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La déformation occidentale des faits face à la possible crise alimentaire

07.06.2022

L’establishment politico-médiatique occidental tente par tous les moyens d’annoncer l’éventuelle crise alimentaire internationale comme étant la responsabilité de la Russie, en oubliant par la même occasion de présenter les statistiques et faits réels. Et surtout ses propres responsabilités.

Tout d’abord, il serait correct de rappeler quelques statistiques fondamentales que nombre de politiciens et de médias occidentaux avaient préféré occulter. Dans l’imaginaire occidental, il est même tenté de créer une image d’une Ukraine comme d’un grenier mondial, et dont l’opération militaire spéciale de la Russie serait en train de «détruire». A ce titre, les faits parlent d’eux-mêmes et s’il y a bien un grenier mondial – c’est bien l’Etat russe.

En effet, la Russie est le premier exportateur mondial de blé, tandis que l’Ukraine n’est que cinquième. Et ce depuis déjà plusieurs années. Donc les tentatives de coller l’Ukraine à la Russie en qualité de grenier mondial par la partie occidentale est déjà incohérente ne serait-ce que du point de vue qu’on ajoute à cet effet le cinquième exportateur mondial au premier, pour tenter par la même occasion de créer une image d’une Ukraine «irremplaçable» sur le marché alimentaire international.

En se basant sur cette logique et suivant le même schéma, il est parfaitement possible aussi de coller le 8ème, 9ème ou 10ème exportateur mondial au premier, et le volume représenté sera conséquent. Tout cela pour dire que s’il y a bien un pays dont dépend énormément la sécurité alimentaire à l’échelle internationale – il s’agit bien de la Russie, et non pas tellement de l’Ukraine.

Idem pour ce qui est des engrais – autre orientation essentielle pour la production agricole à divers endroits de la planète. Les statistiques pour l’année 2021 parlent d’elles-mêmes: la Russie était et reste le principal exportateur mondial d’engrais. Tandis qu’un pays comme l’Ukraine n’était classé que 25ème.

S’il y a bien en revanche un domaine dans lequel l’Ukraine partage effectivement les deux premières places mondiales avec la Russie en volume de production – il s’agit de l’huile de tournesol. Bien qu’il soit important de rappeler que les pays dits comme particulièrement concernés par la possible crise alimentaire mondiale ont beaucoup plus besoin des céréales russes que de l’huile de tournesol ukrainienne. Sachant que nombreux de ces pays consomment principalement l’huile de palme et non de tournesol.

Aussi, l’establishment occidental qui accuse la Russie d’être responsable de la situation oublie deux points essentiels: le premier étant les sanctions occidentales qui visent la Russie et qui ont eu un impact sur les chaines logistiques d’approvisionnement. En ce qui concerne plus particulièrement les exportations ukrainiennes – les représentants russes ont maintes fois rappelé que le blocage ne se fait pas au niveau de la Russie, mais au fait que le régime kiévien a installé des mines marines au niveau des principaux ports maritimes concernés – empêchant les navires de pouvoir circuler en sécurité avec les marchandises.

Macky Sall, le chef d’Etat sénégalais et président en exercice de l’Union africaine (UA) lors de sa récente rencontre à Sotchi avec Vladimir Poutine, avait justement de son côté critiqué les sanctions occidentales et rappelé que l’accès aux céréales et engrais russes avait une importance primordiale pour les pays africains. Un échange dont Macky Sall est sorti largement rassuré et satisfait, au moment où la Russie travaille activement pour pouvoir assurer ses livraisons des dits produits à destination des pays amis, dont bien évidemment ceux d’Afrique.

Il est donc évident que ceux qui créent des obstacles aux exportations alimentaires et affiliées en provenance de Russie – ne peuvent certainement pas jouer aux bonnes âmes qui se soucient de la sécurité alimentaire mondiale. Mais peut-être que prétendant s’intéresser à ce problème des «autres», l’Occident cherche avant tout à pouvoir assurer sa propre sécurité alimentaire? Notamment dans le domaine des engrais. Car au-delà de la dépendance énergétique de l’UE totalement évidente, la Russie fournit par la même occasion 25% de l’approvisionnement européen en azote, potasse et phosphate.

Pour l’anecdote, faudrait-il rappeler qu’il y a encore de cela plusieurs années – les engrais russes étaient revendus pour les clients africains à travers des intermédiaires occidentaux? Cette page, fort heureusement, semble définitivement être tournée. Les pays non-occidentaux, y compris africains, ont pour grand nombre d’entre eux parfaitement compris la nécessité de maintenir les relations mutuellement bénéfiques avec la Russie. Quant à la sécurité alimentaire des pays occidentaux – il est évidemment peu probable que l’arrogance de leur establishment pourra d’une quelconque manière apporter des solutions dignes de ce nom. Y compris pour les citoyens européens.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Chine-Russie: la force dans la complémentarité

A la veille d’une nouvelle rencontre entre les présidents russe et chinois, il devient définitivement évident que tous les adversaires du rapprochement sans précédent entre la Chine et la Russie, le plus souvent ni Russes, ni Chinois, doivent se rendre à l’évidence d’un énième échec.

Alors que le président russe sera en déplacement en Chine, accompagné d’une grande délégation, pour y rencontrer son homologue chinois Xi Jinping et assister à l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, Vladimir Poutine a signé une tribune intitulée La Russie et la Chine: un partenariat stratégique tourné vers l’avenir, et publié par l’agence de presse chinoise Xinhua.

Si le leader russe rappelle à très juste titre que les deux pays, étant des voisins proches, sont liés par des traditions séculaires d’amitié et de confiance, il revient également sur les principales orientations de la coopération stratégique entre la Russie et la Chine. En indiquant que «nous apprécions hautement le fait que le partenariat de coordination stratégique globale Russie-Chine, qui est entré dans une nouvelle ère, a atteint un niveau sans précédent et est devenu un modèle d’efficacité, de responsabilité et d’aspiration pour l’avenir».

