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Etats-Unis & alliés: séparés du reste du monde (universitaire)

18.04.2022

Les tentatives de l’establishment US et occidental à tenter de défendre l’ordre unipolaire révolu et le système libéral sont vouées à l’échec, ne faisant qu’augmenter considérablement l’écart entre le bloc occidental et le reste du monde. C’est l’avis de l’universitaire John Pang, dans un récent entretien à Xinhua.

Les comportements diplomatiques, politiques et économiques de l’Occident fondés sur l’hypothèse que le monde est toujours unipolaire sont voués à l’échec et sont désastreux pour l’Occident lui-même, selon John Pang, chercheur principal au Bard College de New York, dans un entretien récent accordé à l’agence de presse internationale chinoise Xinhua.

Pour l’universitaire de renom, les sanctions adoptées par les USA contre la Russie représentent en réalité une tentative de défendre l’ordre mondial unipolaire établi depuis la chute de l’Union soviétique. Toujours selon lui, ces comportements visent à défendre et à étendre l’hégémonie libérale qui a prévalu pendant plusieurs décennies après la fin de la guerre froide.

John Pang par ailleurs estime que le monde n’est plus unipolaire, y compris sur le plan économique. Il rajoute que les sanctions occidentales ne seront pas acceptées, et qu’elles ne fonctionneront pas comme elles sont censées le faire, pour la raison que l’économie mondiale a cessé d’être unipolaire depuis un certain temps.

Dans un article de février dernier, Observateur Continental avait d’ailleurs une fois de plus fait ce rappel, notamment quant au fait qu’à l’heure actuelle dans le Top 10 des principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat – moins de la moitié sont celles des pays occidentaux.

L’expert interviewé par l’agence de presse Xinhua a également rappelé que les sanctions sont ancrées dans la mentalité de la guerre froide, bien que même les acteurs de ladite période fussent plus réalistes que ceux d’aujourd’hui. Pour John Pang nous assistons également à un moment très intéressant de l’histoire mondiale – dans lequel les Etats-Unis et leurs alliés – n’ont jamais été aussi séparés du reste du monde. Et que leur point de vue n’a jamais semblé aussi déconnecté des attitudes dans d’autres parties du globe terrestre. Ces autres parties représentant l’écrasante majorité de la population terrestre par la même occasion.

John Pang conclue par le fait que le sens commun en Asie du Sud-Est, région du monde où il a grandi et travaillé durant plusieurs années, en particulier dans le milieu des affaires, est que le monde est entré dans une ère de multipolarité et que par ailleurs la tentative de l’establishment occidental de maintenir l’ordre unipolaire, de même que l’hégémonie libérale – est insensée et vouée à l’échec.

En termes de perspectives, difficile d’y rajouter quelque chose si ce n’est encore une fois de rappeler que la multipolarité, devenue réalité depuis maintenant plusieurs années – n’avait au préalable pas l’objectif d’isoler le monde occidental. A condition que ce dernier, étant une évidente minorité à l’échelle planétaire ait fait preuve d’adaptation aux règles qui émanent du concept multipolaire des affaires internationales.

Désormais, il est certainement trop tard. L’Occident politique et ses suivistes, notamment médiatiques, ont raté l’occasion de pouvoir bâtir un avenir commun pour toute l’humanité. Et c’est certainement encore une fois la raison pourquoi dans un avenir assez proche le monde ne sera pas seulement multipolaire – car il l’est déjà – mais sera indéniablement un monde multipolaire post-occidental, comme Observateur Continental  l’avait envisagé. Avec tout ce que cela implique. Les citoyens des pays occidentaux, partageant les valeurs de l’ère multipolaire et qui sont nombreux, auront alors à terme l’occasion de demander des comptes à leurs responsables politico-médiatiques.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Xinhua: comment les USA tirent les ficelles de la guerre informationnelle en Ukraine

06.04.2022

Une guerre de l’information à grande échelle est en cours, avec comme seul initiateur en chef: les Etats-Unis. Sous l’hégémonie du récit occidental, Washington est tout sauf intéressé par la diffusion de faits et de vérité. Xinhua revient sur les tactiques courantes employées par les USA pour duper l’opinion publique internationale sur les événements en Ukraine.

