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L’Iran, cap stratégique eurasiatique et traitement médiatique

L’alliance avec la Chine, l’annonce de la signature prochaine du partenariat stratégique avec la Russie, influence régionale la plus importante dans son histoire contemporaine et pleine intégration dans l’OCS – confortent une fois de plus l’idée que toutes les tentatives occidentales à faire isoler l’Iran – représentent un échec absolument évident.

Les grands bouleversements en cours sur l’arène internationale, propres à l’ère multipolaire, se déroulent alors que l’establishment occidental et Etats affiliés les regardent uniquement en qualité d’observateurs, sans aucune capacité à pouvoir changer la donne. Chose d’ailleurs tout à fait logique compte tenu du fait que d’un point de vue ne serait-ce que de chiffres – la véritable communauté internationale se trouve bel et bien dans l’espace eurasiatique, sans oublier les partisans du concept multipolaire dans d’autres régions du monde.

Le cas de la République islamique d’Iran est une fois de plus très révélateur de toute la contradiction politico-médiatique à l’Ouest, qui d’un côté se retrouve forcé à reconnaitre les événements en cours, tout en maintenant une ligne de description qui ne correspond pas aux nouvelles règles internationales.

«L’Iran et la Russie vont signer un partenariat stratégique», annonce RFI. En indiquant dans le même article que Téhéran regarde vers l’est et que la signature dudit accord est prévue dans les prochains mois, après un accord similaire signé avec la Chine.

Le média hexagonal en question, orienté très principalement sur le grand public africain (qui représenterait d’ailleurs un peu plus de 80% de son auditoire), mentionne pourtant dans le même article qu’étant «étouffé par les sanctions occidentales, et alors que la reprise des négociations de Vienne sur le programme nucléaire patine, l’Iran tente de sortir de son isolement par l’est».

Ce passage mérite quelques commentaires. Tout d’abord, il serait juste de rappeler que l’Iran ne regarde pas vers l’est, mais a bel et bien choisi, et ce depuis déjà un bon moment l’orientation stratégique axée sur l’alliance avec la Chine et la Russie. De même que dans le cadre de l’intégration dans le grand espace eurasiatique, notamment au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

En parlant d’ailleurs «d’isolation», ce sont au contraire les USA, principaux initiateurs avec Israël de ces tentatives vis-à-vis de Téhéran, qui s’étaient retrouvés largement isolés à l’ONU lorsqu’ils ont tenté à faire prolonger l’embargo sur les ventes d’armes à destination de l’Iran. Ayant dû faire face au double véto sino-russe. Et même à l’abstention des alliés d’Europe occidentale.

En ce qui concerne le dossier du nucléaire iranien – ici aussi Téhéran s’est positionné en force, ayant imposé des conditions à la partie étasunienne pour un retour éventuel à l’accord en question.

Par ailleurs, on arrive même à déceler une contradiction nette venant de RFI avec leurs confrères de France 24, la chaine de télévision promouvant les intérêts hexagonaux orientée sur l’international, qui pratiquement au même moment publie un article qui parle d’un Iran «incontournable» dans les affaires de l’Irak voisin, notamment dans le cadre des élections législatives anticipées dans ce pays. Le même média parle même d’une «mainmise» iranienne sur son voisin.

Ce ne serait pas un peu beaucoup pour un pays prétendument «isolé»? Alliance avec deux des trois principales puissances mondiales que sont la Chine et la Russie, adhésion au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai regroupant la moitié de la population mondiale, omniprésence dans les affaires régionales, notamment en Irak, développement actif des relations avec d’autres régions du monde, parmi lesquelles l’Amérique latine et l’Afrique, pour ne citer que cela…

Le souci de cette contradiction dans le traitement médiatique occidental, c’est qu’on soit arrivé à une étape plus qu’intéressante dans la géopolitique internationale, et le traitement des médias occidentaux qui en ressort. D’un côté – les vieux démons de l’unipolarité s’accrochent jusqu’au bout dans les rédactions de l’Occident – maintenant la répétition des notions promues par les élites politiques concernées. D’un autre – les changements majeurs au niveau mondial des dernières années n’arrivent tout simplement plus à passer inaperçus. Restera à observer comment les médias occidentaux, surnommés le mainstream, continueront à traiter la réalité tout simplement et résolument multipolaire dans les affaires internationales.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La souveraineté en opposition ferme au néocolonialisme

Les valeurs souverainistes et pro-multipolaires prennent de plus en plus le dessus sur l’approche néocoloniale des nostalgiques de l’unipolarité. Ces processus s’accompagnent par ailleurs d’une solidarité de plus en plus accrue entre les souverainistes des différentes régions du monde, de l’Eurasie jusqu’en Afrique, en passant par les pays occidentaux.

Le cas du Mali est aujourd’hui fort révélateur de plusieurs orientations stratégiques pour l’avenir mondial. Un pays africain qui a pu placer autant d’attention internationale au cours des dernières semaines et des derniers mois n’a rien de surprenant pour nous car l’Afrique a indéniablement le potentiel pour devenir un bloc puissant dans le monde multipolaire actuel, mais constitue une source de grand mécontentement pour le monde de l’establishment occidental, longtemps habitué à mépriser le continent africain, tout en y possédant des intérêts largement stratégiques.

En effet, les autorités maliennes font jusqu’à maintenant preuve d’une approche plus que jamais forte, patriote, souveraine, le tout sur une base de valeurs réellement panafricaines. Pour preuves: le leadership du Mali n’a pas hésité, et ce à plusieurs reprises, à mettre les points sur les «i» face à un establishment élyséen qui s’enfonce, toujours un peu plus, dans son arrogance et une mentalité d’un autre âge. Dernier exemple en date: la convocation de l’ambassadeur français en poste à Bamako par le ministère malien des Affaires étrangères.

