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Le Kazakhstan, l’initiateur de l’intégration eurasiatique

L’intégration dans l’espace eurasiatique bat son plein, et ce aussi bien sur les plans économique, politique, que dans le cadre militaro-sécuritaire. Cette intégration est vue fort négativement par les opposants à l’ordre multipolaire qui y voit tout simplement une renaissance de l’URSS. Malgré cette opposition et les tentatives de saper ladite intégration, les efforts des pays concernés ne faiblissent pas.

Beaucoup ne le savent peut-être pas, mais l’idée d’une intégration eurasienne dans l’espace post-soviétique n’est autre que l’initiative de l’ex-président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, ayant dirigé le pays depuis 1990 jusqu’en 2019. D’ailleurs, la capitale kazakhe Astana a été renommée en son honneur l’année dernière et porte désormais le nom de Noursoultan.

Probablement un autre rappel s’impose : celui que les pays d’Asie centrale dans leur ensemble étaient opposés à l’éclatement de l’URSS. Et que par ailleurs, les pays en question avaient rapidement compris que seule une relation forte et stratégique au sein de l’espace ex-soviétique permettrait d’assurer un développement durable aux populations concernées. En ce sens, le Kazakhstan a pris une sorte de leadership dans ce processus. Et les résultats ne se sont pas fait attendre: le pays fait partie aujourd’hui des plus développés économiquement parlant au sein des pays d’ex-URSS.

Déjà en 1994, soit pratiquement juste après la fin de l’Union soviétique, Noursoultan Nazarbaïev avait suggéré, lors d’un discours à l’Université d’Etat de Moscou, l’idée de créer un espace de défense commune, ainsi qu’un bloc commercial régional pour lier et bénéficier des économies grandissantes de l’espace eurasien. Il faudra attendre fin mai 2014 pour que l’accord de création de l’Union économique eurasiatique voit le jour, avec une entrée en vigueur le 1er janvier 2015.

A l’heure actuelle et en plus du Kazakhstan, l’union est composée de la Russie, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. Depuis mai 2018, la Moldavie est devenue membre-observateur de l’organisation. Des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux en octobre 2019). Des négociations sont en cours avec nombre d’autres pays ayant exprimé leur intérêt pour de tels accords, notamment la Chine, Cuba, l’Egypte, la Mongolie ou encore l’Inde. D’autres pays ont également exprimé leur intérêt, parmi eux la Syrie, le Pakistan, l’Indonésie, la Tunisie, entre autres.

Pour revenir au Kazakhstan, et au-delà de l’Union eurasiatique dont il était l’initiateur dès 1994, le pays fait partie également des principales organisations internationales de l’espace eurasien, clairement affiliées au monde multipolaire, dont l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) – organisation à vocation politico-militaire créée en 2002 et regroupant plusieurs pays ex-soviétiques (Kazakhstan, Russie, Arménie, Biélorussie, Kirghizistan, Tadjikistan en qualité de membres de plein droit, la Serbie en qualité d’observateur). Ainsi que de la Communauté des Etats indépendants (CEI) ou encore de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Cette dernière, créée en juin 2001, regroupe le Kazakhstan, la Russie, la Chine, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan (tous depuis 2001), ainsi que l’Inde et le Pakistan (tous deux depuis 2017). Les Etats observateurs de l’organisation sont quant à eux la Mongolie (depuis 2004), l’Iran (depuis 2005, comptant devenir prochainement membre à part entière de l’alliance), l’Afghanistan (depuis 2012) et la Biélorussie (depuis 2015). L’OCS est d’ailleurs vue en Occident comme un contrepoids à l’Otan, bien que les activités de la première soient bien plus larges que de la seconde – car au-delà d’une coopération militaro-sécuritaire et géopolitique, l’Organisation de coopération de Shanghai concerne également l’interaction dans les domaines économico-commercial, énergétique, humanitaire, scientifico-technique, culturel-éducatif, ainsi que celui des transports, du tourisme et de l’environnement.

A travers une politique souveraine et active dans le cadre des organisations citées, le Kazakhstan est arrivé à être considéré comme une puissance régionale indéniable. Un statut non seulement dû au poids économique et énergétique du pays, mais également sur les plans politique et sécuritaire. Concernant justement l’aspect sécuritaire, le pays a su démontrer une capacité réelle de prévention de l’extrémisme et du terrorisme, en s’opposant fermement aux divers courants extrémistes et en misant sur une paix sociale intérieure, notamment sur le plan d’une harmonie entre les nombreux groupes ethniques composant la nation kazakhe. Sur le plan politique, l’apogée du poids du Kazakhstan a été admise lors du processus d’Astana sur la Syrie, ayant réuni à la même table les représentants du gouvernement syrien, ceux de l’opposition (hors terroristes déclarés), ainsi que les pays-garants du processus, en la qualité de la Russie, de l’Iran et de la Turquie.

Pour finir, il serait certainement juste de dire que la puissance affirmée du Kazakhstan et son positionnement en qualité de puissance régionale eurasienne, sont dus à la sagesse d’une politique visant à faire profiter la population du développement économique, maintenir l’harmonie inter-ethnique et inter-religieuse du pays, promouvoir fermement l’intégration eurasiatique au sein de l’ex-URSS et au-delà, soutenir le concept du monde multipolaire, et barrer la route aux nombreux courants extrémistes, ainsi qu’aux diverses tentatives d’interférence extérieure dans les affaires souveraines du pays. Le Kazakhstan a clairement démontré être l’un des pays ex-soviétiques à avoir atteint des résultats probants dans divers domaines : de l’économie à la sécurité, de l’unité nationale intérieure à une influence fermement positive à l’international. L’œuvre de son ex-président Nazarbaïev est indéniable et vraisemblablement son successeur Kassym-Jomart Tokaïev ne compte pas s’en écarter.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Egypte prête à une intervention militaire directe en Libye

Au moment où la violence en terre libyenne ne faiblit pas, et que cet Etat – tantôt l’un des plus prospères d’Afrique – est devenu une zone d’affrontement entre plusieurs puissances régionales et internationales, rien pour le moment ne semble pouvoir stopper la spirale de cette violence.

