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Présidentielle au Zimbabwe: le peuple a fait son choix

Emmerson Mnangagwa

Au Zimbabwe, le Président en exercice, Emmerson Mnangagwa, a remporté l’élection présidentielle. Retour sur les perspectives qui s’ouvrent au pays, tant sur le plan intérieur qu’extérieur.

Il fallait s’y attendre: le favori de la présidentielle zimbabwéenne est bel et bien le vainqueur du scrutin, et ce dès le premier tour, avec 50,8% des suffrages. La page de l’ère Mugabe, qui reste et restera une grande figure de la lutte contre le néo-colonialisme occidental, semble se tourner. Une chose demeurera quant à elle inchangée: le Zimbabwe défendra tout aussi jalousement son indépendance et sa souveraineté.

Emmerson Mnangagwa, leader de l’Union nationale africaine du Zimbabwe — Front patriotique (ZANU-PF), le parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays, représente en effet aux yeux de nombre de ses concitoyens un espoir de renouveau, avant tout dans le domaine économique, et de création d’emplois, surtout pour les jeunes. Et si, dans la capitale Harare, l’opposant Nelson Chamisa a clairement recueilli plus de voix que le Président, alors encore sortant, il est évident que ce dernier jouit dans les régions d’une popularité bien plus importante.

De l’aveu de beaucoup observateurs, notamment étrangers, venus en nombre à ces élections, le scrutin s’est déroulé dans la transparence, le respect des normes démocratiques et dans le calme. Plusieurs d’entre eux n’ont d’ailleurs pas manqué de relever qu’un vent de liberté soufflait durant le déroulement du processus électoral. Il est pratiquement certain que l’establishment occidental aurait largement préféré une issue différente à ce scrutin, sachant que le candidat Nelson Chamisa est clairement sympathisant du camp occidental, sans oublier ses menaces vis-à-vis des intérêts chinois au Zimbabwe.

Mais l’Occident devra s’y faire: la souveraineté et la dignité de ce pays ne sont pas négociables, et ce malgré les problèmes qui restent à résoudre sur le plan intérieur. Quant à l’opposition, elle devrait respecter le choix des urnes. Et surtout éviter de prendre part aux tentatives de déstabilisation que certaines forces bien connues souhaiteraient évidemment mettre en œuvre. Une opposition qui se sachant perdante avait commis avant même la proclamation des résultats par la Commission électorale plusieurs actes de violence, avec comme conséquences des victimes à déplorer.

Il faudrait pour conclure comprendre plusieurs choses: d’abord, les scénarios à l’occidentale des révolutions de couleur auront de plus en plus de mal à fonctionner, sachant que les peuples sont de plus en plus aux aguets. Ensuite, les populations africaines sont certainement même largement plus en avance de ce point de vue que les sociétés occidentales. Enfin, l’option à toujours privilégier étant le dialogue national pour régler les différends existants, sans aucune interférence extérieure et dans le strict respect de la souveraineté du pays. Le Zimbabwe avait fait preuve de beaucoup de maturité politique au moment de la démission de Robert Mugabe, en novembre dernier. La transmission de pouvoir s’était alors faite sans coup de feu, sans violences, et dans le strict respect de la personne du Président qui reste pour beaucoup l’incarnation de la lutte nationale pour l’indépendance et contre l’impérialisme. Aujourd’hui, la nation zimbabwéenne a fait de nouveau preuve de maturité lors de ces élections. Ce qui inspire l’optimisme concernant son avenir. Il ne reste donc plus qu’à souhaiter que le pays puisse effectivement aller de l’avant pour régler les problèmes existants, tout en continuant à travailler avec ses partenaires stratégiques, aussi bien d’Afrique qu’au-delà, en premier lieu la Chine et la Russie.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201808031037503115-presidentielle-zimbabwe-mnangagwa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Russie en Afrique : le grand retour?

La Russie en Afrique : le grand retour ?

