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Sommet des Amériques et l’échec confirmé des USA

14.06.2022

Malgré les beaux discours, Washington doit se rendre à l’évidence que le 9ème Sommet des Amériques s’est conclu sur un échec retentissant, et ce même de l’aveu de plusieurs observateurs occidentaux. Avec l’impossibilité de soumettre les pays latino-américains progressistes, l’influence toujours grandissante de la Chine et de nouveaux partenariats avec la Russie.

Comme annoncé précédemment, ledit sommet n’a pas pu échapper aux boycotts de plusieurs nations latino-américaines. Après avoir exclu Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, Washington n’a pas pu empêcher l’absence de nombreux autres chefs d’Etat, notamment de Bolivie, du Guatemala, du Honduras et du Mexique, dont le président Andres Manuel Lopez Obrador avait précédemment ouvertement condamné l’exclusion de La Havane, Managua et de Caracas. Et avait même accusé les USA de commettre un génocide contre Cuba.

Voulant réduire considérablement l’interaction des nations latino-américaines, que l’establishment étasunien continue de considérer comme son arrière-cour, avec la Chine et la Russie – l’arrogance des personnages washingtoniens semble fortement répéter les erreurs des élites hexagonales qui subissent l’humiliation de plus en plus vive en Afrique, avec le système néocolonial françafricain qui fait face à des revers après revers.

Incapable de proposer des partenariats de type gagnant-gagnant aux pays d’Amérique latine, y compris dans le domaine des investissements et de la construction des infrastructures, Washington s’obstine à vouloir y défendre une prétendue démocratie que ce dernier n’a en réalité jamais défendu et respecté. L’exemple ne serait-ce que de l’ancien président chilien Salvador Allende ne fait que largement le confirmer. Après tout – l’histoire ne ment pas.

Mis à part les boycotts retentissants du sommet et la ridiculisation de l’establishment étasunien – souhaitant ardemment défaire la Chine – tout en offrant aux participants du sommet des cadeaux dont certains étaient fabriqués… en Chine, Washington doit désormais faire face à de nouveaux défis. Y compris une présence militaire russe que les Etats-Unis ne prenaient pas au sérieux, mais qui semble désormais se concrétiser avec déjà le Nicaragua.

En effet, le leadership sandiniste a signé tout récemment un accord avec Moscou en vue de permettre le déploiement de troupes et d’équipements militaires russes dans le pays, y compris d’avions et de navires de guerre. Cette présence sera destinée entre autres à développer la formation des militaires nicaraguayens, assurer la sécurité, apporter des réponses aux besoins humanitaires et aux situations d’urgence, ainsi que de lutter contre le crime organisé et le trafic de drogue.

Mais au-delà de ces aspects très importants, il est évident que cela apportera une sécurité supplémentaire au Nicaragua qui se trouve dans le viseur washingtonien depuis un long moment, avec la possibilité de l’étendre à d’autres nations progressistes latino-américaines. Cela sans oublier que les USA découvriront peut-être enfin le ressentiment qu’ils n’ont cessé d’exporter aux quatre coins de la planète : ressentir près de ses frontières la présence armée de son adversaire.

Une fois de plus – l’esprit des descendants d’esclavagistes ne peut et ne va pas changer. Dans la mentalité de l’establishment occidental – l’écrasante majorité de l’humanité doit accepter la domination d’une extrême minorité. Car c’est ainsi que ce système criminel avait fonctionné depuis des siècles. Le seul souci pour les nostalgiques de l’unipolarité, c’est que non seulement le monde non-occidental continue de monter en puissance sur les plans démographique, économique et militaire, avec comme base l’ère multipolaire internationale devenue réalité, mais chose tout aussi importante: c’est le déclic d’un énorme nombre de personnes habitant la planète commune – à n’avoir plus aucun complexe vis-à-vis de l’Occident. Le tout allié à la ferme volonté de remettre cet Occident collectif à sa véritable place.

Pour le reste – les processus en cours se poursuivront. Et l’échec de l’organisation washingtonienne du 9ème Sommet des Amériques ne fait que confirmer la chute de l’establishment occidental, bien que ce dernier tente de continuer à prétendre le contraire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Nouvelles interférences étasuniennes sur le continent africain

03.06.2022

Les USA examinent une loi visant à contrecarrer la présence russe en Afrique, mais également à punir les gouvernements et acteurs africains qui seraient favorables à cette présence. Cette éventuelle démarche met en exergue une fois de plus la mentalité purement néocoloniale si propre à l’establishment étasunien, et occidentalo-atlantiste de manière générale.

Les Etats-Unis préparent une loi pour sanctionner les «amis» de Poutine en Afrique, écrivait récemment l’agence d’information économique africaine L’Agence Ecofin. Comme rappelé, le Sénat US vient d’entamer l’examen du projet de loi relatif à la lutte contre les activités «malveillantes» de la Russie en Afrique, un texte adopté par la Chambre des représentants le 27 avril dernier et qui définit ces activités comme étant celles qui «sapent les objectifs et les intérêts des Etats-Unis».

Rien qu’à lire ces lignes, il est assez facile de comprendre une fois de plus une approche ouvertement extraterritoriale étasunienne vis-à-vis d’Etats souverains, en l’occurrence ici africains, avec d’autant plus une mentalité propre à l’ère unipolaire à laquelle Washington continue de faire référence, faisant le pur négationnisme de la réalité multipolaire qui pourtant s’est bel et bien imposée depuis les dernières années.

D’autre part, ce qui est intéressant à noter est que si ledit projet de loi sera finalement appliqué – il ne visera pas seulement la Russie, ainsi que d’éventuels citoyens ou entreprises russes travaillant dans les pays africains, mais également nombre de dirigeants d’Afrique eux-mêmes, et très certainement aussi tous les acteurs panafricanistes qui soutiennent et approuvent le développement de l’interaction russo-africaine.

