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Les perspectives des BRICS en tant que base de la nouvelle réalité internationale

21.04.2022

Dans le cadre du monde multipolaire post-occidental, les discussions s’activent sur les modèles qui joueront un rôle clé dans la nouvelle architecture internationale. Le groupe des BRICS fait partie des options qui méritent un grand intérêt.

Dans le contexte des bouleversements en cours et à venir sur la scène internationale, avec comme résultat la marginalisation de plus en plus visible de l’establishment occidental, il est désormais très important de mettre en place les mécanismes de cette nouvelle réalité mondiale qui s’impose, et s’imposera.

Les nostalgies du système unipolaire vivent les dernières heures et laisseront la place à une nouvelle configuration des relations internationales et de blocs régionaux/continentaux. On sait également que les forces motrices de cette architecture seront les grandes puissances mondiales non-occidentales, ainsi que les communément appelés pays du Sud. A cet effet, de nouvelles institutions verront certainement le jour, de même que de nouveaux mécanismes d’intégration régionale, voire inter-régionale, sans oublier les systèmes financiers correspondants.

Evidemment, les BRICS constituent l’un de ces exemples d’inspiration pour la suite des événements à venir. Parmi les orientations que pourra offrir l’organisation, on peut faire mention du redémarrage des échanges mondiaux sur de nouvelles règles et bases, la création d’un nouveau système institutionnel qui permettra la modernisation des pays alliés et partenaires, la mise en place de nouvelles plateformes régionales, et bien évidemment la création d’un système financier nouveau, qui privilégiera les échanges en monnaies nationales/régionales, sans oublier la ferme nécessité de s’éloigner vis-à-vis des réserves en monnaies occidentales.

Ces schémas, ainsi que certainement beaucoup d’autres, pourront être coordonnés et mis en œuvre dans le cadre du format BRICS+, un format qui ouvre l’interaction entre les pays membres des BRICS avec les autres nations, et plus généralement le reste de l’économie mondiale. En ce qui concerne plus précisément les organisations avec lesquelles les BRICS peuvent déjà interagir, on peut mentionner l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – cette grande organisation eurasiatique internationale, ainsi que l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Aussi, les interactions et coordinations de divers mécanismes supplémentaires, peuvent et doivent être étendues aux autres parties du monde, notamment l’Afrique et l’Amérique latine. Il est également évident que lors de la création de telles nouvelles plateformes d’interaction, l’esprit du multilatéralisme, ainsi que de la construction d’une nouvelle architecture internationale – dans l’intérêt de l’ensemble de ses participants – seront des orientations de première importance.

Si l’esprit des groupes des BRICS et de l’OCS est devenu aujourd’hui inspirant pour de nombreuses régions terrestres, il est évident qu’il faudra faire preuve d’adaptation à leurs besoins, le tout dans l’objectif de reformater l’économie mondiale dans un cadre réellement inclusif, juste et durable. En cela les BRICS comme l’OCS peuvent devenir les initiateurs de processus d’interaction avec à terme une grande plateforme de coopération regroupant tous les pays du Sud. La présidence chinoise des BRICS de cette année peut d’ailleurs donner une impulsion à toutes ces initiatives.

En ce qui concerne les grandes puissances non-occidentales, il est évident qu’il faut dès maintenant construire ces mécanismes qui à terme tourneront définitivement la page du système libéral occidental. Dans cette optique, l’Occident pourra choisir de rester isolé en poursuivant ses fameuses références à un système international qu’il contrôlait – révolu, ou d’ici là s’adapter aux nouvelles règles. Bien que cette question ne soit pas prioritaire. La priorité est représentée par la majorité de la population du globe terrestre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3806

Etats-Unis & alliés: séparés du reste du monde (universitaire)

18.04.2022

Les tentatives de l’establishment US et occidental à tenter de défendre l’ordre unipolaire révolu et le système libéral sont vouées à l’échec, ne faisant qu’augmenter considérablement l’écart entre le bloc occidental et le reste du monde. C’est l’avis de l’universitaire John Pang, dans un récent entretien à Xinhua.

Les comportements diplomatiques, politiques et économiques de l’Occident fondés sur l’hypothèse que le monde est toujours unipolaire sont voués à l’échec et sont désastreux pour l’Occident lui-même, selon John Pang, chercheur principal au Bard College de New York, dans un entretien récent accordé à l’agence de presse internationale chinoise Xinhua.

Pour l’universitaire de renom, les sanctions adoptées par les USA contre la Russie représentent en réalité une tentative de défendre l’ordre mondial unipolaire établi depuis la chute de l’Union soviétique. Toujours selon lui, ces comportements visent à défendre et à étendre l’hégémonie libérale qui a prévalu pendant plusieurs décennies après la fin de la guerre froide.

John Pang par ailleurs estime que le monde n’est plus unipolaire, y compris sur le plan économique. Il rajoute que les sanctions occidentales ne seront pas acceptées, et qu’elles ne fonctionneront pas comme elles sont censées le faire, pour la raison que l’économie mondiale a cessé d’être unipolaire depuis un certain temps.

Dans un article de février dernier, Observateur Continental avait d’ailleurs une fois de plus fait ce rappel, notamment quant au fait qu’à l’heure actuelle dans le Top 10 des principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat – moins de la moitié sont celles des pays occidentaux.

L’expert interviewé par l’agence de presse Xinhua a également rappelé que les sanctions sont ancrées dans la mentalité de la guerre froide, bien que même les acteurs de ladite période fussent plus réalistes que ceux d’aujourd’hui. Pour John Pang nous assistons également à un moment très intéressant de l’histoire mondiale – dans lequel les Etats-Unis et leurs alliés – n’ont jamais été aussi séparés du reste du monde. Et que leur point de vue n’a jamais semblé aussi déconnecté des attitudes dans d’autres parties du globe terrestre. Ces autres parties représentant l’écrasante majorité de la population terrestre par la même occasion.