Après une période relativement faible en relations, l’heure pour Moscou est au retour sur le continent africain. Alors que la Russie ne cesse de diversifier largement ses relations extérieures, l’Afrique fait désormais partie des priorités.

Relations intenses durant la période soviétique, notamment dans le cadre de la guerre froide, puis perte de vitesse dans les relations russo-africaines à la chute de l’URSS. Il serait d’ailleurs juste de rappeler que les élites libérales russes de l’époque de Boris Eltsine avait fait en sorte de diffuser une sorte de propagande affirmant que l’URSS ne faisait que nourrir d’autres nations, notamment africaines, en lieu de se focaliser sur ses propres problèmes. Ce qui était très généralement faux.

Certes, l’Union soviétique accordait un soutien important à plusieurs nations africaines, notamment durant la période ayant suivi la décolonisation de ces pays. Il y avait bien sûr aussi une conjoncture idéologique derrière, sachant que dans le cadre de la guerre froide deux systèmes, deux visions opposées, s’affrontaient. Mais il était totalement faux de dire que ce soutien, y compris en direction de l’Afrique, n’était pas dans l’intérêt de la Russie. Au contraire, ces relations d’alliance avaient fortement permis d’accroitre l’influence politique, culturelle, militaire et aussi commerciale de l’URSS à destination de ces pays. Et les nombreux spécialistes russes, militaires comme civils, ayant travaillé en Afrique à cette période pourront le confirmer.

La page des années libérales pro-occidentales étant, heureusement, en bonne partie tournée, l’heure est au renouveau des relations. Si l’espace eurasiatique, ainsi que celui du Proche-Orient, représentent indéniablement un intérêt de premier plan pour la Russie, il n’en reste pas moins que l’Afrique et l’Amérique latine font partie également des grands projets de Moscou à l’international. Et si jusqu’ici les relations les plus intenses étaient avec les pays du nord et du sud du continent africain, on arrive désormais à l’étape où la présence russe s’élargira certainement à toutes les parties de l’Afrique.

Moscou dispose de plusieurs avantages évidents: absence d’histoire coloniale vis-à-vis du continent africain. Plus que cela, l’URSS avait accordé un soutien de premier plan aux mouvements africains de libération nationale dans leur lutte contre le colonialisme et le néocolonialisme. Cela sans oublier une importante participation dans la formation des cadres africains, soit via la venue de spécialistes russes en terre africaine, soit en invitant des milliers d’étudiants africains à venir se former dans les universités soviétiques. Beaucoup de ces anciens étudiants occupent aujourd’hui des postes de première responsabilité dans un certain nombre de pays du continent. Tout cela ne s’oublie pas jusqu’à ce jour.

D’autre part, la politique actuelle de la Russie attire nombre d’Africains. Sachant que Moscou axe sa politique extérieure sur trois piliers fondamentaux: attachement au droit international, respect de la souveraineté des nations, de même que de leurs valeurs et traditions historiques. Enfin, soutien au concept du monde multipolaire — le seul pouvant garantir des relations équitables et justes.

L’Afrique montre clairement qu’elle attend le plein retour de la Russie. La nouvelle Russie, qui le souhaitait aussi, passe désormais aux actes concrets.

Liens d’alliance stratégique historique qui se renforcent avec l’Algérie, aussi bien dans la coopération militaro-technique que civile, zone de libre-échange qui se prépare au lancement avec le Maroc, construction de centrales nucléaires dans une perspective proche en Afrique du Sud et en Egypte (avec laquelle une zone de libre-échange est également en discussion). Exportations des céréales russes à destination de plusieurs pays du continent au moment où la production nationale est en train de battre tous les records. Collaboration aussi dans le domaine minier, sans oublier le domaine éducatif sachant que la Russie continue d’attirer des étudiants de pratiquement tous les pays du continent. Enfin, lancement de nouveaux projets à participation russe en Guinée équatoriale, Ouganda, Burundi, Zambie, Zimbabwe.