La guerre sur le front libyen se poursuit. Récemment, le Gouvernement d’accord national (GAN) – soutenu principalement par la Turquie, le Qatar et l’Italie, a réussi à repousser l’offensive sur Tripoli de l’Armée nationale libyenne (ANL) commandée par Khalifa Haftar et à reprendre plusieurs territoires de l’Ouest libyen – accentuant par la même occasion un peu plus la division entre les territoires sous contrôle du gouvernement tripolitain d’un côté et ceux de l’Est de l’autre.

Le soutien turc au GAN a vraisemblablement permis ces succès, bien que la majorité du territoire libyen reste toujours sous contrôle des forces du maréchal Haftar et de ses alliés.  L’autre fait important à noter dans cet affrontement entre puissances sur le sol libyen n’est autre que les tensions qui s’accentuent entre alliés de l’Otan, notamment entre la France et la Turquie. Poussant par la même occasion le président français à relancer l’idée d’une «mort cérébrale» de l’alliance atlantiste.

Mais face aux récents échecs de l’ANL, ses principaux soutiens internationaux ne prévoient pas de rester les bras croisés. Ainsi, l’Egypte, voisin et justement l’un de ces principaux soutiens, a d’ores et déjà fait comprendre que si la contre-offensive des milices du GAN allaient tenter de prendre la ville de Syrte, Le Caire se garde le droit d’une intervention militaire directe en soutien au gouvernement de l’Est, dont il reconnait la légitimité. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi l’a d’ailleurs explicitement fait comprendre: «Ce droit est fondé sur la nécessité de protéger les frontières de l’Egypte contre les groupes terroristes, ainsi que d’aider les frères libyens à rétablir la sécurité et la stabilité, à mettre fin aux effusions de sang parmi les Libyens, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest du pays, et également soutenir le cessez-le-feu et le lancement d’un processus politique global sous les auspices de l’ONU».

Entre temps, Aguila Salah Issa, président de la Chambre des représentants, a déclaré que «le peuple libyen demandait officiellement à l’Egypte d’intervenir militairement si cela s’avère nécessaire». Toujours selon lui, ce serait une intervention légitime si les milices soutenues par la Turquie et le GAN franchissaient «la ligne rouge».

En termes de perspectives, certains experts estiment que l’Egypte rentrera dans un bourbier dans le cas d’un tel engagement militaire, surtout au vu des risques d’un affrontement direct ou semi-direct avec la Turquie. Il n’empêche que Le Caire semble déterminé à agir fermement en cas de besoin et à ne pas permettre la présence de milices salafistes près de ses frontières. Et malgré certaines difficultés auxquelles fait face le pays des Pharaons à l’heure actuelle, que ce soit sur le plan économique ou sanitaire lié à la propagation du Covid-19, il n’empêche que l’Egypte possède une force de frappe indéniable, et un certain nombre d’atouts face à la Turquie. Ne serait-ce qu’une proximité géographique directe avec le sol libyen, lui permettant d’avoir un avantage logistique sur l’adversaire turc. D’autre part, les Forces armées égyptiennes ne sont pas à présenter : principale puissance militaire africaine et du monde arabe, et selon le dernier classement pour 2020 du portail américain de référence sur l’analyse et le classement des principales puissances militaires du monde Global Fire Power, l’Egypte serait désormais la 9ème puissance militaire mondiale (12ème en 2019).

Quant à la discussion sur la légitimité ou non d’une telle intervention, il faudrait probablement noter qu’elle ne serait certainement pas moins légitime que celle des autres pays impliqués dans l’interminable conflit libyen, notamment ceux qui soutiennent le GAN. Et surtout probablement plus légitime que l’agression de l’Otan de 2011 – ayant détruit les bases étatiques d’un Etat qui inspirait de nombreux pays africains lors de l’existence de la Jamahiriya de Mouammar Kadhafi.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine promeut la multipolarité avec l’Afrique

La coopération Chine-Afrique se trouve toujours à un niveau stratégique, et ce pour les deux parties. Si jusqu’à encore assez récemment, l’accent dans l’interaction sino-africaine était surtout mis sur l’aspect économique, désormais Pékin intensifie la partie géopolitique, dans le cadre du soutien à la multipolarité.

Le récent Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre le Covid-19, a été témoin de plusieurs faits intéressants, notamment lors du discours du président chinois Xi Jinping. Les points principaux ont été reportés par l’agence de presse chinoise Xinhua.

Parmi ces points, le chef d’Etat chinois fait mention de la nécessité d’un travail résolu et conjoint dans la lutte contre la pandémie du Covid-19, la promotion de la coopération sino-africaine en mettant un accent plus important sur la santé, la reprise des activités économiques et l’amélioration du bien-être de la population. La promotion de l’amitié sino-africaine a elle aussi été soulevée. Une mention d’ailleurs qui n’est certainement pas le fruit du hasard, sachant que depuis le début de la pandémie en cours, la Chine a été visée par plusieurs campagnes informationnelles hostiles, y compris à destination du grand public africain.