John Pang conclue par le fait que le sens commun en Asie du Sud-Est, région du monde où il a grandi et travaillé durant plusieurs années, en particulier dans le milieu des affaires, est que le monde est entré dans une ère de multipolarité et que par ailleurs la tentative de l’establishment occidental de maintenir l’ordre unipolaire, de même que l’hégémonie libérale – est insensée et vouée à l’échec.

En termes de perspectives, difficile d’y rajouter quelque chose si ce n’est encore une fois de rappeler que la multipolarité, devenue réalité depuis maintenant plusieurs années – n’avait au préalable pas l’objectif d’isoler le monde occidental. A condition que ce dernier, étant une évidente minorité à l’échelle planétaire ait fait preuve d’adaptation aux règles qui émanent du concept multipolaire des affaires internationales.

Désormais, il est certainement trop tard. L’Occident politique et ses suivistes, notamment médiatiques, ont raté l’occasion de pouvoir bâtir un avenir commun pour toute l’humanité. Et c’est certainement encore une fois la raison pourquoi dans un avenir assez proche le monde ne sera pas seulement multipolaire – car il l’est déjà – mais sera indéniablement un monde multipolaire post-occidental, comme Observateur Continental  l’avait envisagé. Avec tout ce que cela implique. Les citoyens des pays occidentaux, partageant les valeurs de l’ère multipolaire et qui sont nombreux, auront alors à terme l’occasion de demander des comptes à leurs responsables politico-médiatiques.

Mikhail Gamandiy-Egorov

UEEA: des échanges en hausse et perspectives à venir

29.03.2022

L’année écoulée a été celle d’une augmentation significative des échanges pour l’Union économique eurasiatique – aussi bien à l’intérieur de l’union que sur le plan du commerce avec l’extérieur. Par ailleurs, l’espace eurasiatique sera indéniablement appelé à renforcer les échanges et les mécanismes avec ses principaux partenaires d’Asie, à l’heure où l’Occident se conforte dans sa propre isolation.

Le Département des statistiques de la Commission économique eurasienne a annoncé les résultats préliminaires du commerce mutuel et extérieur de l’Union économique eurasiatique (UEEA), 4ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat, pour l’année 2021.

Il en ressort que le volume du commerce extérieur des échanges entre les Etats membres de l’Union économique eurasiatique avec les pays hors UEEA est estimé à 844,2 milliards d’équivalent de dollars, représentant une augmentation de 35,1% par rapport à 2020. Par ailleurs, l’excédent du commerce extérieur en 2021 s’est élevé à 207,2 milliards d’équivalent de dollars (contre 105 milliards en 2020).

Autre point important: la croissance de la valeur des exportations des Etats membres de l’UEEA vers les pays hors union l’année écoulée était principalement due à l’augmentation des prix des biens exportés (de 46,3%), le tout alors que le volume physique des biens exportés a au contraire diminué (de 1,5%). En ce qui concerne les résultats par pays membre, les exportations ont augmenté de 47,8% pour la Biélorussie, de 47% pour la Russie, de 25,8% pour le Kazakhstan et de 16,8% pour l’Arménie.

En ce qui concerne les marchés extérieurs concernés par cette hausse significative des exportations des pays membres de l’UEEA – l’Union européenne a représenté 42,2%, les pays membres de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC): 28,3% (très principalement la Chine), les pays de la CEI non-membres de l’UEEA ont été quant à eux destinataires de 5,8% des dites exportations.

Du côté des échanges mutuels des Etats membres de l’Union économique eurasiatique en 2021, calculé comme la somme de la valeur des opérations d’exportations des membres de l’UEEA dans le commerce mutuel – cela s’est élevé à 72,6 milliards d’équivalent de dollars, soit 131,9% du niveau de 2020. A noter également que dans le commerce mutuel des pays membres de l’union – le rouble russe occupe la position de leader en qualité de monnaie des échanges.

Parlons maintenant perspectives. Evidemment et compte tenu des nouvelles réalités géopolitiques et géoéconomiques, notamment dans l’incapacité la plus totale des régimes occidentaux à pouvoir s’adapter aux règles du monde multipolaire, il est évident que l’Union économique eurasiatique devra orienter beaucoup plus ses échanges en direction du grand espace eurasien, et notamment en direction de pays comme la Chine, l’Inde, le Pakistan ou encore l’Iran (qui réfléchit d’ailleurs à intégrer l’UEEA). Le tout en privilégiant les paiements en monnaies nationales.

Ceci d’autant plus que les pays de l’Europe bruxelloise n’ont pas saisi l’occasion de comprendre que leur intérêt pragmatique était naturellement avec l’Eurasie. Cela sans même rentrer dans une quelconque alliance, sachant de toute manière que sur le plan civilisationnel l’espace eurasiatique n’a désormais que très peu à partager avec une Europe où les valeurs dignes de ce nom ont été depuis longtemps profondément inversées. Mais le pragmatisme économique aurait permis de tenir compte des intérêts de chacun, et des « particularités » de chacun.

Désormais, cela est fort probablement impossible. L’Europe dans sa version bruxelloise, n’est qu’un simple sous-traitant des ordres washingtoniens. Et dont la réputation ne vaut absolument plus rien. Les responsables à la tête de cette Europe préfèrent sacrifier leurs propres populations, du moment que le maître outre-Atlantique sera satisfait par leur obéissance.