En parlant des échanges économico-commerciaux, le président russe a fait valoir qu’à l’issue de l’année 2021, le volume des échanges mutuels a augmenté de plus d’un tiers, pour dépasser le niveau record de 140 milliards d’équivalents de dollars. Tout en rappelant que l’objectif fixé par les leaderships des deux pays est de porter le volume commercial à 200 milliards par an.

Un point important soulevé par le leader russe concerne l’extension des règlements en devises nationales et la poursuite de la création des mécanismes qui compensent l’impact négatif des sanctions unilatérales. Tout en rappelant qu’à cet égard un accord a été signé entre la Russie et la Chine en 2019.

On devrait également rappeler qu’un véritable coup de pouce supplémentaire pour les échanges sino-russes pourra être donné par le renforcement des axes logistiques bilatéraux, et ce à l’heure du grand projet international promu par la Chine La Ceinture et la Route.

Vladimir Poutine n’a pas manqué évidemment d’aborder la coordination de la politique étrangère entre la Russie et la Chine, qui repose sur des approches étroites et concordantes pour résoudre les problèmes mondiaux et régionaux. «Nos pays jouent un rôle stabilisateur important dans l’environnement international difficile d’aujourd’hui, en promouvant une plus grande démocratie au sein du système des relations internationales afin de le rendre plus équitable et inclusif». Tout en rappelant par la même occasion qu’au-delà de l’interaction bilatérale d’un niveau sans précédent, les deux nations travaillent également dans un cadre actif multilatéral, que ce soit au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou des BRICS, entre autres.

La culture et les relations entre les deux peuples ne sont également pas restées de côté. Le président russe a à ce titre rappelé que la Russie et la Chine sont des pays comptant des milliers d’années de traditions uniques et un patrimoine culturel renommé. Par ailleurs, de nouveaux programmes de sensibilisation et d’éducation seront lancés afin de faire découvrir encore plus aux citoyens russes et chinois l’histoire et la vie quotidienne des deux pays. Renforçant une fois de plus le fait que la proximité stratégique ne concerne pas seulement les leaderships politiques, militaires et les opérateurs économiques des deux civilisations, mais aussi et très fortement les deux peuples.

Enfin et alors que les Jeux olympiques d’hiver vont maintenant débuter dans la capitale chinoise, le président russe n’a pas manqué de rappeler l’intensification des tentatives d’un certain nombre de pays qui visent à politiser le sport pour leurs intérêts égoïstes, ce qui est fondamentalement erronée et contraire à l’esprit et aux principes mêmes de la Charte olympique. En ajoutant que «nos amis chinois ont fait un travail énorme pour bien préparer les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver». Et en exprimant sa conviction que la vaste expérience de la Chine dans l’excellente organisation de compétitions internationales représentatives permettra d’organiser cette fête mondiale du sport au plus haut niveau.

Evidemment et en termes de perspectives, l’essentiel à retenir, une fois de plus, c’est que la relation sino-russe au-delà d’être solide, est orientée sur le temps. Sur du long-terme. Les experts autoproclamés occidentaux ont beau continuer à tenter de chercher la moindre petite faille dans cette relation (qui par essence d’ailleurs ne les regarde pas) – ils n’arrivent pas à faire stopper cette puissante locomotive conjointe.

Une locomotive construite effectivement sur une base solidaire et celle de la complémentarité. Le tout en tenant compte des intérêts respectifs, en coordonnant les positions dans les très nombreux dossiers internationaux courants, en renforçant la coopération dans la sphère militaro-sécuritaire (aussi bien au niveau bilatéral que multilatéral), et en promouvant des échanges économico-commerciaux à succès et mutuellement bénéfiques. C’est ce qui facilite d’ailleurs justement cette complémentarité sino-russe, et ce aussi bien sur le plan bilatéral qu’à d’autres endroits du monde.

Pour finir, il serait certainement juste de répondre aux mauvaises langues occidentales, en d’autres termes – aux adversaires de la Russie comme de la Chine – qui sans même s’intéresser aux chiffres et statistiques, prétendent maîtriser les particularités économiques, en gesticulant que l’économie chinoise ne fera « qu’avaler » celle de la Russie.

Ces prétendus spécialistes pourront donc consulter les statistiques des échanges commerciaux entre les deux pays pour le troisième trimestre 2021. Les exportations russes à destination de la Chine pour cette période ont représenté plus de 17,6 milliards d’équivalents de dollars (une hausse de 57,19% sur la même période de 2020), celles de la Chine à destination de la Russie: un peu plus que 19 milliards (hausse de 30,14% sur la même période de 2020). Conclusion: des échanges donc tout à fait équilibrés entre respectivement la première et la sixième économie mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Des échanges qui ne feront que s’accroitre encore plus, au détriment des adversaires occidentaux.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Chine-Russie-Iran: poursuite du renforcement de l’interaction militaire

Au moment fatidique des tensions de l’axe de la multipolarité face aux nostalgiques de l’ère unipolaire révolue – Pékin, Moscou et Téhéran réaffirment leur ferme solidarité, y compris dans la sphère militaro-sécuritaire, confirmant une fois de plus le rôle crucial de l’espace eurasiatique dans la promotion de l’ordre international multipolaire actuel.

La Chine, la Russie et l’Iran ont terminé des exercices navals conjoints dans le golfe d’Oman, comme l’annonce la chaine internationale chinoise CGTN. Selon le ministère chinois de la Défense nationale, les exercices en question se sont tenus durant trois jours et impliquaient des croiseurs lance-missiles, des frégates et des navires anti-sous-marins.

La partie chinoise avait de son côté envoyé un destroyer lance-missiles, un navire de ravitaillement et plusieurs hélicoptères. 40 membres du corps chinois de marines étaient également impliqués. Les nations participantes ont affirmé que cet exercice visait à approfondir la coopération pratique et à bâtir une communauté maritime pour un avenir partagé.

Ces manœuvres militaires conjointes – troisièmes du genre pour le triumvirat au cours de ces dernières années – ont effectivement une importance particulière, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord et d’un point de vue purement pratique, elles permettent d’accroitre activement l’interaction militaro-technique entre les forces armées des trois nations. Et cela en tenant compte de la régularité de ces exercices, ainsi que des liens stratégiques qui lient les trois puissances sur l’arène internationale.

