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Quand la Russie et la Chine se lancent dans la bataille médiatique

Xi Jinping et Vladimir Poutine

Économie, diplomatie, coopération militaire, les liens entre Moscou et Pékin ne cessent de se renforcer. À l’occasion du dernier sommet sino-russe, Poutine et Xi ont ouvert un nouveau chantier, celui de la coopération médiatique. Car promouvoir la multipolarité passe aussi par la lutte contre les fake news diffusés par les médias mainstream.

La visite du Président chinois en Russie était attendue. Il est vrai que Xi Jinping et Vladimir Poutine se sont rencontrés 22 fois depuis l’accession du premier à la tête de l’État chinois, mais c’est à chaque fois un événement important pour les deux nations: il suffit pour cela d’observer le nombre de sujets d’intérêt réciproque traité à chaque fois.

Cette énième rencontre Poutine-Jinping devrait confirmer les observations recueillies lors des précédentes rencontres: ils ne viennent pas inaugurer les chrysanthèmes et des résultats concrets, aussi bien au niveau des interactions économiques que de la coordination géopolitique, devraient sortir de ces échanges.

Avant même d’arriver pour sa visite officielle de deux jours en Russie, Xi avait déjà annoncé la couleur en parlant de la crise syrienne: «La partie russe joue un rôle important et positif dans le règlement syrien, nous l’apprécions».

Connaissant généralement la modération —sur n’importe quel sujet d’ailleurs- de l’élite chinoise, cette déclaration éclaire la position de Pékin vis-à-vis de la crise en Syrie, et notamment les nombreux vétos chinois au Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie, en soutien de la position russe face aux résolutions du trio occidental USA-Grande-Bretagne-France.

Convergence d’approche également sur un autre dossier d’actualité internationale, celui de la Corée du Nord. Tout en appelant Pyongyang à la retenue, «les deux parties se prononcent contre la présence militaire de forces extérieures en Asie du Nord-est et contre son renforcement sous prétexte de la nécessité de contrer les programmes balistiques et nucléaires nord-coréens». Un message clairement adressé au pays qui s’invite de lui-même dans la région, dans une pure logique néocoloniale et unipolaire, à savoir les États-Unis.

À ce propos, rappelons qu’il y a quelques jours, des chasseurs et navires chinois ont été obligés d’avertir le destroyer étasunien USS Stethem, qui avait croisé en mer de Chine méridionale, dans les eaux des îles Paracels, que la Chine considère comme siennes. En outre de la réaction militaire, la diplomatie chinoise a qualifié le passage dudit destroyer de provocation militaire et de violation du droit international et de sa souveraineté. En outre, n’oublions pas la mise en garde chinoise à l’adresse des USA quant au désir de ce dernier de livrer des armes à Taiwan, que Pékin considère comme une province rebelle de la Chine unifiée.

Lors de cette nouvelle rencontre au sommet russo-chinoise, le volet économique ne fut évidemment pas en reste non plus. De nombreux accords ont été signés (une quarantaine au total) pour une valeur avoisinant l’équivalent de 10 milliards de dollars. Rappelons que le volume des échanges bilatéraux en 2016 a augmenté de 4% pour dépasser 66 milliards de dollars, tandis que pour les seuls quatre premiers mois de 2017, on observe une augmentation de 37% (24,5 milliards de dollars). Par ailleurs, le gouvernement russe a confirmé une fois de plus son plein soutien à l’initiative chinoise de la Nouvelle route de la soie. Ce grand projet logistique, «Une Ceinture, une Route», a été initié par Xi Jinping et prévoit de connecter les pays de l’Eurasie via une liaison ferroviaire et maritime de grande envergure.

Aussi, le Fonds russe d’investissements directs et la Banque de développement de Chine ont-ils convenu de mettre en place un fonds commun de placement à hauteur de 65 milliards de yuans (l’équivalent de près de 10 milliards de dollars). Les deux pays se sont également mis d’accord sur la poursuite de l’élargissement de l’utilisation des monnaies nationales dans leurs projets et échanges bilatéraux.