Aujourd’hui, il devient déjà assez évident qui sera le grand perdant économiquement parlant. Mais il ne faut pas espérer que la Russie ou ses alliés eurasiatiques tendront de nouveau la main à un navire qui a décidé de ses propres vœux à couler. Peut-être que viendra le jour où de nouveaux leaders européens, sans arrogance néocoloniale ni rêves pro-unipolaires, prendront la destinée de leurs Etats respectifs. Mais soyons clairs – ce n’est pas pour un avenir très proche. Et pendant ce temps, l’Eurasie sait ce qui lui reste à faire. Le monde n’étant absolument pas l’Occident collectif.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3722

Sanctions occidentales contre la Russie: la Turquie dit non

22.03.2022

En dépit des pressions qui se poursuivent, la Turquie continue fermement de refuser à se joindre aux sanctions à l’encontre de la Russie. Malgré plusieurs divergences existantes avec Moscou, l’approche pragmatique turque démontre que l’axe atlantiste est loin d’être soudé.

«La Turquie n’a pas participé aux sanctions contre la Russie et n’a pas l’intention de s’y joindre» – c’est ce qu’avait déclaré Mevlüt Çavuşoğlu, ministre turc des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Anadolu.

Une posture saluée par son homologue russe Sergueï Lavrov, qui a de son côté affirmé «qu’Ankara suit une ligne pragmatique concernant la crise ukrainienne», avec une approche très équilibrée. Pour autant, cela ne signifie pas que les deux pays soient sur la même ligne dans ce dossier, comme dans d’autres.

En effet, le leadership turc avait condamné l’opération militaire russe en Ukraine. Et ce n’est évidemment pas le seul point de discorde existant entre la Turquie et la Russie. Faut-il rappeler qu’Ankara et Moscou possèdent des approches divergentes, voire diamétralement opposées, dans de nombreux dossiers régionaux et internationaux: Syrie, Libye, Caucase du Sud, pour ne citer que cela.

Ceci étant dit, tout ne sépare pas les deux pays à l’international, loin de là et cela s’est traduit par des approches similaires ou assez proches dans plusieurs autres dossiers: Biélorussie, Venezuela, Centrafrique, Mali. Plus que cela, les deux nations possèdent de très importants intérêts économico-commerciaux conjoints – du secteur énergétique jusqu’au nucléaire civil, en passant par le tourisme, l’agroalimentaire, le textile ou le secteur du BTP. L’aspect économique représentant certainement la partie d’intérêt stratégique pour les deux parties.

Evidemment, la meilleure caractéristique qui peut être donnée à la politique turque dans sa posture internationale est celle d’équilibriste – sachant promouvoir ses intérêts de concert avec les grandes puissances non-occidentales eurasiennes, sans pour autant fermer le chapitre de son appartenance à l’Otan. Une approche d’ailleurs qui lui a valu de nombreuses critiques de la part de plusieurs de ses alliés atlantistes.

Dans le cas ukrainien, il ne faut pas non plus oublier que la Turquie avait fourni un certain nombre d’armements au régime kiévien, y compris les fameux drones Bayraktar TB2. Ce qui pourrait d’ailleurs être considéré comme une prise de position en faveur dudit régime, bien que le plus important pour Ankara soit surtout la possibilité de continuer à promouvoir ses drones de combat à l’échelle internationale, pour des rentrées économiques supplémentaires.

Le fait est que le refus de la Turquie de se joindre aux sanctions contre la Russie, tellement promues par l’establishment occidental, confirme plusieurs aspects. Tout d’abord qu’Ankara maintient sa propre ligne politique à l’international, faisant du pays certainement le seul acteur assez indépendant au sein de l’Otan. De l’autre, la posture du leadership turc s’apparente à celle d’observer la suite des événements, comprenant parfaitement que le monde de la domination unipolaire occidentale est terminé. Et ne souhaitant donc pas se trouver, du moins complètement, dans le camp des perdants.

Il est évident que ne serait-ce que devant sa propre opinion publique intérieure, l’objectif du gouvernement turc actuel sera de dire: «vous voyez, nous n’avons pas adopté la même approche que les Occidentaux, et c’est cela qui nous permet de dire que nous n’avons pas perdu». Quant aux relations économiques avec la Russie, stratégiques pour la Turquie, cette dernière souhaite non seulement les maintenir, mais surtout de pouvoir tirer intelligemment profit de la situation actuelle, à l’heure d’une quasi-rupture relationnelle entre Moscou et l’Occident.

Selon nombre de sources informées, plusieurs opérateurs économiques turcs souhaitent justement soit élargir leur présence économique en Russie, et pour certains de prendre la place tout simplement de plusieurs acteurs occidentaux, notamment européens. A l’heure où ces derniers subissent d’énormes pressions de la part de leurs gouvernements et d’une partie de leur opinion publique pour stopper leurs activités commerciales en territoire russe.

En ce sens et connaissant parfaitement le talent des entrepreneurs turcs, il ne faut certainement pas douter qu’ils trouveront leur bonheur dans les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à eux. Cela sans oublier, que plusieurs acteurs économiques russes voient également la Turquie comme l’une des destinations à privilégier dans le cadre de leurs activités à l’international, y compris en matière d’investissements.

Enfin et au-delà de cette capacité turque à savoir ménager ses intérêts avec incomparablement plus de souveraineté et de pragmatisme que ses homologues d’Europe bruxelloise, sa posture démontre également le manque évident d’unité au sein du bloc atlantiste. Aussi, il est certain que si un Etat comme la Roumanie ou l’Estonie, aurait tenté d’avoir une approche similaire, peu s’en soucieraient vu leur poids minime sur le plan politique et économique.

