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L’Afrique au centre du monde multipolaire

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Le premier Sommet Russie-Afrique dans la ville de Sotchi a déjà beaucoup fait parler de lui. Avant même le commencement, les médias mainstream n’ont pas manqué de lui attacher une grande importance. Evidemment avec une note traditionnelle de critiques et de « doutes », voilant tant bien que mal l’inquiétude des élites occidentales quant au plein retour de la Russie sur le continent africain.

Bien que les relations économiques russo-africaines restent encore en dessous en termes de chiffres, si l’on compare avec ceux de la Chine et de l’Union européenne, il n’empêche que la dynamique affichée et surtout les résultats en cours dans la nouvelle page qui s’ouvre entre la Russie et l’Afrique, font clairement inquiéter les capitales occidentales. Bien que le volume des échanges Russie-Afrique en 2018 ait atteint 20,4 milliards de dollars (en hausse de 17,2 % par rapport à 2017), il reste clairement plus réduit que ceux de l’Afrique avec Pékin (200 milliards, devenu le premier partenaire économico-commercial du continent en tant que pays) et l’Union européenne (275 milliards), il n’empêche que c’est un chiffre en net progression comparé aux années libérales post-soviétiques (760 millions de dollars seulement en 1993). Le président russe Vladimir Poutine entrevoit en outre la possibilité de doubler le volume actuel des échanges dans les 4-5 prochaines années.

Et si beaucoup accentuent le partenariat russo-africain uniquement au volet militaro-technique – l’Afrique représentant 15% des ventes d’armes russes au niveau mondial – l’heure est désormais à une large diversification des secteurs de partenariat. A ce titre, les accords déjà signés en marge du sommet de Sotchi le confirment pleinement.

Pour ce faire, la Russie et l’Ethiopie ont signé un accord de partenariat dans le domaine du nucléaire civil. Au Mozambique, la compagnie russe Uralchem prévoit de produire des engrais, ainsi que de travailler dans la prospection des diamants. Par ailleurs, la deuxième banque de Russie VTB prévoit de s’implanter dans ce pays. Dans le domaine agroalimentaire la Russie renforce également ses positions, le tout au moment où le pays est devenu le premier exportateur mondial de blé (devant les USA). Les principaux clients africains de la Russie étant l’Egypte, le Soudan, le Nigéria, l’Algérie et le Maroc. Et Moscou voit un réel potentiel d’augmenter les volumes exportés. Dans le cas de la Namibie, la Russie propose d’établir un partenariat dans la production du combustible nucléaire, ainsi que dans l’extraction des diamants et la livraison de produits agricoles.

L’autre domaine à fort potentiel concerne le secteur pharmaceutique. A titre d’exemple, la Russie exporte en Afrique près de 60% des vaccins contre la fièvre jaune. La production de vaccins et médicaments dans des pays africains se trouve également à l’étude. Sans oublier que la Russie a conçu un vaccin « sec » contre le virus de l’Ebola, pouvant être gardé dans un simple réfrigérateur.

Une grande attention dans le cadre du sommet a été accordée à l’interaction entre la Russie et l’Egypte. En effet et au-delà du fait que les touristes russes sont parmi les plus nombreux et dépensiers en terre égyptienne, et que l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom) y construit la centrale nucléaire d’El-Dabaa (coût du projet : 30 milliards de dollars), et qu’une zone industrielle russe y a été implantée, les deux pays ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. D’où la raison de la signature d’un protocole d’accord entre les Chemins de fer russes et les Chemins de fer nationaux égyptiens sur la collaboration dans des projets liés à l’infrastructure, y compris la construction de nouvelles lignes ferroviaires. Les deux structures ont également convenu de travailler ensemble sur des projets de modernisation des lignes ferroviaires au pays des Pharaons, ainsi que dans le domaine de la formation des spécialistes égyptiens dans les établissements russes spécialisés de l’enseignement supérieur. L’Egypte a également fait savoir que la production issue des entreprises de la zone industrielle russe se trouvant sur son territoire pourra profiter des avantages de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec), dont l’Egypte fait partie intégrante.