A cet effet, ce qu’il faudrait rappeler aux cowboys washingtoniens, c’est qu’au-delà du fait que l’Afrique ne leur appartient pas, cette mesure à terme risque de créer d’énormes défis pour les Etasuniens eux-mêmes. Car l’application d’une telle loi pourra très rapidement non seulement attaquer les chefs d’Etat et de gouvernement africains, mais aussi les principaux représentants de la société civile, et avec cela des milliers et des millions de citoyens africains. Des citoyens africains déjà pour très nombreux d’entre eux hostiles à la politique occidentale vis-à-vis de leurs pays et de leur continent, et plus généralement sur la scène internationale.

Dans cette situation, deux orientations semblent assez évidentes dans les motivations étasuniennes. Car au-delà de vouloir tenter de limiter la contagion des développements des relations entre la Russie et l’Afrique, et la montée en puissance évidente des sentiments pro-russes, Washington veut aussi tout simplement punir les Etats du continent pour leur non-obéissance dans les événements récents. Y compris, comme le pensent les experts du continent – pour punir les nombreux Etats africains qui ne se sont pas joints à la coalition antirusse tellement souhaitée et promue par Washington et ses sous-traitants dans le cadre du conflit en Ukraine.

Après visiblement l’échec de tenter à surfer efficacement sur la vague panafricaniste hostile à la Françafrique, confirmant une fois de plus qui est le suzerain et qui le vassal dans la relation Washington-Paris, l’establishment étasunien pense désormais que seules de nouvelles menaces, pressions, sanctions et intimidations peuvent éventuellement l’aider à limiter les dégâts face à une Afrique de plus en plus décomplexée vis-à-vis de l’Occident collectif, et désireuse de devenir un bloc puissant dans le cadre du système multipolaire contemporain. Avec d’autant plus une perspective fort probable d’un monde multipolaire post-occidental.

Encore une fois – les élites occidentales jouent avec le feu. Un feu d’ailleurs qui les brûle déjà activement et douloureusement. Incapables de se défaire d’une mentalité extrêmement arrogante d’un autre âge, et de s’excuser pour les innombrables crimes commis à l’encontre des Africains, dans les cas des USA et de leurs sbires – de la traite esclavagiste jusqu’aux assassinats barbares de grands leaders africains comme Patrice Lumumba ou Mouammar Kadhafi – les Occidentaux ne font que se signer soi-même la peine de mort.

D’un autre côté, pourquoi effectivement empêcher un organisme à l’agonie accélérer sa propre chute? Ce qui est sûr c’est qu’après le nombre innombrable de drapeaux français brûlés à divers endroits de l’Afrique, le drapeau étasunien risque rapidement de rattraper ce nombre. Et pourquoi pas le dépasser?

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3917

Le fossé croissant entre l’Afrique et l’Occident

23.05.2022

Les tentatives occidentales incessantes de tenter à vouloir dicter l’avenir aux pays africains continuent de donner bien souvent l’inverse du résultat escompté. Si les divorces ont été déjà engagés, ou en voie de l’être, entre l’Occident et plusieurs leaderships africains – dans le cas de la société civile le stade supérieur de la rupture semble déjà avoir été atteint.

Alors qu’un sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) aura lieu les 25 et 26 mai prochains, qui sera consacré à la lutte contre le terrorisme et aux changements anticonstitutionnels en Afrique, et que les USA souhaitent adopter une nouvelle loi visant à surveiller et combattre la présence russe sur le continent, les perspectives occidentales continueront vraisemblablement dans le sens de la dérive et de la chute.

En ce qui concerne les prétendus changements «anticonstitutionnels», au-delà d’une interprétation très particulière du côté occidental et de ses acolytes y compris en Afrique, selon si cela se déroule sur le continent africain, ou… par exemple dans un certain pays d’Europe de l’Est, le fait est qu’il est admis que c’est aujourd’hui un sujet cher aux élites occidentales, ainsi qu’aux sous-traitants locaux. Le cas du Mali fait effectivement aujourd’hui trembler les bureaux des capitales occidentales et de certains pays africains.

Des militaires patriotes à l’écoute des aspirations populaires de masse, le tout dans une vision panafricaine et pro-multipolaire – représentent effectivement un mélange que les Occidentaux veulent absolument éviter – car le cas malien aura déjà démontré que les valeurs de la vraie dignité ne sont pas achetables. Les pressions, intimidations et sanctions en tout genre – n’auront pas aidé non plus les objectifs des gouvernements occidentaux et africains soumis à la volonté occidentale.

En parlant justement des pressions et sanctions, Washington semble désormais vouloir passer à l’étape supérieure aux côtés de ses supplétifs européens, dont la France, le tout en vue de vouloir punir les leaders et gouvernements africains qui collaboreraient avec «le mauvais partenaire». Evidemment pas très démocratique tout cela, purement dictatorial, mais si propre à ce que l’Occident – surtout à la vue des événements récents – représente réellement.

Le souci pour de telles initiatives c’est qu’en sanctionnant des leaders et gouvernements africains – largement populaires auprès des populations d’appartenance et très souvent même au-delà des frontières des pays en question – l’establishment atlantiste aura alors à faire face à des dizaines et même des centaines de millions de citoyens du continent – déjà pour de nombreux d’entre eux fort hostiles aux schémas et politiques de l’Occident.