Le timing choisi est également intéressant. En effet, les manœuvres conjointes ont eu lieu juste après la visite du président iranien Ebrahim Raïssi à Moscou, au cours de laquelle il a rencontré son homologue Vladimir Poutine et s’est également exprimé devant les parlementaires russes. Confirmant une fois de plus le grand niveau de confiance existant entre Téhéran et Moscou.  

Toujours dans le cadre du timing, cela s’est déroulé alors que la Chine et l’Iran ont annoncé la mise en application de l’accord stratégique entre les deux pays signé pour une période de 25 ans. Le tout sans oublier le processus d’adhésion en qualité de membre de plein droit de l’Iran au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), composée de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, ainsi que de l’Inde et du Pakistan.

Le lieu pour ces manœuvres mérite lui aussi une attention particulière. Pour le correspondant de la chaine de télévision TV5 Monde, Siavosh Ghazi, il s’agit d’une région stratégique pour le transport maritime international et une région qui était encore récemment la chasse gardée des Etats-Unis.

Enfin, il serait certainement juste de noter qu’au-delà des tensions montantes des trois pays avec l’establishment atlantiste occidental, l’heure est vraisemblablement plus que jamais à faire front commun au sein des principaux promoteurs de l’ordre multipolaire international – afin de barrer la route à toute tentative agressive des nostalgiques résolus d’un ordre totalement dépassé – celui de l’unipolarité.

Evidemment et au-delà de la Chine, de la Russie et de l’Iran dont l’alliance tripartite n’est plus vraiment à présenter, ce qui est également important de noter c’est que l’axe de la multipolarité obtient un soutien de plus en plus évident à divers endroits de la planète, et ce aussi bien de la part des leaderships militaires, que politiques, le tout sans oublier la large partie de l’opinion publique des pays en question. De l’Afrique à l’Amérique latine, sans oublier le Moyen-Orient et même au sein de l’espace européen, fort nombreuses sont les voix qui s’élèvent en faveur de l’axe multipolaire.

Cela est d’autant plus intéressant que de nombreux pays, y compris considérés traditionnellement proches de l’Occident, qui observent avec grande attention les bouleversements géopolitiques planétaires – souhaitent déjà se rapprocher considérablement des principales puissances eurasiennes. Y compris lorsqu’il s’agit de pouvoir faire partie des nouvelles routes de la soie – le projet chinois de très grande envergure qui permettra d’importantes retombées économiques pour les Etats ayant rejoint ladite initiative, ou seraient en train de le faire.

Un projet par la même occasion qui déplait fortement à Washington, bien que ce dernier soit complètement incapable de proposer quoi que ce soit de comparable face à la superpuissance économique chinoise. Une Chine qui par ailleurs est désormais la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PIB-PPA). En ce sens, le rapport de vassalité que les USA entretiennent avec leurs principaux partenaires ne fait que démontrer une fois de plus cette incapacité à proposer des schémas gagnants-gagnants.

Une chose est sûre : le triumvirat sino-russo-iranien continuera de jouer un rôle de premier poids non seulement dans le grand espace eurasien, mais également et de façon générale au sein de la communauté internationale. Evidemment – de la véritable communauté internationale – n’étant pas celle qui représente 10-15% de la population terrestre, et qui par la même occasion représente déjà moins de la moitié au sein du Top 10 des principales puissances économiques mondiales. Un déclin qui selon même les analystes occidentaux ne fera que se poursuivre. D’où les actions agressives de l’axe atlantiste pour tenter de stopper la contagion, mais qui vraisemblablement ne pourront aucunement faire basculer un processus déjà fermement engagé.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Iran-Russie: vers l’élargissement de l’alliance stratégique

La visite du président iranien Ebrahim Raïssi à Moscou a remis à l’ordre du jour les liens stratégiques qui unissent l’Iran et la Russie. L’alliance en question concerne aussi bien l’aspect bilatéral que trilatéral avec la Chine, mais également multilatéral dans le cadre du grand espace eurasiatique et l’axe de la multipolarité.

C’est la Russie qui a été choisie par le leader de la République islamique pour sa première visite internationale officielle depuis sa prise de fonction à la tête de l’Iran. Confirmant l’entente des deux nations sur la scène régionale eurasienne et internationale. Téhéran a d’ailleurs remis à la partie russe un projet d’accord de coopération stratégique pour une période d’au moins 20 ans.

M. Raïssi a également rappelé, comme le rapporte Press TV – la télévision internationale iranienne – que la République islamique d’Iran et la Fédération de Russie font partie de plusieurs organisations régionales et internationales, dont l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au sein de laquelle la Russie joue un rôle important. Confirmant l’attachement de l’Iran à l’axe de la multipolarité, où se trouve l’épicentre de l’anti-impérialisme et du multilatéralisme.

«L’Iran, devenu membre à part entier de l’OCS, entretient désormais de bonnes coopérations avec tous les pays membres. Mais la Russie joue aussi un rôle crucial au sein de l’Union économique eurasiatique et notre coopération pourra accélérer nos échanges, nos liens commerciaux et économiques. L’Iran et la Russie partagent des intérêts communs et peuvent à eux deux renforcer la sécurité régionale et saper l’unilatéralisme. Une bonne interaction entre l’Iran et la Russie, qui sont dotés d’importantes capacités, pourra avoir un impact positif sur la donne régionale et internationale», avait déclaré le président iranien en allusion claire au monde post-unipolaire étasunien.

Il faut noter également qu’au-delà de la rencontre entre les présidents Raïssi et Poutine, le chef d’Etat iranien s’est également exprimé devant la Douma – chambre basse du Parlement russe. Confirmant l’importance des relations entre les deux pays, sachant que peu de leaders étrangers en visite en Russie ont droit au prestige d’intervenir devant les élus russes.

Pour sa part, Vladimir Poutine a fait l’éloge de la coopération étroite entre les deux pays sur la scène internationale et du contact permanent entre Moscou et Téhéran. Il faudrait certainement rappeler aussi que le processus de la pleine adhésion de l’Iran au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (composée en plus de la Russie – de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan) a été activement soutenu par la Russie.