Mais le fait assez marquant des déclarations lors de son discours était l’appel du président chinois à poursuivre le soutien ferme au multilatéralisme, et ce dans le cadre de l’interaction sino-africaine. Cela a été vu par de nombreux observateurs comme une position claire de Pékin en qui concerne la nécessité d’apporter un soutien massif au monde multipolaire, devenu réalité. Mais qu’est-ce qui a réellement changé si l’on devait comparer au passé?

Si effectivement la Chine ne cachait pas son appartenance à la coalition de pays qui soutiennent le concept multipolaire dans les relations internationales, il est néanmoins vrai que dans le cadre des relations sino-africaines, l’accent était bien souvent mis sur la partie économique et commerciale de ces relations. Désormais et au vu des tensions et pressions existantes à l’heure actuelle sur l’arène internationale, y compris à l’encontre de la Chine et de ses intérêts, Pékin semble élever sa voix comme étant un soutien ferme au monde multipolaire.

Dans le cas plus particulier sino-africain, le leadership chinois compte vraisemblablement sur l’important soutien africain dans les instances internationales, et notamment dans le cadre onusien. Il est certain que vu le nombre de pays africains siégeant aux Nations unies et le nombre d’alliés de Pékin sur le continent africain, le poids réciproque se fera incontestablement sentir, y compris par les opposants déclarés de la multipolarité.

L’avantage indéniable dont jouit Pékin est non seulement dû au fait de sa très large interaction économico-commerciale avec les pays africains, mais également l’appréciation en Afrique de la politique chinoise respectueuse de la souveraineté, des valeurs et des traditions des peuples d’Afrique – sans oublier évidemment l’absence d’un passé colonial. A la différence de ceux qui continuent à donner des leçons au monde entier, y compris aux pays africains, sans pour autant avoir de quelconques bases réelles en termes des valeurs humanistes que les donneurs en question prétendent défendre.

Et vu le nombre de dossiers d’actualité internationale dans lequel le fossé continue de se creuser entre les partisans de la multipolarité d’un côté et les nostalgiques de l’ère unipolaire dépassée, cette interaction sino-africaine est plus que jamais importante.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine et l’Afrique solidaires dans le cadre de la lutte contre le Covid-19

La coopération sino-africaine, notamment dans la lutte contre le Covid-19, ne faiblit pas. Les événements récents, aussi bien dans le cadre bilatéral entre la Chine et les pays concernés, qu’au niveau général Chine-Afrique, le confirment. Et ce en dépit des attaques extérieures visant à saper le partenariat sino-africain. 

Le président chinois Xi Jinping, présidera à Pékin un sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre le Covid-19, lors duquel il prononcera un discours clé. C’est qu’annonce la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, Hua Chunying, cité par l’agence de presse Xinhua.

Ce sommet, qui aura lieu sur la base d’une visioconférence, a été coordonné par la Chine, l’Afrique du Sud qui exerce la présidence tournante de l’Union africaine (UA), ainsi que le Sénégal qui copréside le Forum sur la coopération sino-africaine. Prendront part audit sommet les chefs d’Etat africains, les présidents tournants des principales organisations sous-régionales du continent et le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. Le secrétaire général des Nations unies et le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) assisteront eux-aussi au sommet en qualité d’invités spéciaux.

Cette initiative n’est finalement que la suite de nombreuses autres interactions entre les pays africains et la Chine. Parmi ces initiatives le soutien mutuel entre Pékin et les capitales africaines dans la lutte contre la pandémie du Covid-19, notamment l’assistance en équipement et l’envoi de spécialistes médicaux, des dons financiers, ainsi que l’échange d’expérience dans la gestion de la crise. En parlant de la coordination sino-sud-africaine, les deux pays ne sont effectivement pas à leur première interaction dans le cadre de la lutte contre le fléau sanitaire actuel, et ce aussi bien sur le plan bilatéral, que multilatéral.

Déjà le mois dernier, les experts médicaux militaires chinois avaient partagé leurs expériences de la lutte contre le Covid-19 avec leurs homologues sud-africains. Cela sans oublier la réunion extraordinaire, également par visioconférence, de fin avril dernier entre les ministres des Affaires étrangères des pays BRICS. Les pays membres s’étaient alors fixés l’objectif d’une interaction étroite dans la lutte contre le coronavirus – déterminée comme l’une des principales priorités de l’organisation du moment.

Evidemment, cela va sans dire que les nombreuses initiatives qui concernent l’interaction sino-africaine de façon générale, n’ont bien souvent pas trouvé d’appréciation positive du côté de l’establishment occidental. Aussi bien sur le plan politique, que médiatique. A ce titre, les articles publiés par les principaux organes de la presse occidentale visant à ternir ouvertement la Chine dans les yeux de nombreux Africains le confirment pleinement. Et ce aussi bien du côté des médias anglo-saxons, que français.

Ceci étant dit, les mêmes médias mainstream sont parfois forcés, malgré eux, à reconnaitre du moment que cela devient évident, le fait que les pays africains de façon globale préfèrent continuer à renforcer les liens, notamment commerciaux, avec la Chine, plutôt qu’avec l’Occident dans son ensemble, ou comme dans le cadre de cet extrait d’une émission radio datant de l’année dernière sur RTL, plutôt qu’avec la France.  En passant et au vu des commentaires sur ledit sujet de la part de nombreux Africains, la préférence au niveau de la société civile africaine penche elle aussi plutôt largement du côté chinois.