Des mémorandums sur le partenariat dans le secteur minier ont été également signés avec le Soudan du Sud et le Rwanda. L’Ouganda a manifesté un vif intérêt quant au partenariat avec la Russie dans le domaine gazier et du nucléaire civil. La Guinée équatoriale et le géant pétrolier russe Lukoil ont quant eux signé un mémorandum d’entente quant à une possible participation du dernier dans des projets d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures dans ce pays. D’importants projets avec une participation russe se développent dans le secteur aurifère au Soudan. En Centrafrique, les entreprises énergétiques russes se disent prêtes à construire de nouvelles installations de production d’énergie, selon le ministre russe de l’Energie Aleksandr Novak. L’Angola, partenaire de longue de la Russie, souhaite élargir le partenariat conjoint, notamment dans le secteur minier. Quant au Maroc, d’importants projets sont en cours de préparation : du côté russe, plus précisément la Banque de développement de la Fédération de Russie (VEB) s’est déclarée prête à financer à hauteur de 425 millions d’euros la construction d’une raffinerie pétrolière au Royaume. Côté marocain, le ministre de l’Energie du Maroc Aziz Rabbah, a confirmé la volonté de son pays de devenir un hub logistique pour les compagnies énergétiques russes désireuses de travailler avec les pays africains. A savoir que les deux pays partagent un partenariat stratégique, et qu’à titre d’exemple dans un secteur aussi important pour le Maroc comme celui de l’agriculture, près de 50% des agrumes destinés à l’export partent à destination du marché russe (bien devant les marchés de l’UE ou de l’Amérique du Nord).

Sur le plan du partenariat militaro-technique russo-africain, qui a déjà le vent en poupe, de nouveaux contrats ont été confirmés lors du sommet. Il a été annoncé que la Russie fournira de l’armement à une vingtaine de pays africains pour un montant total de quatre milliards de dollars. Parmi les pays mentionnés, on retrouve l’Ouganda, le Rwanda, le Mozambique et l’Angola (les deux derniers étant des partenaires de longue date). Par ailleurs, le Niger a confirmé l’acquisition de 12 hélicoptères russes d’attaque Mi-35. Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, à un moment où les deux pays se sont beaucoup rapprochés au point de pouvoir parler d’une véritable alliance, a dit espérer la poursuite du soutien de la Russie dans la formation des Forces armées centrafricaines (FACA), ainsi que dans le cadre des livraisons d’armements nécessaires à la défense du pays. Enfin, le président de la Namibie Hage Geingob lors de son entretien avec Vladimir Poutine a déclaré la volonté des militaires namibiens de travailler avec les conseillers militaires russes. Fait important, un pays africain fait partie du Top 3 des principaux clients de la Russie dans le domaine de l’armement au niveau mondial, en l’occurrence l’Algérie, avec laquelle le partenariat militaro-technique reste au plus haut niveau. A noter également que l’Algérie à elle seule absorbe près de 80% des livraisons d’armes russes en Afrique.

Autre secteur très important dont il a été question est celui de l’enseignement. La Russie ayant confirmé la volonté d’augmenter encore plus le nombre d’étudiants africains dans ses universités, mais aussi d’ouvrir l’accès à des formations de niveau secondaire professionnel.

Pour rappel, la Russie a annulé également 20 milliards de dollars de dettes des pays africains. Tout cela pour dire que le partenariat russo-africain ouvre effectivement et pleinement une nouvelle page dans l’histoire conjointe. Une histoire, là aussi pour rappel, dans laquelle n’est présente aucune page coloniale ou néocoloniale – la Russie ayant dès le départ activement soutenu le mouvement des indépendances et des libérations nationales africaines face au joug colonial. Au-delà de ce soutien, qui était politique, économique et militaire, Moscou a durant plusieurs décennies formé des cadres pour les pays africains dans ses universités. Beaucoup d’entre eux occupent aujourd’hui des postes clés dans leurs pays respectifs.

Certes, les époques ont changé. Le temps de la guerre froide est officiellement révolu (ou pas ?). Les intérêts ont également évolué. Mais ce qui par contre reste inchangé, que ce soit version Russie soviétique ou contemporaine, c’est le respect de la souveraineté africaine (et pas que dans les paroles, mais dans les actes), ainsi qu’une offre d’un partenariat qui pourrait être réellement gagnant-gagnant. A cet effet, les prochaines années seront sans aucun doute décisives. Et tant pis pour ceux qui s’opposent à cette interaction russo-africaine, car n’ayant toujours pas été capables de s’adapter à la nouvelle donne multipolaire. A bon entendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1194

 

 

 

Samy Ammar: «La Russie est une priorité de la politique extérieure égyptienne»

Samy Ammar

Le récent Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) a accordé une grande attention au partenariat avec les pays africains. Ce fut également une occasion importante de parler d’échanges entre les jeunesses de Russie et d’Afrique. Entretien avec Samy Ammar, participant égyptien au SPIEF 2018.

Samy Ammar, en tant que responsable des relations extérieures du ministère égyptien de la Jeunesse, est un expert en matière de la politique à destination des jeunes. Il est de plus journaliste spécialisé dans les affaires internationales au journal Youm7.

Sputnik: Vous avez pris part au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Quelle a été votre impression sur cet événement?

Samy Ammar: Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg a été une plateforme fructueuse pour moi, de même que pour des chefs d’entreprises du monde entier. Ceci est une preuve des capacités économiques de la Russie à l’échelle mondiale et une opportunité pour les secteurs prometteurs de l’économie russe à présenter leurs plans et leurs mégaprojets d’investissement en Russie.