Pour ce qui est de l’interaction multilatérale, il est à noter que l’axe Chine-Russie-Iran ne cesse de monter en puissance, aussi bien dans la sphère militaro-sécuritaire, notamment à travers l’organisation d’exercices militaires conjoints réguliers, que dans la sphère économique avec l’accord du siècle sino-iranien – conclu pour une période d’un quart de siècle, impliquant plusieurs centaines de milliards d’équivalents de dollars d’investissements.

La réalisation de l’accord de coopération stratégique sur une période similaire entre l’Iran et la Russie scellera définitivement l’axe sino-russo-iranien et donnera sans le moindre doute un coup de pouce supplémentaire au triumvirat concerné, ainsi que plus généralement à l’axe des partisans de l’ordre multipolaire actuel.

Durant son allocution devant les parlementaires russes, le président iranien a également fait mention de la politique irresponsable de l’Otan, qui selon lui mènera au final cette dernière vers son propre éclatement. «L’Otan fait de l’ingérence dans l’espace géographique des pays sous divers prétextes, ils menacent les États indépendants, a annoncé le dirigeant iranien. L’opposition aux démocraties indépendantes, l’opposition à l’identité des peuples, à la culture, aux traditions des peuples, tout cela est à l’ordre du jour de l’Otan, et c’est une tromperie. Ce comportement se soldera par son effondrement», a déclaré le président iranien.

En effet et alors que l’establishment occidental atlantiste tente de s’accrocher jusqu’au bout pour forcer le monde à revenir vers l’ordre unipolaire révolu, l’alliance stratégique des grandes civilisations mondiales a une responsabilité particulière vis-à-vis de l’ère multipolaire qui s’est imposée, et qui de par son essence représente l’écrasante majorité de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Aux faux-partenaires – des réponses fermes

En l’absence de respect des engagements de la part de l’Occident, la Russie sera certainement amenée à prendre toutes les mesures nécessaires, et ce aussi bien dans le cadre national qu’en coordination avec ses alliés, pour assurer sa propre sécurité, ainsi que dans le cadre de la défense de l’ordre international multipolaire.

Les pays occidentaux doivent immédiatement donner à Moscou des garanties de sécurité et c’est de cela dont dépendra l’évolution future de la situation sur la scène internationale. C’est ce qu’a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors de sa grande conférence de presse annuelle.

Le dirigeant russe a déclaré que ce n’est pas le cours des négociations sur cette question qui importe pour Moscou, mais le résultat: «Vous exigez de moi des garanties, mais c’est à vous de nous les donner, immédiatement, maintenant», a-t-il souligné en répondant à une question d’une journaliste britannique.

Durant ladite conférence de presse, Vladimir Poutine a rappelé également comment l’Otan a menti à l’URSS dans les années 1990 quant au non-élargissement de l’alliance atlantiste vers l’Est, et que depuis cinq vagues d’élargissement de l’Otan avaient eu lieu. A ce sujet, le dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev avait maintes fois déclaré avoir reçu des promesses fermes quant au fait que l’Otan respecterait ses engagements sur la question du non-élargissement.

Evidemment, le dernier leader de l’URSS porte une part de responsabilité indiscutable quant au fait d’avoir fait confiance à l’Occident sans prendre en retour des engagements écrits des dirigeants otanesques. Mais il n’empêche que cela n’enlève rien au fait que de quelconques promesses, et souvent même sur le papier, données par l’establishment occidental – ne signifient absolument rien dans les faits et gestes. Les dossiers internationaux qui confirment cette vérité ne manquent aucunement. Les plus récents étant la Libye de Mouammar Kadhafi, l’Ukraine avec le soutien au coup d’Etat armé du Maïdan (suite justement aux garanties occidentales données au président ukrainien Ianoukovitch), sans oublier le dossier du nucléaire iranien.

Dans ce dernier dossier l’hypocrisie occidentale est une fois de plus parfaitement à découvert: nous violons l’accord mais on hurle haut et fort que c’est aujourd’hui l’Iran qui en serait le «violateur»…. Tellement typique de la part de ceux qui continuent de prétendre à être «exceptionnels» et à représenter la prétendue communauté internationale – en étant une extrême minorité planétaire, comme l’a d’ailleurs si bien souligné récemment Wang Wenbin, le porte-parole chinois des Affaires étrangères, en appelant par ailleurs à mettre fin à cette arrogance extrême occidentale.

Ceci étant dit et en passant maintenant aux perspectives, si bien même que l’Occident politique allait donner des garanties – connaissant la particularité de l’establishment atlantiste et la mentalité qui en ressort, il serait certainement erroné de pouvoir penser que les mêmes personnages respecteront leurs engagements, comme ils l’ont déjà si fortement démontré au cours des années 1990 et même par la suite.

Ce qui enrage aujourd’hui particulièrement l’establishment occidental, c’est qu’au-delà de devoir faire face à une chute d’influence à l’international sans précédent dans le cadre de l’ère multipolaire, il doit d’autant plus vivre avec l’intransigeance de Moscou, Pékin et Téhéran, entre autres. Les faux sourires hypocrites n’impressionnent pas, tout comme les fausses déclarations de vouloir bâtir des relations prévisibles.

Dans la situation internationale actuelle, y compris celle qui concerne la sécurité des frontières russes et eurasiennes, il est à penser que face à l’élargissement otanesque et une proximité immédiate des troupes US, la meilleure réponse qui puisse être reste une présence militaire efficace près des frontières étasuniennes.

Evidemment, cela ne doit aucunement faire diminuer les mesures de dissuasion en Europe, où l’UE applique de-facto à la lettre les prérogatives washingtoniennes, mais il demeure particulièrement important de faire désormais ressentir la présence armée des principaux adversaires à l’axe des nostalgiques de l’unipolarité – directement aux frontières US.