Moscou et Pékin prévoient également de développer leurs liens au travers d’organisations telles que les BRICS et l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Mais un «nouveau» domaine est venu s’inviter dans les discussions, et très d’actualité, celui de la coopération au niveau médiatique. Les deux pays faisant constamment face aux attaques informationnelles émanant principalement des médias mainstream occidentaux, le temps est donc venu d’une plus large interaction dans cette sphère. Ainsi, Margarita Simonyan, rédactrice en chef de Sputnik et RT a-t-elle appelé «à lutter ensemble contre le terrorisme médiatique et les fake news du mainstream».

La Russie et la Chine ont donc signé l’» Accord sur l’interaction dans la sphère médiatique», confirmant ainsi une fois plus la vision multipolaire qui caractérise les deux puissances. Une chaîne TV russe (Katioucha) verra sous peu le jour en Chine. Et ce ne sera probablement que le début d’un large partenariat dans ce domaine.

Last but not least, le président chinois a reçu de Poutine la plus haute récompense de l’État russe, l’Ordre de Saint-André, pour son infaillible soutien au développement des relations sino-russes. Xi Jinping, clairement ému, déclarera: «En mars 2013, juste après mon élection au poste de Président de la République populaire de Chine, la Russie a été le premier pays étranger que j’ai visité (…). Depuis lors, nous nous sommes rencontrés 22 fois, selon mes calculs. Ainsi, la Russie est-elle devenue le pays que j’ai visité le plus souvent. Et parmi les dirigeants étrangers, c’est avec vous, M. Poutine, que je maintiens les contacts et les relations les plus étroits».

Que les jaloux et les «sceptiques» de cette alliance russo-chinoise en prennent note. La Russie et la Chine renforcent leur alliance stratégique. Mais ce n’est que le début. Le meilleur est à venir. N’en doutez pas!

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201707051032118163-russie-chine-media/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Un contingent eurasien en Syrie?

Damas

Dans le monde multipolaire qui se dessine pour le XXIe siècle, l’Eurasie fera entendre sa voix. Le projet de faire intervenir des contingents kazakhs et kirghiz dans le cadre d’une mission de maintien de la paix en Syrie va dans ce sens. S’il se concrétise, ce projet prouvera que le monde se passe très bien de l’occident pour régler ses conflits.

La Russie aurait suggéré d’envoyer des contingents kazakhs et kirghizs en Syrie.

Une proposition qui s’inscrit dans le cadre de la préparation du nouveau round des pourparlers d’Astana sur la Syrie, qui devrait avoir lieu début juillet. C’est Ibrahim Kalin, porte-parole du président turc, qui a révélé cette proposition, émise lors des échanges préparatoires russo-turcs.

Les troupes kazakh et kirghiz viendraient en appui de celles que la Russie, l’Iran et la Turquie ont prévu lors du précédent round d’Astana d’envoyer dans les zones de désescalade, sous réserve d’un accord de Damas.

Pour le moment, il ne s’agit que d’une proposition qui doit être encore discutée avec toutes les parties intéressées. Si la proposition devait aboutir, ce serait effectivement une mini-révolution. Les autorités du Kirghizistan, dont le président vient de terminer une visite en Russie, ont confirmé que cette idée d’envoyer des militaires en Syrie avait été discutée lors du Conseil permanent de l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective, composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, du Kirghizistan, de l’Arménie et du Tadjikistan). Ce pays ex-soviétique d’Asie centrale voit en effet d’un œil favorable cette possible mission du maintien de la paix.

Mettons maintenant cette proposition en perspective et dans son contexte.

Relevons tout d’abord que le Kazakhstan et le Kirghizistan font, de notoriété publique, partie des principaux alliés de la Russie. Les deux nations sont également membres de toutes les organisations dans lesquelles la Russie joue un rôle de premier plan: l’Union économique eurasiatique, l’OTSC, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), la CEI.

D’autre part, ces deux pays turcophones d’ex-URSS ont de bonnes relations avec la Turquie, un des trois pays garants du processus d’Astana, avec la Russie et l’Iran. Avec ce dernier, les relations sont également cordiales. Enfin, et c’est tout aussi important, les deux États soutiennent l’approche multipolaire des relations internationales et le respect de la souveraineté des nations, ce qui signifie que le gouvernement syrien ne sera certainement pas opposé à voir des troupes kazakhs et kirghiz sur son territoire.