Pour conclure, il serait probablement juste de dire que la crise du Covid-19 était vue par de nombreuses personnalités occidentales comme un parfait moyen si ce n’est pas de détruire, mais au moins de fortement affaiblir les relations entre la Chine et l’Afrique. Et à ce titre, l’aspect informationnel n’était pas en reste. Malheureusement pour elles, les résultats escomptés n’ont pu être atteints. A titre de confirmation le dialogue et l’interaction stratégiques Pékin-Afrique restent toujours au plus haut niveau.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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USA: les républicains pour le durcissement des sanctions contre les principaux adversaires géopolitiques

Gestion catastrophique de la pandémie du Covid-19, tensions inter-ethniques, raciales, violence policière et vandalisme des casseurs à l’intérieur, refus d’accepter l’ordre unipolaire révolu par la grande majorité des pays du monde à l’extérieur, mais rien n’y fait – les représentants de l’establishment US prévoient de s’accrocher jusqu’au bout. Y compris à travers de nouvelles menaces qu’ils souhaitent mettre à exécution. 

Les républicains à la Chambre des représentants du Congrès étasunien ont publié mercredi un rapport sur la stratégie de la sécurité nationale, appelé à «renforcer le rôle des Etats-Unis et à contrer les menaces mondiales». Dans ledit rapport, il est notamment proposé d’imposer «les sanctions les plus dures jamais imposées auparavant» contre la Russie, l’Iran, et le Parti communiste chinois. A noter que le groupe de travail en question fait partie de la plus grande association de la faction républicaine à la Chambre des représentants US.

Ainsi, les auteurs du rapport proposent d’inclure la Russie sur la liste «des pays parrainant le terrorisme» – une liste que rédige l’administration présidentielle étasunienne. Ni plus, ni moins. Les raisons pour de telles accusations serait le soutien de Moscou aux corps des Gardiens de la révolution islamique iranien, le Hezbollah libanais, ou encore aux Talibans afghans. L’autre raison invoquée serait le fait qu’au cours de la dernière décennie, la Russie a affirmé son rôle de puissance mondiale, avec «une intention claire de saper l’ordre mondial sous la direction des USA». Ce serait peut-être d’ailleurs et surtout la principale raison.

L’autre orientation vis-à-vis de la Russie concerne, là aussi sans grande surprise, le secteur énergétique. Ainsi, le Congrès est invité à imposer une seconde couche de sanctions aux entreprises soutenant les projets pétroliers et gaziers russes. Ce n’est pas tout: selon les dits auteurs, il faut également imposer des restrictions à l’acquisition de la nouvelle dette souveraine russe, tout en poursuivant des sanctions personnelles vis-à-vis de responsables russes, et… des structures pro-russes dans d’autres pays. La liste n’est pas terminée, puisque les «érudits » étasuniens appellent aussi à exclure la Russie du système interbancaire SWIFT.

Dans le cas de Pékin, le rapport propose d’imposer «des sanctions contre le Front uni du Comité central du Parti communiste chinois», ainsi qu’à l’encontre d’un certain nombre de hauts fonctionnaires, y compris des membres du Politburo. Ceci, «dans le cadre de leurs activités concernant la population ouïghoure de Chine, ainsi que dans celui de la situation à Hong Kong». Les auteurs du rapport pensent également qu’en ce qui concerne la Chine, il est plus raisonnable d’utiliser des «sanctions ciblées», qui selon eux «fonctionneraient plus efficacement que les mesures tarifaires à grande échelle, qui affecteront à large échelle les USA eux-mêmes». Enfin, ils font également mention de la nécessité de bloquer la propagande chinoise, ainsi que de prendre les «mesures pour empêcher les technologies américaines critiques d’arriver dans ce pays».

En ce qui concerne la lutte contre l’Iran, le rapport propose d’imposer de nouvelles sanctions vis-à-vis d’un certain nombre de secteurs de l’économie iranienne. En parallèle des mesures visant les structures régionales affiliées à la République islamique, en particulier les milices pro-iraniennes en Syrie, Irak, Liban et Yémen. Reste tout de même à espérer que les initiateurs de ce rapport maitrisent également la localisation géographique des pays dont ils font mention.

Maintenant, pour parler perspectives. Evidemment, toutes ces mesures proposées par les politiciens étasuniens, peu importe d’ailleurs qu’ils soient républicains ou démocrates – car la haine de la Chine, de la Russie et de l’Iran les rassemble fortement – sont de nature consultatives et ne sont pas (en tout cas pour le moment) un projet de loi soumis au Congrès. Il n’empêche que cette action est tout de même très révélatrice des intentions de l’establishment étasunien dans son ensemble – y compris dans le camp de Donald Trump – à savoir se battre jusqu’au bout pour un retour à une gestion unipolaire du monde, même si le navire en question continue de couler.

Evidemment, dans le cas d’une imposition de telles sanctions, la guerre pourrait être totale, aussi bien sur le plan économique, qu’au niveau de la confrontation militaro-stratégique (sans forcément de guerre directe, mais avec une implosion d’affrontements locaux et régionaux). Et au vu des capacités contemporaines de Pékin, Moscou, et Téhéran, sans y inclure les alliés respectifs, Washington ne sortira pas gagnant d’une telle confrontation. Et ne ferait qu’accélérer sa chute. Mais connaissant la mentalité des élites atlantistes, beaucoup plus joueurs de pokers que d’échecs, ils pensent que miser le tout serait la solution. Rien n’est moins sûr. Ajoutez à cela les innombrables problèmes irrésolus de l’intérieur, et le tour est joué. Sauf que le Deep State n’a que peu à faire non seulement des vies humaines au-delà des frontières US, mais également sur le front intérieur, et effectivement l’époque actuelle multipolaire n’avait jamais autant remis en question leur pouvoir autoproclamé et inacceptable pour l’écrasante partie de l’humanité. 