Spuntik: Durant l’édition de cette année du forum, une attention particulière a été accordée à l’Afrique, à un moment où la Russie renforce activement son interaction avec le continent. En outre, les défis de la jeunesse ont été également abordés. En tant que représentant de l’Égypte, du continent africain, mais également de la jeunesse, considérez-vous que ces questions ont été traitées équitablement?

Samy Ammar: Oui, je le pense, car la plupart des sessions de travail qui étaient dédiées à l’Afrique ont justement mis en lumière toutes les questions clés, dont les opportunités et les défis de la jeunesse africaine. Permettez-moi aussi de mentionner la Journée de la Jeunesse, qui s’est déroulée le 26 mai dernier —lors de la dernière journée du SPIEF 2018, durant laquelle un excellent groupe de panélistes a fait un discours sur la jeunesse africaine.

Par ailleurs, j’étais ravi d’avoir à mes côtés Francine Furaha Muyumba, la présidente de l’Union panafricaine de la Jeunesse, qui a prononcé un discours riche sur les potentiels de la coopération transfrontalière entre l’Afrique et le reste du monde. Quant à l’interaction de la Russie avec notre continent, le réseau des organisations de jeunesse agit en priorité pour construire les ponts nécessaires entre les deux parties et combler le fossé pour d’autres collaborations ultérieures.

Sputnik: Que pouvez-vous dire au sujet du potentiel d’autonomisation des jeunes égyptiens?

Samy Ammar: Eh bien, sans aucun doute, la jeunesse égyptienne a de nombreux défis en matière d’autonomisation économique et politique. Nous avons la pauvreté, les bidonvilles, le chômage et un taux faible de participation aux élections, à titre d’exemples. En revanche, pour pouvoir relever ces défis, les potentiels augmentent. Le réseautage avec les organisations de jeunesse russes et internationales est une clé pour autonomiser la jeunesse égyptienne en mettant à profit les échanges et les protocoles d’entente afin de renforcer les capacités des jeunes. Le ministère égyptien de la Jeunesse pour lequel je travaille depuis 2009 met déjà en œuvre de nombreux programmes de soutien aux jeunes PME, des projets de microfinance, d’entrepreneuriat et d’autres programmes d’autonomisation politique et de sensibilisation.

Sputnik: Outre en Afrique, votre pays, l’Égypte, est également un pays-clé dans la région du Proche-Orient. Nous connaissons tous les problèmes auxquels cette région est confrontée, notamment liés à l’extrémisme. Selon vous, que faut-il faire pour empêcher les jeunes de suivre des idéologies extrémistes?

Samy Ammar: Tout commence par la pauvreté. Je crois que le problème de la pauvreté est la plus large des portes pour le terrorisme. Des milliers de jeunes gens du Moyen-Orient sont recrutés et utilisés pour la violence terroriste. La pauvreté les rend vulnérables, sans oublier le manque de conscience religieuse qui joue également son rôle dans bien des cas. Pour remédier à cela, l’Égypte et ses partenaires régionaux ont désormais des protocoles et des partenariats afin de permettre à Al-Azhar (l’une des principales universités d’étude de l’islam basée au Caire, ndlr) et à d’autres institutions religieuses de lutter efficacement contre la propagation des idées extrémistes et proterroristes. Et tout cela malgré les nombreux défis économiques et situations troublées en Égypte, notamment en raison d’une forte inflation.

Sputnik: La Russie et l’Égypte ont des liens historiques forts et anciens. Comment évaluez-vous les relations actuelles entre les deux pays?

Samy Ammar: La Russie est une priorité de la politique extérieure égyptienne. En 2010, l’Égypte avait accueilli 2,8 millions de touristes russes, ce qui représentait un énorme revenu pour le Trésor égyptien et ce qui a permis de créer de nombreux emplois à Hurghada et Charm el-Cheikh.

La coopération militaire et scientifique reste également vitale. Il faudrait se souvenir que l’Union soviétique avait construit un grand nombre d’installations en Égypte, parmi elles le premier centre de recherche nucléaire d’Anshas, mis en service en 1961. Sans oublier la conception du haut barrage d’Assouan. Aujourd’hui, la Russie s’apprête à construire la première centrale nucléaire du pays —il s’agit du projet de la centrale nucléaire d’El-Dabaa. Ce que je veux dire, c’est que déjà les relations russo-égyptiennes sont réellement stratégiques. Et cela ne concerne pas seulement les liens politiques et économiques, mais également la culture, le tourisme, l’histoire, la religion et de nombreux autres domaines d’intérêt commun. Et je pense aussi que les deux pays ont un avenir encore plus prometteur en termes de partenariats.

Sputnik: Selon vos observations, comment la Russie est-elle perçue par les jeunes d’Égypte et du Proche-Orient?

