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L’Iran brise le blocus étasunien du Venezuela

Malgré les sanctions étasuniennes visant la République islamique d’Iran et la République bolivarienne du Venezuela, les dernières actions des deux pays démontrent la détermination d’outrepasser ces pressions, et ce malgré les menaces de Washington.

Le premier des cinq pétroliers iraniens est arrivé au Venezuela, transportant des carburants nécessaires pour la nation latino-américaine. L’information est confirmée par Tareck El Aissami, le ministre vénézuélien du Pétrole. Il a également indiqué que le navire a été escorté par les forces armées à son entrée dans les eaux territoriales du pays.

A cet effet, l’ambassade iranienne à Caracas a également publié un communiqué et a remercié les militaires vénézuéliens: «Le premier pétrolier iranien a atteint les côtes vénézuéliennes. Nous sommes reconnaissants aux Forces armées bolivariennes pour l’avoir escorté». La télévision pan-latino-américaine Telesur a en outres diffusé les images correspondantes.

L’arrivée des quatre autres navires est prévue dans les prochains jours. Au total, 1,5 million de barils de carburant font partie des livraisons en cours. Le tout à un moment où les pénuries de carburant en République bolivarienne se sont aggravées avec la propagation du Covid-19. Pour rappel, les USA ont imposé des sanctions visant les exportations de brut de l’Iran et du Venezuela. Tout en proférant des menaces de recours armé. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué de rappeler le représentant permanant du Venezuela à l’ONU, en déclarant que les pétroliers iraniens transportant le carburant à destination de son pays font l’objet d’une «menace d’un usage imminent de la force militaire par les Etats-Unis». Le représentant vénézuélien parle également de «crime d’extermination», puisque ces actions visent à priver le peuple du Venezuela d’un moyen vital de subsistance.

Ceci étant dit, les deux pays ne comptent pas reculer. Et se disent, en cas de nécessité, à être prêts d’utiliser leurs capacités défensives. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué d’affirmer le président iranien Hassan Rouhani, lors d’une conversation téléphonique avec l’émir du Qatar samedi, cité par l’agence Mehr, en avertissant que la République islamique d’Iran répondrait à toute éventuelle agression étasunienne contre les pétroliers iraniens dans la mer des Caraïbes ou tout autre point du monde.

Si les deux pays se montrent prêts à s’entraider sur le plan énergétique, économique et militaire, il serait également important de rappeler que malgré l’hostilité de Washington et de ses alliés occidentaux, Caracas peut aussi compter, entre autres, sur le soutien de la Russie, de la Chine, de Cuba, de la Turquie ou encore du Mexique – dans le cas des deux premiers y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela sans oublier plusieurs secteurs d’importance stratégique qui lient Moscou et Pékin aux autorités vénézuéliennes, parmi lesquels on retrouve également les projets de partenariat économico-énergétique, sans oublier la coopération militaro-technique.

Une chose est certaine. Le refus de suivre les prérogatives de Washington et des capitales occidentales, aussi bien de la part de Téhéran que de Caracas, conforte l’idée que la réalité multipolaire mondiale est bel et bien une réalité admise, et non pas un projet en cours de construction. Malgré cela, et au moment d’énormes défis dont font face à l’heure actuelle les USA, l’establishment de ces derniers n’est toujours pas en mesure, et probablement ne le sera pas, à reconnaitre cette réalité. Quoiqu’il en soit, ce refus égocentré d’un nombre limité de pays de la planète ne pourra vraisemblablement stopper le processus naturel des choses en cours. Les seuls perdants de la réalité présente n’étant que ceux qui la refusent.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1619

Iran: Washington espère le maintien de l’embargo sur les armes, Moscou et Pékin opposés

Alors que les USA ont failli à leurs engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, en sortant unilatéralement de l’accord, l’establishment US espère néanmoins le maintien de l’embargo sur les armes vis-à-vis de la République islamique d’Iran, au moment où deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU y soient clairement opposés.

On approche vraisemblablement d’un nouvel échec politico-diplomatique étasunien. Après l’échec des révolutions de couleur et des tentatives de déstabilisation de l’Iran de l’intérieur, l’incapacité à faire reculer la grande puissance perse sur le front politico-militaire, sans oublier le secteur énergétique et même dans le cadre de la propagation du Covid-19, Washington espère néanmoins à pouvoir réaliser son coup diplomatique dans le cadre onusien, en mettant activement à contribution ses alliés occidentaux, notamment européens, mais ayant en face l’infaillible et solidaire duo sino-russe. En parlant d’ailleurs du fameux Covid-19, alors que l’Iran était effectivement l’un des pays les plus touchés au début de la propagation, à l’heure actuelle Téhéran s’en sort incomparablement mieux dans le cadre sanitaire que ce n’est le cas pour les USA.

De l’avis même de nombre d’experts occidentaux, l’élite étasunienne avance inévitablement vers un échec. Bien que mobilisant ses partenaires de l’UE, eux-mêmes comprenant parfaitement toutes les contradictions washingtoniennes mais incapables de lui dire «stop», les Etats-Unis ont bien peu de chances de pouvoir obtenir le maintien de l’embargo sur les armes à destination de l’Iran, sachant que Pékin comme Moscou comptent vraisemblablement utiliser leur droit de véto, et ce au grand dam des attentes étasuniennes.