En parlant justement des deux derniers cités, le président du conseil d’administration d’Uralchem et vice-président du conseil d’administration d’Uralkali — grande entreprise russe de production et d’exportation d’engrais potassiques, Dmitri Mazepine, s’y est rendu début février et a rencontré les présidents des deux pays Edgar Lungu et Emmerson Mnangagwa.

Lors de ces rencontres il a été décidé d’établir un hub russe pour la fourniture directe des engrais de l’entreprise russe à destination des acheteurs africains. Sachant que la demande pour ces produits en Afrique ne cesse d’augmenter, et est appelée à augmenter encore plus dans les prochaines années. A titre d’exemple donné par l’homme d’affaires russe, le volume actuel des livraisons d’Uralchem et d’Uralkali en Afrique du Sud-Est représente près de 100 000 tonnes par an. Mais sur le court terme, ce volume est appelé à augmenter jusqu’à 500-600 000 tonnes annuelles.

Cette coopération russo-zambienne et russo-zimbabwéenne (et avec d’autres pays africains certainement) permettra de réduire considérablement les prix des engrais pour les agriculteurs africains, en y éliminant les intermédiaires: le plus souvent ni russes, ni africains… Des intermédiaires qui revendaient ces engrais sur place au prix de 450-500 dollars la tonne. La création dudit hub russe sur place et des livraisons directes dans les ports africains permettront de le diminuer jusqu’à 250-300 dollars la tonne. Rien que cela.

Tout en sachant que ce que la première phase du retour véritable de la Russie en Afrique. L’intérêt réciproque n’a jamais été aussi important depuis la fin de l’URSS. Suivez donc l’actualité russo-africaine!

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201802211035234492-russie-afrique-retour/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le Zimbabwe, un exemple pour l’Afrique subsaharienne francophone?

Zimbabwe

Le Zimbabwe confirme une fois de plus sa maturité politique de nation au bagage révolutionnaire et résistant et qui va de l’avant. Il vient en effet de réussir une transition de pouvoir sans effusion de sang et sans ingérence extérieure. Une maturité dont pourrait s’inspirer un certain nombre de pays du continent africain.

Après quelques jours de suspens, c’est confirmé: le charismatique et légendaire Président zimbabwéen Robert Mugabe, héros national, a choisi de démissionner de son poste présidentiel. Bien qu’il soit honni par l’establishment occidental, les titres des médias mainstream sont loin d’être enthousiastes sur l’avenir de ce pays d’Afrique australe. Pourquoi? Parce que le départ de Mugabe ne change rien à la souveraineté du Zimbabwe ni à ses relations stratégiques avec le voisin sud-africain, ainsi qu’avec la Chine et la Russie.

En ce sens, ce pays confirme avoir la carrure de ses voisins, l’Afrique du Sud, l’Angola ou encore la Namibie, dont les élites entretiennent d’ailleurs des relations étroites avec Moscou et Pékin, pour certains depuis leurs années de formation.

Si beaucoup ont parlé de «putsch» à l’occasion des récents événements, la réalité montre que c’est loin d’être le cas, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’armée nationale n’a pas écarté Robert Mugabe de manière autoritaire, mais a mené de longues discussions durant plusieurs jours avec le Présdient, qui avait toute latitude pour s’entretenir avec qui il souhaitait, notamment le président sud-africain Zuma, ou encore faire des déclarations télévisées. D’autre part, le respect des militaires zimbabwéens envers Mugabe était évident, le climat qui a régné durant les pourparlers sur l’avenir du pays le confirme. D’ailleurs et au vu des déclarations faites par le commandement de l’armée, ce n’était pas tant le Président de 93 ans qui était visé, mais bien certains représentants de son entourage.

