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Chine-Zimbabwe: unis face à l’unilatéralisme occidental

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Traditionnellement, le ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine se rend à chaque début d’une nouvelle année en terre africaine, une tradition qui ne change pas depuis les trente dernières années. Mais au-delà de l’aspect traditionnel de telles visites, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a fait plusieurs déclarations importantes.

Le fait que l’Afrique représente l’une des principales priorités de la politique extérieure de Pékin est un fait connu. Parmi les principaux partenaires de l’Empire du Milieu sur le continent on retrouve évidemment le Zimbabwe. Les relations bilatérales ne datent d’ailleurs pas de l’époque récente, sachant que la Chine avait participé, tout comme en son temps l’URSS, au soutien à la lutte du peuple zimbabwéen contre le néocolonialisme britannique.

S’exprimant en conférence de presse avec son homologue zimbabwéen Sibusiso Moyo http://french.xinhuanet.com/afrique/2020-01/13/c_138701227.htm , le haut représentant chinois au-delà de rappeler la longue histoire de coopération et d’amitié qui lie la Chine à l’Afrique, et notamment au Zimbabwe, n’a en outre pas manqué de faire des déclarations qui ne plairont probablement pas à l’establishment occidental.

A commencer par l’appel de mettre fin aux sanctions occidentales unilatérales visant le Zimbabwe (des sanctions principalement étasuniennes et britanniques), exprimant ainsi sa solidarité avec Harare et les autres pays africains ayant participé à cet appel. «Les sanctions unilatérales imposées au Zimbabwe par certains pays et institutions n’ont aucune base en termes de droit international, et portent atteinte aux droits et aux intérêts de développement légitimes du Zimbabwe», a déclaré M. Wang.

Mais ce ne fut pas tout. Le conseiller d’Etat chinois et ministre des Affaires étrangères Wang Yi s’en est également pris à «l’unilatéralisme, des politiques de pouvoir et à la mentalité de la guerre froide» de certains Etats. Ajoutant qu’il était important de renforcer la communication et la coordination sino-africaines, de démontrer le pouvoir de la solidarité et de générer une voix unique pour préserver les droits légitimes des peuples chinois et africains dans le but de s’opposer à l’ingérence extérieure, de poursuivre l’équité et la justice et d’obtenir une vie meilleure.

Ce qui est intéressant à noter dans ces déclarations du chef de la diplomatie chinoise, c’est que désormais Pékin accentue sa voix non plus seulement sur les questions d’ordre économique le liant fortement avec les Etats africains, mais qu’on y retrouve une voix politico-diplomatique de première envergure, axée sur la défense de la multipolarité, sur le soutien à ses alliés, et une opposition ouverte et officielle aux politiques d’un certain nombre de capitales, qui se reconnaitront sans aucun doute.

Et connaissant tout le poids et la puissance du pays qu’il représente, que ce soit démographiquement, économiquement, politiquement et militairement parlant, il est bien peu probable que ces appels passent inaperçus. Ni du côté des pays occidentaux. Ni du côté des pays africains qui attachent une très grande importance aux déclarations venant de Pékin – devenu depuis déjà plusieurs années le principal partenaire économico-commercial du continent.

Pour revenir maintenant à la question des sanctions, y compris celles qui visent particulièrement le Zimbabwe (mais pas seulement), l’Occident politique – qui adorait depuis la fin de l’URSS à parler de sa capacité à faire isoler les Etats désobéissants – ne court-il pas au final le risque de se retrouver soi-même dans l’isolement?

Rien n’est impossible dans cette nouvelle ère. Représentant pas plus de 10% de la population terrestre, sachant d’autant plus que nombre de citoyens de pays occidentaux sont loin d’être solidaires avec leurs gouvernements respectifs, ayant en face des puissances dites «émergentes» qui dépassent déjà et dans plusieurs secteurs les économies dites «développées», les élites occidentales feraient au contraire bien mieux de sauter dans le dernier wagon du train multipolaire déjà en marche. Surtout face au duo russo-chinois au Conseil de sécurité de l’ONU et à la grande majorité de pays n’appartenant pas au monde occidental. L’Afrique, à elle seule, représente plus d’une cinquantaine de pays-membres de l’ONU, parmi lesquels de nombreux assument aujourd’hui pleinement leur indépendance et leur souveraineté. La minorité sanctionnant donc une majorité risque fortement à terme de se retrouver soi-même sanctionnée et isolée.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1331

Présidentielle au Zimbabwe: le peuple a fait son choix

Emmerson Mnangagwa

Au Zimbabwe, le Président en exercice, Emmerson Mnangagwa, a remporté l’élection présidentielle. Retour sur les perspectives qui s’ouvrent au pays, tant sur le plan intérieur qu’extérieur.