L’agence de presse chinoise Xinhua a publié un compte-rendu détaillé des méthodes utilisées par l’establishment occidental, et plus particulièrement étasunien, dans sa guerre informationnelle en cours contre la Russie.

Premier point mentionné: susciter l’agitation et encourager l’hostilité. Au-delà des éléments parfaitement répertoriés dans l’article de Xinhua, il faut effectivement reconnaitre que lorsqu’on observe aujourd’hui une partie non négligeable de l’opinion publique occidentale (faut bien préciser: occidentale), la haine vis-à-vis de la Russie est plus que palpable. Et entretenue avec «soins» par ses instigateurs.

Si dans des pays dont les régimes sont longtemps et clairement russophobes – finalement cette haine de tout ce qui est russe n’est pas nouvelle – de la Pologne jusqu’à la Lituanie, en passant par la Roumanie, le fait est qu’aujourd’hui cette stratégie de l’establishment occidental a su toucher un large public y compris dans des pays européens où cette russophobie ne se trouvait pas à un niveau comparable.

Deuxième point: Xinhua rappelle également à juste titre la politique du deux poids, deux mesures, mise en évidence dans la crise ukrainienne. L’agence de presse chinoise indique qu’alors que les Etats-Unis sont occupés à réclamer des sanctions à l’encontre de la Russie pour «violations du droit international», ils restent silencieux lorsqu’on les interroge sur leurs crimes, notamment la promotion de la doctrine Monroe en Amérique latine, les bombardements de la Yougoslavie sans fondement juridique et leurs invasions de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Syrie. Où se trouvent donc la repentance et la responsabilité des Etats-Unis?

Les USA ont vanté leurs principes néolibéraux, comme l’effacement des frontières nationales dans la culture et le sport et l’inviolabilité de la propriété privée. Mais depuis l’éclatement du conflit russo-ukrainien, les avoirs de la Russie ont été gelés à l’étranger, tandis que des artistes et athlètes ont été exclus et persécutés. Les chats, les arbres et le ballet du Lac des cygnes russes n’ont pas non plus échappé aux sanctions.

Troisièmement point: faire courir les rumeurs. C’est cela que la machine de propagande US a pris à cœur et met en pratique. Les exemples cités dans l’article de Xinhua sont fort révélateurs. Par ailleurs, l’agence de presse internationale chinoise ne manque pas par la même occasion de rappeler les énormes manipulations de l’establishment étasunien en Irak, ou encore en Syrie: le 5 février 2003, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Irak, Colin Powell, alors secrétaire d’Etat américain, avait présenté une fiole contenant de la lessive en poudre, affirmant qu’il s’agissait là d’une preuve que l’Irak développait des armes chimiques.

Les auteurs de l’article font également un rappel important en ce qui concerne les activités fortement douteuses d’une organisation comme les Casques blancs, financée entre autres par les Etats-Unis, et dont les activités en matière de manipulation, notamment d’attaques sous fausse bannière, ont été maintes fois mentionnées.

Quatrième point: la censure. En effet, l’Occident a beau tenter à se présenter comme le défenseur de la liberté d’expression, les événements en cours démontrent au contraire à quel point ce même Occident applique des méthodes qui pourraient nous rappeler celles du Troisième Reich.

Xinhua cite à ce titre le blocage des médias russes dans toute l’Europe, l’autorisation par Meta aux utilisateurs de Facebook de publier des contenus anti-russes violents, ou encore l’exemple de la journaliste française Anne-Laure Bonnel – ayant réalisé des reportages dans le Donbass depuis plusieurs années – et qui se voit aujourd’hui être de-facto réduite au silence par les principaux médias hexagonaux, et plus généralement occidentaux.

Le dernier point mentionné par Xinhua – est de faire rentrer la politique spectacle, notamment dans les rencontres de haut niveau. D’une manière effectivement assez primitive, mais qui semble marcher pour ceux qui restent attachés au style hollywoodien et netflixien de présentation des événements.