Enfin, les Kazakhs comme les Kirghizes sont majoritairement musulmans sunnites, à l’instar de la majorité de la population syrienne. Ce qui est indéniablement un facteur positif, comme le démontre l’accueil très favorable que la population locale a réservé à la police militaire russe en Syrie, composée majoritairement de Russes-Tchétchènes sunnites, et qui assure notamment la sécurité dans la ville d’Alep.

L’idée est donc excellente. Surtout qu’elle renforcera dans les faits la notion d’Eurasisme. L’Eurasie est amplement capable de résoudre les principaux conflits régionaux et internationaux sans la participation de ceux qui «pensent» toujours qu’ils sont irremplaçables… suivez mon regard.

Nous restons évidemment prudents en attendant que cette initiative se concrétise, mais si tel était le cas, elle serait sans aucun doute à saluer. Au moment où l’armée gouvernementale syrienne et ses alliés sont en train de venir à bout des terroristes sur le sol syrien, provoquant une hystérie totale des Américains et de leurs alliés, qui comprennent que le chaos en Syrie touche à sa fin et que leurs objectifs géopolitiques ne seront pas atteints, nous devons dès à présent anticiper le retour effectif à la paix et la reconstruction du pays. En ce sens, la solidarité de la famille eurasienne est plus qu’une nécessité.

Que les atlantistes notent bien que nous sommes en 2017, pas en 1992, et qu’il est possible de régler les principales questions internationales sans la participation des élites atlantistes.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201706231031959072-conflits-kazakhs-kirghizs-syrie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Coupe des Confédérations en Russie, cinglant démenti à la propagande russophobe

Cérémonie d'ouverture de la Coupe des Confédérations 2017

Lorsqu’un pays accueille un grand événement sportif, la politique ne devrait pas s’en mêler. Pourtant, la russophobie est une constante dans les médias mainstream, même à l’occasion de la Coupe des Confédérations de football.

Si la Russie ne se laisse pas impressionner, c’est aussi parce que les témoignages de visiteurs étrangers la confortent cette approche.
La Coupe des Confédérations de football Russie 2017 a bien commencé. La compétition qui regroupe les meilleures équipes de chaque continent, le champion du monde en titre et l’équipe hôte de la prochaine Coupe du monde. À ce titre, cet événement est souvent considéré comme une mini-coupe du monde, à un an du principal tournoi footballistique planétaire qui sera organisé par la Russie.
Stades flambant neufs, quatre villes accueillant le tournoi: Moscou, Saint-Pétersbourg, Kazan et Sotchi, des supporters venus des quatre coins du monde, une atmosphère amicale, bref la FIFA s’est dite totalement séduite par le niveau d’organisation de cette Coupe des Confédérations. Plus important encore, ce sont les supporters qui sont ravis. Qu’ils soient Mexicains, Chiliens, Camerounais, Allemands ou Portugais, tous sont d’avis que l’accueil réservé par la Russie est au top. Beaucoup avouent aussi qu’ils ne s’imaginaient pas voir une telle Russie, bien à l’opposé de ce qu’ils lisaient ou entendaient dans les médias mainstream.

Anecdote révélatrice: Au moment même où l’entraîneur et les joueurs de l’équipe de Nouvelle-Zélande (champion d’Océanie), les «All Whites» (par opposition aux All Blacks du rugby), vantaient l’accueil et l’organisation assurés par la Russie, certains analystes sportifs de ce pays ne manquaient pas de critiquer à haute voix le fait que c’est la Russie qui accueillait la Coupe des Confédérations 2017 et la Coupe du Monde 2018. Fait majeur à noter: les critiques venaient de la part de ceux qui n’ont jamais mis les pieds en Russie.

Une chose est néanmoins certaine: les instigateurs des campagnes russophobes peuvent continuer à dénigrer le pays tant qu’ils le souhaitent, la Russie est un pays ouvert qui permet à chacun de venir se forger sa propre opinion. C’est le principal message à retenir. Évidemment, le fait que l’hystérie monte en flèche est compréhensible. Malgré toutes les attaques politiques, économiques ou informationnelles visant la Russie, celle-ci semble se renforcer à chaque offensive.