Plus que cela, de sources provenant de hauts diplomates russes comme iraniens, Moscou et Téhéran sont déjà en train de discuter d’un éventuel élargissement de la coopération militaro-technique, y compris à travers de possibles nouvelles livraisons d’armes russes en Iran. Une éventualité qui serait une énorme claque supplémentaire aux USA, et ce pour deux raisons. La première étant que Washington n’aura pas été capable de forcer l’application de sa «volonté» à l’ONU. Donc une nouvelle défaite politico-diplomatique. La deuxième étant purement stratégique et militaire. Sachant que si effectivement Moscou allait livrer de nouvelles armes, peut-être même stratégiques, aux forces armées iraniennes, cela augmentera plus que considérablement la capacité défensive de l’Iran – possédant déjà une capacité de riposte importante, l’ayant en passant ouvertement démontré lors des frappes contre des cibles US en Irak, suite à l’assassinat du général Qassem Soleimani, ainsi que dans le cadre de divers dossiers où Téhéran tient efficacement tête à Washington. Et qui ne manquent pas : Syrie, Irak, Yémen, entre autres…

Tout cela pour dire que Washington a beau continuer à prétendre être le gendarme terrestre, la réalité multipolaire du monde prouve, elle, tout le contraire. Et s’il y a bien encore un certain nombre de pays jouant le rôle de sous-traitants pour les USA, nombre d’autres lui résistent efficacement, dont la puissance et la détermination ne sont pas à démontrer. A bon entendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Nouvel accord OPEP+ : ni Riyad, ni Washington, en vainqueurs

C’est fait, le nouvel accord entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les pays producteurs non-membres de ladite organisation, destiné à réguler le marché du pétrole en période de crise mondiale, a été bel et bien coordonné. Et ce malgré les actions récentes de l’Arabie saoudite d’une part et la politique US qui visait à dominer le marché énergétique mondial, de l’autre.

Au final, ni le royaume wahhabite, ni l’establishment US n’ont obtenu gain de cause. Les premiers sont revenus à la table des négociations en vue de trouver la solution qui puisse convenir à toutes les parties impliquées. Les USA, eux, se voient quant à eux obligés de s’adapter désormais à la dynamique des prix mondiaux sur le pétrole et surtout à comprendre que leur volonté de domination sur ce marché stratégique ne pourra se réaliser.

Dans le cas plus particulier de l’Arabie saoudite et de la Russie – chefs de file respectifs des groupes OPEP et non-OPEP, les deux pays vont baisser la production jusqu’à 23%, pour atteindre une production réciproque de 8,5 millions de barils par jour, représentant une baisse de 2,5 millions de barils par jour pour chacun – 11 millions de barils de production journalière ayant été pris comme la référence à partir de laquelle la baisse aura lieu.

Ceci étant dit, l’engagement à baisser la production pétrolière est de facto plus importante côté saoudien: ayant récemment augmenté la production journalière à hauteur de 12,3 millions de barils, suite au refus du mois de mars de la Russie et nombre de ses alliés de signer l’accord dans sa forme de l’époque, la baisse côté saoudien est donc plutôt de 3,8 millions de barils par jour, depuis le tout récent accord. Quant à la Russie, dont la production journalière récente était de 11,3 millions de barils par jour (chiffres de mars, sans augmentation en avril), la baisse suite au nouvel accord OPEP+ est de facto de 2,8 millions de barils, soit une baisse d’un million de moins que du côté saoudien.

La mission saoudienne donc de tenter de prendre des parts de marché à l’international à la Russie… n’a simplement pas abouti. Quant aux USA, bien qu’ayant souhaité jusqu’au bout montré leur indépendance vis-à-vis du groupe OPEP+, la réalité a fait qu’ils ont été obligés de suivre la nouvelle marche énergétique et accepter, malgré eux, de baisser leur production. Avec un coût de production du pétrole de schiste – ayant permis dans un passé proche de devenir le premier producteur mondial et de prendre des parts de vente sur le marché pétrolier international – bien supérieur aux coûts russe et saoudien, les USA entrevoient désormais une baisse, qu’ils appellent «technique», à hauteur de 2-3 millions de barils par jour. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré Aleksandre Novak, ministre russe de l’Energie, ayant joué un rôle majeur dans les négociations de l’accord:

«Les Américains eux-mêmes soutiennent désormais activement l’accord et se disent prêts à contribuer à la réduction de la production: on a entendu des chiffres allant de 2 à 3 millions de barils par jour. Les Américains sont très intéressés, car pour eux il s’agirait sinon (si l’accord n’était pas conclu) d’énormes pertes d’emplois».

Plus que cela, les Etats-Unis ont par ailleurs accepté de prendre sur leur propre responsabilité une partie de la baisse de production dédiée au Mexique. En effet, les représentants du pays latino-américain étaient opposés jusqu’au dernier moment à accepter le quota de réduction à hauteur de 350 000 barils journaliers. Et c’est là que les USA ont dû accepter d’intervenir, en acceptant de prendre à leur charge 250 000 barils supplémentaires en termes de réduction, permettant au Mexique de ne limiter sa production qu’à hauteur de 100 000 barils par jour.