Il fallait s’y attendre: le favori de la présidentielle zimbabwéenne est bel et bien le vainqueur du scrutin, et ce dès le premier tour, avec 50,8% des suffrages. La page de l’ère Mugabe, qui reste et restera une grande figure de la lutte contre le néo-colonialisme occidental, semble se tourner. Une chose demeurera quant à elle inchangée: le Zimbabwe défendra tout aussi jalousement son indépendance et sa souveraineté.

Emmerson Mnangagwa, leader de l’Union nationale africaine du Zimbabwe — Front patriotique (ZANU-PF), le parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays, représente en effet aux yeux de nombre de ses concitoyens un espoir de renouveau, avant tout dans le domaine économique, et de création d’emplois, surtout pour les jeunes. Et si, dans la capitale Harare, l’opposant Nelson Chamisa a clairement recueilli plus de voix que le Président, alors encore sortant, il est évident que ce dernier jouit dans les régions d’une popularité bien plus importante.

De l’aveu de beaucoup observateurs, notamment étrangers, venus en nombre à ces élections, le scrutin s’est déroulé dans la transparence, le respect des normes démocratiques et dans le calme. Plusieurs d’entre eux n’ont d’ailleurs pas manqué de relever qu’un vent de liberté soufflait durant le déroulement du processus électoral. Il est pratiquement certain que l’establishment occidental aurait largement préféré une issue différente à ce scrutin, sachant que le candidat Nelson Chamisa est clairement sympathisant du camp occidental, sans oublier ses menaces vis-à-vis des intérêts chinois au Zimbabwe.

Mais l’Occident devra s’y faire: la souveraineté et la dignité de ce pays ne sont pas négociables, et ce malgré les problèmes qui restent à résoudre sur le plan intérieur. Quant à l’opposition, elle devrait respecter le choix des urnes. Et surtout éviter de prendre part aux tentatives de déstabilisation que certaines forces bien connues souhaiteraient évidemment mettre en œuvre. Une opposition qui se sachant perdante avait commis avant même la proclamation des résultats par la Commission électorale plusieurs actes de violence, avec comme conséquences des victimes à déplorer.

Il faudrait pour conclure comprendre plusieurs choses: d’abord, les scénarios à l’occidentale des révolutions de couleur auront de plus en plus de mal à fonctionner, sachant que les peuples sont de plus en plus aux aguets. Ensuite, les populations africaines sont certainement même largement plus en avance de ce point de vue que les sociétés occidentales. Enfin, l’option à toujours privilégier étant le dialogue national pour régler les différends existants, sans aucune interférence extérieure et dans le strict respect de la souveraineté du pays. Le Zimbabwe avait fait preuve de beaucoup de maturité politique au moment de la démission de Robert Mugabe, en novembre dernier. La transmission de pouvoir s’était alors faite sans coup de feu, sans violences, et dans le strict respect de la personne du Président qui reste pour beaucoup l’incarnation de la lutte nationale pour l’indépendance et contre l’impérialisme. Aujourd’hui, la nation zimbabwéenne a fait de nouveau preuve de maturité lors de ces élections. Ce qui inspire l’optimisme concernant son avenir. Il ne reste donc plus qu’à souhaiter que le pays puisse effectivement aller de l’avant pour régler les problèmes existants, tout en continuant à travailler avec ses partenaires stratégiques, aussi bien d’Afrique qu’au-delà, en premier lieu la Chine et la Russie.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201808031037503115-presidentielle-zimbabwe-mnangagwa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Russie en Afrique : le grand retour?

La Russie en Afrique : le grand retour ?

Après une période relativement faible en relations, l’heure pour Moscou est au retour sur le continent africain. Alors que la Russie ne cesse de diversifier largement ses relations extérieures, l’Afrique fait désormais partie des priorités.