Si ledit article reprend très justement les différents points et diverses méthodes de propagande étasuno-occidentale, il faudrait également rajouter que leur hystérie qui a atteint désormais le summum du summum – augmente considérablement dans le refus des pays et peuples non-occidentaux de se laisser entrainer dans cette russophobie par l’Occident.

Plus que cela, il faudrait également rajouter que les nombreux soutiens exprimés à l’endroit de l’opération militaire russe en Ukraine de la part d’Africains, Asiatiques ou Latino-Américains – ne fait que faire encore plus tomber le masque des Occidentaux et de leur petit «protégé» à Kiev – à savoir des menaces et intimidations à l’encontre des dits pays, dans un style purement raciste et néocolonial. Faut bien le dire: sans grand succès jusqu’à présent pour l’establishment occidental atlantiste.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3749

Zimbabwe-Chine: une coopération inarrêtable

Les relations entre Pékin et Harare sont révélatrices de la stratégie plus globale de la Chine sur le continent africain. Des relations entre l’Etat chinois et les pays africains devenues stratégiques sur le plan économique. Mais depuis un temps plus récent, le leadership chinois semble également déterminé à répondre de manière ferme aux adversaires géopolitiques, tout en promouvant l’ordre multipolaire international.

La Chine et le Zimbabwe continueront de collaborer pour faire progresser la coopération bilatérale malgré les critiques des détracteurs occidentaux – c’est la déclaration de l’ambassadeur chinois en poste à Harare, Guo Shaochun, écrit l’agence de presse Xinhua.

Dans un discours prononcé en amont du 72ème anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine le 1er octobre, le diplomate a affirmé que la dynamique à la hausse de la coopération entre les deux pays était inarrêtable. Il a affirmé que l’amitié durable et la coopération fructueuse ont rendu jaloux certains acteurs politiques. Ces derniers inventant de fausses informations pour s’en prendre aux investissements chinois au Zimbabwe et salir l’image de la Chine et des entreprises chinoises.

En ajoutant que leur diffamation ne fait que légitimer le succès conjoint, consolider la confiance et la force commune. L’ambassadeur chinois a également rappelé que contrairement à d’autres Etats, la Chine n’interfère pas dans les affaires internes des autres pays et ne formule pas de conditions préalables à son aide politique et économique.

Pour comprendre l’importance du Zimbabwe pour la Chine, et vice-versa, il faut rappeler que si aujourd’hui Pékin est effectivement le principal partenaire économico-commercial du continent africain en qualité d’Etat – une orientation devenue d’ailleurs stratégique pour les deux parties, et qu’aujourd’hui les entreprises chinoises sont présentes dans pratiquement tous les pays du continent, le Zimbabwe représente néanmoins un cas particulier.

A ce titre, un rappel historique s’impose: la Chine, comme l’URSS, avait largement contribué à la lutte du peuple zimbabwéen contre le néocolonialisme britannique. Depuis cette période, le Zimbabwe était constamment sous pression de l’establishment anglo-saxon – étasunien comme britannique – une pression non seulement politico-diplomatique, mais également à travers l’imposition de sanctions économiques.

Les véritables raisons des attaques de Washington comme de Londres vis-à-vis de Harare n’ont jamais été les prétendues violations des normes démocratiques ou des droits de l’homme, mais bel et bien l’aspect historique déjà cité, et d’autre part – ce qui est tout aussi important – depuis la libération nationale une politique largement souveraine et en opposition avec l’Occident politique.

Néanmoins, et malgré nombre de problèmes auxquels l’Etat zimbabwéen a dû faire face, ce pays d’Afrique australe a su maintenir un système politique stable, un appareil sécuritaire efficace, une population parmi les plus instruites d’Afrique, ainsi qu’une politique internationale indépendante et souveraine. Et à ce titre, il faut également indiquer que le soutien chinois a été à bien des égards déterminant.