Samy Ammar: La Russie est un sérieux espace d’opportunités. La jeunesse égyptienne s’intéresse beaucoup au potentiel académique et commercial de la Russie. Lors de ma participation au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Sotchi en octobre dernier, j’ai pu rencontrer plusieurs de mes compatriotes venus d’Égypte, des jeunes brillants avec plein d’idées intéressantes, plusieurs desquels avaient lancé de petites entreprises créatives, de même que des projets académiques. Je dois espérer que la jeunesse égyptienne a de grandes ambitions en Russie.

Main dans la main, épaule contre épaule, la Russie et l’Égypte peuvent avancer pour la prospérité et le développement des deux parties. Et soyons optimistes quant à l’avenir des relations russo-arabes aussi, surtout connaissant les défis liés à la grande tourmente dans laquelle se trouve la région.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201806211036895282-russie-egypte-samy-ammar/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Zone industrielle russe en Egypte: percée économique en vue

Caire

La Russie et l’Égypte renforcent leurs relations privilégiées, aussi bien sur le plan économique que militaire ou diplomatique. Le prochain lancement d’une zone industrielle russe en Égypte n’est que la dernière manifestation de ce partenariat stratégique. Diplomatie, tourisme, Défense, commerce… revue de détail d’une relation d’envergure globale.

L’Égypte est le premier partenaire économico-commercial de la Russie en Afrique et dans le monde arabe. Une relation privilégiée qui ne cesse de se renforcer, comme le démontre le lancement annoncé d’une zone industrielle russe en terre égyptienne.

Ce projet de grande envergure sera discuté à partir de ce 23 mai, lors de la 11e réunion de la Commission mixte russo-égyptienne pour la coopération commerciale, économique et scientifico-technique. Outre cet événement central, cette commission intergouvernementale discutera de plusieurs grands projets qui devraient voir le jour prochainement: la construction de la première centrale nucléaire en Égypte par l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom), la livraison de 1300 wagons destinés au transport de passagers aux chemins de fer égyptiens, la modernisation de l’usine métallurgique de Helwan, sans oublier la reconstruction et la modernisation des installations destinées au stockage et au traitement du blé. Car faut-il le rappeler, la Russie est désormais le premier exportateur mondial de blé, devant les USA, tandis que l’Égypte représente le deuxième marché pour les exportateurs russes, derrière la Turquie.

Selon les prévisions du ministère russe de l’Industrie et du Commerce, d’ici 2026, les entreprises russes résidentes dans la zone industrielle spécialement créée en Égypte devraient produire des marchandises et services pour l’équivalent de 3,6 milliards de dollars annuels. La zone industrielle se trouvera sur un site de deux mille hectares à l’est de la zone économique spéciale de Port-Saïd. La totalité des investissements dans ce projet devra s’élever à 7 milliards de dollars et 35.000 nouveaux emplois devraient y être créés.

Autre sujet de satisfaction pour les relations russo-égyptienne: le tourisme russe au pays des pharaons. La Russie a en effet récemment réautorisé les vols directs russes à destination d’Égypte, qui avait été gelés après l’attentat contre l’avion transportant des touristes russes au-dessus du Sinaï, le 31 octobre 2015. Depuis, et sous stricte supervision des spécialistes russes, l’Égypte a considérablement amélioré ses mesures de sécurité, notamment dans ses aéroports, permettant aux deux pays d’ouvrir une nouvelle page dans le secteur touristique. Pour mémoire, avant la tragédie en question, les touristes russes étaient de loin les plus nombreux et les plus dépensiers en Égypte, bien devant les Britanniques, les Allemands ou encore les ressortissants du Golfe.

Mais là aussi, ce n’est pas tout. Sous l’impulsion des Présidents Poutine et al-Sissi, les deux nations augmentent considérablement leur coopération dans la sphère militaro-technique, sécuritaire et dans la lutte antiterroriste: les contrats sur la livraison d’armements russes signés en 2014-2015, dont le montant total dépasse les 3,5 milliards de dollars, le confirment pleinement. Ces livraisons comprennent notamment le système antimissile S-300VM («Antey-2500»), 50 chasseurs MiG-29M/M2, 46 hélicoptères d’attaque Ka-52K, vedette du projet 1242.1 équipée d’un système de missile antinavire «Moskit», entre autres.