Evidemment, certains «bien-pensants» et faux pacifistes, les mêmes qui d’ailleurs n’avaient exprimé aucun regret suite aux destructions de l’Irak, de la Libye et de nombre d’autres pays, crieront que cela ne fera qu’attiser un niveau supplémentaire de tensions internationales. La réalité est pourtant autre: le champion indiscutable du chaos international réfléchira au contraire plus de trois fois avant de pouvoir engager ses sous-traitants vers de quelconques actions dangereuses.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les lignes rouges en mer Noire

Les bombardiers stratégiques des pays de l’Otan volent à une distance de 20 kilomètres des frontières de la Russie, ce qui constitue une ligne rouge pour le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine. Face aux agissements occidentaux, il est évident que la Russie devra prendre des mesures dissuasives supplémentaires.

Participant à une réunion élargie avec le ministère russe des Affaires étrangères, Vladimir Poutine n’a pas manqué d’aborder la question des récentes actions otanesques en mer Noire: «En ce qui concerne la mer Noire, les derniers événements dépassent certaines limites. Des bombardiers stratégiques volent à une distance de 20 kilomètres de notre frontière étatique et ils portent, comme vous le savez, des armes très sérieuses».

Le président russe a également attiré l’attention sur le fait que les actions des pays occidentaux, qui aggravent la situation présente, se déroulent non seulement en mer Noire, mais également dans d’autres régions proches des frontières de la Fédération de Russie. «Oui, nous exprimons constamment nos inquiétudes à ce sujet, nous parlons de lignes rouges, mais, bien sûr, nous comprenons aussi que nos partenaires étant très particuliers et qui, en employant un euphémisme – traitent tous nos avertissements et échanges en matière de lignes rouges de manière très superficielle», a déclaré le chef de l’Etat.

Pour autant, il a rappelé que la Russie réagira à ces défis. «L’Otan a pris son initiative pour rompre tous les mécanismes de dialogue. Nous répondrons bien évidemment de manière appropriée à l’activité militaire des otanesques le long du périmètre des frontières russes». Tout en soulignant que la Russie n’a pas besoin de conflits à ses frontières occidentales. «Nos récents avertissements (aux pays occidentaux, ndlr) se font encore ressentir et produisent un certain effet. Une certaine tension est apparue là-bas. Nous devons maintenir cet état pour eux aussi longtemps que possible, afin qu’ils ne pensent même pas à organiser à nos frontières occidentales une sorte de conflit dont nous n’avons pas besoin».

A noter que le lundi 15 novembre, le président biélorusse Alexandre Loukachenko, dont le pays est également en tensions avec les régimes occidentaux, a déclaré que les pays de l’Occident cherchaient à aggraver la situation dans la région, comme en témoignent les manœuvres des Etats-Unis et de l’Otan en mer Noire. Il a également déclaré avoir discuté de cette question avec Vladimir Poutine.

En parlant maintenant de perspectives à venir. Il est aujourd’hui évident que face à un establishment occidental qui comprend parfaitement la fin de son projet hégémonique unipolaire, mais qui par la même occasion s’accroche par tous les moyens à ce concept révolu, il sera fortement nécessaire de poursuivre non plus les rappels à l’ordre, mais bel et bien les actions qui permettront de le remettre à sa place. Celle d’une extrême minorité à l’échelle planétaire.

Ces actions, il faut certainement les diviser en plusieurs volets. Dans la partie européenne, puisque c’est justement à travers elle que sont organisées les manœuvres de provocation otanesques près des frontières russes, il sera nécessaire d’augmenter l’arsenal de dissuasion pouvant mettre les têtes chaudes hors d’état de nuire en un temps record. Pour ce qui est des USA – le maitre des nostalgiques de l’unipolarité et principal initiateur des provocations en question, il sera certainement nécessaire d’accroitre l’interaction avec l’axe latino-américain souverainiste et poursuivre la défense des pays concernés face aux manœuvres de déstabilisation étasuniennes.

Et si nécessaire, augmenter l’interaction en Amérique latine avec d’autres partenaires, notamment la Chine et l’Iran – dont l’influence grandissante dans cette région met également Washington dans un état de quasi-hystérie. Toujours dans le cadre latino-américain, le temps est certainement venu de renforcer très considérablement la présence militaire au sein des pays alliés de la Russie et de l’axe multipolaire, comme Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. Avec en prime l’organisation de manœuvres militaires conjointes près des frontières US.

Dans le Pacifique, où Washington mène également des actions hostiles vis-à-vis de la Russie et de la Chine, il est à penser que Moscou et Pékin doivent en coordination riposter à tout acte pouvant toucher les intérêts sino-russes. Y compris à travers l’élargissement de manœuvres militaires conjointes à grande échelle.

Le président russe l’a bien rappelé: un certain effet des avertissements est déjà visible du côté occidental. Mais face à un cas clinique qui ne laisse aucune note d’optimisme, les remèdes doivent être à la hauteur de la maladie.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie: la Chine passe à l’action

Pékin renforce son interaction avec Damas non seulement sur le plan politico-diplomatique, mais tout semble désormais aller dans la direction d’une collaboration de plus en plus étroite dans les sphères économique et sécuritaire. Renforçant un peu plus l’axe de la multipolarité dans les affaires du Moyen-Orient et confirmant par la même occasion que la Syrie peut se passer d’une interaction quelconque avec les Etats occidentaux.

La visite du chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, dans la capitale syrienne est venue conforter non seulement des relations cordiales entre la République populaire et la République arabe, au moment d’ailleurs de l’inauguration du leader syrien, mais confirme de plus en plus la détermination du leadership chinois à jouer un rôle important dans la Syrie post-conflit, aux côtés des autres principaux alliés de Damas – en la qualité de la Russie et de l’Iran. Le tout après la récente victoire du président Bachar al-Assad aux élections présidentielles syriennes.

Durant cette visite, le haut responsable chinois a rencontré son homologue syrien, Fayçal al-Meqdad, et a également été reçu par le leader syrien. A l’issue de ces rencontres, les deux pays se sont fixés l’objectif de renforcer les liens et la coopération bilatérale, comme l’annonce l’agence de presse chinoise Xinhua.