Mais dans le cas de la Turquie – deuxième effectif armé de l’Otan et onzième puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat – il est totalement évident pourquoi l’équilibrisme pragmatique d’Ankara soit si amer pour les plus radicaux des atlantistes et nostalgiques de l’unipolarité par la même occasion.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3702

Venezuela: les USA en position de faiblesse

17.03.2022

A l’heure où l’establishment occidental et plus particulièrement étasunien cherche de nouveau tous les moyens pour tenter à faire isoler la Russie, l’échec de cette approche est d’autant plus retentissant qu’au-delà d’être irréaliste, Washington démontre assez clairement être en position de maillon faible.

Après les échecs des intimidations à l’encontre de la Chine, superpuissance économique mondiale et alliée de la Russie, faisant une fois de plus réagir explicitement les hauts responsables chinois, les représentants washingtoniens s’agitent pour tenter de trouver les moyens de réduire la crise énergétique en cours en Occident.

Direction – le Venezuela. Embargo sur le pétrole russe: le Venezuela comme alternative pour les USA – titrait le porte-voix médiatique hexagonal France 24. Pour rappel, l’establishment washingtonien et plusieurs des régimes occidentaux ne reconnaissent pas la légitimité du pouvoir de la République bolivarienne.

Pourtant, le quotidien économique britannique Financial Times fait référence de son côté à la marche arrière de l’administration US après que la visite de responsables étasuniens à Caracas a été vue par plusieurs politiciens et experts outre-Atlantique comme une position de faiblesse de Washington.

Ceci est d’autant plus évident que le Venezuela a adopté une posture de soutien ouvert à l’allié russe dans l’opération militaire de Moscou en Ukraine. Comme le note par ailleurs le média vénézuélien en langue anglaise The Orinoco Tribune: «Dans le conflit actuel de haute tension, le président Maduro n’a pas hésité à soutenir la demande de garanties de sécurité de la Russie et a dénoncé les plans d’expansion de l’Otan dirigés par les Etats-Unis, ainsi que la violation des accords qui avaient été signés par l’Ukraine et les pouvoirs parrainant le gouvernement Zelensky». Faisant sur ce dernier point référence aux Accords de Minsk sur le Donbass.

En ajoutant qu’il est évident qu’il n’est pas possible d’espérer qu’un scénario hypothétique de négociations vienne de ceux qui ont incité le conflit actuel en Eurasie. Et que par conséquent, compte tenu de la situation et des agents impliqués, le président Maduro a souligné qu’il est du devoir du Venezuela de garantir la paix et la sécurité de la Russie dans tous les forums mondiaux.

Cette prise de position du gouvernement vénézuélien met particulièrement à mal la posture étasunienne, la mettant en face d’une double humiliation: d’un côté Caracas continue de soutenir sur les fronts politico-diplomatique et stratégique l’allié russe et d’un autre, en ce qui concerne plus particulièrement la coopération dans la sphère énergétique avec des compagnies US – met Washington en face de ses propres contradictions. A savoir – collaboration pétrolière éventuellement possible, mais dans ce cas qu’en est-il de la reconnaissance officielle du gouvernement Maduro comme représentant légitime de la République bolivarienne du Venezuela par les USA et ses supplétifs?

Ces deux problématiques mettent particulièrement à mal le travail des représentants US qui donnent aujourd’hui l’impression de courir dans tous les sens. L’objectif étant de montrer, certainement non plus aux yeux de la planète, mais très principalement aux yeux de l’opinion publique occidentale – d’être en mesure de pallier les énormes défis auxquels fait face l’ensemble occidental. Y compris dans la sphère énergétique.

Le grand problème des Occidentaux, c’est qu’ils n’ont toujours pas réalisé qu’en entamant un dialogue avec leurs ennemis déclarés – ce n’est pas un honneur qu’ils font aux pays concernés, mais plutôt les pays concernés font une faveur à écouter ce qu’ont à dire les responsables washingtoniens. Et les leaderships des pays en question ne ratent pas l’occasion de montrer que c’est justement eux qui se trouvent en position de force. D’ailleurs et au-delà du Venezuela, l’autre exemple étant celui de Cuba ou encore de l’Iran. Tous ont vécu sous sanctions sévères émanant de l’establishment occidental, mais non seulement ne se sont pas mis à genoux devant le néocolonialisme atlantiste, mais de plus ont renforcé considérablement leurs positions. Y compris à travers l’interaction avec la Russie et la Chine.

L’establishment occidental a encore beaucoup de mal à pouvoir s’habituer à de telles humiliations. Le fait est qu’il n’en a simplement pas d’autre choix. Si le temps de l’arrogance propre à cette mentalité ne prévoit pas de disparaitre, leurs gesticulations récentes et moins récentes confirment bel et bien que c’est eux qui se trouvent en position évidente de faiblesse, et non pas les nations partisanes de l’ordre multipolaire international.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3690

Chine-Russie-Iran: poursuite du renforcement de l’interaction militaire

Au moment fatidique des tensions de l’axe de la multipolarité face aux nostalgiques de l’ère unipolaire révolue – Pékin, Moscou et Téhéran réaffirment leur ferme solidarité, y compris dans la sphère militaro-sécuritaire, confirmant une fois de plus le rôle crucial de l’espace eurasiatique dans la promotion de l’ordre international multipolaire actuel.