Relations intenses durant la période soviétique, notamment dans le cadre de la guerre froide, puis perte de vitesse dans les relations russo-africaines à la chute de l’URSS. Il serait d’ailleurs juste de rappeler que les élites libérales russes de l’époque de Boris Eltsine avait fait en sorte de diffuser une sorte de propagande affirmant que l’URSS ne faisait que nourrir d’autres nations, notamment africaines, en lieu de se focaliser sur ses propres problèmes. Ce qui était très généralement faux.

Certes, l’Union soviétique accordait un soutien important à plusieurs nations africaines, notamment durant la période ayant suivi la décolonisation de ces pays. Il y avait bien sûr aussi une conjoncture idéologique derrière, sachant que dans le cadre de la guerre froide deux systèmes, deux visions opposées, s’affrontaient. Mais il était totalement faux de dire que ce soutien, y compris en direction de l’Afrique, n’était pas dans l’intérêt de la Russie. Au contraire, ces relations d’alliance avaient fortement permis d’accroitre l’influence politique, culturelle, militaire et aussi commerciale de l’URSS à destination de ces pays. Et les nombreux spécialistes russes, militaires comme civils, ayant travaillé en Afrique à cette période pourront le confirmer.

La page des années libérales pro-occidentales étant, heureusement, en bonne partie tournée, l’heure est au renouveau des relations. Si l’espace eurasiatique, ainsi que celui du Proche-Orient, représentent indéniablement un intérêt de premier plan pour la Russie, il n’en reste pas moins que l’Afrique et l’Amérique latine font partie également des grands projets de Moscou à l’international. Et si jusqu’ici les relations les plus intenses étaient avec les pays du nord et du sud du continent africain, on arrive désormais à l’étape où la présence russe s’élargira certainement à toutes les parties de l’Afrique.

Moscou dispose de plusieurs avantages évidents: absence d’histoire coloniale vis-à-vis du continent africain. Plus que cela, l’URSS avait accordé un soutien de premier plan aux mouvements africains de libération nationale dans leur lutte contre le colonialisme et le néocolonialisme. Cela sans oublier une importante participation dans la formation des cadres africains, soit via la venue de spécialistes russes en terre africaine, soit en invitant des milliers d’étudiants africains à venir se former dans les universités soviétiques. Beaucoup de ces anciens étudiants occupent aujourd’hui des postes de première responsabilité dans un certain nombre de pays du continent. Tout cela ne s’oublie pas jusqu’à ce jour.

D’autre part, la politique actuelle de la Russie attire nombre d’Africains. Sachant que Moscou axe sa politique extérieure sur trois piliers fondamentaux: attachement au droit international, respect de la souveraineté des nations, de même que de leurs valeurs et traditions historiques. Enfin, soutien au concept du monde multipolaire — le seul pouvant garantir des relations équitables et justes.

L’Afrique montre clairement qu’elle attend le plein retour de la Russie. La nouvelle Russie, qui le souhaitait aussi, passe désormais aux actes concrets.

Liens d’alliance stratégique historique qui se renforcent avec l’Algérie, aussi bien dans la coopération militaro-technique que civile, zone de libre-échange qui se prépare au lancement avec le Maroc, construction de centrales nucléaires dans une perspective proche en Afrique du Sud et en Egypte (avec laquelle une zone de libre-échange est également en discussion). Exportations des céréales russes à destination de plusieurs pays du continent au moment où la production nationale est en train de battre tous les records. Collaboration aussi dans le domaine minier, sans oublier le domaine éducatif sachant que la Russie continue d’attirer des étudiants de pratiquement tous les pays du continent. Enfin, lancement de nouveaux projets à participation russe en Guinée équatoriale, Ouganda, Burundi, Zambie, Zimbabwe.

En parlant justement des deux derniers cités, le président du conseil d’administration d’Uralchem et vice-président du conseil d’administration d’Uralkali — grande entreprise russe de production et d’exportation d’engrais potassiques, Dmitri Mazepine, s’y est rendu début février et a rencontré les présidents des deux pays Edgar Lungu et Emmerson Mnangagwa.