En ce sens, et à l’heure où Pékin s’affirme haut et fort non seulement comme la superpuissance économique internationale, mais également en tant que l’une des principales puissances géopolitiques du monde – ce dernier aspect ayant été pleinement assumé – les alliés stratégiques de la Chine sur le continent africain, parmi lesquels le Zimbabwe, pourront indéniablement jouir du soutien chinois. Y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU, où le duo sino-russe reste fermement solidaire face au trio occidental composé des USA, du Royaume-Uni et de la France.

L’autre aspect à ne pas négliger concerne la promotion active par la Chine, au même titre que ses alliés, du concept multipolaire mondial, devenu une réalité avec laquelle il faut compter. Face au refus d’un certain nombre de régimes de reconnaitre officiellement ladite réalité, tout en représentant une minorité planétaire évidente, Pékin active plus que jamais ses alliances à divers endroits du monde. D’autant plus que l’Etat chinois se retrouve désormais ouvertement et agressivement visé par diverses alliances lui étant largement hostiles, liées aux nostalgiques de l’unipolarité.

L’Afrique représente l’une des principales priorités de la politique étrangère chinoise, au même titre d’ailleurs que russe. Et au moment où plusieurs Etats africains cherchent à définitivement se libérer des réseaux obscurs propres au néocolonialisme, les vieilles alliances testées avec succès par le temps peuvent jouer un rôle stratégique dans les processus en cours. Aussi bien dans le cadre de la promotion d’une large partie du continent africain en qualité de bloc géopolitique pro-multipolarité, que dans le renforcement de l’ordre multipolaire de façon générale.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie: la Chine passe à l’action

Pékin renforce son interaction avec Damas non seulement sur le plan politico-diplomatique, mais tout semble désormais aller dans la direction d’une collaboration de plus en plus étroite dans les sphères économique et sécuritaire. Renforçant un peu plus l’axe de la multipolarité dans les affaires du Moyen-Orient et confirmant par la même occasion que la Syrie peut se passer d’une interaction quelconque avec les Etats occidentaux.

La visite du chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, dans la capitale syrienne est venue conforter non seulement des relations cordiales entre la République populaire et la République arabe, au moment d’ailleurs de l’inauguration du leader syrien, mais confirme de plus en plus la détermination du leadership chinois à jouer un rôle important dans la Syrie post-conflit, aux côtés des autres principaux alliés de Damas – en la qualité de la Russie et de l’Iran. Le tout après la récente victoire du président Bachar al-Assad aux élections présidentielles syriennes.

Durant cette visite, le haut responsable chinois a rencontré son homologue syrien, Fayçal al-Meqdad, et a également été reçu par le leader syrien. A l’issue de ces rencontres, les deux pays se sont fixés l’objectif de renforcer les liens et la coopération bilatérale, comme l’annonce l’agence de presse chinoise Xinhua.

Wang Yi, qui au-delà d’être le ministre des Affaires étrangères – est également conseiller d’Etat, a souligné que la Chine se tient résolument aux côtés du peuple syrien et adhère à la justice internationale en préservant la souveraineté et l’indépendance de la Syrie. Lors de sa rencontre avec le président Bachar al-Assad, le chef de la diplomatie chinoise a également rappelé que la Chine s’oppose à toute tentative de changement de régime en Syrie.

Toujours selon Wang Yi – sous la direction de M. Assad, le peuple syrien a remporté de précieux succès dans la lutte contre le terrorisme et l’opposition aux ingérences extérieures, ajoutant que la réélection du président syrien reflétait la confiance et le soutien solides dont il jouit auprès de la population. Un commentaire fort important et qui à l’instar du soutien russo-iranien à Damas, va fermement à l’encontre des déclarations d’une large partie de l’establishment occidental.

Par ailleurs, la Chine soutient fortement la Syrie dans la gestion de ses problèmes intérieurs en vertu du principe « dirigé et pris en charge par les Syriens ». Le ministre chinois des Affaires étrangères a par ailleurs affirmé que la Chine avait présenté une proposition en quatre points pour résoudre la question syrienne.