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Burundi / présidentielle: confirmation de la légitimité des élections

Les résultats des récentes élections présidentielles en République du Burundi semblent désormais être acceptés au niveau international, malgré les critiques qui émanaient de la part des élites occidentales. La légitimité est désormais confirmée aussi bien au niveau de l’Union africaine (UA), de nombreux chefs d’Etat du continent, ainsi que de la part de nombreuses capitales du monde.

L’Union africaine (UA) a pris note de façon officielle des résultats définitifs de l’élection présidentielle au Burundi – publiés le 4 juin dernier. C’est ce que rapporte l’Agence de presse africaine (APA).

Par ailleurs, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a souhaité au président burundais élu «ses vœux de plein succès dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités». Plusieurs chefs d’Etat africains ont également transmis leurs félicitations au leader du Burundi. Les médias occidentaux n’ont de leur côté pas manqué de faire écho de nombre «d’irrégularités».

Il est vrai que depuis de nombreuses années le Burundi s’était retrouvé sous pression de la part de nombre de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, la France ou encore l’ex-puissance coloniale belge – qui n’approuvait pas l’orientation souveraine choisie par le prédécesseur du président nouvellement élu Pierre Nkurunziza. Les accusations émanant de ce camp, notamment via le mainstream médiatique, étaient fort nombreuses: accusations de violation des droits de l’homme, risque de génocide, politique autoritaire…

Il n’empêche que grâce à la mobilisation intérieure et au soutien diplomatique de deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, en la qualité de Pékin et Moscou, ayant empêché la poursuite de la déstabilisation opérée par les capitales occidentales, le pays a réussi à tenir toutes ces années et même à poursuivre la diversification de ses relations extérieures.

L’élection récente d’Evariste Ndayishimiye est venue conforter l’idée que le Burundi refusera toute interférence extérieure dans ses affaires internes. Et confirmant par la même occasion l’idée de véritable souveraineté, tellement voulue et recherchée par grand nombre d’Etats africains. D’autre part, ce petit pays de la région des Grands Lacs a démontré que toute idée d’une guerre civile, voire de génocide, n’était rien d’autre que l’œuvre d’une propagande hostile non seulement au Burundi, mais plus généralement vis-à-vis de tous les Etats d’Afrique ayant misé sur leur souveraineté nationale et sur la diversification active de leurs partenariats extérieurs.

Evidemment et comme tout pays, de nombreux défis existent et rentrent très certainement dans l’agenda du leadership burundais. Ce qui est certain c’est que du moment que le processus électoral a pu se dérouler dans des conditions pacifiques et sans violence – en nette opposition des pronostics de certaines forces, cela confirme toute la maturité du peuple du Burundi et de la capacité de ses dirigeants à maintenir le cap vers un développement durable, conséquent et souverain. Quant aux donneurs de leçons, ils feraient bien mieux aujourd’hui de se concentrer sur leurs problèmes intérieurs. La crise du Covid-19, ainsi que bien d’autres sujets d’actualité, l’ont à ce titre pleinement démontré.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Prague comme centre d’attaques contre la Russie

S’il est vrai que la pandémie du Covid-19 ait concentré l’attention de l’opinion publique internationale dans sa majorité, le travail des services secrets est quant à lui resté très actif. Et à ce titre, le rôle attribué par les services secrets occidentaux à la Russie en qualité «d’empire du mal» par excellence est resté inchangé. Le tout évidemment en coordination avec les divers instruments à disposition de l’establishment occidental.

A ce titre, la capitale tchèque Prague est devenue probablement l’un des plus grands centres opérationnels de communication des services de renseignement occidentaux. Et ce hub de la Guerre froide 2.0 est notamment activement utilisé pour non seulement mener des attaques informationnelles et accusations en tout genre contre la Russie et ses intérêts, mais également à renforcer dans la conscience collective, du moins occidentale, le stéréotype faisant de la Russie «l’empire des hackers».

Pour cela, les services de renseignement tchèques représentent beaucoup plus les exécutants d’un plan géré et coordonné en premier lieu par le duo USA-Grande-Bretagne (ou plus précisément CIA-MI6), ayant justement fait de Prague l’un de leurs principaux centres opérationnels en Europe continentale.

Le choix de Prague n’est pas un hasard. Notamment en ce qui concerne la relance des accusations visant la Russie dans l’affaire Skripal. C’est en effet dans la capitale tchèque que se trouve le plus grand centre de renseignement d’Europe centrale de la CIA et du MI6. C’est également Prague qui représente le plus grand centre opérationnel des communications du renseignement occidental anglo-saxon. Le tout sans oublier que Sergueï Skripal lui-même avait assez longtemps travaillé dans cette ville, en enseignant au contre-espionnage tchèque et à d’autres services de renseignement les méthodes d’identification des agents de renseignement russes.

Enfin, la République tchèque n’a pas seulement été activement utilisée dans la fameuse affaire Skripal, mais également dans les accusations visant la Russie quant aux différentes attaques de hackers, prétendument russes. Les méthodes coordonnées entre les principaux services du renseignement occidental et leurs homologues tchèques pour les attaques contre la Russie n’étaient pas forcément originales, mais utilisaient plutôt un schéma relativement «standard». A savoir la formation d’un motif fictif quant aux raisons de «l’agression russe», la création d’un cas informationnel (comme une prétendue cyberattaque sous false flag), puis diffusion au niveau des médias (notamment mainstream) et de la communauté «d’experts» occidentaux de l’idée sur «la trace russe», et enfin les responsables politiques de l’Occident qui reprennent à leur tour les accusations en question.