Maintenant, parlons perspectives. Mugabe quitte la présidence en restant un héros national aux yeux de la majorité des citoyens du pays, dans la dignité et avec les honneurs. D’ailleurs compte-t-il prendre un repos bien mérité ou continuer à participer à la vie politique du pays? Personne ne peut encore répondre à cette question. Concernant l’avenir, il faut rappeler que l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front Patriotique (ZANU-PF), le parti au pouvoir, continuera très certainement à rester le parti politique le plus populaire du pays, à l’instar de l’ANC sud-africain, du MPLA angolais ou de la SWAPO namibienne, autant d’alliés de l’URSS en leur temps. Le ZANU-PF, à l’instar de ses homologues des pays voisins est un parti patriote, panafricaniste, anti-impérialiste.

Et pour reprendre l’exemple du voisin sud-africain, qui comme le Zimbabwe n’est pas sous mandat étranger, on peut préférer Mandela, Mbeki ou Zuma, qui ont chacun leurs particularités et leurs caractères, mais une chose les unit: l’amour de leur pays et l’opposition au néocolonialisme. La ligne politique de Harare, notamment internationale, restera donc très certainement inchangée.

Pour en venir au successeur probable de Mugabe, à savoir son camarade de longue date Emerson Mnangagwa, les vives critiques des médias occidentaux le visant confirment le fait que les forces néocoloniales ne devraient pas mettre la main sur le Zimbabwe. En effet et selon eux, Mnangagwa est tout aussi «radical et anti-occidental» que Mugabe, ce qui en dit long. il a d’ailleurs été inscrit sur la liste des sanctions américaines visant le Zimbabwe, et il y figure encore.

Mais en quoi le cas du Zimbabwe pourrait-il et devrait-il inspirer d’autres nations africaines, notamment d’Afrique subsaharienne francophone? Harare établit qu’il faut être maître de son destin, assumer sa souveraineté, la défendre, choisir les bons partenaires, même lors d’une passation de pouvoir. De plus, le Zimbabwe démontre qu’il convient de respecter les leaders nationaux qui ont joué un rôle crucial dans la libération de leur pays, même si le moment pour eux de quitter le pouvoir est arrivé: un contre-exemple à la manière honteuse dont ont été assassinés Lumumba, Sankara ou Kadhafi, sur ordre de forces néocoloniales.

Le Zimbabwe a en effet prouvé qu’un changement de pouvoir en Afrique pouvait se faire sans coups de feu, dans la dignité, sans interférence extérieure, sans intervention armée néocoloniale et dans le strict respect des valeurs qui caractérisent une nation. Avec toujours le ferme objectif de défendre sa souveraineté et de contrôler de ses ressources naturelles. Chapeau à lui! Quant à la Russie et la Chine, elles continueront à respecter la souveraineté de ce pays et à collaborer à tous les niveaux où elles partagent des intérêts avec le Zimbabwe. Aucun doute là-dessus.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201711221033989890-zimbabwe-afrique-francophone/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Diamants africains et intérêts européens

Diamonds

L’Afrique est de loin le continent leader et indétrônable dans le domaine de la production des diamants bruts. Cela est bien connu.

Dans le TOP 10 des principaux pays producteurs mondiaux, six sont africains. D’autre part, les Etats d’Afrique représentent 60% d’extraction de ces diamants bruts au niveau mondial.

Pourtant et cela est bien connu également, les principaux centres de commerce des diamants du monde sont hors d’Afrique. Le principal étant à Anvers, en Belgique: 80% des diamants bruts vendus à travers le monde à ce jour. Surprenant diront certains pour un pays qui ne possède pas ses propres diamants, extraits chez lui. Pourtant c’est loin d’être un exemple isolé: de la même manière que l’Organisation mondiale du cacao (ICCO) qui se trouve à Londres alors que près de 40% de la production mondiale des fèves de cacao reviennent à la Côte d’Ivoire. En y ajoutant les autres pays d’Afrique de l’Ouest (Ghana, Nigeria, Cameroun, Togo), on arrive à 70% de la production mondiale, mais peu importe, le siège international chargé de réguler ce secteur est installé loin de l’Afrique. La colonisation et le néocolonialisme contemporain ont donc « bien » fait leur travail.