Lors de ces rencontres il a été décidé d’établir un hub russe pour la fourniture directe des engrais de l’entreprise russe à destination des acheteurs africains. Sachant que la demande pour ces produits en Afrique ne cesse d’augmenter, et est appelée à augmenter encore plus dans les prochaines années. A titre d’exemple donné par l’homme d’affaires russe, le volume actuel des livraisons d’Uralchem et d’Uralkali en Afrique du Sud-Est représente près de 100 000 tonnes par an. Mais sur le court terme, ce volume est appelé à augmenter jusqu’à 500-600 000 tonnes annuelles.

Cette coopération russo-zambienne et russo-zimbabwéenne (et avec d’autres pays africains certainement) permettra de réduire considérablement les prix des engrais pour les agriculteurs africains, en y éliminant les intermédiaires: le plus souvent ni russes, ni africains… Des intermédiaires qui revendaient ces engrais sur place au prix de 450-500 dollars la tonne. La création dudit hub russe sur place et des livraisons directes dans les ports africains permettront de le diminuer jusqu’à 250-300 dollars la tonne. Rien que cela.

Tout en sachant que ce que la première phase du retour véritable de la Russie en Afrique. L’intérêt réciproque n’a jamais été aussi important depuis la fin de l’URSS. Suivez donc l’actualité russo-africaine!

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201802211035234492-russie-afrique-retour/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le Zimbabwe, un exemple pour l’Afrique subsaharienne francophone?

Zimbabwe

Le Zimbabwe confirme une fois de plus sa maturité politique de nation au bagage révolutionnaire et résistant et qui va de l’avant. Il vient en effet de réussir une transition de pouvoir sans effusion de sang et sans ingérence extérieure. Une maturité dont pourrait s’inspirer un certain nombre de pays du continent africain.

Après quelques jours de suspens, c’est confirmé: le charismatique et légendaire Président zimbabwéen Robert Mugabe, héros national, a choisi de démissionner de son poste présidentiel. Bien qu’il soit honni par l’establishment occidental, les titres des médias mainstream sont loin d’être enthousiastes sur l’avenir de ce pays d’Afrique australe. Pourquoi? Parce que le départ de Mugabe ne change rien à la souveraineté du Zimbabwe ni à ses relations stratégiques avec le voisin sud-africain, ainsi qu’avec la Chine et la Russie.

En ce sens, ce pays confirme avoir la carrure de ses voisins, l’Afrique du Sud, l’Angola ou encore la Namibie, dont les élites entretiennent d’ailleurs des relations étroites avec Moscou et Pékin, pour certains depuis leurs années de formation.

Si beaucoup ont parlé de «putsch» à l’occasion des récents événements, la réalité montre que c’est loin d’être le cas, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’armée nationale n’a pas écarté Robert Mugabe de manière autoritaire, mais a mené de longues discussions durant plusieurs jours avec le Présdient, qui avait toute latitude pour s’entretenir avec qui il souhaitait, notamment le président sud-africain Zuma, ou encore faire des déclarations télévisées. D’autre part, le respect des militaires zimbabwéens envers Mugabe était évident, le climat qui a régné durant les pourparlers sur l’avenir du pays le confirme. D’ailleurs et au vu des déclarations faites par le commandement de l’armée, ce n’était pas tant le Président de 93 ans qui était visé, mais bien certains représentants de son entourage.

Maintenant, parlons perspectives. Mugabe quitte la présidence en restant un héros national aux yeux de la majorité des citoyens du pays, dans la dignité et avec les honneurs. D’ailleurs compte-t-il prendre un repos bien mérité ou continuer à participer à la vie politique du pays? Personne ne peut encore répondre à cette question. Concernant l’avenir, il faut rappeler que l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front Patriotique (ZANU-PF), le parti au pouvoir, continuera très certainement à rester le parti politique le plus populaire du pays, à l’instar de l’ANC sud-africain, du MPLA angolais ou de la SWAPO namibienne, autant d’alliés de l’URSS en leur temps. Le ZANU-PF, à l’instar de ses homologues des pays voisins est un parti patriote, panafricaniste, anti-impérialiste.

Et pour reprendre l’exemple du voisin sud-africain, qui comme le Zimbabwe n’est pas sous mandat étranger, on peut préférer Mandela, Mbeki ou Zuma, qui ont chacun leurs particularités et leurs caractères, mais une chose les unit: l’amour de leur pays et l’opposition au néocolonialisme. La ligne politique de Harare, notamment internationale, restera donc très certainement inchangée.

