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La Chine et la Russie patrouillent ensemble dans la région Asie-Pacifique

Pékin et Moscou semblent déterminés à préserver la sécurité et la stabilité de leur région d’appartenance, au milieu des provocations occidentales visant les deux pays et leurs alliés. La nouvelle coordination militaro-sécuritaire des deux pays ne fait que le confirmer.

Des bombardiers chinois et russes ont effectué une patrouille conjointe, préservant la stabilité stratégique mondiale au milieu des provocations occidentales, écrit le grand média anglophone de Chine Global Times. Le même média rajoute que les forces aériennes chinoises et russes ont mené une patrouille aérienne stratégique conjointe dans la région Asie-Pacifique vendredi dernier, comme l’ont annoncé les ministères de la Défense des deux pays, ce qui démontre que les trois principales branches militaires (marine, armée terrestre et force aérienne) de la Chine et de la Russie mènent une coopération stratégique en cette année 2021 face à l’instabilité régionale.

Le ministère chinois de la Défense a déclaré que la Chine avait envoyé deux avions H-6K afin de former une formation conjointe avec deux bombardiers russes Tu-95MC au-dessus de la mer du Japon et de la mer de Chine orientale. Au cours de la patrouille conjointe sino-russe, la formation aérienne a strictement respecté les dispositions du droit international et n’est pas rentré dans l’espace aérien d’autres pays, a indiqué le ministère.

Point important : il s’agit de la troisième patrouille aérienne stratégique conjointe des armées chinoise et russe. Dans l’objectif de développer davantage le partenariat stratégique global de coordination sino-russe dans la nouvelle ère, à améliorer le niveau de coordination stratégique et les capacités opérationnelles conjointes, ainsi que de maintenir conjointement la stabilité stratégique mondiale.

Wang Wenbin, le porte-parole chinois des Affaires étrangères, n’a pas manqué de commenter ledit événement, en indiquant que la patrouille aérienne conjointe fait partie d’un programme annuel de coopération entre les forces armées des deux pays, qu’elle vise à renforcer la coordination stratégique bilatérale et la capacité d’opération conjointe, tout en rappelant que ladite interaction ne visait pas une partie tierce.

En termes de perspectives, si Pékin comme Moscou n’ont jamais cherché à viser des pays en particulier à travers l’interaction militaire conjointe fortement grandissante, il n’en demeure pas moins que cela fait partie des mesures nécessaires – à l’heure, comme l’a rappelé Global Times des provocations occidentales en large hausse. Des provocations visant à tenter de faire fléchir les deux des trois principales puissances mondiales, résolument partisanes de l’ordre multipolaire international actuel. Mais qui semblent au contraire ne faire qu’augmenter encore plus l’alliance stratégique sino-russe.

Très récemment, Observateur Continental avait consacré un article sur les lignes rouges, notamment en mer Noire, que l’Occident tente à franchir. Parmi l’une des mesures de dissuasion, nous avons soulevé dans ledit article l’interaction conjointe entre la Russie et la Chine dans la région du Pacifique. Les manœuvres des derniers jours confirment la justesse de ces propositions.

Il faut également reconnaitre une chose. L’establishment occidental avait vivement espéré que Pékin et Moscou puisse subir un éloignement réciproque, au moment où les deux grandes puissances non-occidentales rentreront dans une sorte de concurrence à l’échelle planétaire, notamment dans des régions du monde comme l’Afrique – ce qui aurait alors permis à l’Occident de pouvoir poursuivre l’encerclement des deux nations, sur une base individuelle. Le souci pour les instigateurs et les fameux experts occidentaux – c’est qu’ils n’avaient pas prévu la capacité des deux grandes civilisations que sont la Chine et la Russie – non seulement à ne pas rentrer dans un cycle de concurrence artificielle, mais plus que cela – à réussir de choisir la voie de la complémentarité en tenant compte des atouts de chacune des parties.

C’est aujourd’hui cela l’interaction stratégique Chine-Russie. Et si les provocations atlantistes-occidentales à l’encontre des deux nations ne faibliront pas – Pékin et Moscou disposent désormais de tout un arsenal d’instruments permettant non seulement de se défendre face aux agissements occidentaux, mais aussi, et cela est tout aussi important, à encercler les acteurs nostalgiques de l’unipolarité ayant si longtemps eu le rêve de pouvoir encercler leurs adversaires géopolitiques. Faut-il encore le rappeler: l’Occident en tant que tel ne représente qu’une infime partie du globe terrestre. Et même s’il dispose encore de nombre d’acteurs sous-traitants – les capacités de nuisance occidentales se réduisent chaque jour un peu plus.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Sahel: nouvelles turbulences en perspectives?