Sur le plan politico-diplomatique, l’Égypte, le pays le plus peuplé du monde arabe, première puissance militaire arabe et africaine, majoritairement musulman sunnite, n’a pas caché son soutien à l’opération antiterroriste russe en Syrie. Elle a ainsi résisté aux pressions saoudiennes, un autre fort important partenaire économico-commercial de l’Égypte, afin de tenter d’infléchir l’approche égyptienne sur le conflit syrien en sa faveur.
Cette approche responsable du gouvernement égyptien a également largement contribué au renforcement des relations entre la Russie et l’Égypte, y compris au niveau des ministères de la Défense et des Services de sécurité. Une chose est certaine: Moscou et Le Caire continueront à interagir dans le cadre de leurs intérêts respectifs, aussi bien géopolitiques, géoéconomiques que sécuritaires.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201805231036496267-zone-industrielle-russie-egypte/

Mikhail Gamandiy-Egorov

S-300 en Syrie, bientôt une épine XXL dans le pied de l’Occident

S-300 Syrie

La volonté des États-Unis, de la France et de l’Angleterre de maintenir leur prétendu leadership mondial s’est heurtée au succès de la DCA syrienne face à leurs frappes. Une remise en cause des équilibres stratégiques au Moyen-Orient qui se verra confirmée par la livraison de systèmes russes plus modernes, les S-300, à Damas.

C’est un coup dur pour l’Occident politique. Lui qui pensait pouvoir imposer en toute impunité sa volonté de gendarme du monde autoproclamé à une nation souveraine, en a été pour ses frais: l’échec relatif des frappes du trio occidental USA-Grande-Bretagne-France sur la Syrie, n’aura fait que renforcer les partisans de la multipolarité.

Ce n’est pas en arborant ses muscles mous, y compris médiatiques, que l’Occident fera reculer les opposants à un ordre unipolaire complètement dépassé. Au contraire, face à des pays qui s’estiment toujours être au-dessus du droit international, les tenants de la multipolarité appliquent le célèbre dicton: aux grands maux, les grands remèdes.

Certes, lesdites frappes n’ont fait que ridiculiser une fois de plus leurs auteurs, sachant que plus de 2/3 des missiles «intelligents» tellement vantés par Trump ont été abattus par les systèmes de DCA soviétiques S-200 âgés de plus de 30 ans, même s’ils ont été sérieusement modernisés par les spécialistes russes présents en Syrie. D’autres missiles occidentaux, selon plusieurs sources, ont pu être déviés de leurs cibles par des spécialistes de la guerre électronique.

Face à cette agressivité des élites occidentales, il est évidemment question de renforcer les capacités défensives de la République arabe: désormais, Moscou envisage de livrer les systèmes S-300 aux Forces armées syriennes. Si jusqu’ici, cette option n’était mentionnée comme une simple éventualité, selon plusieurs sources militaro-diplomatiques la Russie semble maintenant être prête à passer à l’acte. Ces armements défensifs devraient être transférés à Damas dans le cadre de l’assistance militaire et technique entre les deux pays, qui inclura bien sûr la formation des spécialistes syriens par des instructeurs militaires russes.

À savoir pourquoi la Russie ferait don d’un tel équipement sophistiqué à la Syrie, la réponse tient en trois points simples: Damas est un allié de Moscou; la Russie a des intérêts légitimes à défendre en Syrie. Et, last but not least, la Russie peut se le permettre.
La Russie, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a d’ailleurs rappelé que rien au niveau du droit international ne l’empêche de livrer des armes défensives à la Syrie.

Le S-300 est effectivement une arme défensive et elle représente à elle seule une évolution stratégique patente. Lors des récents succès de la DCA syrienne, que ce soit lors des frappes tripartites occidentales ou lors des attaques aériennes israéliennes, on pouvait déjà parler d’une réalité nouvelle en matière d’équilibres militaires. Avec la mise à disposition fort probable de S-300 à l’armée syrienne, le rapport de force va être d’autant plus modifié en faveur de Damas. Et cela, Washington, Tel-Aviv, Londres et Paris devront bien en tenir compte lorsqu’ils auront à nouveau envie d’organiser une vulgaire mascarade, comme ces frappes décidées sans aucun élément de preuve et sans même attendre le début d’une quelconque enquête.

L’essentiel est que l’Occident a bel et bien perdu sa sale guerre en Syrie. Et malgré tous les grands sacrifices qu’a réalisés ce pays pour rester debout, il en sortira gagnant. Et avec lui, ses alliés, dont la Russie. Les autres peuples ont quant à eux pu observer les événements et en tirer les conclusions qui s’imposent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804241036077740-dca-syrie-systemes-russes/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Moscou et Ankara se rapprochent, Washington et Bruxelles enragent

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan

À l’occasion d’une nouvelle visite de Vladimir Poutine en Turquie, Moscou et Ankara renforcent plus que jamais leur partenariat économique, énergétique, militaire, géopolitique et culturel. Un rapprochement qui ne fait pas les affaires de l’Occident, qui observe avec colère et impuissance cette évolution.