Si cette fermeté du leadership malien, ainsi que de la large partie de la population du pays, non seulement dans la défense de la souveraineté nationale, mais également dans le choix des partenaires extérieurs, qu’ils soient africains ou eurasiatiques, a acquis une grande vague de solidarité à divers endroits du continent africain, il faut reconnaitre que de nombreux souverainistes européens, y compris français, ont également fait preuve de bons sens, en affichant leur opposition au néocolonialisme occidental en Afrique, qu’il soit anglo-saxon ou hexagonal.

Cette réalité est à prendre en compte très sérieusement. Tout d’abord, il faut certainement remettre d’autres points sur les «i». Les sentiments anti-occidentaux en Afrique, aussi bien ceux visant le système communément appelé de la Françafrique que celui des anglo-saxons, ne sont pas destinés contre les populations des pays occidentaux liés à ces systèmes purement néocoloniaux. Bien au contraire.

Et le refus de l’establishment politico-médiatique concerné de s’adapter non seulement à l’ordre multipolaire international, mais également à un cadre respectueux de la souveraineté des nations non-occidentales, ne fait qu’accélérer un peu plus sa chute annoncée. Ce qui est intéressant également à observer: c’est l’alliance sur le sujet des forces libérales orientées sur Washington et de certains qui pourtant se revendiquent en être «opposés», mais qui partagent la même vision prédatrice et néocolonialiste vis-à-vis de l’Afrique. Souvent par intérêt, des fois par conviction, d’ordinaire les deux.

Le mépris même qu’affichent ces personnages à l’encontre des Africains, notamment vis-à-vis de la capacité africaine à faire soi-même des analyses géopolitiques, démontre à quel bas niveau ils se trouvent aujourd’hui. Et vraisemblablement aucun traitement ne saura être efficace dans le cas cité. D’ailleurs, aucun étonnement à avoir lorsque les libéraux confirmés et leurs collègues réactionnaires, tentent de faire le chantage par voie de visas. En oubliant évidemment de rappeler que ce système vicieux avait été justement mis en place d’eux-mêmes pour mieux justifier la domination politique, économique, militaire, sans oublier le pillage pur et simple des ressources naturelles des pays se trouvant sous leur diktat.

En d’autres termes – on pille, mais on laisse quand même quelques miettes à travers les «aides» humanitaires et les visas de travail en certain nombre. Pourtant, il est évident que vu le potentiel que possède l’Afrique, l’immigration peut facilement partir dans l’autre sens, à condition que la souveraineté nationale soit réelle. Pour preuves, les Portugais qui partent massivement travailler en Angola, ou les Espagnols en Guinée équatoriale. Il est tout aussi clair que les représentants politiques de l’Occident ne souhaitent pas que ces exemples deviennent massifs. D’où la ferme opposition des élites anglo-saxonnes, comme hexagonales, vis-à-vis de la pleine souveraineté des nations africaines.

De façon générale, l’establishment occidental ne peut aucunement prétendre à jouer au bon samaritain en matière d’immigration, sachant que si souvent cette même immigration est tout simplement le résultat de sa politique : destruction ou déstabilisation d’Etats souverains, contrôle de la politique monétaire des pays sous domination, présence militaire qui n’apporte pas la sécurité mais ne fait qu’empirer la situation.

Le fait que de nombreux souverainistes européens, et notamment français, l’aient compris – est très rassurant pour la suite. Cela démontre que dans le cadre de la multipolarité, une véritable solidarité internationale est possible, sans hypocrisie. De même qu’une coopération multilatérale.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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OCS: l’heure des grands moments

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) organise un exercice militaire antiterroriste conjoint et devra annoncer sous peu la procédure d’adhésion en qualité de membre de plein droit de la République islamique d’Iran. Retour sur ces actualités.

Sur le plan sécuritaire, les militaires des pays membres de l’OCS ont entamé les exercices militaires conjoints en matière de lutte contre le terrorisme à Orenbourg, en Russie. Ainsi, les représentants des forces armées du pays d’accueil, ainsi que de Chine, du Kazakhstan, du Tadjikistan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, de l’Inde et du Pakistan, prendront part à ces manœuvres jusqu’au 25 septembre prochain. Le nom de l’exercice est Peace Mission 2021.

Selon les informations communiquées par le ministère russe de la Défense, dans le cadre dudit exercice les contingents militaires des pays de l’OCS travailleront ensemble la préparation et la conduite d’une opération antiterroriste conjointe. L’exercice Peace Mission a lieu une fois tous les deux ans dans le cadre de l’accord entre les Etats membres de l’Organisation de coopération de Shanghai sur la conduite d’exercices militaires conjoints, daté du 27 juin 2007.

Au-delà du fait que l’interaction militaire et antiterroriste au sein de l’OCS est devenu un sujet récurrent et stratégique, l’aspect géopolitique occupe également une place de première importance au moment où l’Eurasie est devenue le fer de lance du renforcement du concept multipolaire mondial actuel, tout en permettant de donner une image si fortement différente et légitime de la véritable communauté internationale. Et en ce sens, un événement important sera annoncé sous peu au sein de l’OCS.

Plus exactement – l’annonce si attendue du lancement de la procédure d’intégration de l’Iran en qualité de membre de plein droit. Pour rappel, la République islamique est depuis 2005 et jusqu’à maintenant membre-observateur de l’organisation internationale eurasienne. En effet et lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui se tiendra les 16 et 17 septembre prochain au Tadjikistan, le début de la procédure d’adhésion de l’Iran en qualité de membre de plein droit sera annoncé, indiquent plusieurs médias appartenant aux pays de l’OCS.

Si cette perspective qui est déjà à l’ordre du jour depuis un certain moment se confirme sous très peu, cela signifiera tout simplement que l’OCS prend un nouvel envol et renforcera considérablement son statut d’organisation internationale majeure, le tout à l’heure des défis existants – notamment de la part des nostalgiques de l’ordre unipolaire – dépassé, révolu, terminé. Cela sans oublier un autre fait majeur lorsqu’on aborde la question de la communauté internationale: celui que l’Organisation de coopération de Shanghai représente à elle seule, sans même comptabiliser les alliés de la philosophie eurasienne à divers endroits du monde – de l’Afrique jusqu’en Amérique latine, et même jusqu’en Europe, pratiquement la moitié de la population terrestre. Et donc – bien loin devant la communauté dite occidentale (et non pas internationale).