Last but not least, trois pays membres de l’OPEP – en l’occurrence l’Iran, la Libye et le Venezuela – sont quant à eux exemptés des réductions de production de pétrole en raison de «problèmes politiques», le premier et le dernier étant surtout sous le coup des sanctions washingtoniennes. Et lorsqu’on sait que par exemple le Venezuela commercialise activement son pétrole via l’allié russe, pour Moscou il s’agit évidemment d’un atout supplémentaire. A noter d’ailleurs que les actifs pétroliers russes en République bolivarienne appartiennent désormais non plus à la compagnie Rosneft, mais directement… à l’Etat russe. Le tout après une transmission récente des parts.

Et donc dans toute cette situation, où tellement d’analyses et d’opinions avaient surgi à la suite du désaccord du mois dernier entre la Russie et l’Arabie saoudite, et de la guerre des prix qui s’en est suivi, la victoire n’est certainement pas du côté de Riyad, ni de Washington. Le temps où ce duo pouvait avec un simple claquement de doigts déstabiliser l’économie de pays entiers est vraisemblablement révolu. Le Far-West saoudo-étasunien doit désormais s’habituer à une autre réalité et de nouvelles règles.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Coronavirus: changement de ton de Washington vis-à-vis de Pékin?

Au moment où la République populaire de Chine ait réussi à stopper la propagation du coronavirus (Covid-19) sur son sol, et soit même passée à s’occuper désormais du soutien dans la lutte contre ce fléau à l’international, les Etats-Unis au contraire se retrouvent dans une situation plus que préoccupante. Par ailleurs, le ton initial et presque moqueur washingtonien vis-à-vis de Pékin semble désormais dépassé.

En effet, si aux dernières statistiques la Chine a non seulement perdu la «tête» des pays comptant le plus grand nombre de personnes contaminées par le coronavirus, de même que de décès, avec une situation intérieure qui ne cesse de s’améliorer, côté US l’heure est tout sauf à l’optimisme. Désormais la Chine est classée troisième mondiale pour le nombre de personnes ayant été contaminées depuis l’apparition du Covid-19, avec un total de 81 439 personnes. En termes du nombre de décès, l’Empire du Milieu compte à ce jour 3300 personnes disparues suite à la contamination (derrière l’Italie qui compte déjà plus de 10 000 décès et l’Espagne avec plus de 6500 décès). Mais ce dont la Chine peut être effectivement fière, c’est le fait que la très grande majorité de ses patients aient guéri – 75 448 personnes, soit près de 93% des personnes ayant été contaminées. Un chiffre impressionnant, dont pour le moment aucun pays ne peut malheureusement se vanter.

Côté USA, le processus actuel va quant à lui dans le sens inverse. Le pays compte désormais plus de 130 000 personnes contaminées par le Covid-19 – faisant de lui l’Etat comptabilisant le plus grand nombre de contaminations à l’heure actuelle. En termes de décès, plus de 2300 personnes y ont perdu la vie et le chiffre continue d’augmenter. Quant aux guérisons, pour le moment les chiffres officiels parlent d’un peu plus de 2600 personnes, soit environ 2% du nombre total de contaminés. Les élites washingtoniennes ont donc énormément de travail devant elles. Surtout lorsqu’on connait le système libéral du chacun pour soi, y compris dans le secteur médical, qui y prévaut, notamment dans la prise en charge des patients et des soins accordés.

Ce qui est intéressant de noter dans cette situation actualisée, c’est le changement de rhétorique de l’establishment étasunien vis-à-vis de la Chine. En effet et si pratiquement dès le départ de la propagation du virus en terre chinoise, Washington a adopté un ton ouvertement irrespectueux et même provocateur en direction de Pékin, poussant les officiels chinois à réagir et même à déclarer leurs soupçons quant au fait si le virus ait été l’œuvre des USA, désormais et au vu de la situation sur le sol américain, le président US se déclare prêt à «collaborer» avec la Chine.

Vraisemblablement, il s’agit bel et bien d’une gifle chinoise à destination des anglo-saxons. Reste à voir maintenant si le leadership étasunien saura montrer une efficacité ne serait-ce que comparable dans la gestion de cette crise, comme celle démontrée par les responsables et le peuple chinois. Mais ce n’est pas la seule gifle. Du côté du Mexique (848 contaminations et 16 décès à ce jour) nombre de voix s’élèvent pour réclamer la fermeture de la frontière avec son voisin du nord. D’autres vont plus loin encore et demandent la construction pure et simple d’un mur (cette fois-ci mexicain) pour éviter la propagation du virus sur le sol national.

Pendant ce temps, la Chine ne se limite pas à se remettre du coup subi – humainement comme économiquement. Au contraire, elle envoie, à l’instar de la Russie et de Cuba notamment, des spécialistes et de l’équipement médical à destination des pays touchés, parmi lesquels l’Italie dont le bilan n’a cessé de s’alourdir. Un soutien que les élites occidentales ont été tout simplement incapables de réaliser – ne serait-ce qu’entre eux, sans parler même d’un soutien pratique à destination de pays non-occidentaux.