Désormais, le moment est de nouveau bien choisi. La provocation avec le démontage à Prague de la statue du maréchal soviétique Ivan Konev – en passant celui qui commandait les troupes de l’Armée rouge ayant libéré la ville des nazis en 1945 et également celui qui lors des combats pour la libération de la ville avait ordonné de ne pas utiliser l’artillerie lourde en vue de préserver les monuments historiques de la capitale tchèque – rentre vraisemblablement dans de nouvelles attaques informationnelles qui visent et viseront la Russie.

Désormais, il sera assez facile pour la coalition des services de renseignement occidentaux, et en premier lieu pour le duo américano-britannique, de mettre sur le dos des services russes toute attaque, réelle ou fictive, dans le cyberespace ou ailleurs – en mettant l’accent sur un acte de «vengeance» de la Russie pour le démontage du monument d’Ivan Konev à Prague. Un peu à la sauce de l’affaire Skripal – qui était décrit lui aussi comme un acte punitif ou de vengeance de la part de la Russie par les forces intéressées à mettre la responsabilité sur Moscou.

Ce qui est d’ailleurs assez paradoxal, c’est que les éléments utilisés bien souvent dans les accusations visant les hackers russes (ou prétendument russes), c’est:

1) les adresses IP russes utilisées lors des «attaques» et

2) «l’origine» russe des virus utilisés lors de ces attaques.

Pour ceux qui maitrisent un peu le sujet, ils sauront que les adresses IP, surtout lorsqu’il s’agit de hackers professionnels de haut niveau, peuvent loin et même très loin correspondre aux adresses IP réelles utilisées lors de telles cyberattaques. Car tout hacker fera en sorte de voiler au maximum toute trace de son activité d’origine. Quant à l’origine prétendument russe des virus, c’est un argument également qui bien souvent ne tient pas – sachant qu’une bonne partie des virus utilisés par les hackers de «haut niveau» ont justement une origine étasunienne, et plus que cela – des services de renseignement US. Et plus que cela encore, ces derniers n’hésitent d’ailleurs tout simplement pas à kidnapper des spécialistes informatiques russes (là aussi prétendument «hackers»), et ce à divers endroits du monde (comme par exemple lors de leurs congés), pour ensuite les ramener de force en terre étasunienne, leur faire du chantage (comme par exemple la prison à perpétuité) et ainsi les obliger à travailler pour les intérêts des services de renseignement étasuniens. Eh oui, aussi simple que cela.

Quant encore une fois au choix de Prague, il n’est lui aussi pas vraiment anodin et pas seulement lié à des raisons technico-pratiques. Grande ville historique d’Europe centrale – où d’une part on peut trouver de nombreux politiciens et responsables hostiles à la Russie, et ce dans pratiquement tous les domaines, et de l’autre où se trouvent un certain nombre de sympathisants vis-à-vis de Moscou, notamment le président tchèque Miloš Zeman. Un endroit donc idéal pour d’une part mener des attaques contre l’adversaire russe et ses intérêts, et de l’autre affaiblir tous ceux qui regardent avec ne serait-ce qu’un peu de sympathie (ou simplement de respect) envers la grande puissance eurasienne. Mais l’avantage du monde contemporain, c’est que justement ces méthodes qui paraissaient tellement voilées jusqu’à encore récemment s’ouvrent désormais au grand jour.

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Emeutes aux USA: le Zimbabwe lui aussi sur le banc des accusés

Les Etats-Unis sont en train de vivre une page fortement difficile de leur histoire. De loin en tête en termes de nombre de contaminations et de décès dus au Covid-19, le pays de l’Oncle Sam doit désormais faire face à de multiples émeutes à divers endroits du pays, le tout sur fond de tensions ethniques.

De façon générale ces émeutes n’ont rien d’exceptionnelles en tant que telles – sachant que ce ne sont loin d’être les premières. En effet, sous l’administration Obama – durant le mandat duquel plusieurs assassinats avaient été commis vis-à-vis, bien souvent, de représentants afro-américains et d’autres minorités ethniques, suite à quoi s’en étaient suivies plusieurs manifestations de citoyens US en colère. En réponse de quoi les forces de l’ordre étasuniennes n’avaient pas hésité à utiliser la violence comme moyen de réponse, y compris l’extrême.

Au-delà du fait que le pays se prétendant être le modèle parfait en termes de démocratie, de liberté et des droits de l’homme, se permettant de façon hyperactive à donner des leçons de vie à la planète entière et à se mêler d’affaires intérieures d’Etats souverains, sans oublier évidemment les déstabilisations, organisations de coups d’Etat, et bien évidemment l’intervention armée pure et simple – lorsque cela est «nécessaire», ait à utiliser un tel degré de violence contre ses propres citoyens, mais l’autre fait qui se démarque – ce sont les accusations portées par nombre de représentants de l’establishment étasunien à destination de pays étrangers – qui auraient «contribué» à ces émeutes.

Si les accusations portées par une partie de l’establishment politique et médiatique (notamment via la chaine CNN) à l’encore de la Chine, la Russie ou encore de l’Iran sont loin d’être nouvelles, le cas du Zimbabwe parait tout de même surprenant. S’il est vrai que Harare se trouve en alliance avec les trois premiers dans les domaines politico-diplomatiques, économiques et militaires, quel intérêt aurait-elle, sérieusement parlant, à contribuer à la montée de la violence en terre étasunienne? Revanche pour les sanctions US? Pour les nombreuses déstabilisations intérieures orchestrées par des forces obscures liées aux Etats-Unis? Tentatives américaines de faire isoler le pays?