Quant à l’Iran, cette confirmation d’un vœu de longue date affirmera tout simplement la réalisation d’un des axes prioritaires de la politique étrangère iranienne contemporaine. Et constituera une réponse plus qu’efficace aux attaques qui visent non seulement Téhéran, mais également Pékin et Moscou – en qualité des trois principaux adversaires géopolitiques et stratégiques de Washington.

Une chose est sûre: le schéma de l’establishment occidental et de certains des régimes lui étant affiliés à tenter de saboter l’intégration eurasiatique, à travers la création non seulement d’obstacles, mais également de nouveaux foyers de tensions – fera face à l’extrême détermination des civilisations eurasiennes à mettre ses initiateurs hors d’état de nuire. Le tout en étroite coordination. Et ne se limitant pas dans cette interaction uniquement au grand espace eurasien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Eurasie & Afrique: les priorités de la politique étrangère de l’Iran

La République islamique d’Iran renforce ses positions à divers endroits de la planète, infirmant chaque jour un peu plus les tentatives d’isolement de la part de ses adversaires. Si au Moyen-Orient et plus généralement sur la scène régionale, le rôle de premier plan de Téhéran n’est plus à présenter, les intérêts du pays poursuivent un élargissement géographique et stratégique évident.

Les intérêts extérieurs de l’Iran ne se limitent plus à la région d’appartenance. En effet, la République islamique devient de plus en plus présente en dehors de la sphère régionale, comme c’est notamment le cas dans nombre de pays d’Amérique latine avec lesquels Téhéran entretient des relations d’alliance de plus en plus poussées, dont le Venezuela mais également avec Cuba, la Bolivie ou encore le Nicaragua.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Ebrahim Raïssi, une ligne stratégique est clairement affichée. A savoir, qu’au-delà de la poursuite de la défense de ses intérêts nationaux, régionaux et internationaux dans un cadre résolument pro-multipolaire dont le pays est d’ailleurs l’un des principaux promoteurs, l’Iran mise beaucoup sur deux axes d’importance stratégique: l’Eurasie et l’Afrique.

Dans le premier cas, cela est d’ailleurs quelque chose de parfaitement naturel sachant que l’Iran est lui-même une nation eurasienne. Mais la simple appartenance à la grande famille eurasienne sur le plan historico-culturel s’élargit résolument désormais vers l’intégration au sein de grandes structures internationales basées dans l’espace eurasiatique, et ce dans plusieurs sphères stratégiques: défense, sécurité, économie.

Parmi ces structures figurent l’Union économique eurasiatique (UEEA), composée actuellement de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan, ainsi que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dont font partie la Chine, la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, ainsi que l’Inde et le Pakistan. En ce qui concerne justement l’OCS, l’Iran y est déjà membre-observateur et souhaite devenir membre à part entière. Une pleine adhésion soutenue d’ailleurs par la Russie et certainement la Chine qui partage elle aussi une alliance stratégique avec Téhéran.

Une chose demeure sûre: l’intégration de l’Iran dans le grand espace eurasien, le tout en coordination avec ses alliés russe et chinois, se poursuivra inévitablement. D’autant plus que les trois pays concernés sont considérés comme les trois principaux adversaires géopolitiques par l’establishment washingtonien.

L’Afrique représente également une orientation prioritaire de la politique étrangère iranienne. Le tout à l’heure des bouleversements de grande envergure sur le continent touchant aux intérêts des puissances occidentales, d’obédience anglo-saxonne ou hexagonale – de plus en plus remis en cause aussi bien par le leadership de nombre de pays africains, que par une très large partie de l’opinion publique panafricaine.

En ce sens, l’Iran appuie, à l’instar de Moscou et de Pékin, une posture opposée au néocolonialisme occidental et qui trouve un écho largement favorable au sein de la société civile continentale. En outre, de nombreux pays africains interagissent dans la sphère politico-diplomatique, économique et sécuritaire de plus en plus activement avec la nation perse.

Si cette montée en puissance est fortement mal vue à Washington et dans nombre de capitales occidentales au passé colonial et à la posture toujours néocoloniale, il y a un autre acteur qui s’inquiète vivement d’un tel développement: Israël. En effet et après l’échec retentissant de tenter à isoler l’Iran sur la scène régionale et internationale, le continent africain devient un autre terrain de l’opposition entre Téhéran et Tel-Aviv.

Si ce dernier peut compter sur un certain nombre de soutiens sur le continent, ce qui lui a permis d’obtenir le statut d’observateur au sein de l’Union africaine (UA), il n’empêche que plusieurs des principales puissances continentales africaines se sont clairement opposées à cette perspective, démontrant par la même occasion que rien n’est encore acquis pour l’Etat sioniste sur la scène africaine. Parmi elles – le Nigéria (première puissance économique, première population et quatrième puissance militaire du continent), l’Afrique du Sud (troisième puissance économique et militaire africaine), ainsi que l’Algérie (premier pays africain en superficie, quatrième puissance économique et deuxième puissance militaire continentale). En d’autres termes – les trois des quatre principales puissances africaines avec lesquelles l’Iran entretient des relations intéressantes et qui continuent de se développer.

Quant à l’Egypte (deuxième puissance économique et première puissance militaire d’Afrique), qui s’est d’ailleurs également opposée au statut d’observateur d’Israël à l’UA, bien que n’entretenant pas pour le moment des relations très cordiales avec Téhéran – cela pourrait être amené à changer, notamment dans le cadre des pourparlers de normalisation en cours entre l’Iran et certains pays arabes. Rajoutant encore plus de poids aux positions iraniennes sur la scène continentale en interaction avec les principales puissances africaines.