Le but ultime aujourd’hui, pour l’humanité toute entière, c’est évidemment de vaincre la pandémie du coronavirus. C’est un défi pour tous, sans exception. Ce qui est néanmoins certain, c’est qu’il y aura très vraisemblablement un monde différent à la fin de cette crise. Et ce monde ne sera pas celui de la domination atlantiste.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Pressions sur les médias chinois aux USA: Pékin riposte

Au moment d’une confrontation politico-idéologique majeure entre les partisans du libéralisme occidental et ceux du monde multipolaire, le ton continue de monter entre Pékin et Washington. Au-delà de la concurrence des visions, sans oublier la géoéconomie, la sphère médiatique ne reste pas épargnée.

La Chine a annoncé des contre-mesures aux mesures restrictives imposées sur les agences médiatiques chinoises aux Etats-Unis. C’est ce que rapporte l’agence de presse Xinhua  Selon un communiqué officiel repris par l’organe de presse chinois, la riposte a été motivée par le fait que «les actions des Etats-Unis ciblant exclusivement les organisations médiatiques chinoises ont été motivées par une mentalité de guerre froide et des préjugés idéologiques. La décision a exposé l’hypocrisie du soi-disant défenseur de la liberté de la presse».

Le communiqué indique également qu’au cours des dernières années, le gouvernement US a imposé des restrictions injustifiées sur les agences médiatiques chinoises et leur personnel aux Etats-Unis, a délibérément mis en difficulté leur travail de reportage normal, et leur a fait subir une discrimination croissante, ainsi qu’une oppression motivée par des considérations politiques.

Maintenant en ce qui concerne la réponse de la Chine à ces actions hostiles, le dudit communiqué a annoncé trois mesures qui prennent effet immédiatement:

– Premièrement, en réponse à la désignation par les Etats-Unis de cinq agences médiatiques chinoises comme «missions étrangères», la Chine exige, dans un esprit de réciprocité, que les branches basées en Chine de Voice of America, du New York Times, du Wall Street Journal, du Washington Post et du Time fassent des déclarations par écrit en faisant mention des informations sur leur personnel, leurs finances, leur fonctionnement et leur immobilier en Chine.

– Deuxièmement, en réponse à la réduction de la taille du personnel des agences médiatiques chinoises aux Etats-Unis, qui est une expulsion en fait, la Chine exige que les journalistes de nationalité américaine travaillant pour le New York Times, le Wall Street Journal et le Washington Post, dont les cartes de presse doivent expirer avant la fin de 2020, informent le département de l’information du ministère des Affaires étrangères dans les quatre jours calendaires à partir de mercredi et remettent leurs cartes de presse dans un délai de 10 jours calendaires. Ils ne seront pas autorisés à continuer de travailler en tant que journalistes en République populaire de Chine, y compris dans ses régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao.

– Troisièmement, en réponse aux restrictions discriminatoires imposées par les Etats-Unis aux journalistes chinois en matière de visa, d’examen administratif et de reportage, la Chine prendra des mesures réciproques contre les journalistes américains.

Pékin indique également que des contre-mesures supplémentaires seront mises en œuvre dans le cas «où les USA décideraient à aller plus loin dans cette mauvaise voie».

Maintenant pour parler perspectives. Cette pression de l’establishment étasunien, et donc par essence occidental, visant des médias alternatifs, est tout sauf nouvelle. A ce titre, nombre de médias iraniens, latino-américains, russes, arabes, africains – en bref, tous ceux dont la ligne éditoriale ne chante pas la «gloire» des politiques US/occidentales, sont constamment visés par des attaques émanant des élites politico-médiatiques de l’ouest. La raison est simple: la popularité des dits médias au niveau international. Le réseau médiatique de la Chine est également monté en puissance à l’international. Et de l’aveu de nombreux spectateurs, un réseau de chaînes de télévision comme CCTV (China Central Television) est vivement apprécié aux quatre coins du monde. Et au vu de la bataille géopolitique et géoéconomique en cours entre Washington et Pékin, il était plus que prévisible qu’à un moment ou un autre, les médias chinois auraient été visés par des restrictions étasuniennes, et éventuellement par certains des suiveurs des prérogatives US.

Plusieurs choses sont pour autant certaines. Premièrement, les contre-mesures chinoises confirment parfaitement que Pékin ne se laissera pas faire. Et ce malgré la campagne de désinformation occidentale qui vise encore l’Empire du Milieu, notamment en lien avec la propagation du fameux coronavirus, et pas seulement. Deuxièmement, le fait qu’aujourd’hui on observe une collaboration plus étroite entre les différents médias alternatifs du monde, constitue également une réponse efficace à la mobilisation hostile des élites politico-médiatiques de l’Occident. Enfin, et cela est probablement tout aussi important, le fait que les médias alternatifs internationaux continuent de monter en puissance – tout en ayant des budgets incomparablement plus réduits que ceux du mainstream – en parallèle de la perte de confiance massive vis-à-vis de ce dernier, y compris dans les pays d’appartenance de ce mainstream, constitue la meilleure preuve qui soit que les partisans de la multipolarité prendront le dessus sur les nostalgiques d’une unipolarité et d’un libéralisme révolus.

 Mikhail Gamandiy-Egorov

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USA/Al-Qaida: alliés semi-officiels?

La République arabe syrienne après des années de guerre sur son sol contre divers groupes terroristes retrouve bel et bien le souffle et pense déjà à un futur meilleur, notamment dans le cadre de la reconstruction des infrastructures et nombre de projets économiques. Les tentatives de maintenir la pression sur Damas par Washington au final ne mèneront à rien.