Premièrement, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la Syrie doivent être respectées. La Chine appelle à respecter le choix du peuple syrien, à abandonner l’illusion d’un changement de régime et à laisser le peuple syrien déterminer de manière indépendante l’avenir et le destin de son pays. Deuxièmement, le bien-être du peuple syrien doit être une priorité et le processus de reconstruction doit être accéléré. La Chine estime que le moyen fondamental de résoudre la crise humanitaire en Syrie réside dans la levée immédiate de toutes les sanctions unilatérales et du blocus économique contre la Syrie.

Troisièmement, une position ferme sur la lutte efficace contre le terrorisme doit être maintenue. La Chine estime que toutes les organisations terroristes répertoriées par le Conseil de sécurité des Nations unies doivent être réprimées et que les politiques de «deux poids, deux mesures» doivent être rejetées. Selon M. Wang, le rôle de premier plan du gouvernement syrien dans la lutte contre le terrorisme sur son territoire doit être respecté, les projets visant à susciter des divisions ethniques sous prétexte de lutter contre le terrorisme doivent être combattus, et le sacrifice et la contribution de la Syrie à la lutte antiterroriste doivent être reconnus. La Chine soutiendra la position antiterroriste de la Syrie et se joindra à elle pour renforcer la coopération antiterroriste mondiale, a souligné M. Wang.

Quatrièmement, une solution politique inclusive et réconciliatrice à la question syrienne doit être encouragée. La Chine appelle à faire avancer le règlement politique de la question syrienne par les Syriens, à aplanir les divergences entre toutes les factions syriennes par le dialogue et la consultation, et à jeter des bases politiques solides pour la stabilité, le développement et la revitalisation à long terme du pays.

Deux points très importants mentionnés également par M. Wang concernent justement les domaines sécuritaire et économique. Sur le premier, le chef de la diplomatie chinoise a annoncé que son pays était prêt à renforcer le partenariat dans la sphère antiterroriste avec Damas, à améliorer la capacité antiterroriste de la Syrie, et à sauvegarder la sécurité nationale des deux pays respectifs, tout en contribuant à la sécurité du monde.

Un point effectivement très important lorsqu’on connait les succès stratégiques de la lutte contre le terrorisme salafiste, affilié à Daech ou Al-Qaida, dans laquelle l’axe Damas-Moscou-Téhéran-Hezbollah a joué un rôle clé – à l’énorme différence de la «coalition» occidentale.

Sur l’aspect économique, Wang Yi a rappelé qu’en tant que partenaires dans l’Initiative la Ceinture et la Route (ICR), la Chine et la Syrie discuteront conjointement des moyens efficaces à faire avancer une coopération mutuellement bénéfique, en particulier dans les domaines de l’agriculture et du commerce, de manière à aider la Syrie à améliorer les moyens de subsistance et à accélérer la reconstruction.

Ce dernier point est d’autant plus important qu’il confirme justement la motivation de Pékin de participer à la reconstruction des infrastructures de l’Etat syrien – détruites par des années de guerre contre le terrorisme et l’interférence néocoloniale. Un domaine dans lequel la Chine dispose non seulement d’un savoir-faire qui n’est plus à présenter, mais également d’énormes capacités d’investissements.

Tout cela conforte évidemment, et une fois de plus, le fait que la véritable communauté internationale se trouve désormais en Eurasie. Et que malgré toute la rhétorique récente hostile des élites occidentales quant au fait que la reconstruction en Syrie ne pourrait se faire sans leur implication – cette arrogance tombe, elle aussi une fois de plus, à l’eau. D’ailleurs, cela ne fait que rendre justice aux paroles du président Bachar al-Assad qui a maintes fois déclaré que les acteurs internationaux qui pourront participer au processus de reconstruction et d’investissements dans la Syrie post-conflit – ce sont les alliés de l’Etat syrien. Des alliés connus, en l’occurrence le triumvirat Russie-Iran-Chine.