Ce qui est certain, c’est que toute la rhétorique récente, qui émanait aussi bien de Washington, Tel-Aviv, que de leurs partenaires proches, tout au long de ces dernières années – n’a plus aucun sens aujourd’hui. L’Iran non seulement ne s’est pas retrouvé isolé mais n’a probablement jamais été aussi influent sur la scène régionale et internationale au cours de son histoire contemporaine. L’intégration stratégique au sein de l’espace eurasien, de concert et en coordination avec la Russie et la Chine, de même qu’une politique active sur le continent africain contribueront fort probablement à un renforcement non seulement des positions iraniennes sur la scène internationale, mais également à l’axe des partisans résolus de la multipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3085

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Afghanistan: les USA indignes du rôle d’allié

Les talibans ont gagné la guerre après les 20 années de présence occidentale, principalement étasunienne, sur le sol afghan. S’il est difficile de faire pour le moment des prévisions de ce qu’il adviendra désormais de l’Afghanistan, une chose demeure certaine – il s’agit ni plus ni moins d’une véritable leçon pour tous ceux qui continuent de miser sur l’alliance avec Washington.

Le mouvement des talibans contrôle désormais la capitale du pays Kaboul. Le seul emplacement de la capitale afghane qui n’est pas encore passé sous leur contrôle demeure l’aéroport international où les Etats-Unis et plusieurs de leurs alliés réalisent une évacuation d’urgence humiliante. Plusieurs vidéos ont par ailleurs fuité montrant des citoyens afghans s’accrocher aux avions qui décollent et s’écraser au sol après des chutes mortelles. Difficile après ces images de parler d’un quelconque prestige international des USA. Le président pro-étasunien Ashraf Ghani a fui le pays.

La débâcle est totale ne serait-ce qu’en raison des 20 années de présence occidentale, plus de 1000 milliards de dollars de dépenses selon les responsables US, un bilan humain lourd – surtout pour les civils afghans, aucun développement digne de ce nom pour le pays, et pour couronner le tout – une explosion de la production de drogue, ayant provoqué un impact dramatique aussi bien pour l’intérieur que pour l’extérieur. Et selon nombre de sources, les Etats-Unis n’ont pas été étrangers au trafic de drogue  en provennce du sol afghan.

L’évacuation de l’ambassade étasunienne de Kaboul a rappelé à de nombreux observateurs les images datant de plusieurs dizaines d’années lorsque les USA se retiraient du Vietnam, après y avoir subi une défaite humiliante. Et ce malgré les déclarations du secrétaire d’Etat étasunien Antony Blinken affirmant à la presse de son pays que le départ de Kaboul n’est pas similaire à celui de Saïgon.

En parlant justement des évacuations des ambassades étrangères, si les Etats-Unis et la France, à l’instar de la plupart des représentations diplomatiques occidentales dans la capitale afghane ont choisi l’évacuation et la fermeture temporaire, celles de la Chine et de la Russie sont toujours opérationnelles.

Au vu de l’extrême rapidité de l’offensive menée par les talibans, plusieurs experts s’interrogent néanmoins si la situation observée actuellement n’avait pas été source d’un accord préalable entre les Etats-Unis et le mouvement des talibans, avec la participation du Pakistan. Si cette éventualité mérite l’attention, il n’en demeure pas moins que cela ne remet pas en question la situation sécuritaire sur le terrain – où les talibans contrôlaient déjà plus de la moitié du pays depuis plusieurs années sans que les USA et leurs alliés ne puissent y faire quoi que ce soit, et que d’autre part Washington a une nouvelle fois démontré ne pas être un allié fiable vis-à-vis de ceux qui lui ont fait, ou font encore, confiance.

Maintenant en parlant des perspectives régionales eurasiatiques. Si certains seraient tentés d’avancer la thèse que l’évacuation des troupes US & consorts d’Afghanistan représente en soi-même une stratégie pour créer des problèmes sécuritaires aux principaux adversaires géopolitiques de l’establishment étasunien, à savoir la Russie, la Chine et l’Iran, de même qu’à leurs alliés, bien que cette possibilité puisse être tout à fait plausible dans les têtes des représentants washingtoniens, il ne faut pas oublier que les trois grandes puissances eurasiennes ne sont restées les bras croisés. Et ce depuis un bon moment déjà.

Des efforts qui ont par ailleurs permis d’obtenir les garanties nécessaires pour Pékin et Moscou y compris sur la poursuite du fonctionnement de leurs représentations diplomatiques à Kaboul. En outre, bien que les talibans ne puissent évidemment pas d’une quelconque façon être considérés comme étant une force progressiste, et d’ailleurs toujours considéré comme un mouvement terroriste en Russie, il n’en demeure pas moins qu’ils font preuve d’une capacité d’analyse de la conjoncture internationale actuelle de manière assez factuelle.

En ce sens, la Russie ne se presse d’ailleurs pas à ne plus considérer les talibans comme une organisation terroriste, en attendant de voir les résultats des garanties et promesses réalisées par ces derniers. A savoir, entre autres, la lutte contre la production et l’exportation de drogue mais aussi le combat contre la présence des terroristes de Daech sur le sol afghan. Une présence contre laquelle les forces étasuniennes n’ont de-facto rien réalisé et qui demeure inacceptable non seulement pour les nations d’Asie centrale, mais également pour la Russie, la Chine et l’Iran.

Quant à la sécurité régionale, notamment des Etats d’Asie centrale partageant des relations d’alliance avec Moscou, tout permet de dire actuellement que les capacités de riposte face à une éventuelle détérioration de la situation restent au plus haut niveau. Et ce aussi bien dans le cadre du soutien russe que chinois. Sans oublier les capacités de mobilisation des forces conjointes de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) dans les pays voisins de l’Afghanistan, ainsi qu’en cas de nécessité des frappes ciblées contre les éléments hostiles dans les zones frontalières avec les pays concernés.