S’il est vrai que les raisons pour le Zimbabwe d’en vouloir les USA sont réelles et nombreuses, il est peu probable que Harare aurait une quelconque volonté de mettre de l’huile sur le feu chez l’ex-gendarme du monde – si ce n’est que de lui mettre un miroir devant ses yeux. Vraisemblablement, un miroir qui donne une migraine énorme à ceux qui profèrent ces accusations d’interférence contre les USA. Peut-être d’ailleurs que ces derniers auraient quelque chose à se reprocher?Demain les accusations seraient-elles portées également contre Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et d’autres forces progressistes latino-américaines, voire la Syrie ou encore la Turquie? Connaissant l’establishment US et sa mentalité – rien ne serait impossible.

Mais le mieux probablement que ces élites étasuniennes auraient à faire c’est justement et surtout de commencer à se regarder dans le miroir et comprendre à quel point leur propre société est tout sauf un exemple pour d’autres nations. D’autre part, pour les partisans de Trump si il y a bien ceux qui essaient d’exploiter les énormes tensions actuelles, c’est surtout ses adversaires intérieurs – aussi bien ceux liés à Soros & Co., que les Clinton, Biden et Obama – de façon il est vrai totalement hypocrite sachant qu’à leur période de règne les crimes à caractère raciste étaient tout sauf moindres.

Enfin, du moment que l’establishment étasunien, dans son ensemble, ne saura accepter la réalité multipolaire du monde et leur incapacité à maintenir le diktat unipolaire, les USA continueront de s’enfoncer dans toutes les contradictions possibles – intérieures comme extérieures. Et à ce titre au lieu de maintenir des centaines de bases militaires à l’étranger, Washington ferait bien mieux de régler ses énormes problèmes intérieurs – de l’économie à la santé, des problèmes sociétaux aux conflits interethniques qui n’ont cessé d’exister au cours de son histoire tumultueuse. Des massacres des populations de souche et de la traite esclavagiste jusqu’aux lois ségrégationnistes, y compris après la seconde moitié du XXème siècle, jusqu’aux violences contemporaines. Donc stay home and solve your problems.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les principales puissances militaires africaines en 2020

Crise sanitaire ou non, la question des capacités défensives des pays reste toujours d’actualité. Au niveau africain et en comparaison à 2019, si la liste des quatre principales puissances militaires africaines reste inchangée, le Top 5 a néanmoins connu un changement.

Global Fire Power, le portail américain de référence sur l’analyse et le classement des principales puissances militaires du monde avait actualisé son classement pour 2020. En ce qui concerne les pays africains, si dans le classement des cinq principales puissances africaines en termes de capacités défensives, on retrouve un seul changement, néanmoins on peut noter une évolution des principales forces militaires africaines dans le classement mondial.

L’Egypte maintient sa position de principale puissance militaire africaine. Un budget alloué à la Défense de 11,2 milliards de dollars, le nombre du personnel militaire s’élevant à 920 000 personnes (dont 440 000 de personnel actif), et un équipement d’armements diversifié, le pays des pharaons a également connu, en comparaison à 2019, une montée de trois places dans le classement mondial. 12ème en 2019, il est désormais 9ème, entrant ainsi dans le Top 10 des principales puissances militaires du monde.

Deuxième place également sans changement et c’est logique: l’Algérie conforte sa position incontestable de deuxième puissance militaire en Afrique. Une légère évolution tout de même au niveau du classement mondial, ayant été 27ème puissance armée en 2019, selon Global Fire Power elle serait pour cette année 28ème. Quoiqu’il en soit, l’Algérie reste sans discussion une force militaire de grande importance. Avec un budget de 13 milliards de dollars – le plus important en Afrique, un personnel militaire totalisant 280 000 personnes (dont 130 000 de personnel actif), la République algérienne démocratique et populaire peut également se vanter d’avoir des équipements militaires fort diversifiés et sophistiqués : flotte aérienne, défense anti-missiles, forces navales (dont 6 sous-marins), sans oublier un impressionnant équipement armé terrestre (chars, véhicules blindés, artillerie, lance-roquettes multiples). Point notable, l’Algérie fait partie du Top 3 des principaux partenaires de la Russie dans le domaine militaro-technique au niveau mondial.

La troisième puissance militaire africaine n’est autre que la République d’Afrique du Sud. Si au niveau africain en comparaison à l’année dernière son classement reste inchangé, le pays de Nelson Mandela peut néanmoins se vanter d’avoir, comme l’Egypte, amélioré de trois places son classement au niveau mondial (32ème en 2019, 29ème désormais). Possédant un budget alloué à la Défense de plus de 4,2 milliards de dollars, un personnel militaire de 81 300 personnes (dont 66 300 de personnel actif), et un ensemble d’armements diversifié (aussi bien de production nationale, qu’importée). L’Afrique du Sud peut également se vanter d’avoir sérieusement augmenté son interaction dans le domaine militairo-technique avec d’autres pays des BRICS, en allant même à organiser des manœuvres navales triparties aux larges de ses côtes avec la Chine et la Russie, en novembre dernier.

Le Nigéria, maintient également sa quatrième place au classement africain. Le pays le plus peuplé d’Afrique, première puissance économique du continent en termes de PIB nominal et deuxième en termes de PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA), dispose d’un budget alloué à la Défense de plus de 2 milliards de dollars, ainsi qu’un personnel militaire actif de 120 000 personnes. A noter également que le pays est monté de la 44ème place au classement mondial l’année dernière à la 42ème cette année.