Wang Yi, qui au-delà d’être le ministre des Affaires étrangères – est également conseiller d’Etat, a souligné que la Chine se tient résolument aux côtés du peuple syrien et adhère à la justice internationale en préservant la souveraineté et l’indépendance de la Syrie. Lors de sa rencontre avec le président Bachar al-Assad, le chef de la diplomatie chinoise a également rappelé que la Chine s’oppose à toute tentative de changement de régime en Syrie.

Toujours selon Wang Yi – sous la direction de M. Assad, le peuple syrien a remporté de précieux succès dans la lutte contre le terrorisme et l’opposition aux ingérences extérieures, ajoutant que la réélection du président syrien reflétait la confiance et le soutien solides dont il jouit auprès de la population. Un commentaire fort important et qui à l’instar du soutien russo-iranien à Damas, va fermement à l’encontre des déclarations d’une large partie de l’establishment occidental.

Par ailleurs, la Chine soutient fortement la Syrie dans la gestion de ses problèmes intérieurs en vertu du principe « dirigé et pris en charge par les Syriens ». Le ministre chinois des Affaires étrangères a par ailleurs affirmé que la Chine avait présenté une proposition en quatre points pour résoudre la question syrienne.

Premièrement, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la Syrie doivent être respectées. La Chine appelle à respecter le choix du peuple syrien, à abandonner l’illusion d’un changement de régime et à laisser le peuple syrien déterminer de manière indépendante l’avenir et le destin de son pays. Deuxièmement, le bien-être du peuple syrien doit être une priorité et le processus de reconstruction doit être accéléré. La Chine estime que le moyen fondamental de résoudre la crise humanitaire en Syrie réside dans la levée immédiate de toutes les sanctions unilatérales et du blocus économique contre la Syrie.

Troisièmement, une position ferme sur la lutte efficace contre le terrorisme doit être maintenue. La Chine estime que toutes les organisations terroristes répertoriées par le Conseil de sécurité des Nations unies doivent être réprimées et que les politiques de «deux poids, deux mesures» doivent être rejetées. Selon M. Wang, le rôle de premier plan du gouvernement syrien dans la lutte contre le terrorisme sur son territoire doit être respecté, les projets visant à susciter des divisions ethniques sous prétexte de lutter contre le terrorisme doivent être combattus, et le sacrifice et la contribution de la Syrie à la lutte antiterroriste doivent être reconnus. La Chine soutiendra la position antiterroriste de la Syrie et se joindra à elle pour renforcer la coopération antiterroriste mondiale, a souligné M. Wang.

Quatrièmement, une solution politique inclusive et réconciliatrice à la question syrienne doit être encouragée. La Chine appelle à faire avancer le règlement politique de la question syrienne par les Syriens, à aplanir les divergences entre toutes les factions syriennes par le dialogue et la consultation, et à jeter des bases politiques solides pour la stabilité, le développement et la revitalisation à long terme du pays.

Deux points très importants mentionnés également par M. Wang concernent justement les domaines sécuritaire et économique. Sur le premier, le chef de la diplomatie chinoise a annoncé que son pays était prêt à renforcer le partenariat dans la sphère antiterroriste avec Damas, à améliorer la capacité antiterroriste de la Syrie, et à sauvegarder la sécurité nationale des deux pays respectifs, tout en contribuant à la sécurité du monde.

Un point effectivement très important lorsqu’on connait les succès stratégiques de la lutte contre le terrorisme salafiste, affilié à Daech ou Al-Qaida, dans laquelle l’axe Damas-Moscou-Téhéran-Hezbollah a joué un rôle clé – à l’énorme différence de la «coalition» occidentale.

Sur l’aspect économique, Wang Yi a rappelé qu’en tant que partenaires dans l’Initiative la Ceinture et la Route (ICR), la Chine et la Syrie discuteront conjointement des moyens efficaces à faire avancer une coopération mutuellement bénéfique, en particulier dans les domaines de l’agriculture et du commerce, de manière à aider la Syrie à améliorer les moyens de subsistance et à accélérer la reconstruction.

Ce dernier point est d’autant plus important qu’il confirme justement la motivation de Pékin de participer à la reconstruction des infrastructures de l’Etat syrien – détruites par des années de guerre contre le terrorisme et l’interférence néocoloniale. Un domaine dans lequel la Chine dispose non seulement d’un savoir-faire qui n’est plus à présenter, mais également d’énormes capacités d’investissements.

Tout cela conforte évidemment, et une fois de plus, le fait que la véritable communauté internationale se trouve désormais en Eurasie. Et que malgré toute la rhétorique récente hostile des élites occidentales quant au fait que la reconstruction en Syrie ne pourrait se faire sans leur implication – cette arrogance tombe, elle aussi une fois de plus, à l’eau. D’ailleurs, cela ne fait que rendre justice aux paroles du président Bachar al-Assad qui a maintes fois déclaré que les acteurs internationaux qui pourront participer au processus de reconstruction et d’investissements dans la Syrie post-conflit – ce sont les alliés de l’Etat syrien. Des alliés connus, en l’occurrence le triumvirat Russie-Iran-Chine.

Cela représente indéniablement la meilleure réponse à tous les membres de la communauté occidentale (et non pas internationale) – à savoir que l’époque où il était possible de détruire, pour ensuite se servir – est bien terminée. Multipolarité oblige. Il est encore temps de se mettre à jour. Mais soyons réalistes – l’establishment atlantiste occidental en est incapable. D’où la raison pour laquelle il continuera à perdre de son influence dans les affaires internationales.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Moscou-Pékin: le diktat washingtonien est terminé

La tentative évidente de l’establishment washingtonien de forcer un retour à l’ordre unipolaire des affaires internationales ramène ce dernier à la triste réalité – pour lui-même – à savoir qu’il n’y aura tout simplement pas d’un tel retour.

La mentalité relative à un comportement de cowboy, propre faut bien le dire, à chaque administration US, ne compte pas changer. Cela est devenu aujourd’hui totalement évident. Les récentes attaques verbales des élites étasuniennes à l’encontre de la Russie et de la Chine ne font que le confirmer. Ceci étant dit ces élites atlantistes doivent effectivement se rendre à l’évidence que la tentative de réimposer de nouveau une domination étasunienne et occidentale dans les relations internationales est pleinement vouée à l’échec.