Dans un récent sondage mené sur la page Telegram de la chaîne Afrique Média – la télévision panafricaine – à la question posée : qui représente une menace pour la sécurité de l’Afrique – 89% des personnes ont répondu que c’est l’Occident. Par ailleurs, dans un autre sondage toujours en cours, à la question «lequel des leaders africains vous inspire le plus», le colonel Assimi Goïta – président du Mali est pour le moment largement en tête avec 86% des votes… Très révélateur des sentiments régnants et observés depuis de longues années sur le grand continent africain.

Face à cette réalité, la politique arrogante et irresponsable des nostalgiques de l’unipolarité risque non seulement de faire perdre, à terme, à l’Occident l’accès aux matières premières dont on connait désormais, et plus que jamais, l’énorme besoin. Et de l’autre pousser les populations africaines, et notamment la jeunesse, à fermer définitivement la porte à tout dialogue ultérieur.

Certains observateurs en Afrique se demandent d’ailleurs s’il s’agit d’un problème de capacités intellectuelles chez les décideurs occidentaux. En partie certainement. Mais le principal étant un problème vraisemblablement génétique au niveau de ceux qui dirigent l’Occident – transmettant de génération en génération l’idée qu’ils possèdent le droit de vie et de mort sur l’écrasante majorité de la population terrestre, et qui n’est autre que la population non-occidentale.

Et si nombreux dans le camp atlantiste pensent que cette arrogance héréditaire leur permettra de limiter les dégâts et les casses, la réalité démontre plutôt qu’ils ne font, eux-mêmes, qu’accélérer leur chute. En ce sens, cela arrange parfaitement les objectifs des panafricanistes et des partisans de l’ère multipolaire actuelle.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3884

Amérique latine: les USA face aux difficultés

20.05.2022

Malgré le maintien de la politique washingtonienne d’arrière-cour à l’encontre des nations latino-américaines, les processus régionaux et internationaux ne font chaque jour que réduire un peu plus l’influence étasunienne sur les pays en question.

L’heure n’est vraisemblablement pas rose pour Washington en Amérique latine. The New York Times affirme d’ailleurs que le prochain Sommet des Amériques prévu à Los Angeles le mois prochain pourra être sérieusement affecté par plusieurs boycotts de leaders latino-américains.

Parmi les grands noms de ce boycott figurent ceux de Andres Manuel Lopez Obrador – président mexicain ou encore de Jair Bolsonaro, président du Brésil. En ce qui concerne le leader du Mexique – il avait en effet déclaré qu’il ne participerait pas au prochain Sommet des Amériques si les USA excluaient d’autres pays, parmi lesquels Cuba, le Nicaragua et le Venezuela.

Le président mexicain est même allé plus loin en affirmant dans un entretien à l’agence de presse Prensa Latina que les actions des Etats-Unis à l’encontre de Cuba constituent un génocide. A noter que le Mexique au-delà d’être un des voisins immédiats des USA – est également l’actuelle 13ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Avec en perspectives la possibilité d’intégrer le Top 10, tandis que des pays occidentaux comme la France et le Royaume-Uni vont vraisemblablement quitter ce même Top 10 sur le court-moyen terme.

En ce qui concerne le Brésil – principal puissance latino-américaine et l’actuelle 9ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat, si le président Bolsonaro était longtemps considéré comme un sympathisant à Washington, ses relations avec Joe Biden sont aujourd’hui loin d’être au beau fixe. Y compris sur la question du refus du Brésil à se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie.

Mais au-delà de l’aspect qui concerne purement le sommet en question, de manière générale les processus pro-multipolaires semblent effectivement prendre la voie d’un éloignement de plus en plus évident de l’Amérique latine vis-à-vis de Washington, comme Observateur Continental l’avait prédit précédemment.

Effectivement, si l’axe bolivarien souverainiste et progressiste est non seulement toujours vivant avec Cuba, le Nicaragua, le Venezuela et la Bolivie, la gauche progressiste continue d’attirer d’autres pays. L’élection au Pérou de Pedro Castillo avait déjà marqué les esprits, en Colombie – l’un des principaux alliés de Washington en Amérique latine de plus en plus de doutes persistent quant aux choix stratégiques d’avenir, mais surtout la présidentielle brésilienne d’octobre prochain inquiète vivement l’establishment étasunien.

En effet, le retour fort possible au pouvoir de Luiz Inacio Lula da Silva, représentera un énorme défi pour la politique US dans toute l’Amérique latine. Rappelons à cet effet que Lula n’a jamais eu de relations cordiales avec Washington, récemment avait dénoncé la responsabilité des Etats-Unis et de l’UE dans la crise ukrainienne, le tout sans oublier d’être un ferme partisan du bloc des BRICS, dont le Brésil fait partie avec la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

Fait important: Lula fait pour le moment figure de favori du scrutin présidentiel brésilien. Son élection éventuelle à la tête du Brésil créera de nouveaux problèmes pour Washington, sachant d’autant plus qu’il partage une amitié forte et ancienne avec tous les principaux leaders progressistes latino-américaines – largement hostiles aux USA par la même occasion. Et si la principale puissance latino-américaine adoptera une position ferme dans cet axe souverainiste, progressiste et résolument pro-multipolaire – il est évident que l’influence washingtonienne et occidentale en prendra un sérieux coup supplémentaire. Oui, réalité multipolaire post-occidentale oblige.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3878

Tchad: la population se mobilise contre la Françafrique

16.05.2022

Comme prévu, les processus de rejet de la politique occidentale se renforcent dans les pays du continent africain. Y compris dans les Etats sur lesquels l’establishment occidental continue de miser.

L’Elysée et le Quai d’Orsay se rendent à l’évidence que la dynamique engagée à de nombreux endroits de l’Afrique, qu’ils avaient espéré ralentir, ne fait au contraire que monter en intensité. La récente mobilisation au Tchad ne fait que le confirmer avec des appels de la population ouvertement hostiles contre Paris et ses intérêts.