Par ailleurs, les talibans qui ont toujours déclaré n’être intéressés que par la prise de pouvoir à l’intérieur de leurs frontières, comprennent parfaitement le risque que comporte toute hostilité face au triumvirat Chine-Russie-Iran et aux alliés des pays cités. Non seulement d’ailleurs sur le plan sécuritaire, mais également économique – à l’heure où le pays a plus que jamais besoin de soutien et de financements. Des financements que la Chine serait en mesure d’accorder, à condition évidemment de ne pas dépasser les lignes rouges connues.

Quant aux USA et plus généralement l’axe occidental nostalgique de l’unipolarité révolue, il est encore une fois devenu évident quel type d’alliés ils représentent et quelle facilité ils ont à lâcher ceux qui auraient pensé avoir choisi l’option gagnante. Quelle désillusion…

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le Pakistan ferme la porte aux USA

Le Pakistan ne permettra pas aux Etats-Unis d’utiliser ses bases militaires, y compris pour d’éventuelles opérations en Afghanistan après le retrait des forces étasuniennes de ce pays. Islamabad confirme de plus en plus activement sa ferme adhésion à l’axe eurasien et multipolaire.  

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a déclaré que son pays n’autoriserait pas aux services de renseignement américains d’utiliser des bases militaires sur son sol pour mener des opérations en Afghanistan, après le retrait de l’armée américaine de ce pays voisin.  

«Il n’est pas possible d’autoriser les Etats-Unis d’utiliser nos bases pour une quelconque opération en Afghanistan», a déclaré Imran Khan. Il n’a en outre pas manqué de critiquer les gouvernements pakistanais précédents qui avaient donné la possibilité aux USA d’utiliser des bases pakistanaises dans leurs opérations, notamment de drones, en Afghanistan.  

Le Premier ministre du Pakistan a également tenu à rappeler que depuis sa prise de fonction en 2018 – les drones américains n’ont lancé aucune attaque contre les territoires afghans à partir du sol pakistanais. L’agence de presse turque Anadolu indique également qu’en mai dernier, le directeur de la CIA William Burns s’était rendu au Pakistan pour tenter à convaincre Imran Khan à changer de position vis-à-vis de l’utilisation des bases pakistanaises par les USA. Une demande rejetée par le Premier ministre pakistanais. Un échec évident pour la partie étasunienne.  

S’il est vrai que le Pakistan fut longtemps considéré comme un allié régional important pour Washington, l’évolution de sa politique et les changements internationaux semblent avoir clairement fait changer de cap à Islamabad. Entretenant des relations depuis les dernières années très proches avec Pékin – devenu le premier partenaire économique du Pakistan, ainsi que des relations cordiales avec Moscou et Téhéran.  

Fait notoire, ce pays stratégique de plus de 200 millions d’habitants (cinquième population mondiale) et puissance nucléaire, est devenu en 2017, au même titre que l’Inde, membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en y rejoignant la Chine, la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. A noter que l’organisation compte également l’Iran en qualité de membre-observateur, avec une forte probabilité qu’il devienne également membre à part entière.  

D’ailleurs, le renforcement inédit de l’OCS, y compris lors de l’intégration du Pakistan et de l’Inde en son sein, avait plus que jamais renforcé l’idée que la véritable notion de communauté internationale se trouve bel et bien en Eurasie, compte tenu du poids démographique, civilisationnel, militaire, sans oublier les nouvelles réalités économiques. Et certainement pas en Occident.  

Vraisemblablement, ce que n’avait pas prévu Washington c’est que justement le Pakistan puisse prendre une telle distance à son encontre, tout en poursuivant le rapprochement actif avec Pékin et l’intégration au sein du grand espace eurasien, auquel le Pakistan appartient indéniablement. La fermeture d’accès à ses bases aux USA sonne comme un coup dur pour l’establishment étasunien et il n’est certainement pas à exclure que Washington cherchera à punir Islamabad pour cette gifle douloureuse.  

D’un autre côté, le Pakistan – étant une puissance régionale et continentale indéniable, possédant une force de frappe qui n’est pas à présenter, se trouvant dans une relation d’alliance avec la Chine et les autres grandes puissances eurasiennes pro-multipolaires, pourrait sans le moindre doute créer plus de problèmes pour la présence US dans la région, que le contraire. Washington le comprend-t-il? Très certainement. Le seul souci c’est qu’au sein de l’establishment étasunien, la réflexion intellectuelle n’est pas toujours au rendez-vous. 

Mikhail Gamandiy-Egorov 

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2860

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L’Otan s’engage officiellement contre la Chine

Pour l’Otan, la Chine représente désormais un «défi systémique pour l’ordre mondial». Faisant vraisemblablement référence à l’ordre unipolaire totalement dépassé par les événements en cours dans le cadre de la multipolarité. Pékin dénonce de son côté une mentalité de guerre froide du côté occidental.

La déclaration adoptée lundi dernier à Bruxelles – au siège de l’organisation otanesque – place la Chine comme rivale du bloc atlantiste, juste après la Russie.

Cette nouvelle approche, qui faut le dire, allait forcément arriver à un moment ou un autre, tant le concept multipolaire mondial continue de monter en puissance, et que des pays comme la Russie et la Chine y jouent un rôle clé et de plus en plus coordonné – et tant l’establishment occidental a du mal à accepter cette réalité – néanmoins cette nouvelle approche désormais officielle confirme que l’Occident politico-médiatique s’oppose ouvertement au bloc sino-russe, et plus généralement à celui des partisans assumés du monde multipolaire.

Dans leur communiqué de clôture, les dirigeants des pays membres de l’Otan ont donc confirmé que Pékin est leur rival le plus gênant après Moscou, compte tenu « de son arsenal nucléaire en rapide expansion, de l’intensification de sa coopération militaire avec la Russie et de l’augmentation du recours à la désinformation », écrit Politico.