Après la mission ratée de nuire fortement aux relations turco-russes, l’establishment étasunien continue néanmoins de gesticuler. Ainsi, James Jeffrey, l’émissaire US pour la Syrie, a fait plusieurs déclarations révélatrices.

En commentant la présence de terroristes dans leur dernier fief (ou plutôt après les nouveaux succès récents de l’Armée arabe syrienne, le semi-fief) d’Idlib, et notamment la position US sur la question, la déclaration du haut responsable étasunien a été sans vergogne. A savoir que les Etats-Unis ne coopèrent pas avec les «militants» de Hayat Tahrir al-Cham (ex Front al-Nosra, filiale d’Al-Qaida en Syrie) dans la région syrienne d’Idlib, mais ne les attaquent pas non plus, car ils se concentrent sur la lutte contre le gouvernement du président Bachar al-Assad.

«Nous ne travaillons pas avec eux. Comme vous l’avez dit ils sont une émanation d’Al-Qaida. D’un autre côté, comme nous pouvons le voir dans nos diverses actions antiterroristes, nous n’en avons pas infligées à eux, car nous ne pensons pas qu’ils soient axés sur les activités terroristes internationales. Ils sont beaucoup plus concentrés sur la lutte contre le régime d’Assad. Encore une fois, ce ne sont pas nos amis, nous n’avons pas d’affaires avec eux, mais ils ne sont certainement pas une priorité pour nous en termes de lutte contre le terrorisme». Ces déclarations ont été faites lors de la toute récente interview à la chaine CBS.

Au-delà du fait que cette déclaration rappelle curieusement celle de l’ex-ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui disait alors «qu’al-Nosra fait du bon boulot», il est tout de même incroyable d’observer le cynisme des élites étasuniennes, et occidentales en général. Donc après les attentats du 11 septembre 2001, ces mêmes élites politiques et leurs relais médiatiques nous avaient bombardés de messages en criant à droite et à gauche que le mal par excellence c’est Al-Qaida. Mais aujourd’hui, ces mêmes terroristes sont devenus pour l’Occident tout à fait fréquentables. L’hypocrisie et le cynisme au plus haut niveau possible et impossible, quand tu nous tiens.

Il devient donc maintenant tout à fait clair pourquoi Washington et ses acolytes occidentaux soient tellement intéressés par le maintien de ces éléments extrémistes en terre syrienne, notamment dans leur dernier semi-fief d’Idlib. Mais rien n’y fait – la Syrie poursuivra la pleine libération de son territoire national, avec le soutien de ses alliés. Le fait est que le principal intéressé donc au maintien des terroristes en Syrie n’est autre que les USA. Et cela est désormais pratiquement officiel.

D’autre part, le même Jeffrey avait en outre déclaré vouloir poursuivre la pression sur le gouvernement syrien, en vue d’isoler Damas et de forcer ses principaux soutiens russe et iranien à accepter un consensus.

A ce titre, il faudrait que le gendarme autoproclamé comprenne une bonne fois pour toutes plusieurs choses. La première, c’est qu’il n’y aura aucun consensus avec les terroristes. Des dizaines de milliers d’entre eux ont déjà été anéantis dans les opérations militaires des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés. Le même sort attend les quelques restes d’Idlib. A moins bien sûr que Washington et ses alliés européens décident d’accorder aux terroristes devenus subitement «fréquentables» l’asile sur leurs territoires respectifs. Damas n’y sera pas opposée. De deux, la Syrie n’abandonnera jamais son projet de libérer le reste de son territoire. Et les récentes victoires enregistrées par l’armée syrienne à Idlib, y compris malgré l’opposition turque, le confirment.

Enfin, et en parlant du prétendu isolement de Damas. Parfois, il y a vraiment l’impression que les élites occidentales vivent dans une réalité parallèle. Car au-delà du soutien politique, diplomatique, militaire et économique de ses principaux alliés en la qualité des puissances eurasiennes que sont la Russie, l’Iran et la Chine, et des relations étroites avec nombre de pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, c’est désormais nombre de capitales arabes qui s’activent pour relancer les relations avec la République syrienne. Y compris certains pays du Golfe, comme les Emirats arabes unis – ayant rouvert leur ambassade à Damas en décembre dernier, après sept ans de rupture des relations diplomatiques. Moscou ne serait d’ailleurs pas étrangère à ce rapprochement Damas-Abu-Dhabi. Et plus récemment encore, le gouvernement de l’est de la Libye, contrôlant près de 80% du territoire libyen, a ouvert une ambassade il y a quelques jours dans la capitale syrienne. Le monde arabe donc, se réactive dans ses relations avec le gouvernement syrien. Cela sans oublier les bonnes relations qu’entretient le leadership de la Syrie avec des puissances arabes et africaines comme l’Egypte et l’Algérie.

Isolement vous avez dit? A ce rythme il sera intéressant d’observer qui finira isolé. Quant à la complicité avec les terroristes déclarés, Washington aura vraisemblablement de plus en plus de mal à la voiler.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1444

Rapprochement Cuba-USA illusoire

drapeau cubain sur leur nouvelle ambassade à Washington

Les médias occidentaux ont consacré depuis plusieurs mois une grande attention au soi-disant rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis. L’accent était bien évidemment mis sur la « bonne volonté » du leadership étasunien à passer le cap de relations difficiles, datant de plus d’un demi-siècle.