La récente visite de Vladimir Poutine en Turquie est d’autant plus symbolique que c’est sa première visite officielle à l’étranger après sa réélection haut la main, il y a un mois. Elle s’ajoute aux innombrables rencontres Poutine-Erdogan qui ont eu lieu depuis ces deux dernières années —après une normalisation qui s’est traduite aussi bien dans leurs relations bilatérales que multilatérales, notamment dans le cadre de sommets internationaux.

Depuis cette normalisation, les gouvernements des deux pays ont fait un bien grand, sinon un énorme saut en avant. Ils sont devenus les acteurs incontournables —avec l’Iran- de la résolution de la crise en Syrie, laissant par la même occasion les Occidentaux et leurs amis du golfe persique pratiquement hors-jeu —au grand dam de ces derniers. Cette nouvelle réalité eurasienne et proche-orientale s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans le contexte multipolaire. Les pays extérieurs et surtout non invités dans telle ou telle région du monde feraient bien mieux de rester chez eux et de se limiter à observer… Clin d’œil en direction de Washington, Londres et Paris.

Il sera bien évidemment question de la Syrie lors de cette énième rencontre Poutine-Erdogan avant que le duo ne devienne un trio, puisque les deux chefs d’État seront rejoints par le Président iranien Hassan Rohani. Alors que les tensions entre Ankara et ses «partenaires» de l’Otan, dont les USA, la Grande-Bretagne et la France, n’ont jamais été aussi vives, il est certain que Moscou, Ankara et Téhéran comptent poursuivre leurs efforts conjoints en vue de mettre un terme à la guerre en Syrie. Un conflit de toute manière remporté dignement par le gouvernement syrien, là encore au grand dam des instigateurs habituels du chaos international. À ce titre, les récents événements dans la Ghouta orientale —libérée à plus de 90% des terroristes par l’opération encore en cours de l’armée gouvernementale syrienne, ne font que le confirmer. D’autre part, la baisse évidente de l’animosité entre Damas et Ankara est indéniablement un succès supplémentaire de la Russie.

Mais l’interaction russo-turque ne s’arrête pas là. Poutine et Erdogan ont ainsi assisté à la cérémonie de lancement de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, l’un des projets stratégiques entre les deux pays, dans la province turque de Mersin. Cette centrale, qui sera construite et mise en exploitation par Rosatom, l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique, assurera 10% des besoins en électricité de la Turquie. Le tout sans oublier bien évidemment le projet du gazoduc Turkish Stream, dont les travaux avancent plus que bien, un projet qui déplaît autant à Washington, Bruxelles qu’à Kiev. Ce dernier perdra en conséquence de larges sommes dues au transit gazier.

Quant aux deux premiers, ils devront mettre la main à la proche s’ils souhaitent continuer à maintenir à flot le régime de Kiev issu du coup d’État ukrainien de février 2014. Eh oui —pour les ambitions géopolitiques, il faut payer.

Et ce n’est pas tout. Le Président turc Erdogan a une fois de plus confirmé l’achat par la Turquie des systèmes russes de défense antiaérienne et antimissile S-400 Triumph. Fait inacceptable aussi bien pour Washington que Bruxelles, qui ont tout fait pour tenter de convaincre Ankara de renoncer à cet achat, connaissant parfaitement ce que peut apporter une coopération militaro-technique russo-turque à terme. Poutine, de son côté, a annoncé lors de cette visite que la Russie allait accélérer les livraisons de ces systèmes, ajoutant que cette décision avait été prise «à la demande de nos partenaires et amis turcs».

Dans tout cela, une chose est certaine: la Turquie d’Erdogan, malgré d’évidentes erreurs dans le passé, notamment concernant la Syrie, a su analyser les faits et prendre des mesures efficaces, dans le cadre de ses intérêts nationaux souverains. Des mesures qui ont en outre permis de réparer certaines de ces erreurs. En effet, la Turquie est et demeure certainement le seul pays membre de l’Otan à disposer d’une politique indépendante et souveraine, à l’énorme différence des Berlin, Paris, etc. Londres? N’en parlons même pas…

Alors que des millions de touristes russes reviennent en Turquie —de loin les favoris des hôteliers locaux- et que les investissements fleurissent dans divers domaines —infrastructures, textile, produits agroalimentaires, services bancaires et financiers, projets éducatifs…- l’heure est à l’optimisme quant au futur des relations turco-russes. N’en déplaise à Washington et Bruxelles: Moscou et Ankara n’ont guère besoin de l’avis des tiers pour avancer. À bon entendeur…

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804041035800235-russie-turquie-usa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Non, les sanctions occidentales ne casseront pas la Russie

Sanctions

Malgré la pression politico-économique exercée par l’Occident sur la Russie, cette dernière a clairement montré qu’elle s’est non seulement adaptée à cette réalité, mais qu’en plus elle en tire un profit de plus en plus évident. Retour sur la place de la Russie dans le monde à l’approche des élections présidentielles et de la Coupe du monde.