La mort du président tchadien Idriss Deby fait planer le doute quant à une possible détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sahel. Le tout au moment où les forces occidentales présentes sur le terrain sont loin de contribuer à améliorer cette situation.

Le décès d’Idriss Deby, complètement inattendu pour de nombreux observateurs, dépasse aujourd’hui le cadre strictement tchadien et renvoie à l’incertitude quant aux perspectives régionales du Sahel. Notamment en raison de la considération que les événements à l’intérieur du Tchad risquent de rendre plus compliqué l’engagement du pays dans les campagnes régionales de lutte contre le terrorisme.

La France, dont le Tchad est officiellement un allié, n’avait pas tardé à réagir, en mettant en avant sa pleine solidarité avec N’Djamena suite au décès d’Idriss Deby, à qui un hommage a été rendu aussi bien par le président français Emmanuel Macron, qui saluait «un ami», que par la ministre française des Armées Florence Parly, qui parle de perte «d’un allié essentiel pour la France». Notamment pour l’opération Barkhane au Sahel.

D’autres pays ont également rendu un hommage au président défunt, notamment la Chine, via le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin, en rappelant qu’Idriss Deby «avait attaché une grande importance au développement des relations d’amitié entre la Chine et le Tchad et avait apporté des contributions positives à la coopération amicale entre les deux pays».

Pour revenir à la France, partenaire clé du Tchad, et malgré une solidarité de Paris clairement affichée, pour nombre d’analystes africains – des questions persistent. Notamment sur les circonstances de la mort du président tchadien, et le fait qu’à la différence des fois précédentes – les militaires français n’avaient pas participé aux combats contre les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) – nommés pour responsables de l’attaque ayant conduit à la mort d’Idriss Deby.

Certains vont même jusqu’à avancer l’idée que face aux récents échecs stratégiques subis sur le continent africain, notamment en République centrafricaine, l’establishment français ne chercherait-il pas des alliés plus dociles, dont il aurait un contrôle et une capacité de maniement plus importante. Tout est possible, le fait est de nombreux citoyens du Tchad refusent ce schéma relationnel avec Paris. Et leur voix se fait entendre.

En parlant des perspectives régionales, il est pratiquement certain que si la situation se détériorait au Tchad, cela aura des impacts pour le Sahel de façon générale. Le tout au moment où les défis sécuritaires restent de taille pour tous les pays concernés. A ce propos, les médias mainstream oublient comme si souvent de rappeler le pourquoi du comment de cette situation qui perdure. Et qui n’est autre que la conséquence directe de l’intervention de l’Otan contre la Libye de Mouammar Kadhafi.

L’autre question à se poser, c’est pourquoi la présence de troupes françaises, notamment dans le cadre de l’opération Barkhane, débutée en 2014 au Sahel, n’apporte pas de véritables résultats sur le terrain. Cette question mérite d’ailleurs d’être posée également aux forces étasuniennes présentes en Afrique, y compris dans les pays du Sahel, , appartenant au Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom).

Mais peut-être que l’objectif c’est justement de promouvoir encore plus de chaos pour «légitimer» la présence, de plus en plus remise en cause par la très grande partie de l’opinion publique des pays africains? Et à défaut de pouvoir réaliser des coups d’Etat et des déstabilisations en tout genre aussi facilement que dans le passé – reprendre la bonne vieille méthode d’augmenter les zones instables, pour ensuite se positionner en «solutions»?

Après tout, et s’il fallait faire un parallèle avec un pays comme la Syrie – la présence illégale américano-occidentale à certains endroits du pays utilise le justificatif de la lutte contre les éléments de Daech – dans la très grande majorité écrasés par la coalition Syrie-Russie-Iran-Hezbollah libanais, pour expliquer sa présence. Et comme par hasard, les cellules dormantes restantes de la nébuleuse terroriste se réactivent précisément dans la zone de la présence d’une base US – en l’occurrence d’al-Tanf, sans en être inquiétées par les militaires étasuniens.