Revenons aux diamants. L’aspect injuste qui caractérise ce processus fait que le continent africain est le principal producteur de ces belles pierres mais ayant un contrôle minime sur leur commercialisation (les Etats du sud du continent: l’Afrique du Sud, l’Angola, la Namibie et le Botswana, constituent un peu les exceptions, faisant de leur mieux pour transformer les diamants bruts en taillés sur place). Car faut-il le rappeler un diamant brut africain poli à Anvers ou Tel-Aviv sera par la suite revendu beaucoup plus cher, souvent de dizaines de fois au prix initial du brut. Mais l’autre aspect injuste et ouvertement criminel concerne les diamants en provenance des zones de conflit, communément appelés aussi les diamants de sang.

Pour lutter contre la commercialisation de ces diamants, sortis directement des zones de guerre, notamment d’Afrique de l’Ouest, un régime international de certification de diamants bruts a été créé en 2003, à Kimberley, en Afrique du Sud. C’est le fameux processus de Kimberley. Mais là encore et c’est cet aspect-ci que l’on va aborder aujourd’hui, ce processus est entaché par de nombreuses hypocrisies dans son application, principalement par les Etats occidentaux.
Deux exemples pour ce faire traduisant cette hypocrisie, ainsi qu’une véritable application de la fameuse notion deux poids deux mesures: la République démocratique du Congo et le Zimbabwe.

Le premier étant depuis de longues années martyrisé par des rébellions, souvent d’ailleurs soutenus à différents niveaux de l’étranger. D’autre part, la RDC est associée à de nombreuses exactions commises dans les zones de conflit se trouvant sur son territoire, surtout si ces zones abritent de grandes réserves de diamants. Viols sur femmes, travail forcé dans les mines, enrôlement d’enfants soldats,… Mais malgré tous ces faits prouvés à maintes reprises, les diamants congolais se retrouvent sans soucis sur le marché anversois. Plus encore, les diamants de la RDC font partie des plus représentés à Anvers. Faut-il le rappeler aussi, la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) était une colonie belge et à une certaine époque même « propriété privée du roi de Belgique », c’est dire!

Et parallèlement nous avons le Zimbabwe, pays en paix mais faisant face depuis de longues années aux sanctions occidentales, en premier lieu britanniques et étasuniennes. Des sanctions engagées pour punir le leadership zimbabwéen de sa politique visant les intérêts occidentaux dans un pays pour rappel ayant également et longtemps subi la ségrégation raciale de la part de la minorité blanche, à l’instar de l’Afrique du Sud voisine, période apartheid. Le pays malgré tout tient bon et continue son développement en faisant même partie du TOP 10 des pays africains ayant depuis quelques années les plus forts taux de croissance de leur PIB réel. Pour cela, le Zimbabwe compte beaucoup sur le partenariat avec l’Afrique du Sud et la Chine, principaux partenaires économiques du pays, ainsi que sur des pays comme l’Inde et la Russie. A ce titre, une large délégation d’hommes politiques et d’affaires russes avait visité Harare en septembre de l’année dernière. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères était d’ailleurs à la tête de ladite délégation.

Mais pour revenir aux sanctions occidentales, qui ont longtemps affecté l’économie zimbabwéenne, le pays n’a pourtant pas fléchi. Plus encore et comme mentionné plus haut, il a largement diversifié ses relations économiques et commerciales, lui permettant d’aller sur la bonne voie. Et les nombreuses découvertes depuis quelques années de nouveaux champs diamantifères, notamment dans l’est du pays, ont fait parler du Zimbabwe comme de l’un des plus grands gisements de diamants au monde. Et compte tenu des relations très tendues entre ce pays et les élites occidentales, ces dernières n’ont pas hésité à lancer de vastes campagnes contre les diamants zimbabwéens, les accusant d’être des « diamants de sang » et en manipulant comme ils savent si bien le faire l’opinion publique internationale, y compris via les médias du mainstream… Pourtant pour rappel encore une fois, le Zimbabwe est un pays en paix et qui ne connait aucun conflit armé sur son territoire. Si ce n’est qu’il doit toujours faire face aux pressions de l’Occident.