Alors que le quatrième anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie approche et que les relations Russie-Occident ne cessent de se détériorer- comme le confirment d’ailleurs les nouvelles tensions entre Londres et Moscou- il serait peut-être temps de faire un bilan de ces quatre années, sur beaucoup de points des années révolutionnaires.

D’ailleurs les nouvelles accusations émanant de la perfide Albion contre la Russie —sans avoir jusqu’à maintenant présenté ne serait-ce qu’un minimum de preuves- confirment la volonté —et l’impuissance- du leadership occidental, notamment anglo-saxon, à faire plier la Russie, ne serait-ce que sur un dossier.

Il est d’ailleurs étonnant que cette crise survienne à l’approche de deux événements importants pour la Russie: les élections présidentielles, qui auront lieu dans quelques jours et dans lesquelles Vladimir Poutine est clairement le grand favori. Mais aussi la Coupe du Monde de football qui, malgré toutes les tentatives des forces russophobes de la lui arracher, aura bien lieu avec l’arrivée de millions de visiteurs étrangers pour ce grand événement sportif planétaire.

Par ailleurs, en Syrie, le «regime change» poussé par les gouvernements et les médias occidentaux ne s’est pas réalisé. Pire encore, aujourd’hui les «intéressés» comprennent que leurs milliards d’investissements se sont évaporés faute d’obtenir le résultat souhaité.

En parallèle, la Russie continue de renforcer ses positions sur l’arène internationale, comme en témoigne le renforcement des relations politiques, économico-commerciales et militaires avec bon nombre de pays n’appartenant pas au petit monde occidental, qui ne cesse de s’affirmer chaque jour un peu plus.

Il faut dire que sur le plan économique, la Russie a de plus en plus d’arguments à faire valoir auprès de ses partenaires: le pays connaît une croissance continue et certains secteurs bénéficient d’un développement sans précédent. Nous pensons notamment à celui de l’agriculture, alors que l’UE continue de calculer les dégâts des contre-sanctions russes visant les produits occidentaux.

Des pertes qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros de pertes financières et en centaines de milliers d’emplois perdus. Pour mémoire, selon les données publiées en 2017 par l’Institut autrichien pour la recherche économique (WIFO), les pays de l’UE ont comptabilisé pour la seule année 2015 (une année après le lancement des sanctions occidentales contre la Russie et la riposte russe qui s’en est suivie) des pertes de revenus de l’ordre de 17,6 milliards d’euros. Le même institut comptabilise 400.000 emplois perdus, toujours pour la seule année 2015, à travers l’Europe bruxelloise en raison des contre-sanctions russes.

Au-delà d’avoir fermé, et probablement pour bien longtemps, l’accès au vaste marché russe à de nombreux produits agroalimentaires occidentaux —dont européens, la Russie renforce ses positions de puissance exportatrice. En effet, aux dernières nouvelles la Russie est tout simplement devenue le premier exportateur mondial de céréales, devançant par la même occasion les USA: elle en a produit 134,5 millions de tonnes en 2017 contre 64,5 millions de tonnes en 2000. La Russie confirme à travers cet exemple qu’elle est loin d’être un pays exportant uniquement ses hydrocarbures et son armement.

Ajoutez à cela les millions d’étudiants étrangers qui continuent de venir se former chaque année en Russie, l’export du savoir-faire russe dans le domaine informatique et des nouvelles technologies, sans oublier les compétences de la Russie dans l’aéronautique et le domaine spatial… cela fait beaucoup pour un pays que certains hommes politiques occidentaux osaient qualifier de «puissance régionale». Et avec les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à la Russie en Asie, Afrique et Amérique latine —parties du monde à haut taux de croissance et de consommation et où la Russie est généralement plus que la bienvenue, l’heure est clairement à l’optimisme.

Quant aux provocations occidentales visant la Russie, elles se poursuivront —il faut y être prêt. La Russie est prête.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803161035520469-russie-occident-sanctions/

Mikhail Gamandiy-Egorov

A l’instar du reste de la Syrie, la Ghouta orientale sera libérée des terroristes

Ghouta

L’offensive de l’armée gouvernementale syrienne en vue de libérer de la présence terroriste les localités proches de la capitale Damas a fait réapparaitre une fois de plus l’évidence d’une guerre médiatique menée par les ennemis de la Syrie et de ses alliés.

Le temps passe, la nouvelle réalité s’impose, mais certains acteurs et nostalgiques d’un monde révolu s’obstinent à poursuivre dans le ridicule. Un tel ridicule qu’une large part de leurs propres auditeurs se retourne inexorablement contre ces sociétés ayant dominé la sphère médiatique durant de longues décennies. Ces sociétés n’étant évidemment que les fameux médias mainstream.