Quant à la cinquième place du classement africain des principales puissances militaires, c’est justement là qu’il y a un changement. L’Ethiopie qui occupait cette position l’année dernière au niveau du continent (et la 47ème place dans le monde), a perdu treize positions au cours de l’année pour n’occuper désormais que la soixantième place dans le classement mondial et la septième place au classement continental. Elle est remplacée en 2020 par l’Angola: sixième au niveau de l’Afrique et 58ème au niveau du monde en 2019, Luanda est montée donc d’une place dans le classement africain, et de deux marches au niveau mondial. La puissance énergétique peut se vanter de posséder un budget militaire très non-négligeable de 7 milliards de dollars (troisième en Afrique), un personnel militaire actif de 107 000 personnes, et un équipement d’armements assez impressionnant.

Pour conclure sur ce compte-rendu des cinq principales puissances militaires africaines de cette année, au-delà de pouvoir lier la puissance militaire aux moyens économiques des pays, dans le cas de l’Afrique il serait probablement intéressant également de faire un parallèle entre le niveau de souveraineté d’un côté, et la capacité défensive de l’autre, et vice-versa. Car quoi qu’on en dise, dans ce Top 5 des puissances armées d’Afrique, pratiquement tous peuvent se vanter d’une politique indépendante et souveraine, y compris dans leurs décisions politiques. Ce qui signifie, c’est qu’au-delà du potentiel économique et des ressources naturelles à disposition du pays, ce qui compte c’est aussi la capacité à pouvoir gérer ces ressources de façon indépendante, sans devoir rendre de compte à des acteurs externes, et d’avoir une liberté de décision qui permette, à tel ou tel pays, d’aller dans le renforcement de sa capacité défensive. Le problème, c’est que de nombreux pays du continent africain possèdent des ressources naturelles importantes et un potentiel économique certain. Mais sans liberté réelle dans leur prise de décision, il est peu probable qu’ils puissent augmenter le potentiel défensif, ou autre, sans devoir d’abord obtenir l’aval de certaines capitales.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Iran brise le blocus étasunien du Venezuela

Malgré les sanctions étasuniennes visant la République islamique d’Iran et la République bolivarienne du Venezuela, les dernières actions des deux pays démontrent la détermination d’outrepasser ces pressions, et ce malgré les menaces de Washington.

Le premier des cinq pétroliers iraniens est arrivé au Venezuela, transportant des carburants nécessaires pour la nation latino-américaine. L’information est confirmée par Tareck El Aissami, le ministre vénézuélien du Pétrole. Il a également indiqué que le navire a été escorté par les forces armées à son entrée dans les eaux territoriales du pays.

A cet effet, l’ambassade iranienne à Caracas a également publié un communiqué et a remercié les militaires vénézuéliens: «Le premier pétrolier iranien a atteint les côtes vénézuéliennes. Nous sommes reconnaissants aux Forces armées bolivariennes pour l’avoir escorté». La télévision pan-latino-américaine Telesur a en outres diffusé les images correspondantes.

L’arrivée des quatre autres navires est prévue dans les prochains jours. Au total, 1,5 million de barils de carburant font partie des livraisons en cours. Le tout à un moment où les pénuries de carburant en République bolivarienne se sont aggravées avec la propagation du Covid-19. Pour rappel, les USA ont imposé des sanctions visant les exportations de brut de l’Iran et du Venezuela. Tout en proférant des menaces de recours armé. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué de rappeler le représentant permanant du Venezuela à l’ONU, en déclarant que les pétroliers iraniens transportant le carburant à destination de son pays font l’objet d’une «menace d’un usage imminent de la force militaire par les Etats-Unis». Le représentant vénézuélien parle également de «crime d’extermination», puisque ces actions visent à priver le peuple du Venezuela d’un moyen vital de subsistance.

Ceci étant dit, les deux pays ne comptent pas reculer. Et se disent, en cas de nécessité, à être prêts d’utiliser leurs capacités défensives. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué d’affirmer le président iranien Hassan Rouhani, lors d’une conversation téléphonique avec l’émir du Qatar samedi, cité par l’agence Mehr, en avertissant que la République islamique d’Iran répondrait à toute éventuelle agression étasunienne contre les pétroliers iraniens dans la mer des Caraïbes ou tout autre point du monde.

Si les deux pays se montrent prêts à s’entraider sur le plan énergétique, économique et militaire, il serait également important de rappeler que malgré l’hostilité de Washington et de ses alliés occidentaux, Caracas peut aussi compter, entre autres, sur le soutien de la Russie, de la Chine, de Cuba, de la Turquie ou encore du Mexique – dans le cas des deux premiers y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela sans oublier plusieurs secteurs d’importance stratégique qui lient Moscou et Pékin aux autorités vénézuéliennes, parmi lesquels on retrouve également les projets de partenariat économico-énergétique, sans oublier la coopération militaro-technique.

Une chose est certaine. Le refus de suivre les prérogatives de Washington et des capitales occidentales, aussi bien de la part de Téhéran que de Caracas, conforte l’idée que la réalité multipolaire mondiale est bel et bien une réalité admise, et non pas un projet en cours de construction. Malgré cela, et au moment d’énormes défis dont font face à l’heure actuelle les USA, l’establishment de ces derniers n’est toujours pas en mesure, et probablement ne le sera pas, à reconnaitre cette réalité. Quoiqu’il en soit, ce refus égocentré d’un nombre limité de pays de la planète ne pourra vraisemblablement stopper le processus naturel des choses en cours. Les seuls perdants de la réalité présente n’étant que ceux qui la refusent.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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