La Chine, la Russie et l’Iran ont terminé des exercices navals conjoints dans le golfe d’Oman, comme l’annonce la chaine internationale chinoise CGTN. Selon le ministère chinois de la Défense nationale, les exercices en question se sont tenus durant trois jours et impliquaient des croiseurs lance-missiles, des frégates et des navires anti-sous-marins.

La partie chinoise avait de son côté envoyé un destroyer lance-missiles, un navire de ravitaillement et plusieurs hélicoptères. 40 membres du corps chinois de marines étaient également impliqués. Les nations participantes ont affirmé que cet exercice visait à approfondir la coopération pratique et à bâtir une communauté maritime pour un avenir partagé.

Ces manœuvres militaires conjointes – troisièmes du genre pour le triumvirat au cours de ces dernières années – ont effectivement une importance particulière, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord et d’un point de vue purement pratique, elles permettent d’accroitre activement l’interaction militaro-technique entre les forces armées des trois nations. Et cela en tenant compte de la régularité de ces exercices, ainsi que des liens stratégiques qui lient les trois puissances sur l’arène internationale.

Le timing choisi est également intéressant. En effet, les manœuvres conjointes ont eu lieu juste après la visite du président iranien Ebrahim Raïssi à Moscou, au cours de laquelle il a rencontré son homologue Vladimir Poutine et s’est également exprimé devant les parlementaires russes. Confirmant une fois de plus le grand niveau de confiance existant entre Téhéran et Moscou.  

Toujours dans le cadre du timing, cela s’est déroulé alors que la Chine et l’Iran ont annoncé la mise en application de l’accord stratégique entre les deux pays signé pour une période de 25 ans. Le tout sans oublier le processus d’adhésion en qualité de membre de plein droit de l’Iran au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), composée de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, ainsi que de l’Inde et du Pakistan.

Le lieu pour ces manœuvres mérite lui aussi une attention particulière. Pour le correspondant de la chaine de télévision TV5 Monde, Siavosh Ghazi, il s’agit d’une région stratégique pour le transport maritime international et une région qui était encore récemment la chasse gardée des Etats-Unis.

Enfin, il serait certainement juste de noter qu’au-delà des tensions montantes des trois pays avec l’establishment atlantiste occidental, l’heure est vraisemblablement plus que jamais à faire front commun au sein des principaux promoteurs de l’ordre multipolaire international – afin de barrer la route à toute tentative agressive des nostalgiques résolus d’un ordre totalement dépassé – celui de l’unipolarité.

Evidemment et au-delà de la Chine, de la Russie et de l’Iran dont l’alliance tripartite n’est plus vraiment à présenter, ce qui est également important de noter c’est que l’axe de la multipolarité obtient un soutien de plus en plus évident à divers endroits de la planète, et ce aussi bien de la part des leaderships militaires, que politiques, le tout sans oublier la large partie de l’opinion publique des pays en question. De l’Afrique à l’Amérique latine, sans oublier le Moyen-Orient et même au sein de l’espace européen, fort nombreuses sont les voix qui s’élèvent en faveur de l’axe multipolaire.

Cela est d’autant plus intéressant que de nombreux pays, y compris considérés traditionnellement proches de l’Occident, qui observent avec grande attention les bouleversements géopolitiques planétaires – souhaitent déjà se rapprocher considérablement des principales puissances eurasiennes. Y compris lorsqu’il s’agit de pouvoir faire partie des nouvelles routes de la soie – le projet chinois de très grande envergure qui permettra d’importantes retombées économiques pour les Etats ayant rejoint ladite initiative, ou seraient en train de le faire.

Un projet par la même occasion qui déplait fortement à Washington, bien que ce dernier soit complètement incapable de proposer quoi que ce soit de comparable face à la superpuissance économique chinoise. Une Chine qui par ailleurs est désormais la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PIB-PPA). En ce sens, le rapport de vassalité que les USA entretiennent avec leurs principaux partenaires ne fait que démontrer une fois de plus cette incapacité à proposer des schémas gagnants-gagnants.

Une chose est sûre : le triumvirat sino-russo-iranien continuera de jouer un rôle de premier poids non seulement dans le grand espace eurasien, mais également et de façon générale au sein de la communauté internationale. Evidemment – de la véritable communauté internationale – n’étant pas celle qui représente 10-15% de la population terrestre, et qui par la même occasion représente déjà moins de la moitié au sein du Top 10 des principales puissances économiques mondiales. Un déclin qui selon même les analystes occidentaux ne fera que se poursuivre. D’où les actions agressives de l’axe atlantiste pour tenter de stopper la contagion, mais qui vraisemblablement ne pourront aucunement faire basculer un processus déjà fermement engagé.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3516

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Iran-Russie: vers l’élargissement de l’alliance stratégique

La visite du président iranien Ebrahim Raïssi à Moscou a remis à l’ordre du jour les liens stratégiques qui unissent l’Iran et la Russie. L’alliance en question concerne aussi bien l’aspect bilatéral que trilatéral avec la Chine, mais également multilatéral dans le cadre du grand espace eurasiatique et l’axe de la multipolarité.

C’est la Russie qui a été choisie par le leader de la République islamique pour sa première visite internationale officielle depuis sa prise de fonction à la tête de l’Iran. Confirmant l’entente des deux nations sur la scène régionale eurasienne et internationale. Téhéran a d’ailleurs remis à la partie russe un projet d’accord de coopération stratégique pour une période d’au moins 20 ans.

M. Raïssi a également rappelé, comme le rapporte Press TV – la télévision internationale iranienne – que la République islamique d’Iran et la Fédération de Russie font partie de plusieurs organisations régionales et internationales, dont l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au sein de laquelle la Russie joue un rôle important. Confirmant l’attachement de l’Iran à l’axe de la multipolarité, où se trouve l’épicentre de l’anti-impérialisme et du multilatéralisme.