Le point qui mentionne l’intensification de la coopération militaire entre la Chine et la Russie est d’ailleurs très révélateur. En effet, l’alliance sino-russe fait peur à l’Occident. Ou plus exactement à ses élites politiques et médiatiques en perte évidente de vitesse. Cela sans oublier que des grandes puissances régionales – devenant désormais de plus en plus des acteurs importants sur la scène internationale – comme l’Iran, se joignent eux aussi aux efforts de Pékin et de Moscou.

La Chine n’a pas manqué à réagir à la démarche otanesque. Ainsi, la mission chinoise auprès de l’UE a rejeté l’affirmation de l’Otan selon laquelle la Chine représenterait des «défis systémiques», la qualifiant de calomnie visant le développement pacifique de la Chine et de continuation de la mentalité de guerre froide.

Le porte-parole de la mission chinoise a ajouté par ailleurs que la Chine s’attache à une politique de défense de nature défensive et que la poursuite de la modernisation de sa défense et de son armée est justifiée, raisonnable, ouverte et transparente. Le représentant chinois n’a pas manqué d’ailleurs de faire remarquer que les dépenses militaires totales de l’Otan équivalent à plus de la moitié des dépenses militaires mondiales et restent 5,6 fois supérieures à celles de la Chine.

Au-delà des dépenses, l’implantation des bases militaires occidentales a également été pointée du doigt par la mission diplomatique chinoise: «Les populations du monde peuvent voir clairement qui a des bases militaires partout dans le monde et qui montre ses muscles en envoyant des porte-avions partout au niveau mondial».

Maintenant en termes de perspectives, ce positionnement otanesque à l’encontre de la Chine, à l’instar du club du G7 que nous avons déjà abordé précédemment, démontre clairement cette volonté de l’establishment occidental à vouloir contenir la montée en puissance chinoise, et ce dans des domaines variés : allant de l’économie jusqu’aux capacités militaires.

Le souci pour l’Occident, est que désormais la Chine – nommée expressément comme une cible pour les diverses manœuvres pro-unipolaires occidentales – ne tardera certainement pas à prendre des mesures efficaces afin de faire face à ces défis. Ne pas comprendre cette réalité – c’est tout simplement très mal connaitre la Chine et le peuple chinois.

D’autre part, cette initiative étasunienne confirme une autre réalité déjà abordée: celle d’absence d’une quelconque amélioration digne de ce nom dans les relations sino-étasuniennes après le départ de l’administration Trump, comme le laissaient présager certains analystes occidentaux.

Et à l’heure d’une Eurasie qui a pris toutes ses responsabilités en qualité de force motrice et promotrice de l’ordre multipolaire, notamment dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – que l’Occident politique ne soit guère surpris de la suite des événements. Une chose demeure certaine : il n’y aura pas de quelconque retour à l’ordre unipolaire auquel continuent de faire référence les plus radicaux des représentants occidentaux. Bien qu’ils comprennent parfaitement qu’un tel retour est simplement impossible dans les circonstances actuelles du monde contemporain. Ce diktat washingtonien si souhaité par les révisionnistes à Washington n’a aucune chance d’être ravivé, même à travers un massage cardiaque intense.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le G7 s’attaque au projet chinois de la nouvelle Route de la soie

L’influence grandissante de la Chine dans les affaires mondiales, tant sur le plan géoéconomique que géopolitique inquiète de plus en plus l’establishment occidental. Le récent sommet du G7 en Angleterre ne fait que le confirmer. L’Occident a-t-il sérieusement une quelconque chance de contrer la Chine? Rien n’est moins sûr.

Les soubresauts des élites occidentales confirment une réalité assez simple et désormais bien connue: celle d’une compréhension de leur part que le monde actuel n’est plus du tout celui ayant suivi l’éclatement de l’URSS. Et qu’au-delà du fait de la fin de l’impunité sur la scène internationale sur le plan sécuritaire et géopolitique, l’establishment de l’Occident doit également faire face à un autre défi de taille pour ses intérêts – celui qui concerne les bouleversements économiques globaux.

Faut-il pour autant rappeler que le concept multipolaire mondial – devenu réalité depuis les dernières années – reste comme un os dans la gorge pour l’élite politico-médiatique occidentale et atlantiste, et ce malgré la compréhension évidente que le renforcement de ce processus est irréversible? Probablement rentrer dans les détails sur ce fait est complètement inutile. Ce qui est néanmoins sûr, c’est que l’Occident essaie de s’accrocher autant qu’il peut – afin de réduire le plus possible le rythme de sa chute d’influence dans les affaires internationales, en mettant les bâtons dans les roues de la locomotive multipolaire.

C’est justement dans ce sens qu’il faut certainement voir la toute récente initiative du G7 visant «à proposer aux pays en développement un vaste programme en faveur de leurs infrastructures». Avec un objectif clairement affiché: contrer l’influence grandissante de la Chine, et notamment son vaste projet eurasien et international de la nouvelle Route de la soie.

Le New-York Times, l’un des porte-flambeaux médiatiques du libéralisme unipolaire occidental, note de son côté «que c’était la première fois que les nations les plus riches du monde ont discuté de l’organisation d’une alternative directe à l’initiative chinoise Ceinture et Route et à la campagne d’investissements à l’étranger du président Xi Jinping, qui s’est maintenant étendue à travers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe même».

Le quotidien étasunien rajoute par ailleurs que «M. Biden a fait de l’opposition à une Chine montante et une Russie perturbatrice la pièce maîtresse d’une politique étrangère conçue pour édifier les démocraties dans le monde comme rempart contre la propagation de l’autoritarisme». En d’autres termes: le libéralisme occidental, nostalgique de l’ère unipolaire, opposé au bloc des souverainistes et partisans assumés de l’ordre international multipolaire actuel.