En effet, toutes les campagnes que le système néocolonial françafricain a tenté de mener, et continue d’ailleurs, en cherchant à déstabiliser les Etats qui inspirent aujourd’hui nombre d’autres, notamment la Centrafrique et le Mali – ne semblent pas apporter les résultats escomptés.

Les tentatives de séduire une partie de la jeunesse africaine ou les informations récentes faisant part d’actions visant à soudoyer des blogueurs africains ne font au contraire qu’exacerber la volonté de résistance à ces pratiques néocoloniales occidentales de la part d’une large partie de la société civile panafricaine.

Mais ce n’est pas tout. On peut remarquer aujourd’hui de plus en plus de tentatives visant à essayer de surfer sur la vague panafricaniste, y compris sur les sentiments hostiles à la Françafrique, de la part du principal allié (ou suzerain) de Paris, à savoir Washington. Ainsi, certains influenceurs africains sont mis à contribution pour tenter à se joindre au discours souverainiste dans un cadre panafricain, en reprenant une partie des discours hostiles au régime hexagonal, mais par la même occasion en essayant de dénigrer le partenariat avec la Russie ou la Chine, tout en promouvant les intérêts étasuniens.

Fait marquant et au-delà de l’aspect propre aux anglo-saxons qui n’hésitent pas à poignarder dans le dos leurs propres prétendus alliés, le fait est que cette stratégie n’apporte pas elle aussi, à l’instar de celle de Paris, de résultats rassurants pour ses instigateurs. Washington a beau vouloir se distancer dans ce schéma des échecs hexagonaux – peu de gens en Afrique lui font confiance.

Tout cela confirme que le rejet actuel du système de la Françafrique dépasse largement le cadre des sentiments hostiles au régime hexagonal, mais s’étend beaucoup plus largement à tout l’Occident, du moins plus particulièrement à l’establishment occidental, aussi bien politique que médiatique. Et cela malgré encore de grands moyens à sa disposition – allant de médias propagandistes, francophones comme anglophones, jusqu’aux financements via les réseaux à la sauce Soros & Co.

Pour revenir au Tchad, le défi particulier pour Paris et plus généralement l’establishment atlantiste, est que ce pays fait justement partie des Etats africains sur lesquels le régime hexagonal comptait le plus, avec également la Côte d’Ivoire et le Niger, pour tenter à minimiser les pertes suite aux revers subis en RCA et au Mali.

Il faut également se rendre à l’évidence qu’en ce qui concerne le cas tchadien, l’élite occidentale fera de son maximum pour empêcher la réalisation des aspirations de la société civile du pays. Y compris avec des moyens de répression, largement disponibles de part une présence militaire hexagonale sur place.

Cependant, le processus de résistance panafricaniste et pro-multipolaire est déjà largement enclenché. Et se basant sur cela – il sera extrêmement difficile désormais pour les forces néocoloniales occidentales et leurs supplétifs locaux de pouvoir faire taire la voix de millions d’Africains qui souhaitent prendre complètement leur destin en main. Et par la même occasion rappeler, une fois de plus, que ce qui a permis la prospérité, pendant longtemps, de l’espace occidental – ce sont les ressources du monde non-occidental, et non pas le prétendu contraire.

Oui, la chute sera très dure pour l’Occident. Son extrême arrogance, ainsi que l’incapacité la plus totale à s’adapter aux règles récentes issues de la multipolarité, sans oublier les innombrables crimes et pillages commis – en sont parmi les principales raisons. Aujourd’hui, il faudra assumer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La richesse de l’Europe – c’est l’Afrique. Et non pas le contraire.

05.05.2022

Au moment où l’Occident et notamment l’Union européenne apprend à vivre selon de nouvelles règles dans les relations économiques les liant à la Russie, le temps est certainement venu pour que ce même Occident s’adapte également aux nouvelles règles qui vont s’imposer dans sa relation avec le continent africain.

L’arrogance propre à l’establishment occidental ne peut pas faire disparaître ses énormes besoins en ressources naturelles – aussi bien pour son industrie, que dans le cadre de la consommation quotidienne de ses citoyens. Dans le monde multipolaire post-occidental – ces ressources naturelles représenteront indéniablement la clé du nouveau système international.

Si face à la Russie, l’un des principaux adversaires de l’Occident sur l’arène internationale, ce dernier apprend, progressivement, à travailler ne serait-ce que sur le plan des échanges économico-commerciaux sur de nouvelles bases (qui ne lui plaisent évidemment pas), le temps viendra et les nostalgiques de l’unipolarité devront en faire de même avec l’Afrique et les Africains.

Il est aujourd’hui définitivement clair le pourquoi de l’hystérie au summum des élites occidentales en ce qui concerne les bouleversements observés sur le continent africain, notamment dans le cadre de l’adhésion africaine de plus en plus évidente au système de l’ère multipolaire promu activement par la Chine, la Russie et nombre d’autres pays, du rejet de la politique atlantiste occidentale, et de la large diversification des partenariats observée sur le continent.

En effet et bien que durant de longues années, l’arrogance de l’establishment occidental voulait créer une image d’une Afrique qui ne peut survivre sans l’Europe et l’Occident, la réalité actuelle démontre fermement que c’est l’Europe et l’Occident qui ne sauront se passer de l’Afrique, comme le confirme d’ailleurs la crise ayant atteint son plus haut niveau dans l’histoire contemporaine entre la Russie et l’axe atlantiste.

Le plus grand danger pour l’establishment bruxellois, et notamment hexagonal – c’est de continuer à perdre des positions en Afrique, comme cela était le cas et continue de l’être – depuis maintenant plusieurs années. Les menaces, pressions, sanctions, intimidations, déstabilisations – n’impressionnent plus les leaderships patriotes et panafricanistes, ainsi que les millions de citoyens de pays africains.