C’est aussi le message que tentait de faire passer les représentants de la Maison-Blanche depuis Washington.

L’ambassade US a même rouvert ses portes dans la capitale cubaine, La Havane. Et l’ambassade cubaine en terre étasunienne. Même si, des deux côtés, la rhétorique du désaccord sur plusieurs points des relations bilatérales n’a jamais disparu, néanmoins les médias mainstrimois ont tout fait pour présenter ladite situation comme une nouvelle page révolutionnaire dans l’histoire des relations entre les deux pays.

De notre côté, dès le départ on comprenait que le coup « amical » des USA était surtout stratégique. D’un côté, il fallait reprendre pied dans un petit pays courageux, qui résiste à des sanctions arbitraires depuis plus de cinquante ans et qui n’a toujours pas fléchi. D’un autre, à l’heure de la guerre des sanctions visant la Russie, il fallait réduire le nombre de « fronts » (la question du nucléaire iranien peut-être vue également dans cette optique). Last but not least, les USA (qui adorent utiliser la rhétorique de l’isolation vis-à-vis des nations n’étant pas sous leur diktat), avaient (enfin) compris que dans l’espace américain (dans le grand sens du terme), c’est eux qui se retrouvaient ouvertement isolés. Le dernier sommet des Amériques à Panama en avril dernier en était la preuve nette. Obama était attaqué de tous les côtés par les critiques des dirigeants latino-américains, en arrivant même à être obligé de se justifier et de faire son mea culpa, pour lui et son pays: un comble pour un président US devant les dirigeants de pays que Washington aimerait tellement continuer à considérer comme son pré-carré.

En effet, du leader vénézuélien à la présidente brésilienne, des présidents bolivien et équatorien à la chef de l’Etat argentin, Obama a passé un moment fort difficile et son petit sourire ne pouvait aucunement cacher le stress et la pression subie. Les USA ont donc essayé de jouer la carte cubaine. Cuba a répondu favorablement pour la simple et bonne raison que l’île de la liberté n’a jamais été opposée au dialogue. Après tout, ce n’est pas Cuba qui avait tenté à maintes reprises de faire tomber le gouvernement étasunien, mais bien le contraire. Mais ce que les médias US et consorts avaient fortement « oublié » de mentionner, et qui était confirmé à notre niveau par les journalistes et experts cubains, c’est que Cuba ne se faisait aucune illusion quant à la bienveillance étasunienne. Pour les Cubains, ce n’était rien d’autre qu’une nouvelle bataille remportée. Car malgré tous les « pronostics » qui annonçaient la fin de pouvoir socialiste à Cuba après la chute de l’URSS, celui-ci ne s’est non seulement pas affaibli mais est devenu au contraire l’allié par excellence et l’inspiration pour la grande partie des Etats d’Amérique latine.

Maintenant pour revenir à l’actualité. Hier, l’Assemblée générale de l’ONU a une fois encore réclamé, à une écrasante majorité de membres, la fin de l’embargo étasunien contre Cuba. Sur 193 votants, 191 ont soutenu la résolution, dont l’allié russe de Cuba avec une belle allocution de Vitali Tchourkine, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’ONU, qui n’a pas manqué de rappeler toute l’illégitimité des actions étasuniennes à l’encontre de Cuba.

Seuls deux pays se sont (sans surprise) opposés à ladite résolution: les USA et Israël. L’ambassadeur adjoint des Etats-Unis à l’ONU, se sentant clairement isolé et voyant la délégation cubaine aux grands sourires, n’a pas manqué de se justifier en affirmant que « le texte de la résolution est loin de refléter les mesures importantes qui ont été prises et l’esprit d’engagement que le président Obama a défendu »… En d’autres termes, « nous sommes gentils (comme toujours) et vous nous attaquez ». Si seulement c’était vrai.

En tout cas, cela n’a fait que confirmer une fois encore que Cuba ne compte nullement reculer et renoncer à ses principes. Et que d’autre part, le rapprochement annoncé en grande pompe par les relais de l’impérialisme est encore loin. Comment d’ailleurs un tel rapprochement serait possible entre une nation défendant ses valeurs anticolonialistes et une autre se croyant toujours « exceptionnelle et unique » pouvant dicter sa volonté néocoloniale à tous. Illusions, illusions…

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151029/1019172208/cuba-etats-unis-relations.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

La paix en Crimée

Photos : les « occupants » russes avec les habitants de Crimée. 
Question : est-ce aux « élites » politiques hypocrites occidentales ou aux habitants de la Crimée de décider qui sont les « occupants » et qui sont les protecteurs ?

P.S. : aucun affrontement à ce jour, aucune victime. Tellement « semblable » aux tristes interventions armées, dites « démocratiques et protectrices des droits de l’homme » de la part des pays donneurs de leçons…

Intervention française en RCA : engagement humanitaire ou énième tentative de contrer la Chine ?

Intervention française en RCA : engagement humanitaire ou énième tentative de contrer la Chine ?

La récente intervention armée de la France en République centrafricaine a ouvert un certain nombre de questions. D’une part, sur les raisons de ce conflit interne qui paraissent encore assez obscurs. Et d’autre part, si le rôle joué par la France dans ce pays serait si « bénéfique » comme le prétend ardemment l’Elysée.