Ceci étant un exemple parmi tant d’autres mais pourtant cette différence d’approche est fort significative de la politique occidentale, aussi bien en Afrique que de par le monde en général. D’un côté: viols, massacres, enrôlement forcé, mais rien n’arrête les diamantaires occidentaux de commercer tant que c’est eux qui sont privilégiés à recevoir ces belles pierres acquises par le sang de gens dont la vie n’intéresse aucunement ces élites, toujours assoiffées par les ressources des autres. De l’autre, pression énorme et larges campagnes de diffamation visant un pays qui refuse de céder au diktat extérieur, qui défend sa souveraineté et qui poursuit son développement malgré toutes les tentatives extérieures de l’en empêcher. Et surtout qui refuse de laisser exploiter ses ressources dans une relation de gagnant-perdant, favorisant en lieu un partenariat avec les nations respectant sa souveraineté et ses intérêts légitimes. A méditer.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150818/1017615297.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Kemi Seba dialogue avec l’ambassadrice du Zimbabwe sur le président Mugabe

A voir et revoir. L’ambassadrice du Zimbabwe au Sénégal, Trudy Stevenson, s’exprime sur le président Robert Mugabe et sa politique, tellement décrié par les médias-mensonges occidentaux. Oui, vous avez bien vu : elle est blanche.

Il faut en finir avec la sale propagande occidentale une bonne fois pour toute.

« Nous sommes très heureux de voir que les positions responsables de la Fédération de Russie, surtout depuis les dernières années, nous ont fait revenir à une situation de plusieurs centres de pouvoir dans le monde ».

« Nous sommes très heureux de voir que les positions responsables de la Fédération de Russie, surtout depuis les dernières années, nous ont fait revenir à une situation de plusieurs centres de pouvoir dans le monde ».

Entretien avec M. Boniface Guwa Chidyausiku, ambassadeur de la République du Zimbabwe en Fédération de Russie. Suite de la première partie de l’entretien.

LVdlR : Après le référendum de mars dernier en Crimée ayant validé le ralliement de la presqu’île à la Russie, les USA ont voulu via l’Assemblée générale de l’ONU faire reconnaitre ce référendum comme étant illégitime. Grand nombre de pays n’ont pas soutenu cette initiative étasunienne et se sont massivement abstenus. Quant à votre pays, le Zimbabwe, il s’est non seulement abstenu de cette « initiative » mais s’en est en plus radicalement opposé. D’autre part, votre ministre de l’Environnement, de l’Eau et du Climat, M. Saviour Kasukuwere, a visité tout récemment la Crimée en tant que territoire russe. Est-ce que l’Occident a mis encore plus de pression sur votre nation depuis ?

S.E.M. Boniface G. Chidyausiku : Leur pression a très peu d’effet sur nous car notre politique extérieure est véritablement indépendante. Nous nous sommes effectivement opposés à la résolution étasunienne à l’Assemblée générale de l’ONU qui visait le référendum de ralliement de la Crimée à la Russie. Au niveau de notre pays, nous reconnaissons que le ralliement de la Crimée à la Russie comme étant une décision souveraine des habitants de la Crimée. Car nous nous basons sur le principe du droit à l’autodétermination des peuples. Et le référendum de Crimée était en parfaite conformité avec ce droit. Quant à la visite de notre ministre en Russie de décembre dernier, lorsque un représentant d’un pays souverain rend visite à un autre pays souverain, il n’y aucune raison de ne pas visiter telle ou telle partie ou région du pays visitée. Donc aucune raison valable pour que notre ministre n’aie pas visité la Crimée. Et en ce qui concerne le Zimbabwe et comme déjà dis précédemment, nous reconnaissons le principe du droit d’autodétermination des peuples. Et cela a rejoint entièrement la volonté des Criméens qui ont exprimé leur volonté via le référendum de mars 2014. Nous avons donc soutenu ce principe et nous nous sommes opposés à la position ukraino-étasunienne à l’Assemblée générale de l’ONU.