Evidemment, dans cette attaque occidentale contre la puissance chinoise, il y a un nombre évident de faiblesses, que l’establishment politico-médiatique de l’Occident n’aime pas soulever. Revenons-y. Tout d’abord, et malgré toutes les campagnes politiques et médiatiques occidentales visant à contrer le rôle grandissant de Pékin dans les affaires internationales – cela n’a pas apporté le résultat escompté pour ses initiateurs. Bien au contraire. Que ce soit du côté anglo-saxon ou hexagonal. On se rappelle tous des reportages à la sauce des de la Villardière, dont l’objectif était de perturber l’interaction chinoise avec les pays francophones du continent africain.

Pour quel résultat? Pour que le sentiment anti-occidental ne fasse que monter encore plus en intensité au sein de l’opinion publique africaine et que les sympathies aillent clairement en faveur de la Chine. Du moins pour une large part de la société civile africaine. Pour l’anecdote, ces sentiments étaient d’ailleurs apparus bien avant les accusations des prétendues campagnes de dénigrement de la présence française et plus généralement occidentale en Afrique, affirmées entre autres par Emmanuel Macron, visant la Russie, la Chine ou encore la Turquie.

Cela pour dire que l’Occident aura énormément de mal à pouvoir convaincre les peuples non-occidentaux, quant au bienfondé d’un tel projet. Au-delà de cet aspect, l’autre faiblesse évidente du camp occidental réside dans le point qu’il ne représente pas le monde dit «démocratique». Plus généralement, la démocratie n’est aucunement une propriété occidentale. Tout comme d’ailleurs la notion de communauté internationale.

Plusieurs pays appartenant à la majorité non-occidentale de la planète sont considérés comme étant des Etats aux systèmes démocratiques – l’Inde, l’Afrique du Sud, la Namibie, la Bolivie, l’Argentine, le Mexique et nombreux d’autres. La plupart de ces nations appartiennent par ailleurs aux partisans de la multipolarité.

Plus généralement et sur le plan purement économique – le club du G7 n’est certainement plus en position à parler en qualité de pays les plus riches de la planète. Et ce pour une raison simple: depuis la fin de l’époque unipolaire, le basculement des rapports de force a largement touché aussi à la sphère économique internationale. Faut-il le rappeler: sur les dix principales puissances économiques mondiales actuelles en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PPA) – cinq ne sont pas des pays occidentaux. Dans un classement d’ailleurs où la Chine occupe déjà la première place du classement.

Et encore – ce, en tenant compte du fait que l’on associe le Japon à l’alliance pro-occidentale, y compris dans le cadre du fameux G7 ou du fait de se trouver sous la coupe washingtonienne sur le plan sécuritaire, bien que la civilisation japonaise ne fasse pas partie de l’Occident. Et que selon nombre de prévisions, y compris d’économistes occidentaux, des pays comme la France ou le Royaume-Uni seront amenés à quitter ce Top 10 mondial dans les 5-10 prochaines années, tandis que des pays comme la Turquie ou le Mexique (actuellement respectivement 11ème et 12ème) ont toutes les chances de l’intégrer.

Tout en se rappelant que l’on assiste au cours des dernières années à la dédollarisation progressive dans les échanges internationaux – un processus dans lequel des pays comme la Chine ou la Russie jouent un rôle résolument important.

Enfin, et au sein même du club dépassé du G7 – on est bien loin de l’unanimité quant à l’initiative étasunienne visant à contrer les initiatives économiques chinoises. Selon même l’aveu occidental, l’Allemagne, l’Italie et même le Japon ne partagent pas le même enthousiasme que Washington, Londres, Paris ou Ottawa.

En conclusion: il est bien peu probable que ladite initiative puisse réellement stopper la puissance chinoise, ainsi que son interaction avec les Etats aux quatre coins du monde. Et plus généralement que le vieux jeu des nostalgiques de l’unipolarité puisse sérieusement retarder la défaite totale du bloc atlantiste et affiliés.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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OCS: le leader chinois mise sur la diplomatie populaire

Le président chinois Xi Jinping souhaite promouvoir la diplomatie non-gouvernementale au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), mettant un accent particulier sur les échanges entre les personnes appartenant aux nations composant la grande structure internationale eurasienne.

Le Forum de l’amitié non-gouvernementale de l’OCS a débuté il y a quelques jours, à Wuhan, sur le thème de la promotion de l’amitié entre les peuples et de la poursuite de l’esprit de Shanghai. A ce titre, le président chinois Xi Jinping avait transmis une lettre de félicitations aux participants dudit événement, comme le rapporte l’agence de presse Xinhua.

«J’ai proposé l’initiative d’organiser un forum de l’amitié non-gouvernementale de l’OCS en novembre dernier, laquelle a reçu une réponse enthousiaste et le soutien de tous les Etats membres de l’Organisation de coopération de Shanghai», a déclaré Xi Jinping. Il s’est dit confiant sur le fait que le forum deviendrait une plate-forme importante permettant à toutes les parties d’améliorer la compréhension mutuelle, d’approfondir l’amitié et de renforcer la coopération.

Le leader chinois a également insisté sur la nécessité de profiter des avantages de la diplomatie non-gouvernementale et d’élargir les canaux d’échanges entre les personnes afin de contribuer au développement de l’OCS.

En termes de perspectives, l’initiative du président chinois est très certainement à saluer car dans le cadre de la grande intégration eurasienne, devenue par ailleurs l’un des principaux centres du concept multipolaire mondial, l’interaction encore plus active des peuples concernés représente sans le moindre doute la condition nécessaire pour un plus grand renforcement de la multipolarité, ainsi qu’une réponse de poids aux défis existants.

En effet et en dehors du cadre purement politique, les peuples d’Eurasie restent liés par une grande similitude d’intérêts. C’est d’ailleurs ce qui traduit la facilité avec laquelle se déroule cette intégration, qui au-delà des décisions politico-économiques, reste à l’écoute des aspirations humaines du grand espace eurasien. Cette réalité est d’ailleurs propre aussi bien à l’Organisation de coopération de Shanghai qu’à l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Les exemples ne manquent pas. Observateur Continental avait à ce titre relayé le sondage réalisé l’année dernière en Ouzbékistan, où les ¾ des citoyens ouzbèks déclaraient soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. Parmi les partisans à cette intégration – aussi bien les jeunes n’ayant pas connu la période soviétique, que les moins jeunes.