«L’Iran, devenu membre à part entier de l’OCS, entretient désormais de bonnes coopérations avec tous les pays membres. Mais la Russie joue aussi un rôle crucial au sein de l’Union économique eurasiatique et notre coopération pourra accélérer nos échanges, nos liens commerciaux et économiques. L’Iran et la Russie partagent des intérêts communs et peuvent à eux deux renforcer la sécurité régionale et saper l’unilatéralisme. Une bonne interaction entre l’Iran et la Russie, qui sont dotés d’importantes capacités, pourra avoir un impact positif sur la donne régionale et internationale», avait déclaré le président iranien en allusion claire au monde post-unipolaire étasunien.

Il faut noter également qu’au-delà de la rencontre entre les présidents Raïssi et Poutine, le chef d’Etat iranien s’est également exprimé devant la Douma – chambre basse du Parlement russe. Confirmant l’importance des relations entre les deux pays, sachant que peu de leaders étrangers en visite en Russie ont droit au prestige d’intervenir devant les élus russes.

Pour sa part, Vladimir Poutine a fait l’éloge de la coopération étroite entre les deux pays sur la scène internationale et du contact permanent entre Moscou et Téhéran. Il faudrait certainement rappeler aussi que le processus de la pleine adhésion de l’Iran au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (composée en plus de la Russie – de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan) a été activement soutenu par la Russie.

Pour ce qui est de l’interaction multilatérale, il est à noter que l’axe Chine-Russie-Iran ne cesse de monter en puissance, aussi bien dans la sphère militaro-sécuritaire, notamment à travers l’organisation d’exercices militaires conjoints réguliers, que dans la sphère économique avec l’accord du siècle sino-iranien – conclu pour une période d’un quart de siècle, impliquant plusieurs centaines de milliards d’équivalents de dollars d’investissements.

La réalisation de l’accord de coopération stratégique sur une période similaire entre l’Iran et la Russie scellera définitivement l’axe sino-russo-iranien et donnera sans le moindre doute un coup de pouce supplémentaire au triumvirat concerné, ainsi que plus généralement à l’axe des partisans de l’ordre multipolaire actuel.

Durant son allocution devant les parlementaires russes, le président iranien a également fait mention de la politique irresponsable de l’Otan, qui selon lui mènera au final cette dernière vers son propre éclatement. «L’Otan fait de l’ingérence dans l’espace géographique des pays sous divers prétextes, ils menacent les États indépendants, a annoncé le dirigeant iranien. L’opposition aux démocraties indépendantes, l’opposition à l’identité des peuples, à la culture, aux traditions des peuples, tout cela est à l’ordre du jour de l’Otan, et c’est une tromperie. Ce comportement se soldera par son effondrement», a déclaré le président iranien.

En effet et alors que l’establishment occidental atlantiste tente de s’accrocher jusqu’au bout pour forcer le monde à revenir vers l’ordre unipolaire révolu, l’alliance stratégique des grandes civilisations mondiales a une responsabilité particulière vis-à-vis de l’ère multipolaire qui s’est imposée, et qui de par son essence représente l’écrasante majorité de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3507

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L’OTSC comme la solution face aux révolutions de couleur

Après la Biélorussie, une autre tentative de révolution colorée vient vraisemblablement de subir un échec, cette fois-ci – en terre kazakhe. Par la même occasion l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) semble désormais se positionner comme la riposte efficace aux campagnes de déstabilisation occidentales dans l’espace eurasiatique.

Les schémas se suivent et se ressemblent. Il faut tout de même constater que l’establishment politique étasunien, et plus généralement occidental, sans oublier les réseaux Soros & Co. commencent depuis ces dernières années à manquer assez cruellement d’originalité. Au même moment, cela ne devrait pas être si surprenant pour des personnages qui par essence possédant déjà une mentalité purement néocoloniale, se sont définitivement convaincus de leur capacité de nuisance sans impunité après plusieurs campagnes de déstabilisations d’Etats souverains réussies. Le coup d’Etat de 2014 en Ukraine en représente d’ailleurs un exemple, bien qu’étant qu’un demi-succès, pour bien de raisons.

Depuis, la même coalition n’observe plus les mêmes succès, mêmes relatifs. Et après l’échec de révolution colorée en Biélorussie, le schéma appliqué au Kazakhstan semble également… être tombé à l’eau. Pendant ce temps dans l’espace concerné, une force s’affirme comme un outil efficace face aux interférences occidentales, et plus particulièrement étasuniennes. L’appel du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev au soutien de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) – dont fait par ailleurs partie le Kazakhstan – semble fermement confirmer la justesse de cette initiative du président du pays. Un appel auquel l’organisation a répondu favorablement et de manière rapide.

L’envoi des troupes conjointes de l’OTSC (composée en plus du Kazakhstan – de la Russie, de la Biélorussie, de l’Arménie, du Tadjikistan et du Kirghizistan) a effectivement fait l’objet de nombreuses discussions. Evidemment sans aucune note d’enthousiasme du côté occidental et de ses affiliés. Pour rappel, le nombre total des militaires de la force conjointe a été annoncé être autour de 2500 personnes. Ayant pour tâche principale la protection et la défense des installations importantes, y compris celles d’importance stratégique.

Le secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité collective, Stanislav Zas, a de son côté confirmé le mandat des forces collectives de maintien de la paix de l’Organisation d’utiliser le potentiel armé – en premier lieu dans la défense d’importantes installations de l’Etat kazakh, ainsi qu’en cas de menace directe pour la vie et la santé des militaires eux-mêmes.