LVdlR : Une question que j’aimerai également aborder avec vous M. l’Ambassadeur est celle du terrorisme. Nous sommes bien évidemment tous au courant de ce qui s’est passé tout récemment en France. Néanmoins ce que nous observons aujourd’hui est qu’il y a une attention énorme de certains médias sur cette attaque lorsque parallèlement nous assistons à un terrorisme pratiquement journalier à différents endroits du monde et qui ne mérite vraisemblablement pas une attention aussi ardue du mainstream médiatique occidental. Je pense évidemment à la Syrie, à l’Irak, au Nigeria, au Cameroun. Ces pays mènent quotidiennement une lutte sans relâche contre le terrorisme.D’ailleurs, plusieurs spécialistes pensent que les groupes terroristes opérant dans ces pays sont ouvertement manipulés de l’extérieur. Mais ma question à vous sera la suivante : quel est le meilleur moyen de combattre le terrorisme, aussi bien en Afrique que dans le reste du monde ? Comment s’opposer à toute forme d’extrémisme qui représente un vrai danger pour toute l’humanité ?

S.E.M. Boniface G. Chidyausiku : Je pense que le terrorisme est en effet un défi à toute l’humanité. Quant à la presse internationale, en premier lieu occidentale, elle donne effectivement beaucoup plus d’attention lorsque le terrorisme touche les pays dits développés, ceux d’Europe ou les Etats-Unis. Mais comme vous l’avez bien mentionné, un grand nombre de personnes sont mortes en Afrique suite aux massacres terroristes, que ce soit au Nigeria, au Kenya, en Somalie, ou encore en Egypte. Evidemment les médias occidentaux n’y attachent pas une attention aussi importante que ce que nous voyons par rapport à la France. D’ailleurs le terrorisme visant la Russie n’a lui aussi pas une attention adéquate de la part de ces médias alors que nous avons observé des attentats terribles visant la Russie.

Nous devons donc affronter ce défi terroriste ensemble. Et nous ne devons pas attacher une plus grande attention lorsque cela touche les uns, et une moins grande attention lorsque cela touche les autres. Lorsqu’on observe les organisations terroristes telles que l’Etat islamique, Al-Qaida et d’autres encore, on y trouve souvent une participation américaine. Les USA ont participé à la création de certaines de ces organisations terroristes. Les djinns sont sortis alors de leurs bouteilles. Nous ne devons donc pas adopter des mesures à court terme qui demain nous causeront encore plus grand nombre de problèmes. Nous devons affronter le problème terroriste de front. Avec humanisme. Et où que ce soit : au Royaume-Uni, en Russie, au Zimbabwe ou au Nigeria. Le terrorisme est le terrorisme. L’extrémisme basé sur une justification religieuse représente un grand danger et nous devons le condamner sans répit. Et cela ne doit aucunement servir d’excuse. Et nous devons également accepter nos différences, qu’elles soient religieuses ou culturelles. Nous pouvons tous coexister car faisons tous partie de ce monde. Nous pouvons avoir des interprétations différentes, notamment basées sur la religion, mais cela ne doit jamais nous empêcher de coopérer. Et nous devons tous lutter contre le fanatisme, quel qu’il soit.

LVdlR : Vous avez mentionné un point très important : la solidarité internationale dans la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme. Mais un certain groupe de pays tentent, hier comme aujourd’hui, d’utiliser l’excuse de la menace terroriste pour intervenir dans les affaires intérieures d’autres pays, le tout dans l’objectif d’atteindre des avancées dans leurs intérêts géopolitiques. Commet devons-nous lutter également contre cela ? La Russie, la Chine, les nations BRICS et votre pays également, sont fermement opposées à ce type de politique. Que devons-nous faire ?