Et c’est justement là que l’on arrive à la justesse de l’initiative du leader chinois. Les grands processus en Eurasie se doivent de renforcer les liens entre les peuples appartenant audit espace, mais également rester à l’écoute de leurs aspirations. Le tout au moment où l’interaction eurasienne dans les volets politique, économique, sécuritaire et culturel, entre autres, a atteint un niveau probablement le plus élevé dans l’histoire contemporaine. Et peut-être même dans toute l’histoire de l’Eurasie.

En ce sens, la diplomatie populaire eurasienne répond effectivement à de nombreuses problématiques. Mais plus que cela encore – elle contribue à ne pas répéter les erreurs du passé, à compléter les décisions inter-gouvernementales par une solidarité humaine – et vice-versa, et barrer la route aux tentatives de déstabilisation extérieure.

A titre d’exemple, au début des années 1990, la grande majorité des citoyens de l’URSS refusaient l’idée de la dislocation. Leur voix n’a pour autant pas été entendue – avec toutes les conséquences que l’on connait. Aussi bien sur le plan intérieur pour les peuples concernés, que sur le volet extérieur avec l’apparition de l’ordre unipolaire ayant apporté d’innombrables souffrances et injustices à la planète toute entière.

Depuis les dernières années – cette page est fort heureusement tournée. D’où l’importance de l’initiative chinoise d’accompagner fermement les alliances géopolitiques par l’interaction humaine des peuples.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’UEEA: l’intégration de l’Ouzbékistan renforcera l’indépendance agroalimentaire

La République d’Ouzbékistan, devenue membre-observateur de l’Union économique eurasiatique (UEEA) en décembre dernier, pourrait, dans le cas d’une adhésion à venir en qualité de membre à part entière de l’organisation, renforcer considérablement l’autonomie de tous les pays membres de l’union vis-à-vis des importations agroalimentaires. Surtout dans le secteur des fruits et des baies.

Il est important de noter qu’à l’heure d’aujourd’hui, le niveau d’autosuffisance pour les principaux types de produits agricoles et alimentaires au sein de l’Union économique eurasiatique se trouve à hauteur de 93,1%. Pour les experts et les hauts responsables de l’espace eurasien, dont Artak Kamalyan – ministre de l’Industrie et du complexe agro-industriel de la Commission économique eurasienne (l’organe exécutif de l’UEEA, chargé de la mise en œuvre des décisions, du respect des traités et de la gestion des activités économiques de l’organisation, ndlr), ce chiffre devrait dépasser 97% en 2021 pour pratiquement tous les produits alimentaires.

Pour les produits tels que les céréales, le sucre, les huiles végétales, les viandes de porc et de mouton, ainsi que les œufs et les pommes de terre – les pays de l’Union économique eurasiatique sont totalement autosuffisants grâce à leur propre production. L’exception concerne justement les fruits et les baies, sur lesquels le niveau d’autosuffisance se trouve au niveau de 43% et qui restent importés en grandes quantités, y compris en provenance d’Ouzbékistan. A noter que le surplus de fruits et de baies dans ce pays est d’environ un million de tonnes par an.

Par ailleurs, les légumes et les fruits représentent près de 90% de la structure des exportations de denrées alimentaires de l’Ouzbékistan. En ce sens, si l’adhésion de Tachkent en qualité de membre à part entière au sein de l’UEEA se confirme, cela aura indéniablement un effet positif sur tout le marché agroalimentaire de l’Union économique eurasiatique – augmentant significativement l’indépendance agroalimentaire des pays de l’organisation eurasienne vis-à-vis des importations hors-union. Tout en offrant des avantages certains aux exportateurs ouzbèks pour qui les exportations des produits agroalimentaires représentent l’une des principales priorités.

Tout cela permet pour Artak Kamalyan de considérer que grâce au secteur agro-industriel, l’intégration future de l’Ouzbékistan au sein de l’UEEA peut se faire de manière très harmonieuse. Ainsi, cette pleine intégration permettra à Tachkent de jouir de tout son potentiel pour l’approvisionnement du marché des pays membres sur les positions qui représentent son point fort, tout en répondant à ses besoins internes grâce aux capacités des autres pays de l’union en divers types de denrées alimentaires.

Evidemment, la question très importante de l’indépendance alimentaire totale pour l’Union économique eurasiatique, n’est pas le seul avantage qu’offrirait cette pleine adhésion de l’Ouzbékistan à lui-même et les autres pays membres. L’intégration de Tachkent faciliterait largement la vie aux plus de deux millions de citoyens ouzbèks vivant et travaillent dans l’espace de l’UEEA, principalement en Russie. Parmi ces avantages on peut citer l’absence de permis de travail – nécessaire à tous les citoyens étrangers en provenance de pays non-membres de l’union, sans oublier les atouts destinés à leurs familles.

Pour revenir à la question d’indépendance dans le secteur agroalimentaire, elle est importante à bien d’égards. Tout d’abord et à l’heure des tensions montantes avec les pays occidentaux, les pays de l’espace eurasien se doivent de diminuer les liens de dépendance avec les partenaires nostalgiques de l’unipolarité – aussi petite que cette dépendance puisse être. Notamment dans le cas d’imposition de nouvelles sanctions et de contre-sanctions réciproques.

L’autre aspect et pas des moindres, concerne une fort possible adhésion de l’Iran au sein de l’UEEA. Si cette intégration se confirme, il est certain qu’elle ne fera pas plaisir à un certain nombre de pôles pro-unipolaires – Washington en tête, sans oublier ses principaux alliés. D’où l’importance évidente d’augmenter encore plus l’autonomie au sein du grand espace eurasien, qui se positionne comme l’un des principaux acteurs de la montée en puissance du concept multipolaire mondial devenu réalité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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