Dans le cas de la Russie et de son leadership, la récente sortie verbale de Joe Biden, ne représente ni plus ni moins qu’une approche réellement primitive et surtout indigne pour un chef d’Etat – d’autant plus d’un pays qui continue à prétendre représenter l’une des principales forces mondiales. En ce sens, la réponse du président russe a été d’un niveau inatteignable pour les représentants étasuniens, dans leur ensemble.

Mais si certains pensaient que les hostilités verbales washingtoniennes se limiteraient surtout à la Russie, leur pronostic vient d’en être, une fois de plus, complètement mis à mal. Les tout récents échanges de haut niveau entre les représentants US et chinois ont au contraire mis en évidence la haine portée par Washington vis-à-vis de Pékin, et que nombre d’analystes pensaient uniquement propre à la précédente administration étasunienne, mais aussi et surtout la détermination du leadership chinois à répondre, de manière ferme, à ces attaques visant la Chine. Et ce désormais même de l’aveu des médias mainstream proches de l’establishment politique occidental.

Pour The Guardian, «tout espoir que la réunion à Anchorage (Alaska), aurait pu réinitialiser les relations bilatérales (sino-étasuniennes, ndlr), après des années de tensions dans le volet commercial, les droits de l’homme et la cybersécurité durant la présidence de Donald Trump, s’est évaporé lorsque le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, ont ouvert leur rencontre avec le haut diplomate chinois Yang Jiechi (ex-ministre des Affaires étrangères, aujourd’hui directeur du Bureau de la Commission centrale des Affaires étrangères, ndlr) et le conseiller d’Etat Wang Yi (par ailleurs l’actuel ministre des Affaires étrangères de Chine, ndlr)».

Le ton accusatoire et condescendant des représentants étasuniens lors de cette rencontre a poussé immédiatement la partie chinoise à la riposte. Pour l’anecdote, et c’est ce qui confirme pleinement la nostalgie et le révisionnisme des élites étasuniennes, c’est la référence faite par les représentants US à «l’ordre international et aux lois qui en ressortent». Mais également que la compétition avec la Chine se poursuivra dans les domaines où cela sera nécessaire, et que la collaboration aura lieu également là où ce sera nécessaire. Mettant ainsi en exergue que le partenariat se fera là où Washington le jugera utile – et sur la base de conditions étasuniennes. Cette tentative évidente à tenter de réimposer l’ordre unipolaire a trouvé une réponse ferme des hauts représentants chinois.

«En ce qui concerne le sujet des cyber-attaques, en termes aussi bien de la capacité d’en lancer ou des technologies qui peuvent être déployées, les USA sont le champion en la matière», a déclaré Yang Jiechi. En ajoutant «que nous espérons qu’en parlant de valeurs universelles ou d’opinion publique internationale de la part des Etats-Unis, la partie américaine se demandera si elle se sent rassurée en disant ces choses, parce que les Etats-Unis ne représentent pas le monde, mais ne représentent que le gouvernement des Etats-Unis».

Les réponses des hauts diplomates chinois aux attaques verbales étasuniennes, rejoignent justement à ce titre la réponse donnée par le président russe Vladimir Poutine – considérée d’ailleurs comme étant «splendide» par son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ayant fermement condamné les déclarations de Biden – dont l’un des points principaux a été de dire que nous allons trouver des terrains de collaboration – dans les domaines qui ont un intérêt pour la Russie, et sur la base de conditions qui correspondent aux intérêts russes. Et non pas l’inverse.

Au-delà donc du primitivisme assez évident de l’establishment étasunien dans sa manière de parler à ses homologues, et d’une mentalité propre aux films anciens sur le Far West n’ayant rien à avoir avec le monde contemporain, l’essentiel a été effectivement dit – aussi bien par le leadership russe, que chinois, en réponse à la nostalgie pro-unipolaire et au révisionnisme étasunien. Le message est clair: descendez de votre petit monde, car le monde dans sa globalité ne vous appartient pas. Vous n’en êtes ni ses porte-paroles, ni le gendarme, et n’avez aucune légitimité à parler au nom de la communauté internationale.

Il est évidemment plus qu’improbable que cette mentalité de cowboys ambulants puisse être surmontée et traitée rapidement – le traitement nécessaire doit être vraisemblablement radical. Le fait est que les partisans du monde multipolaire devenu réalité ne comptent pas baisser la garde, ni diminuer les efforts, notamment conjoints, pour montrer justement aux admirateurs du Far West leur véritable place dans le concert des nations du monde.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Embargo sur les armes à l’Iran: les USA isolés

Les Etats-Unis ont échoué à faire prolonger l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran. Et ce après des mois de travaux intensifs de lobbying politico-diplomatiques. Une fois de plus, les USA se retrouvent isolés.

«Nous avons perdu aujourd’hui» – c’est ce qu’a déclaré le conseiller de la Maison-Blanche à la sécurité nationale Robert O’Brien. Tout en ajoutant «que ce n’était pas encore fini». En effet, Washington se rend progressivement à l’évidence que ses initiatives font face non seulement au duo implacable Moscou-Pékin, mais également et de en plus en plus au manque de confiance de ses propres alliés occidentaux.

Si le double véto russo-chinois face à la résolution étasunienne était fort prévisible, l’abstention de la France, de l’Allemagne et même de la Grande-Bretagne était pour nombre d’observateurs assez inattendue. D’un autre côté et plus particulièrement dans le cas allemand, le manque de soutien à l’allié otanesque sur le dossier en question serait tout de même moins surprenant. Compte tenu des pressions et menaces exercées par l’establishment US sur les entreprises et personnalités allemandes liées à la construction du gazoduc Nord Stream 2. Berlin étant bien évidemment toujours dans le camp atlantiste, mais toute chose peut avoir des limites – surtout lorsqu’il s’agit d’intérêts économiques importants. D’autant plus en lien avec un domaine stratégique qu’est l’énergie.