Cela représente indéniablement la meilleure réponse à tous les membres de la communauté occidentale (et non pas internationale) – à savoir que l’époque où il était possible de détruire, pour ensuite se servir – est bien terminée. Multipolarité oblige. Il est encore temps de se mettre à jour. Mais soyons réalistes – l’establishment atlantiste occidental en est incapable. D’où la raison pour laquelle il continuera à perdre de son influence dans les affaires internationales.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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OCS: le leader chinois mise sur la diplomatie populaire

Le président chinois Xi Jinping souhaite promouvoir la diplomatie non-gouvernementale au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), mettant un accent particulier sur les échanges entre les personnes appartenant aux nations composant la grande structure internationale eurasienne.

Le Forum de l’amitié non-gouvernementale de l’OCS a débuté il y a quelques jours, à Wuhan, sur le thème de la promotion de l’amitié entre les peuples et de la poursuite de l’esprit de Shanghai. A ce titre, le président chinois Xi Jinping avait transmis une lettre de félicitations aux participants dudit événement, comme le rapporte l’agence de presse Xinhua.

«J’ai proposé l’initiative d’organiser un forum de l’amitié non-gouvernementale de l’OCS en novembre dernier, laquelle a reçu une réponse enthousiaste et le soutien de tous les Etats membres de l’Organisation de coopération de Shanghai», a déclaré Xi Jinping. Il s’est dit confiant sur le fait que le forum deviendrait une plate-forme importante permettant à toutes les parties d’améliorer la compréhension mutuelle, d’approfondir l’amitié et de renforcer la coopération.

Le leader chinois a également insisté sur la nécessité de profiter des avantages de la diplomatie non-gouvernementale et d’élargir les canaux d’échanges entre les personnes afin de contribuer au développement de l’OCS.

En termes de perspectives, l’initiative du président chinois est très certainement à saluer car dans le cadre de la grande intégration eurasienne, devenue par ailleurs l’un des principaux centres du concept multipolaire mondial, l’interaction encore plus active des peuples concernés représente sans le moindre doute la condition nécessaire pour un plus grand renforcement de la multipolarité, ainsi qu’une réponse de poids aux défis existants.

En effet et en dehors du cadre purement politique, les peuples d’Eurasie restent liés par une grande similitude d’intérêts. C’est d’ailleurs ce qui traduit la facilité avec laquelle se déroule cette intégration, qui au-delà des décisions politico-économiques, reste à l’écoute des aspirations humaines du grand espace eurasien. Cette réalité est d’ailleurs propre aussi bien à l’Organisation de coopération de Shanghai qu’à l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Les exemples ne manquent pas. Observateur Continental avait à ce titre relayé le sondage réalisé l’année dernière en Ouzbékistan, où les ¾ des citoyens ouzbèks déclaraient soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. Parmi les partisans à cette intégration – aussi bien les jeunes n’ayant pas connu la période soviétique, que les moins jeunes.

Et c’est justement là que l’on arrive à la justesse de l’initiative du leader chinois. Les grands processus en Eurasie se doivent de renforcer les liens entre les peuples appartenant audit espace, mais également rester à l’écoute de leurs aspirations. Le tout au moment où l’interaction eurasienne dans les volets politique, économique, sécuritaire et culturel, entre autres, a atteint un niveau probablement le plus élevé dans l’histoire contemporaine. Et peut-être même dans toute l’histoire de l’Eurasie.

En ce sens, la diplomatie populaire eurasienne répond effectivement à de nombreuses problématiques. Mais plus que cela encore – elle contribue à ne pas répéter les erreurs du passé, à compléter les décisions inter-gouvernementales par une solidarité humaine – et vice-versa, et barrer la route aux tentatives de déstabilisation extérieure.

A titre d’exemple, au début des années 1990, la grande majorité des citoyens de l’URSS refusaient l’idée de la dislocation. Leur voix n’a pour autant pas été entendue – avec toutes les conséquences que l’on connait. Aussi bien sur le plan intérieur pour les peuples concernés, que sur le volet extérieur avec l’apparition de l’ordre unipolaire ayant apporté d’innombrables souffrances et injustices à la planète toute entière.

