ceux qui parlent constamment et d’une manière hystérique, d’isoler tout le monde (tout en restant une minorité) finiront très rapidement eux-mêmes isolés. Et c’est leur choix. La dure réalité, pour cette même minorité, du nouveau monde. Un nouveau monde qu’ils finiront par accepter, qu’ils le veuillent ou non…

http://french.ruvr.ru/2014_07_13/Apres-l-alliance-russo-chinoise-Poutine-confirme-l-alliance-avec-l-Amerique-latine-3445/

Mikhail Gamandiy-Egorov