Dans le cas plus particulier des pays du Sahel il devient donc assez évident que les solutions proposées par les partenaires occidentaux devraient être reconsidérées. La large part de l’opinion publique africaine ne dira pas le contraire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine appelle les USA à assumer leurs problèmes intérieurs

Pékin exhorte les Etats-Unis à améliorer leur propre situation en matière de droits de l’homme. Le tout au moment où Washington continue d’interférer dans les affaires intérieures d’Etats souverains.

Les Etats-Unis doivent faire face à leurs problèmes intérieurs profondément enracinés, dont la discrimination raciale et l’application violente de la loi, et prendre des mesures concrètes pour améliorer leur situation en matière de droits de l’homme. C’est ce qu’a déclaré Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Xinhua.

Ces remarques ont été faites lors d’un point de presse en réponse à une question selon laquelle la présidente de la Chambre US des représentants Nancy Pelosi, connue pour ses attaques contre la Chine, la Russie et nombre d’autres pays qui ne se trouvent pas dans l’orbite washingtonienne, a récemment rejoint les soi-disant «défenseurs des droits des Ouïghours», représentant une énième tentative d’interférer dans les affaires intérieures chinoises, notamment dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang.

«Nous nous opposons fermement à l’attaque des Etats-Unis sur la politique chinoise concernant le Xinjiang et à leur ingérence dans les affaires intérieures de la Chine sous le prétexte de la question des droits de l’homme, et au mépris des énormes efforts de la partie chinoise pour protéger les droits de l’homme et promouvoir l’emploi des habitants du Xinjiang», a également déclaré le représentant diplomatique chinois.

En parlant de perspectives, y compris dans le cas plus particulier des relations sino-étasuniennes, pour le moment rien ne laisse donc entrevoir une amélioration digne de ce nom dans la relation Pékin-Washington. Si la Chine renvoie à juste titre les USA vers leurs propres et énormes problèmes intérieurs, à l’heure d’ailleurs d’une division sans précédent de la société étasunienne, il faudrait sans doute rappeler aussi que la présence US à divers endroits du monde continue d’être la source de problèmes de première importance.

C’est le cas notamment en Syrie, où la présence militaire étasunienne – en toute illégalité internationale, continue d’être une source de certains problèmes sécuritaires, y compris avec la recrudescence des éléments restants de Daech, dans une zone où se trouve justement une base US illégale. Cela sans oublier l’exploitation – elle aussi complètement illégale – de ressources naturelles syriennes par des compagnies US dans le nord-est du pays, en complicité avec certains éléments kurdes.

La présence étasunienne est également une source de sérieux problèmes chez le voisin de la Syrie – l’Irak. Pour rappel, le Parlement irakien avait voté en majorité le départ de toutes les troupes US de son sol suite à l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani et de son compagnon irakien Abou Mehdi al-Mouhandis. Cette décision date de janvier 2020. Les troupes US, elles, sont toujours en Irak.

Cette réalité de la politique étasunienne qui n’est vraisemblablement pas prête de changer, peu importe l’administration en place, contraste avec les toutes récentes déclarations du secrétaire d’Etat US Antony Blinken, qui a affirmé que les Etats-Unis «ne favoriseront pas la démocratie par des interventions militaires coûteuses ou en tentant de renverser des régimes autoritaires par la force». En ajoutant que les USA «ont essayé ces tactiques dans le passé et qu’aussi bien intentionnées soient-elles, elles n’ont pas fonctionné».

Le chef actuel de la diplomatie US n’a pourtant pas précisé si l’establishment de son pays allait cesser à utiliser les instruments des révolutions de couleur. Ceci étant dit et même s’il l’aurait affirmé, le croire serait pour le moins naïf. D’ailleurs, la reconnaissance même des échecs des interventions armées à divers endroits du monde n’a pas été faite dans le cadre d’un mea-culpa, mais plutôt d’une réalité amère pour l’élite étasunienne. Lorsque dans le cadre du monde multipolaire, nombre d’acteurs internationaux ont pris les choses en main dans le but de bloquer les interminables interférences, déstabilisations et agressions des USA vis-à-vis de nations souveraines.

En ce sens, le rappel à l’ordre des Etats-Unis par la Chine est sans aucun doute à saluer. Si la Chine, comme la Russie, l’Iran et d’autres grandes puissances indépendantes n’ont toujours pas fermé la porte à un dialogue honnête sur les principales questions internationales avec Washington, il n’empêche que si un tel dialogue éventuellement se maintiendra – ce ne sera pas sur la base de conditions unilatérales étasuniennes. Epoque et réalité contemporaines obligent.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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