Pour en venir au successeur probable de Mugabe, à savoir son camarade de longue date Emerson Mnangagwa, les vives critiques des médias occidentaux le visant confirment le fait que les forces néocoloniales ne devraient pas mettre la main sur le Zimbabwe. En effet et selon eux, Mnangagwa est tout aussi «radical et anti-occidental» que Mugabe, ce qui en dit long. il a d’ailleurs été inscrit sur la liste des sanctions américaines visant le Zimbabwe, et il y figure encore.

Mais en quoi le cas du Zimbabwe pourrait-il et devrait-il inspirer d’autres nations africaines, notamment d’Afrique subsaharienne francophone? Harare établit qu’il faut être maître de son destin, assumer sa souveraineté, la défendre, choisir les bons partenaires, même lors d’une passation de pouvoir. De plus, le Zimbabwe démontre qu’il convient de respecter les leaders nationaux qui ont joué un rôle crucial dans la libération de leur pays, même si le moment pour eux de quitter le pouvoir est arrivé: un contre-exemple à la manière honteuse dont ont été assassinés Lumumba, Sankara ou Kadhafi, sur ordre de forces néocoloniales.

Le Zimbabwe a en effet prouvé qu’un changement de pouvoir en Afrique pouvait se faire sans coups de feu, dans la dignité, sans interférence extérieure, sans intervention armée néocoloniale et dans le strict respect des valeurs qui caractérisent une nation. Avec toujours le ferme objectif de défendre sa souveraineté et de contrôler de ses ressources naturelles. Chapeau à lui! Quant à la Russie et la Chine, elles continueront à respecter la souveraineté de ce pays et à collaborer à tous les niveaux où elles partagent des intérêts avec le Zimbabwe. Aucun doute là-dessus.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201711221033989890-zimbabwe-afrique-francophone/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Diamants africains et intérêts européens

Diamonds

L’Afrique est de loin le continent leader et indétrônable dans le domaine de la production des diamants bruts. Cela est bien connu.

Dans le TOP 10 des principaux pays producteurs mondiaux, six sont africains. D’autre part, les Etats d’Afrique représentent 60% d’extraction de ces diamants bruts au niveau mondial.

Pourtant et cela est bien connu également, les principaux centres de commerce des diamants du monde sont hors d’Afrique. Le principal étant à Anvers, en Belgique: 80% des diamants bruts vendus à travers le monde à ce jour. Surprenant diront certains pour un pays qui ne possède pas ses propres diamants, extraits chez lui. Pourtant c’est loin d’être un exemple isolé: de la même manière que l’Organisation mondiale du cacao (ICCO) qui se trouve à Londres alors que près de 40% de la production mondiale des fèves de cacao reviennent à la Côte d’Ivoire. En y ajoutant les autres pays d’Afrique de l’Ouest (Ghana, Nigeria, Cameroun, Togo), on arrive à 70% de la production mondiale, mais peu importe, le siège international chargé de réguler ce secteur est installé loin de l’Afrique. La colonisation et le néocolonialisme contemporain ont donc « bien » fait leur travail.

Revenons aux diamants. L’aspect injuste qui caractérise ce processus fait que le continent africain est le principal producteur de ces belles pierres mais ayant un contrôle minime sur leur commercialisation (les Etats du sud du continent: l’Afrique du Sud, l’Angola, la Namibie et le Botswana, constituent un peu les exceptions, faisant de leur mieux pour transformer les diamants bruts en taillés sur place). Car faut-il le rappeler un diamant brut africain poli à Anvers ou Tel-Aviv sera par la suite revendu beaucoup plus cher, souvent de dizaines de fois au prix initial du brut. Mais l’autre aspect injuste et ouvertement criminel concerne les diamants en provenance des zones de conflit, communément appelés aussi les diamants de sang.

Pour lutter contre la commercialisation de ces diamants, sortis directement des zones de guerre, notamment d’Afrique de l’Ouest, un régime international de certification de diamants bruts a été créé en 2003, à Kimberley, en Afrique du Sud. C’est le fameux processus de Kimberley. Mais là encore et c’est cet aspect-ci que l’on va aborder aujourd’hui, ce processus est entaché par de nombreuses hypocrisies dans son application, principalement par les Etats occidentaux.
Deux exemples pour ce faire traduisant cette hypocrisie, ainsi qu’une véritable application de la fameuse notion deux poids deux mesures: la République démocratique du Congo et le Zimbabwe.