Depuis les dernières années – cette page est fort heureusement tournée. D’où l’importance de l’initiative chinoise d’accompagner fermement les alliances géopolitiques par l’interaction humaine des peuples.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les Africains pour un rapprochement Afrique-BRICS

Alors que les Etats occidentaux observent jalousement les interactions en cours ou en préparation entre nombre de pays africains avec les grandes puissances non-occidentales, notamment celles appartenant au groupe des BRICS, en tentant par tous les moyens de saper ces processus, la société civile africaine et la communauté des experts du continent appellent à un renforcement de ces interactions.

Ces appels à une relation encore plus poussée entre l’Afrique et les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) se font entendre pratiquement dans toutes les parties du continent africain. Recevant un écho positif aussi bien dans la partie sud du continent – cela sans oublier que la République sud-africaine est membre actif du groupe depuis bientôt dix ans – que dans les autres parties de l’Afrique. En ce sens l’Afrique francophone n’est pas en reste.

Ainsi, dans une récente interview à l’agence de presse gouvernementale chinoise Xinhua, Souleymane Astou Diagne – économiste sénégalais et maitre de conférence à l’Université Alioune Diop de Bambey (UADB), estime «que les pays en développement doivent se rapprocher et s’inspirer du modèle de développement économique du groupe des BRICS pour résister aux enjeux de la mondialisation dans l’actuel contexte de Covid-19».

En ajoutant que les pays en question, notamment africains, «ont tout intérêt à se rapprocher de ce modèle, parce que nous sommes marginalisés, l’essentiel des décisions qui se prennent au niveau international étant faites sur la base des intérêts des Occidentaux et ne prenant pas suffisamment en compte les besoins réels des économies des pays en développement».

Sachant que cette opinion est partagée par un grand nombre de personnes en Afrique, notamment d’obédience panafricaniste, il serait effectivement bon de rappeler aussi que les forces qui s’opposent par divers moyens et méthodes justement à une pleine et véritable intégration panafricaine, sont justement les puissances occidentales. D’ailleurs l’histoire récente et moins récente nous le rappelle fortement: le sort réservé à Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi, pour ne citer que ces quelques grands noms, en dit long.

Pour autant, l’Occident ne cesse de travestir l’histoire et tente par tous les instruments à sa disposition de stigmatiser le rôle des puissances partisanes de la multipolarité, dans leurs relations avec les pays africains. Si le rôle des médias de l’Hexagone n’est plus à présenter, bien que fortement en perte de vitesse au sein des pays africains, il n’empêche que d’autres porte-voix de l’Occident – britanniques, allemands ou étasuniens ne sont pas en reste dans leur quête de saper les relations non seulement sino-africaines, notamment de part leur ampleur, mais également avec tout autre pays menant une politique indépendante des intérêts occidentaux.

Ainsi, un site web et magazine comme ADF (Africa Defense Forum), affilié au Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom), sans grande surprise tente de convaincre le public africain du danger de l’interaction de l’Afrique avec la Chine et la Russie. Pour le moment sans grand succès puisque de bien nombreux internautes africains ne se laissent pas manipuler et posent en retour des questions – qui le plus souvent restent sans réponse de la part des instigateurs de ces campagnes médiatiques.

Autre fait assez intéressant – le fait par exemple que Twitter n’ait toujours pas homologué les sites en question comme étant affiliés à leurs Etats respectifs – occidentaux. A la différence des médias chinois, russes, iraniens ou autres. Mais c’est justement là que se trouve tout le paradoxe de la politique occidentale qui prétend défendre les «bonnes» valeurs sans être en mesure de fournir de vrais arguments de poids et ainsi convaincre les lecteurs, d’où qu’ils soient.

Ce qui est sûr, c’est que malgré ces tentatives, les populations africaines sont bien loin d’être dupes de la manipulation. Et peut-être même sont aujourd’hui pour beaucoup en avance dans la capacité analytique sur nombre de pays de l’Occident. Les efforts de ce dernier de ternir l’image des puissances non-occidentales ne fait bien souvent qu’apporter l’effet inverse – à savoir une encore plus grande motivation des Africains à voir l’augmentation de l’interaction de leurs pays et de leur continent avec les BRICS.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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