Longtemps l’Afrique était pour les Occidentaux ce que la Sibérie est pour la Russie, à la seule différence que la Sibérie appartient à la Russie, tandis que l’Occident n’a aucun droit légitime sur l’Afrique et ses ressources. On comprend d’ailleurs parfaitement pourquoi certains Etats européens, notamment l’Italie, font actuellement les mains et les pieds sur le sol des différents pays africains en vue de pouvoir faire diminuer la dépendance européiste aux ressources naturelles, notamment énergétiques, russes. Sans grand succès, mais tout le monde aura compris les objectifs.

C’est d’ailleurs l’une des raisons supplémentaires aux mobilisations africaines qui restent aux aguets et qui ne faiblissent pas face à une prédation occidentale qui retranchée et en grande difficulté – risque tout simplement de lancer de nouvelles tentatives d’agressions et de pillages des nations africaines.

Et au vu du sentiment anti-occidental (anti-establishment occidental faut bien le préciser) qui non seulement ne diminue pas, mais au contraire ne cesse de s’activer – Paris, Londres comme Washington connaissent parfaitement les énormes défis auxquels ils auront à faire face, car les anciens schémas d’interventions néocoloniales auront de plus en plus de mal à aboutir face à des populations déterminées et mobilisées.

A titre d’exemple – faudrait-il rappeler que le principal fournisseur d’uranium de l’UE n’est autre qu’un pays comme le Niger (devant la Russie et le Kazakhstan). Une ressource naturelle stratégique qui ne nécessite pas de présentation supplémentaire. Un Niger qui tout en étant un fournisseur majeur d’une matière aussi importante – n’a que 30-35% de sa population qui a accès à l’électricité. Et cela selon les chiffres les plus optimistes.

On comprend maintenant mieux pourquoi l’Elysée et le Quai d’Orsay mettent autant de pression sur le Mali voisin, pays également fort riche en ressources naturelles, mais aussi la raison du pourquoi l’establishment hexagonal et plus généralement européiste soutient autant le régime actuel du Niger – complètement soumis aux intérêts occidentaux, mais tellement impopulaire auprès de la population du pays.

Une fois de plus, il est aujourd’hui évident que les échecs de Paris, Bruxelles, Washington, Londres, comme Berlin – ne s’arrêteront pas en RCA et au Mali. L’effet domino dû à l’arrogance et à la surexploitation de l’Afrique par l’Occident, les règles multipolaires récentes et l’absence désormais de la peur auprès d’une large partie de l’humanité face aux pillards et criminels maquillés en démocrates – ne fera que se poursuivre sans pouvoir s’arrêter.

Et dans ces conditions, l’Occident comprendra définitivement que ce n’est pas lui qui produit de la richesse, mais que c’est le monde non-occidental, représentant l’écrasante majorité de l’humanité – qui lui a longtemps permis de prétendre à le faire. Désormais, qu’il se rende à l’évidence que c’est bientôt la fin.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Moldavie dans une situation délicate

28.04.2022

La République de Moldavie se retrouve dans une situation complexe où d’un côté l’alignement pro-occidental de son gouvernement actuel lui fait subir d’énormes pressions en provenance de l’axe atlantiste, d’un autre la volonté de maintenir une stabilité pour le pays pousse au choix d’une relative neutralité, de plus en plus difficilement conciliable avec le premier aspect.

Les événements de l’opération militaire en Ukraine ne laissent pas la Moldavie voisine indifférente. D’ailleurs, cela est d’autant plus compliqué qu’au-delà des questions liées à la République moldave du Dniestr (la Transnistrie) – ayant obtenu de-facto l’indépendance au début des années 1990 de Chisinau, ou encore la Gagaouzie – région autonome moldave majoritairement turcophone également pro-russe, l’Etat moldave est lui-même divisé entre les partisans pro-occidentaux et ceux qui considèrent que l’avenir du pays est inévitablement lié à la Russie. Y compris pour ce qui est des échanges économiques.

Depuis le début de l’opération russe de fin février dernier, Chisinau a effectivement fait le choix d’une très relative neutralité. Très relative car d’un côté se joignant à la guerre contre les symboles sacrés pour la grande partie des peuples d’ex-URSS liés à la Grande Guerre patriotique, un positionnement d’ailleurs largement critiqué par l’opposition moldave. D’un autre, refusant pour le moment à se joindre à la coalition des sanctions contre la Russie.

C’est pourquoi les événements récents en République moldave du Dniestr – sécessionniste vis-à-vis de Chisinau – plus particulièrement les actes de terrorisme attribués à des éléments ukrainiens selon les autorités de la Transnistrie basées à Tiraspol, devront faire réfléchir à plus d’une fois le régime pro-occidental moldave quant à une implication militaire à l’encontre de la Transnistrie – pour le compte de Washington, Londres et Kiev. Bien que ce dernier ne soit lui aussi qu’un simple appliquant des ordres atlantistes.

Si certains à Chisinau et dans les capitales occidentales tentent de présenter les événements dans la Transnistrie comme «des provocations russes sous fausses bannières», ces mêmes personnages devraient alors s’intéresser aux dires d’un de leur chouchou kiévien, le conseiller du chef de cabinet du président ukrainien – Oleksiï Arestovitch – l’un des principaux communicants du régime de Kiev – qui appelle ouvertement la Moldavie à se joindre aux efforts kiéviens pour occuper la République moldave du Dniestr.