Mais malgré la nette opposition de l’Axe Pékin-Moscou, et le manque de solidarité des alliés européens de Washington, il est bien peu probable que ce dernier s’en arrête là. Se sentant isolés, faisant face à la détermination iranienne de ne pas fléchir et du soutien géopolitique évident émanant depuis la Chine et la Russie à destination de l’Iran, les Etats-Unis pourront toujours utiliser la bonne vieille méthode qui leur est propre: celle des provocations armées contre Téhéran et ses intérêts internationaux et la poursuite des tentatives de déstabilisation de toutes sortes. Surtout que les nombreuses sanctions économiques n’aient pas mis la République islamique à genoux.

En ce sens, l’initiative du président russe Vladimir Poutine de convoquer dans un futur proche une réunion devant réunir les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Iran et l’Allemagne, dans l’objectif de créer des mécanismes capables de créer un climat de confiance dans la zone du golfe Persique et de faire diminuer les tensions existantes, arrivait pratiquement au même moment que le vote au Conseil de sécurité onusien sur la poursuite de l’embargo sur les armes à l’Iran – où la résolution US a connu une défaite fracassante. Une initiative que pour le moment semble ne pas soutenir le président étasunien Donald Trump – du moins avant la fin de l’élection présidentielle aux USA.

Chose qui était assez prévisible – sachant que le président US avait fait des pressions sur l’Iran l’une de ses principales thèses en termes de politique étrangère. Et vu que cette politique n’a pas donné de résultat escompté – ni du côté iranien, qui refuse d’abdiquer et continue de défendre activement ses intérêts, ni du côté du duo russo-chinois qui accorde un important soutien politico-diplomatique et économique à Téhéran, et désormais même les alliés occidentaux de Washington semblent se montrer de plus en perplexes – tout dialogue prématuré serait considéré comme une défaite évidente et sur tous les plans pour le leadership étasunien.

Encore une fois, la défaite politico-diplomatique étasunienne ne doit aucunement être vue comme une possibilité de baisser les gardes pour l’Axe Pékin-Moscou-Téhéran. Les trois nations continuent d’être officiellement considérées par Washington comme étant ses principaux adversaires géopolitiques. Mais plus que cela encore, les attaques et provocations côté étasunien pourront aller clairement à la hausse. Et ce dans le cas des intérêts des trois pays.

En ce qui concerne plus particulièrement le golfe Persique et la région du Moyen-Orient, il n’est pas à exclure que les USA chercheront de nouveaux moyens de vengeance visant les positions iraniennes. En oubliant par la même occasion que les capacités de riposte côté Téhéran ne sont pas à démontrer. Et qu’une telle riposte serait amplement justifiée dans le cas où, une fois de plus, Washington serait l’initiateur et l’agresseur. Avec des conséquences imprévisibles pour la suite. Evidemment et cela est connu de tous, il y a des parties intéressées au maintien et même au renforcement des attaques visant l’Iran – l’Etat sioniste notamment. Sauf qu’à force de pousser le bouchon un peu loin, les instigateurs d’une telle approche se retrouveront eux-mêmes dans le viseur du feu de riposte. Un feu qui pourrait être bien plus puissant que celui ayant fait suite à l’assassinat du général Qassem Soleimani.

En ce sens, les initiatives politico-diplomatiques de Moscou et de Pékin, dans un cadre pleinement multipolaire, sont certainement à saluer. Le souci c’est que lorsqu’en face il y a ceux qui refuseront encore un bon moment d’accepter la nouvelle réalité mondiale, le risque d’un affrontement majeur restera sérieusement élevé.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Moscou dévoile pour la première fois les conditions pour lancer une frappe nucléaire

Le ministère russe de la Défense a dévoilé pour la première fois au public les conditions déterminant la possibilité de l’utilisation de l’arme nucléaire par la Russie. Moscou recourra à son potentiel nucléaire en cas de toute frappe de missile contre son territoire. C’est ce qu’indique l’article préparé par l’état-major des forces armées intitulé « Les fondements de la politique nationale de la Fédération de Russie en matière de dissuasion nucléaire ».

Selon cet article, puisqu’il est question de savoir s’il s’agit d’un missile nucléaire ou non, tout projectile de ce genre se positionnera comme nucléaire. Le commandement militaire russe recevra immédiatement les informations sur un lancement et décidera quelle doit être sa réaction.

Le ministère de la Défense explique que les conditions concernant l’usage par l’adversaire de l’arme nucléaire ou autre arme de destruction massive, l’impact sur les sites critiques russes, ainsi que l’agression avec l’usage de moyens offensifs conventionnels ne doivent susciter aucun doute chez les experts.

Les auteurs de l’article précisent que Moscou a déterminé les « lignes rouges » que personne ne doit franchir, cependant si un adversaire potentiel osait le faire, « la riposte sera dévastatrice ».

L’article indique également que la cessation du traité sur la réduction des armes stratégiques (START 3) pourrait pousser le monde au seuil d’une catastrophe nucléaire.

« La hausse des tendances négatives dans le monde qui accompagne le processus de mise en place d’un nouveau système de sécurité régionale et mondiale contribue à la création de prémisses à l’intensification de menaces actuelles et à l’apparition de nouvelles menaces pour la sécurité militaire de la Fédération de Russie, qui pourraient dégénérer en conflits armés de différente envergure et intensité », précise le ministère de la Défense.

Début juin, Vladimir Poutine a validé les Fondements de la politique nationale en matière de dissuasion nucléaire conformément auxquels la Russie « considère l’arme nucléaire uniquement comme un moyen de dissuasion, dont l’usage est une mesure forcée extrême ». La dissuasion a pour but de faire savoir à l’adversaire potentiel l’inévitabilité de contremesures, souligne le document.

Le START 3 signé en 2010 reste le seul traité en vigueur entre la Russie et les Etats-Unis sur la réduction des armements, qui expire en février 2021. Washington n’a pas encore annoncé s’il avait l’intention ou non de le prolonger.

De hauts responsables américains ont parlé de la nécessité de faire participer la Chine aux négociations afin d’élaborer un nouvel accord nucléaire trilatéral. Pékin rejette cette idée. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué de son côté que Moscou prônait la prolongation du traité sans conditions préalables.

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