La plupart des médias nous annoncent que le conflit centrafricain s’enlise dans des affrontements inter-religieux avec comme résultat un véritable drame humain. Mais la question qui se pose, c’est le rôle de l’Etat français dans cette crise, présenté par certains comme étant le « sauveteur ». Pourtant, l’intervention actuelle des forces armées françaises ressemble plus à la nécessité de sécuriser une fois de plus ses intérêts que par la volonté « de mettre fin à une situation humanitaire catastrophique ». Sans oublier que l’instabilité que connait la Centrafrique, ainsi que d’autres pays d’Afrique francophone est bien souvent justement due au rôle peu pacifiste de l’élite hexagonale.

A la base, il faut quand même rappeler que la République centrafricaine est un pays ayant connu dans son histoire plus ou moins récente un bon nombre de coups d’Etat dans lesquels l’Elysée ne jouait pas le dernier rôle, bien au contraire. Il faudrait aussi se rappeler que le fameux Jean-Bedel Bokassa qui s’était autoproclamé empereur, était à la base un pur produit du système de la Françafrique.

Aujourd’hui, les principales sociétés françaises contrôlent l’économie du pays et c’est un fait également bien connu : Bolloré, Areva, Total, France Telecom, Castel, CFAO… Tous ont leur part du gâteau. Mais à l’instar des autres pays d’Afrique, y compris francophones, la Chine a commencé sérieusement à nuire aux intérêts français depuis les dernières années. Principalement dans le domaine du pétrole dans lequel l’Empire du milieu a fait une entrée impressionnante. Preuve de ce rapprochement de la RCA avec la Chine, l’entreprise pétrolière d’Etat chinoise CNPC (China National Petroleum Corporation) a obtenu la reprise du permis de recherche, de développement et d’exploitation du site pétrolier de Boromata, situé dans le nord-est du pays.

Ce rapprochement rapide et dans un secteur clé comme le pétrole, entre la RPC et la RCA n’a pas seulement accentué les inquiétudes de Paris, lassé de perdre de plus en plus son influence dans ses « anciennes » colonies, mais aussi de Washington, également peu ravi des positions de force de la Chine sur le continent africain. Les câbles diplomatiques étasuniens sur cette question en sont une preuve nette. D’ailleurs en mars 2013, le désormais déchu Francois Bozizé avait affirmé sur les ondes de Radio France International (RFI) qu’il a été renversé « à cause du pétrole ».Mis à part le pétrole, Bozizé avait également commencé un rapprochement avec Pékin dans le domaine militaire, notamment à travers des programmes grâce auxquels des officiers centrafricains allaient suivre des formations en Chine. Un autre secteur que Paris a l’habitude de contrôler dans ce qu’il considère encore ses possessions.

Selon plusieurs spécialistes, dont le journaliste camerounais Olivier Ndenkop, auteur de l’article « Les raisons cachées de l’intervention française en Centrafrique », les raisons de l’intervention armée française seraient purement d’ordre économique et politique, et aucunement humanitaire comme l’a martelé à plusieurs reprises François Hollande. Ce que l’on peut noter aussi, c’est qu’à part le désir de contrer à tout prix la colossale influence chinoise en Afrique, il s’agit également d’une volonté de limiter l’influence grandissante d’autres acteurs, parmi lesquels l’Inde ou le Brésil. Sans oublier l’Afrique du Sud qui à titre de leader du continent africain est de plus en plus appelée à avoir une participation active dans la résolution des conflits sur le continent. En effet et depuis plusieurs années on pouvait observer l’agacement de l’Elysée de voir Pretoria vouloir jouer un rôle de plus en plus important dans la résolution des conflits, y compris en Afrique francophone.

 Pour revenir à l’intervention française en Centrafrique, elle est loin de faire l’unanimité au sein de la population centrafricaine. Certains affirment même qu’elle ne fait qu’attiser les violences entre les différentes milices et groupes de population. D’ailleurs, une manifestation a eu lieu tout récemment dans la capitale Bangui pour protester contre la présence militaire française, accusée de « partialité » dans le conflit centrafricain. Les protestataires scandaient notamment « Non à la France » et « Hollande criminel ».

Le drame humain centrafricain serait donc vraisemblablement un exemple supplémentaire d’affrontements entre intérêts économiques et géopolitiques opposés. Et une fois de plus, derrière les interventions armées dites « humanitaires » se cache tant bien que mal la volonté de préserver ou d’arracher à tout prix ses dividendes plutôt que de sauver véritablement des vies humaines.

http://french.ruvr.ru/2013_12_24/Intervention-francaise-en-RCA-engagement-humanitaire-ou-enieme-tentative-de-contrer-la-Chine-9856/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Ukraine : Occident vs Russie, la gifle se retourne contre le gifleur

Ukraine : Occident vs Russie, la gifle se retourne contre le gifleur

Les derniers événements en Ukraine nous montrent une nouvelle fois l’opposition d’intérêts géopolitiques diamétralement opposés. D’un côté le projet atlantiste de Washington via Bruxelles, de l’autre le projet eurasiatique qui regrouperait la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie et d’autres Etats issus de l’ex-URSS, un projet si gênant pour les intérêts occidentaux.