Cette mission collective devient par la même occasion la première mission de ce format dans l’histoire de l’OTSC. Et pour le moment tout semble aller dans la réussite de la mission confiée, au moment où la situation au Kazakhstan va dans le sens de la stabilisation. Le scénario à l’ukrainienne, où une minorité – active, violente, bien structurée et coordonnée, appliquant à la lettre les ordres de ses parrains, pouvait faire tomber un gouvernement légitime – ne se réalisera vraisemblablement pas. Ce qui sera un succès indéniable pour l’avenir aussi bien de l’OTSC, que pour le grand espace eurasien de façon générale.

Effectivement et après le succès au Kazakhstan, l’Organisation du Traité de sécurité collective pourra devenir une référence de premier choix pour contrer les révolutions de couleur, dans l’espace post-soviétique et peut-être même au-delà. Sachant que la solidarité eurasiatique continue sa marche en avant à travers une autre grande organisation internationale eurasienne – l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), regroupant la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde, le Pakistan et depuis récemment l’Iran qui a entamé son adhésion en qualité de membre de plein droit.

Un autre point important dans ce dossier concerne quant à lui justement l’énième échec de l’establishment occidental d’ouvrir un front d’instabilité dans l’espace eurasiatique, à l’heure où des pourparlers sécuritaires vont s’ouvrir entre la Russie et l’Occident, impliquant pour ce dernier les Etats-Unis et l’Otan. Bien que et selon les toutes dernières déclarations de la diplomatie russe – des pourparlers qui pourront être de bien plus courte durée que prévu – si l’establishment occidental fera la sourde oreille aux conditions de Moscou.

Quant à la solidarité eurasienne, aussi bien dans le cadre d’une large partie de l’espace post-soviétique, que dans celui de l’implication de la Chine et de l’Iran – il devient assez évident que les forces obscures de la déstabilisation internationale auront de plus en plus de mal à agir impunément, face à des capacités de riposte rapides, coordonnées et efficaces. Le tout impliquant des grandes civilisations mondiales, qui, avec les forces alliées, représentent la grande majorité planétaire par la même occasion. Et non pas une infime partie du globe terrestre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine et la Russie patrouillent ensemble dans la région Asie-Pacifique

Pékin et Moscou semblent déterminés à préserver la sécurité et la stabilité de leur région d’appartenance, au milieu des provocations occidentales visant les deux pays et leurs alliés. La nouvelle coordination militaro-sécuritaire des deux pays ne fait que le confirmer.

Des bombardiers chinois et russes ont effectué une patrouille conjointe, préservant la stabilité stratégique mondiale au milieu des provocations occidentales, écrit le grand média anglophone de Chine Global Times. Le même média rajoute que les forces aériennes chinoises et russes ont mené une patrouille aérienne stratégique conjointe dans la région Asie-Pacifique vendredi dernier, comme l’ont annoncé les ministères de la Défense des deux pays, ce qui démontre que les trois principales branches militaires (marine, armée terrestre et force aérienne) de la Chine et de la Russie mènent une coopération stratégique en cette année 2021 face à l’instabilité régionale.

Le ministère chinois de la Défense a déclaré que la Chine avait envoyé deux avions H-6K afin de former une formation conjointe avec deux bombardiers russes Tu-95MC au-dessus de la mer du Japon et de la mer de Chine orientale. Au cours de la patrouille conjointe sino-russe, la formation aérienne a strictement respecté les dispositions du droit international et n’est pas rentré dans l’espace aérien d’autres pays, a indiqué le ministère.

Point important : il s’agit de la troisième patrouille aérienne stratégique conjointe des armées chinoise et russe. Dans l’objectif de développer davantage le partenariat stratégique global de coordination sino-russe dans la nouvelle ère, à améliorer le niveau de coordination stratégique et les capacités opérationnelles conjointes, ainsi que de maintenir conjointement la stabilité stratégique mondiale.

Wang Wenbin, le porte-parole chinois des Affaires étrangères, n’a pas manqué de commenter ledit événement, en indiquant que la patrouille aérienne conjointe fait partie d’un programme annuel de coopération entre les forces armées des deux pays, qu’elle vise à renforcer la coordination stratégique bilatérale et la capacité d’opération conjointe, tout en rappelant que ladite interaction ne visait pas une partie tierce.

En termes de perspectives, si Pékin comme Moscou n’ont jamais cherché à viser des pays en particulier à travers l’interaction militaire conjointe fortement grandissante, il n’en demeure pas moins que cela fait partie des mesures nécessaires – à l’heure, comme l’a rappelé Global Times des provocations occidentales en large hausse. Des provocations visant à tenter de faire fléchir les deux des trois principales puissances mondiales, résolument partisanes de l’ordre multipolaire international actuel. Mais qui semblent au contraire ne faire qu’augmenter encore plus l’alliance stratégique sino-russe.

Très récemment, Observateur Continental avait consacré un article sur les lignes rouges, notamment en mer Noire, que l’Occident tente à franchir. Parmi l’une des mesures de dissuasion, nous avons soulevé dans ledit article l’interaction conjointe entre la Russie et la Chine dans la région du Pacifique. Les manœuvres des derniers jours confirment la justesse de ces propositions.