Dans cette réalité, la meilleure chose que puisse faire le régime de Chisinau, serait de maintenir le cap de la très relative neutralité face aux événements ukrainiens et aux appels du régime kiévien, ou plus exactement de l’axe Washington-Londres, à se joindre aux hostilités. A défaut de quoi les événements pourraient devenir effectivement imprévisibles pour l’Etat moldave.

Toute tentative militaire de récupérer militairement la Transnistrie sera fort vraisemblablement vouée à l’échec. Mais plus important encore, toute implication de ce type sous la dictée atlantiste pourra entrainer tout simplement la chute du gouvernement moldave actuel. Qui par la même occasion est très loin de posséder un large soutien populaire.

Quant aux motivations des parrains du régime kiévien – elles sont également bien connues. L’éventualité de s’emparer de la Transnistrie vise à prendre en otages les forces russes de maintien de la paix qui y sont présentes, prendre possession de larges stocks de munitions et ouvrir un front supplémentaire.

Le souci pour le régime de Kiev et ses parrains atlantistes – c’est que les forces de la Transnistrie ont une capacité défensive réelle et pourront résister longtemps aux assauts des forces ukrainiennes. Et donc sans l’implication de Chisinau – cette opération sera très difficilement réalisable. Par ailleurs, toute opération lancée contre la Transnistrie – et qui devra d’une manière ou d’une autre faire impliquer le contingent armé ukrainien de la région d’Odessa – deviendra automatiquement la cible d’intensification de frappes russes dans cette région contre les éléments armés du régime kiévien.

Et si cela sera le cas – cela ne fera qu’affaiblir encore plus les capacités de combat pour le régime kiévien à Odessa et Nikolaïev. Avec tout ce que cela implique. Et si les régimes atlantistes, plus particulièrement Washington et Londres, souhaitent effectivement une guerre jusqu’au dernier ukrainien – un rôle entièrement accepté par le régime kiévien actuel – du côté de la Moldavie il faudra réfléchir à plus de deux fois avant de s’engager dans quelque chose de similaire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les livraisons d’armes US à l’Ukraine n’auront pas d’impact sur le champ de bataille (Global Times)

26.04.2022

Le récent voyage du secrétaire d’Etat étasunien Antony Blinken et du secrétaire à la Défense Lloyd Austin était la plus importante visite d’émissaires US dans la capitale ukrainienne depuis fin février, mais selon plusieurs analystes cette visite ne vise qu’à afficher un soutien politique au régime de Kiev, avec un impact très limité quant à la situation sur le terrain.

Yang Sheng, l’auteur de l’article pour Global Times, a analysé la récente visite des deux représentants étasuniens à Kiev, tout en questionnant plusieurs experts sur les perspectives de ladite visite pour la suite des opérationsl. Selon les experts interrogés, stratégiquement parlant – aucun impact digne de ce nom ne pourrait être mentionné.

Les hauts responsables washingtoniens lors de leur visite dans la capitale ukrainienne ont promis au régime kiévien que les Etats-Unis fourniraient plus de 300 millions de dollars de financement militaire et avaient approuvé une vente de munitions de 165 millions de dollars. Par ailleurs, Austin a également déclaré que Volodymyr Zelensky avait grandement apprécié ledit «soutien», en ajoutant que ce dernier avait «l’état d’esprit de volonté à la victoire», tandis que les USA ont «l’état d’esprit de vouloir aider à obtenir cette victoire».

Ceci étant dit, de nombreux analystes ne partagent pas l’enthousiasme des responsables étasuniens, en faisant notamment mention que l’Ukraine ne montre aucun signe pouvant permettre d’envisager un quelconque succès. Et qu’au lieu de cela – elle continue de saigner et que le territoire sous contrôle du régime kiévien ne cesse de se rétrécir.

Pour les experts interrogés par Global Times – tous ces mouvements US, y compris l’envoi de hauts dignitaires en Ukraine, ne visent surtout que des fins politiques afin d’encourager Kiev à poursuivre le combat, sans pouvoir changer la situation de manière cardinale. Parmi les aspects mentionnés: comment pouvoir transporter en toute sécurité ces fournitures d’armes et de munitions aux forces ukrainiennes encerclées ou engagées face aux troupes russes, ou encore qui bénéficie réellement des livraisons étasuniennes sur le terrain.

Pour Cui Heng, un expert du Centre d’études russes de l’Université normale de Chine orientale, Antony Blinken considère l’Ukraine comme un mandataire des USA, ajoutant également que l’augmentation du financement militaire et la vente de munitions à destination de Kiev – vise à faire prolonger le conflit, et non pas à renverser la situation, et encore moins à y mettre fin le plus tôt possible.

De son côté – Song Zhongping – un expert militaire chinois et commentateur régulier pour la télévision, a déclaré que le niveau de corruption au sein du gouvernement et des forces militaires de Kiev est tel qu’un quelconque soutien militaire ou financier ne pourra apporter un changement significatif aux événements en cours.

Enfin, Wang Yiwei – directeur de l’Institut des affaires internationales de l’Université Renmin de Chine – pense que la Russie sait parfaitement quant à l’incapacité de Washington de pouvoir bouleverser l’opération militaire en cours et que dans le cadre de la deuxième phase de cette opération, l’Ukraine risque de devenir un pays enclavé à sa partie terrestre, pensant que c’est à partir de ce stade alors qu’un autre cycle de pourparlers pourrait voir le jour.

Une chose est sûre, l’avis des experts chinois contraste fortement avec ceux qui paradent sur les principaux médias occidentaux – anglo-saxons comme hexagonaux. Et le souci pour ces derniers, c’est que leurs «prévisions» actuelles ressemblent fortement à celles que souvent ces mêmes personnages avaient lancé des années de cela sur la Syrie, ou plus récemment encore sur des pays comme l’Ethiopie ou le Mali. Avec à chaque fois des échecs retentissants pour lesdites prévisions et leurs auteurs respectifs.