L’Ukraine est donc de nouveau et plus que jamais divisée en deux, à l’image des événements de 2004. Si les médias occidentaux bombardent avec des images des « Ukrainiens désireux d’intégration avec l’UE », les autres citoyens, n’étant pourtant pas minoritaires bien au contraire, aux yeux du mainstream médiatique ne méritent pas (ou très peu) l’attention… Pourtant, fait récent qui a été mis sous silence à l’Ouest, c’est la pétition (organisée par le Parti communiste d’Ukraine KPU) signée déjà par 3,5 millions de citoyens ukrainiens contre l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et réclamant un référendum sur cette question.

Parallèlement, ces citoyens ukrainiens qui s’opposent à l’intégration de l’Ukraine à l’UE, l’OTAN (la suite logique) et compagnie, expriment ouvertement leur volonté d’une intégration à l’Union douanière Russie-Bélarus-Kazakhstan, que rejoindront également courant 2014-2015 l’Arménie, le Kirghizistan et le Tadjikistan notamment. Ils dénoncent également les agissements de l’Union européenne qui vise à « détruire l’Ukraine en tant que pays uni ». A noter par ailleurs que cette mobilisation à l’opposé des nouveaux « orangistes » se fait au cœur des régions leaders économiques du pays et des grands centres industriels.

Quant au gouvernement ukrainien, qui a compris le danger pour le pays d’être tout simplement avalé par Bruxelles et comprenant le danger de perdre la Russie, son problème c’est qu’il a trop longtemps voulu avoir le beurre et l’argent du beurre. En l’occurrence l’argent du beurre étant la Russie (de loin le principal partenaire économique du pays) et le beurre dans la tête d’un certain nombre de partisans pro-occidentaux étant l’UE. Bien que et vu l’état actuel des choses, notamment du point de vue économique, il faut dire que ce beurre est de moins en moins bio…

Parlons maintenant du respect de la souveraineté de l’Ukraine. Bien que et globalement parlant, les liens entre les peuples ukrainien et russe soient beaucoup plus forts qu’avec qui que ce soit, que Kiev soit le berceau de la Russie, que des millions de citoyens ukrainiens soient d’origine russe de même que des millions de citoyens de Russie aient des origines ukrainiennes, malgré tout cela, la Russie a montré beaucoup plus de respect vis-à-vis de la souveraineté ukrainienne que les technocrates de Bruxelles. D’ailleurs, a-t-on vu ne serait-ce qu’un représentant du pouvoir russe au centre des manifestations anti-UE à Kiev et dans d’autres villes ukrainiennes ? Aucun. A l’inverse des « démocrates » de l’UE, venus « soutenir » les partisans pro-UE et ainsi mettre de l’huile sur le feu et contribuer à accroitre la division du pays.

De même, la réaction de Moscou a été exprimée sans hystérie, à l’inverse là aussi des représentants du « rêve européen » bruxellois. Quant au désir de la Russie de défendre ses intérêts, ainsi que ceux de ses amis et partenaires, il n’y a absolument rien de quoi être étonné. Il est évident que toute union d’Etats ne pourrait accepter en son sein un Etat qui s’allie parallèlement à une autre union ayant des intérêts politiques, économiques et géopolitiques très différents. Concernant l’hystérie de Bruxelles alimentée par Washington, là aussi pas de quoi s’étonner. Lorsque des Etats vendent leurs indépendances et leurs souverainetés au profit d’intérêts outre-Atlantique, comment peut-on attendre d’eux le respect de la souveraineté des autres ?

Pour finir, il faut noter que la situation actuelle en Ukraine n’est que suite des événements des derniers mois, et ce au niveau mondial. Le bloc atlantiste occidental a toujours du mal à accepter le fait qu’il ne constitue plus (au niveau global) un pôle d’attractivité majeur dans un monde dorénavant multipolaire. Ils ont également toujours autant de mal à accepter le fait qu’un Etat libre, indépendant et souverain puisse choisir le bloc qui l’intéresse et que ce bloc ne soit pas occidental.

 En ce qui concerne le projet eurasiatique qui se crée autour de la Russie et de ses alliés, et pour se rappeler de la position occidentale sur la question, reprenons la citation de décembre 2012 de la désormais ex-Secrétaire d’Etat étasunienne Hillary Clinton : « Cela ne portera pas le nom d’URSS. Cela portera le nom d’Union douanière, d’Union eurasiatique, etc… mais ne nous y trompons pas. Nous en connaissons les buts et nous essayons de trouver le meilleur moyen de ralentir ou d’empêcher son établissement »… Une déclaration qui veut tout dire, surtout venant d’un représentant politique aussi haut placé qu’Hillary Clinton.

Après cela, cela étonne-t-il encore quelqu’un qu’après les affaires de Julian Assange et d’Edward Snowden, le rejet et la résistance à la domination étasunienne sur pratiquement tout le territoire d’Amérique latine, la débâcle en Syrie, la remise en question du modèle occidental (USA-OTAN-UE) dans le monde entier et la gifle que les occidentaux comptaient donner à la Russie en Ukraine et se retrouver ainsi aux portes des frontières russes, mais qui s’est retournée contre eux, que la réaction soit aussi hystérique à Washington comme à Bruxelles ?

http://french.ruvr.ru/2013_12_09/Ukraine-Occident-vs-Russie-la-gifle-se-retourne-contre-le-gifleur-2685/

Mikhail Gamandiy-Egorov