Après le cas — devenu d’école — d’Alep, libérée entièrement par l’armée arabe syrienne des terroristes en décembre 2016, on se rappellera que tout au long de cette bataille la presse et la télévision mainstream ne faisaient que propager largement des accusations visant aussi bien le gouvernement syrien que russe sur les prétendus «massacres» de population civile, en se basant sur les «témoignages» de militants connus pour leurs positions salafistes, sponsorisés depuis l’extérieur de la Syrie. Tout en oubliant presque toujours de rappeler les bombardements que ces mêmes terroristes d’obédience salafiste réalisaient en direction des civils qui se trouvaient dans les zones de la ville sous contrôle gouvernemental. En oubliant également de rappeler que les civils se trouvant en zones «rebelles» désireux de fuir les zones de combat afin de rejoindre les zones sûres sous contrôle du gouvernement syrien et en utilisant à cet effet les corridors humanitaires spécialement mis en place par l’armée syrienne et russe, étaient tout simplement pris pour cibles par les «gentils combattants anti-régime», de même que bien souvent torturés et exécutés. Sans oublier l’autre fait majeur: des milliers de civils d’Alep étaient tout simplement pris en otages par ces mêmes «rebelles» islamistes, en qualité de véritable bouclier humain pour retarder au maximum la libération de la ville lancée par l’armée gouvernementale et ses alliés. Tous ces faits étaient pratiquement absents dans les dépêches des médias occidentaux comme golfistes.

Puis, on a eu comme l’impression que la ville d’Alep a été simplement oubliée par les «braves» bien-pensants des droits de l’Homme à l’occidental, sympathisants d’autres «braves» bien-pensants, salafistes quant à eux. Comme le retour d’un grand nombre de réfugiés dans leurs maisons. Comme la restauration des infrastructures détruites opérée par les autorités syriennes en coordination avec les puissances alliées. Comme la reprise, du moins d’une partie notable, de l’activité industrielle et commerciale de la ville d’Alep — qui aspire à retrouver avec le temps son statut de grand centre industriel et commercial de la région, qu’il a été avant la guerre imposée à la République arabe syrienne — et ce malgré les innombrables dommages causés par les terroristes et leurs soutiens extérieurs durant leur présence. Cette réalité-là est tout simplement occultée par des «journalistes» ayant définitivement perdu la notion d’objectivité pour devenir simplement des acteurs d’intérêts géopolitiques et géoéconomiques des élites qu’ils représentent. En d’autres termes — des propagandistes, qui ne cessent pourtant d’en accuser d’être les autres, du moment que cela ne rentre pas dans les intérêts des classes dirigeantes occidentales et affiliées.

Maintenant c’est donc au tour de la Ghouta orientale de devenir cette nouvelle «Srebrenica» de la classe politico-médiatique occidentale et de certains autres pays — toujours intéressés à semer le chaos en Syrie et de faire à tout prix retarder le retour à une vie normale de ce pays millénaire. Eh bien sachez une chose simple: il n’en sera rien. Le gouvernement syrien est plus que jamais déterminé à en finir avec toutes les poches terroristes — aussi petites soient-elles — en vue de protéger sa population. Quant aux fausses images propagées non-stop par les dits médias en utilisant les mêmes méthodes du passé (au passage, manque de créativité évident), comme ces images d’enfants palestiniens tués dans des raids israéliens, mais montrés comme étant des victimes de bombardements de l’armée syrienne, ou encore les mises en scène à l’hollywoodienne — tout cela ne passera pas.

Evidemment, il restera encore des gens qui continueront obstinément à croire les médias dits «traditionnels» en étant par la même occasion convaincus que l’Occident a effectivement un rôle à jouer en vue d’imposer des pseudos valeurs universelles — sans demander l’avis des peuples concernés, même si ces peuples représentent plus de 90% de la population mondiale. Néanmoins, la roue a bien tournée. Et même une large partie de la population occidentale refuse aujourd’hui cette manipulation dont elle a été elle-même victime durant de longues années.
D’où la raison pour laquelle la peur a changé de camp: l’hystérie des élites atlantistes, déjà au plus haut niveau depuis l’éclatement de l’URSS, ne fera que s’amplifier. Pendant ce temps, les partisans du monde nouveau — multipolaire ou multilatéral — selon la notion que l’on préfère, continueront de s’imposer. Quant à la question de la créativité, il serait peut-être effectivement temps aussi pour les acteurs du monde occidental de changer de fusil d’épaule: s’appuyer sur les services d’organismes ayant déjà maintes fois prouvé être proches (voire ouvertement faire partie) de groupes extrémistes idéologiquement salafistes, tels que les fameux «Casques blancs», cela passe mal. Y compris pour l’opinion publique occidentale. Du moins celle qui a choisi de se renseigner.

https://fr.sputniknews.com/presse/201802261035294695-syrie-ghouta-terroristes/

Mikhail Gamandiy-Egorov