C’est d’ailleurs ce qui différencie fortement la vision stratégique chinoise – propre à la grande civilisation de Chine. L’analyse y est profonde, avec souvent une concrétisation des pronostics. Quant aux experts autoproclamés de l’Occident, le plus souvent ils ne font que répéter les besoins de l’establishment atlantiste. Et aujourd’hui l’objectif est clair: maintenir, ne serait-ce qu’au niveau des populations occidentales l’idée quant à l’extrême nécessité de poursuivre le soutien au régime kiévien, et que malgré les difficultés, notamment économiques, déjà en cours et d’autres qui s’annoncent pour les populations concernées – ce soutien à la prétendue «résistance» ukrainienne en vaudrait la chandelle.

Une soi-disant résistance dont le mythe entretenu par l’Occident a été fermement rompu récemment dans la ville de Marioupol – lorsque les mêmes qui jouaient les «résistants» derrière le dos de la population civile – dans leurs tout derniers retranchements sont apparus comme des pleurnichards qui suppliaient les régimes occidentaux de les faire évacuer… vers l’étranger. Et cette image ne fera certainement que se renforcer encore plus dans les semaines à venir.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Xinhua: comment les USA tirent les ficelles de la guerre informationnelle en Ukraine

06.04.2022

Une guerre de l’information à grande échelle est en cours, avec comme seul initiateur en chef: les Etats-Unis. Sous l’hégémonie du récit occidental, Washington est tout sauf intéressé par la diffusion de faits et de vérité. Xinhua revient sur les tactiques courantes employées par les USA pour duper l’opinion publique internationale sur les événements en Ukraine.

L’agence de presse chinoise Xinhua a publié un compte-rendu détaillé des méthodes utilisées par l’establishment occidental, et plus particulièrement étasunien, dans sa guerre informationnelle en cours contre la Russie.

Premier point mentionné: susciter l’agitation et encourager l’hostilité. Au-delà des éléments parfaitement répertoriés dans l’article de Xinhua, il faut effectivement reconnaitre que lorsqu’on observe aujourd’hui une partie non négligeable de l’opinion publique occidentale (faut bien préciser: occidentale), la haine vis-à-vis de la Russie est plus que palpable. Et entretenue avec «soins» par ses instigateurs.

Si dans des pays dont les régimes sont longtemps et clairement russophobes – finalement cette haine de tout ce qui est russe n’est pas nouvelle – de la Pologne jusqu’à la Lituanie, en passant par la Roumanie, le fait est qu’aujourd’hui cette stratégie de l’establishment occidental a su toucher un large public y compris dans des pays européens où cette russophobie ne se trouvait pas à un niveau comparable.

Deuxième point: Xinhua rappelle également à juste titre la politique du deux poids, deux mesures, mise en évidence dans la crise ukrainienne. L’agence de presse chinoise indique qu’alors que les Etats-Unis sont occupés à réclamer des sanctions à l’encontre de la Russie pour «violations du droit international», ils restent silencieux lorsqu’on les interroge sur leurs crimes, notamment la promotion de la doctrine Monroe en Amérique latine, les bombardements de la Yougoslavie sans fondement juridique et leurs invasions de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Syrie. Où se trouvent donc la repentance et la responsabilité des Etats-Unis?

Les USA ont vanté leurs principes néolibéraux, comme l’effacement des frontières nationales dans la culture et le sport et l’inviolabilité de la propriété privée. Mais depuis l’éclatement du conflit russo-ukrainien, les avoirs de la Russie ont été gelés à l’étranger, tandis que des artistes et athlètes ont été exclus et persécutés. Les chats, les arbres et le ballet du Lac des cygnes russes n’ont pas non plus échappé aux sanctions.

Troisièmement point: faire courir les rumeurs. C’est cela que la machine de propagande US a pris à cœur et met en pratique. Les exemples cités dans l’article de Xinhua sont fort révélateurs. Par ailleurs, l’agence de presse internationale chinoise ne manque pas par la même occasion de rappeler les énormes manipulations de l’establishment étasunien en Irak, ou encore en Syrie: le 5 février 2003, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Irak, Colin Powell, alors secrétaire d’Etat américain, avait présenté une fiole contenant de la lessive en poudre, affirmant qu’il s’agissait là d’une preuve que l’Irak développait des armes chimiques.

Les auteurs de l’article font également un rappel important en ce qui concerne les activités fortement douteuses d’une organisation comme les Casques blancs, financée entre autres par les Etats-Unis, et dont les activités en matière de manipulation, notamment d’attaques sous fausse bannière, ont été maintes fois mentionnées.

Quatrième point: la censure. En effet, l’Occident a beau tenter à se présenter comme le défenseur de la liberté d’expression, les événements en cours démontrent au contraire à quel point ce même Occident applique des méthodes qui pourraient nous rappeler celles du Troisième Reich.

Xinhua cite à ce titre le blocage des médias russes dans toute l’Europe, l’autorisation par Meta aux utilisateurs de Facebook de publier des contenus anti-russes violents, ou encore l’exemple de la journaliste française Anne-Laure Bonnel – ayant réalisé des reportages dans le Donbass depuis plusieurs années – et qui se voit aujourd’hui être de-facto réduite au silence par les principaux médias hexagonaux, et plus généralement occidentaux.

Le dernier point mentionné par Xinhua – est de faire rentrer la politique spectacle, notamment dans les rencontres de haut niveau. D’une manière effectivement assez primitive, mais qui semble marcher pour ceux qui restent attachés au style hollywoodien et netflixien de présentation des événements.