Le premier étant depuis de longues années martyrisé par des rébellions, souvent d’ailleurs soutenus à différents niveaux de l’étranger. D’autre part, la RDC est associée à de nombreuses exactions commises dans les zones de conflit se trouvant sur son territoire, surtout si ces zones abritent de grandes réserves de diamants. Viols sur femmes, travail forcé dans les mines, enrôlement d’enfants soldats,… Mais malgré tous ces faits prouvés à maintes reprises, les diamants congolais se retrouvent sans soucis sur le marché anversois. Plus encore, les diamants de la RDC font partie des plus représentés à Anvers. Faut-il le rappeler aussi, la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) était une colonie belge et à une certaine époque même « propriété privée du roi de Belgique », c’est dire!

Et parallèlement nous avons le Zimbabwe, pays en paix mais faisant face depuis de longues années aux sanctions occidentales, en premier lieu britanniques et étasuniennes. Des sanctions engagées pour punir le leadership zimbabwéen de sa politique visant les intérêts occidentaux dans un pays pour rappel ayant également et longtemps subi la ségrégation raciale de la part de la minorité blanche, à l’instar de l’Afrique du Sud voisine, période apartheid. Le pays malgré tout tient bon et continue son développement en faisant même partie du TOP 10 des pays africains ayant depuis quelques années les plus forts taux de croissance de leur PIB réel. Pour cela, le Zimbabwe compte beaucoup sur le partenariat avec l’Afrique du Sud et la Chine, principaux partenaires économiques du pays, ainsi que sur des pays comme l’Inde et la Russie. A ce titre, une large délégation d’hommes politiques et d’affaires russes avait visité Harare en septembre de l’année dernière. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères était d’ailleurs à la tête de ladite délégation.

Mais pour revenir aux sanctions occidentales, qui ont longtemps affecté l’économie zimbabwéenne, le pays n’a pourtant pas fléchi. Plus encore et comme mentionné plus haut, il a largement diversifié ses relations économiques et commerciales, lui permettant d’aller sur la bonne voie. Et les nombreuses découvertes depuis quelques années de nouveaux champs diamantifères, notamment dans l’est du pays, ont fait parler du Zimbabwe comme de l’un des plus grands gisements de diamants au monde. Et compte tenu des relations très tendues entre ce pays et les élites occidentales, ces dernières n’ont pas hésité à lancer de vastes campagnes contre les diamants zimbabwéens, les accusant d’être des « diamants de sang » et en manipulant comme ils savent si bien le faire l’opinion publique internationale, y compris via les médias du mainstream… Pourtant pour rappel encore une fois, le Zimbabwe est un pays en paix et qui ne connait aucun conflit armé sur son territoire. Si ce n’est qu’il doit toujours faire face aux pressions de l’Occident.

Ceci étant un exemple parmi tant d’autres mais pourtant cette différence d’approche est fort significative de la politique occidentale, aussi bien en Afrique que de par le monde en général. D’un côté: viols, massacres, enrôlement forcé, mais rien n’arrête les diamantaires occidentaux de commercer tant que c’est eux qui sont privilégiés à recevoir ces belles pierres acquises par le sang de gens dont la vie n’intéresse aucunement ces élites, toujours assoiffées par les ressources des autres. De l’autre, pression énorme et larges campagnes de diffamation visant un pays qui refuse de céder au diktat extérieur, qui défend sa souveraineté et qui poursuit son développement malgré toutes les tentatives extérieures de l’en empêcher. Et surtout qui refuse de laisser exploiter ses ressources dans une relation de gagnant-perdant, favorisant en lieu un partenariat avec les nations respectant sa souveraineté et ses intérêts légitimes. A méditer.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150818/1017615297.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Kemi Seba dialogue avec l’ambassadrice du Zimbabwe sur le président Mugabe

A voir et revoir. L’ambassadrice du Zimbabwe au Sénégal, Trudy Stevenson, s’exprime sur le président Robert Mugabe et sa politique, tellement décrié par les médias-mensonges occidentaux. Oui, vous avez bien vu : elle est blanche.

Il faut en finir avec la sale propagande occidentale une bonne fois pour toute.