Il faut également reconnaitre une chose. L’establishment occidental avait vivement espéré que Pékin et Moscou puisse subir un éloignement réciproque, au moment où les deux grandes puissances non-occidentales rentreront dans une sorte de concurrence à l’échelle planétaire, notamment dans des régions du monde comme l’Afrique – ce qui aurait alors permis à l’Occident de pouvoir poursuivre l’encerclement des deux nations, sur une base individuelle. Le souci pour les instigateurs et les fameux experts occidentaux – c’est qu’ils n’avaient pas prévu la capacité des deux grandes civilisations que sont la Chine et la Russie – non seulement à ne pas rentrer dans un cycle de concurrence artificielle, mais plus que cela – à réussir de choisir la voie de la complémentarité en tenant compte des atouts de chacune des parties.

C’est aujourd’hui cela l’interaction stratégique Chine-Russie. Et si les provocations atlantistes-occidentales à l’encontre des deux nations ne faibliront pas – Pékin et Moscou disposent désormais de tout un arsenal d’instruments permettant non seulement de se défendre face aux agissements occidentaux, mais aussi, et cela est tout aussi important, à encercler les acteurs nostalgiques de l’unipolarité ayant si longtemps eu le rêve de pouvoir encercler leurs adversaires géopolitiques. Faut-il encore le rappeler: l’Occident en tant que tel ne représente qu’une infime partie du globe terrestre. Et même s’il dispose encore de nombre d’acteurs sous-traitants – les capacités de nuisance occidentales se réduisent chaque jour un peu plus.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les lignes rouges en mer Noire

Les bombardiers stratégiques des pays de l’Otan volent à une distance de 20 kilomètres des frontières de la Russie, ce qui constitue une ligne rouge pour le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine. Face aux agissements occidentaux, il est évident que la Russie devra prendre des mesures dissuasives supplémentaires.

Participant à une réunion élargie avec le ministère russe des Affaires étrangères, Vladimir Poutine n’a pas manqué d’aborder la question des récentes actions otanesques en mer Noire: «En ce qui concerne la mer Noire, les derniers événements dépassent certaines limites. Des bombardiers stratégiques volent à une distance de 20 kilomètres de notre frontière étatique et ils portent, comme vous le savez, des armes très sérieuses».

Le président russe a également attiré l’attention sur le fait que les actions des pays occidentaux, qui aggravent la situation présente, se déroulent non seulement en mer Noire, mais également dans d’autres régions proches des frontières de la Fédération de Russie. «Oui, nous exprimons constamment nos inquiétudes à ce sujet, nous parlons de lignes rouges, mais, bien sûr, nous comprenons aussi que nos partenaires étant très particuliers et qui, en employant un euphémisme – traitent tous nos avertissements et échanges en matière de lignes rouges de manière très superficielle», a déclaré le chef de l’Etat.

Pour autant, il a rappelé que la Russie réagira à ces défis. «L’Otan a pris son initiative pour rompre tous les mécanismes de dialogue. Nous répondrons bien évidemment de manière appropriée à l’activité militaire des otanesques le long du périmètre des frontières russes». Tout en soulignant que la Russie n’a pas besoin de conflits à ses frontières occidentales. «Nos récents avertissements (aux pays occidentaux, ndlr) se font encore ressentir et produisent un certain effet. Une certaine tension est apparue là-bas. Nous devons maintenir cet état pour eux aussi longtemps que possible, afin qu’ils ne pensent même pas à organiser à nos frontières occidentales une sorte de conflit dont nous n’avons pas besoin».

A noter que le lundi 15 novembre, le président biélorusse Alexandre Loukachenko, dont le pays est également en tensions avec les régimes occidentaux, a déclaré que les pays de l’Occident cherchaient à aggraver la situation dans la région, comme en témoignent les manœuvres des Etats-Unis et de l’Otan en mer Noire. Il a également déclaré avoir discuté de cette question avec Vladimir Poutine.

En parlant maintenant de perspectives à venir. Il est aujourd’hui évident que face à un establishment occidental qui comprend parfaitement la fin de son projet hégémonique unipolaire, mais qui par la même occasion s’accroche par tous les moyens à ce concept révolu, il sera fortement nécessaire de poursuivre non plus les rappels à l’ordre, mais bel et bien les actions qui permettront de le remettre à sa place. Celle d’une extrême minorité à l’échelle planétaire.

Ces actions, il faut certainement les diviser en plusieurs volets. Dans la partie européenne, puisque c’est justement à travers elle que sont organisées les manœuvres de provocation otanesques près des frontières russes, il sera nécessaire d’augmenter l’arsenal de dissuasion pouvant mettre les têtes chaudes hors d’état de nuire en un temps record. Pour ce qui est des USA – le maitre des nostalgiques de l’unipolarité et principal initiateur des provocations en question, il sera certainement nécessaire d’accroitre l’interaction avec l’axe latino-américain souverainiste et poursuivre la défense des pays concernés face aux manœuvres de déstabilisation étasuniennes.

Et si nécessaire, augmenter l’interaction en Amérique latine avec d’autres partenaires, notamment la Chine et l’Iran – dont l’influence grandissante dans cette région met également Washington dans un état de quasi-hystérie. Toujours dans le cadre latino-américain, le temps est certainement venu de renforcer très considérablement la présence militaire au sein des pays alliés de la Russie et de l’axe multipolaire, comme Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. Avec en prime l’organisation de manœuvres militaires conjointes près des frontières US.

Dans le Pacifique, où Washington mène également des actions hostiles vis-à-vis de la Russie et de la Chine, il est à penser que Moscou et Pékin doivent en coordination riposter à tout acte pouvant toucher les intérêts sino-russes. Y compris à travers l’élargissement de manœuvres militaires conjointes à grande échelle.

Le président russe l’a bien rappelé: un certain effet des avertissements est déjà visible du côté occidental. Mais face à un cas clinique qui ne laisse aucune note d’optimisme, les remèdes doivent être à la hauteur de la maladie.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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