Si ledit article reprend très justement les différents points et diverses méthodes de propagande étasuno-occidentale, il faudrait également rajouter que leur hystérie qui a atteint désormais le summum du summum – augmente considérablement dans le refus des pays et peuples non-occidentaux de se laisser entrainer dans cette russophobie par l’Occident.

Plus que cela, il faudrait également rajouter que les nombreux soutiens exprimés à l’endroit de l’opération militaire russe en Ukraine de la part d’Africains, Asiatiques ou Latino-Américains – ne fait que faire encore plus tomber le masque des Occidentaux et de leur petit «protégé» à Kiev – à savoir des menaces et intimidations à l’encontre des dits pays, dans un style purement raciste et néocolonial. Faut bien le dire: sans grand succès jusqu’à présent pour l’establishment occidental atlantiste.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Occident dans la réflexion face à la crise énergétique et alimentaire

25.03.2022

Si l’establishment occidental tente de maintenir l’idée que tout reste sous contrôle dans l’espace concerné, en préférant s’intéresser aux difficultés éventuelles à d’autres endroits du monde, la réalité actuelle démontre que l’Occident ne sera définitivement pas épargné par les difficultés déjà en cours d’observation, notamment dans les sphères agroalimentaire et de l’énergie.

Pendant que les médias occidentaux comme Atlantico se posent la question si l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine aura des conséquences sur le marché alimentaire mondial et plus particulièrement pour les pays d’Afrique et d’Asie, la question que devrait surtout commencer à se poser les élites politico-médiatiques de l’Ouest est la suite des événements pour leurs propres pays.

En effet, si le prix des céréales a connu une forte hausse récente, avec un impact international sur la question, il ne faut pas oublier que les trois premiers producteurs mondiaux sont la Chine, ainsi que l’Inde et la Russie (étant par la même occasion le premier exportateur mondial). En d’autres termes – des puissances non-occidentales. Connaissant les risques que pourraient endurer certains pays du monde face à la hausse actuelle des prix et dans un monde où l’Occident a officialisé son refus des règles multipolaires, il n’est pas exclu que des pays en difficulté (non-occidentaux) pourront prétendre à négocier des conditions spéciales auprès des principales puissances pro-multipolaires mondiales.

Pendant ce temps, l’Occident en faux-moralisateur et faux-apôtre de la démocratie, est déjà lui-même confronté à de nombreux défis. En France, Emmanuel Macron veut la mise en place d’un chèque alimentaire, afin «d’aider les ménages les plus modestes et les classes moyennes à faire face à ces surcoûts», tout en affirmant «que la France va être confrontée à une crise alimentaire mondiale à cause de la guerre en Ukraine compte tenu du fait que l’Ukraine, mais aussi la Russie, sont des véritables greniers pour l’alimentation internationale». Surtout la Russie, faut-il bien le préciser.

En Espagne, l’envolée des prix fait flamber la colère sociale, titre TV5 Monde, faisant référence à la grève des transporteurs routiers et aux manifestations d’agriculteurs et de pêcheurs, sans oublier les simples consommateurs face à la hausse des prix, y compris de l’énergie. Tout en rappelant que près de 150 000 éleveurs et agriculteurs, touchés de plein fouet par la hausse du coût des engrais et des matières premières avaient fait le déplacement dans la capitale Madrid pour exprimer leur grand mécontentement.

D’autres pays, notamment l’Italie, ne seront évidemment pas épargnés. En passant la même Italie qui lors de la crise du Covid-19 avait accueilli en grande pompe l’aide de matériels et de spécialistes en provenance de Russie, mais qui désormais participe activement à la campagne russophobe en cours.

Dans cette réalité, l’Occident pourrait-il prétendre à de quelconques gestes de soutien de la part de Moscou? La réponse est indéniablement non. Ni dans la sphère énergétique, ni agroalimentaire. Cela sans même, pour l’instant, aborder l’éventualité d’une rupture complète relationnelle, dans le cadre des livraisons énergétiques vers l’Union européenne, ou en ce qui concerne la présence massive d’entreprises occidentales sur le sol russe.

S’il est évident que pendant que des pays comme l’Inde augmentent largement leurs importations de pétrole russe, en obtenant par la même occasion des conditions intéressantes et en privilégiant les paiements en monnaies nationales, que le Pakistan accroit sa collaboration avec Moscou dans les domaines du blé et du gaz, les pays occidentaux devront désormais s’adapter à de nouvelles réalités.

Comme le fait que l’Union européenne sera dorénavant obligée de payer ses importations de gaz russe non plus en euros ou en dollars, mais bel et bien en roubles. Une mesure qui pourrait d’ailleurs être élargie à d’autres types de produits en provenance de la Russie.

Et la question à se poser au sein des populations occidentales, et peut-être plus particulièrement européennes, qui subissent déjà les effets de cette situation, est s’il fallait en arriver là? Les accusations qui visent aujourd’hui la Russie, pour toute personne censée, ne peuvent voiler la réalité que depuis huit longues années la population du Donbass vivait la martyre sous la bénédiction des élites de l’Occident, et notamment européistes, et que le fait de suivre aveuglement les prérogatives washingtoniennes par l’Europe – sont les éléments de réponse à la situation subie, et très certainement encore à subir.

A la différence de Washington, Moscou comme Pékin n’ont pas besoin de vassaux. Mais de partenaires dignes de ce nom. L’Europe bruxelloise, en simple sous-traitant des intérêts outre-Atlantique a démontré ne pas être un partenaire digne de confiance, avec tout ce que cela implique. Quant aux difficultés observées, de l’agroalimentaire jusqu’à l’énergie, que les populations concernées demandent des comptes à leurs responsables respectifs. Peut-être qu’ils sauront leur apporter des réponses convaincantes, bien que cela soit très peu probable.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3715