S.E.M. Boniface G. Chidyausiku : Oui, c’est bien stupide de la part de certains Etats d’avoir des stratégies tellement à court terme, dont le seul but est l’élimination ou le changement de tel ou tel régime, dans tel ou tel pays, au point de créer des organisations terroristes pour atteindre ces objectifs malsains et effectuer les changements voulus. Nous avons tous vu ce qui s’est passé en Libye. Ils ont détruit un Etat qui fonctionnait bien, le tout au nom de la « démocratie ». Et aujourd’hui nous observons un Etat en échec évident. Mais ils sont toujours convaincus qu’ils savent quoi faire et mieux que quiconque. C’est un défi à nous tous. Et à ce titre, nous sommes très heureux de voir que les positions responsables de la Fédération de Russie, surtout depuis les dernières années, nous ont fait revenir à une situation de plusieurs centres de pouvoir dans le monde. Cela est bénéfique pour le monde entier. Ce qui a suivi les années 1990 et aussi le début du XXIème siècle, représentait tout simplement un monde unipolaire. Et lorsque nous nous trouvions dans l’unipolarité, certains se sont autoproclamés gendarmes du monde. Nous sommes heureux qu’aujourd’hui la Fédération de Russie, y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU, participe activement à la défense du droit international. C’est très important. Et lorsque nous voyons que certains pays au sein du Conseil de sécurité interprètent à leur guise le droit international selon leurs propres intérêts, cela est un vrai problème. Et c’est pourquoi nous sommes heureux d’avoir aujourd’hui un monde multipolaire devenu réalité et qui permet de rebalancer les forces et au final apporter une plus grande sécurité aux nations du monde entier.

LVdlR : Dernière question M. l’Ambassadeur. Vous avez bien mentionné la multipolarité du monde devenue désormais réalité. Mais il y a encore tellement de choses sur lesquelles il faut travailler. En tant que représentant de la République du Zimbabwe et de l’Afrique aussi, êtes-vous globalement optimiste et quels sont les domaines sur lesquels nous devons encore avancer ? Notamment dans le cadre de la volonté des BRICS d’interagir activement avec l’Afrique. Et comment pouvons-nous ensemble améliorer ensemble ce monde multipolaire ?

S.E.M. Boniface G. Chidyausiku : Il y a un certain nombre de choses à faire encore. La première serait à mon avis de réformer le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies. Il est grand temps que l’Afrique ait son siège au sein du Conseil de sécurité. On pourrait alors décider du pays africain qui prendrait cette place. L’ONU a été créée en 1945. Et il faut avoir à l’esprit que la situation d’antan et celle d’aujourd’hui sont bien différentes. Nous devons donc nous adapter à la nouvelle réalité.

Deuxièmement, il faut en effet avoir une interaction encore plus importante entre l’Afrique et les pays BRICS. Dans les domaines du commerce, de la finance, ainsi que dans le domaine de la coordination des positions sur l’arène internationale.

Troisièmement, nous devons mettre fin au monopole du dollar US. Nous devons avoir beaucoup plus de devises de référence et ne pas avoir à dépendre d’une seule. Car nous savons parfaitement que ladite devise est un instrument de politique extérieure et aussi de déstabilisation des économies d’un certain nombre de pays. La Russie et la Chine se sont déjà mis d’accord de passer aux paiements dans leurs devises nationales dans le domaine de leur commerce mutuel et de leurs projets communs. C’est la bonne voie. Nous devons trouver des alternatives à la domination du dollar US.

LVdlR : Merci beaucoup M. l’Ambassadeur ! C’est un plaisir de s’être entretenu avec vous.

S.E.M. Boniface G. Chidyausiku : Le plaisir est partagé.

http://french.ruvr.ru/2015_01_19/Nous-sommes-tres-heureux-de-voir-que-les-positions-responsables-de-la-Federation-de-Russie-surtout-depuis-les-dernieres-annees-nous-ont-fait-revenir-a-une-situation-de-plusieurs-centres-de-pouvoir-dans-le-monde-9554/

Mikhail Gamandiy-Egorov