Bien sûr, le peuple multiethnique de Russie y est pour beaucoup. Depuis l’éclatement de l’URSS, la Russie n’a probablement jamais été aussi unie dans toute sa diversité ethnique, culturelle, religieuse. Les provocations se poursuivent, la Russie, elle, continue d’avancer. On se souvient tous des campagnes antirusses à la veille des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi 2014. Pourtant, et de l’aveu de nombreux experts sportifs internationaux, ce furent probablement les meilleurs JO d’hiver de l’histoire.

L’année prochaine, la Russie accueillera le principal événement footballistique de la planète. Certaines élites occidentales, notamment anglo-saxonnes, ont pourtant tout fait pour arracher à tout prix l’organisation de cet événement à la Russie. Campagnes mensongères, accusations sans fondement, mais rien n’y a fait, la compétition aura bel et bien lieu en territoire russe.

La raison de cet acharnement à la veille de ce grand événement? Au-delà de la russophobie classique, il s’agit ni plus ni moins de la volonté d’empêcher à tout prix à la Russie de montrer tout son potentiel et ses capacités. De montrer ce nouveau visage, n’ayant plus rien à avoir avec celui des sombres et libérales années 1990, tellement vantées par l’Occident politique. Ce visage apprécié par la grande majorité des citoyens russes et qui séduit aussi de plus en plus de personnes dans le monde. Il ne faut pas chercher plus loin la raison des campagnes russophobes menées à ce jour.

Plus de gens verront cette nouvelle Russie qui s’est relevée et la compareront avec «l’image» propagée par leurs hommes politiques et leurs médias, plus on aura de partisans du monde multipolaire —la peur par excellence des élites politico-médiatiques occidentales et affiliées.

La multipolarité est un processus en cours, il n’y aura pas de retour en arrière. Ceux qui l’ont compris font (ou en feront) partie intégrante. Ceux qui s’obstineront à vivre dans une réalité dépassée et surtout à tenter de forcer d’autres peuples à en faire autant ne feront que s’isoler. C’était peut-être inimaginable en 1992. C’est plus qu’imaginable aujourd’hui.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201706211031932094-propagande-russophobe-coupe-confederations/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La crise du Qatar et ses enjeux régionaux

Doha, Qatar

Les meilleurs amis d’hier deviennent du jour au lendemain des ennemis. Les principaux sponsors de plusieurs groupes terroristes et grands amis des Etats-Unis s’accusent mutuellement. Que se passe-t-il vraiment entre le Qatar et l’Arabie saoudite ?

La dispute saoudo-qatarie n’en finit pas de faire du bruit. En effet, les principaux donateurs financiers de plusieurs groupes terroristes, opérant notamment en Syrie, et satellites déclarés de la politique étasunienne au Moyen-Orient, en sont arrivés à une crise sans précédent, allant jusqu’à la rupture diplomatique et à un blocus commercial.

Pour beaucoup, l’effet de surprise fut effectivement grand à l’annonce de l’Arabie saoudite et de plusieurs autres pays arabes de rompre les liens diplomatiques avec Doha, l’accusant d’être un soutien du terrorisme et de participer à des déstabilisations diverses. Ainsi, le 5 juin dernier, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l’Egypte ont annoncé la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar. Ils seront rapidement rejoints par une partie de la Libye (gouvernement d’al-Beïda contrôlant l’est du pays) et une partie du Yémen (gouvernement de Hadi contrôlant une partie du centre et l’est du pays). Ce ne sera pas tout: les Maldives, la Mauritanie, les Comores ont eux aussi annoncédans la foulée la rupture de leurs relations avec Doha. Le Djibouti et la Jordanie ont abaissé le niveau des relations diplomatiques, tandis que le Sénégal, le Niger et le Tchad ont rappelé leurs ambassadeurs.

Ce faisant, on parle d’une des plus sérieuses crises dans le monde musulman sunnite. Tout en sachant qu’il est très difficile de considérer les Saoudiens comme membres du clergé sunnite, étant wahhabites. Mais ceci est une autre histoire. En outre, la crise entre le clan wahhabite (saoudien) et les Frères musulmans (qatari) est également mentionnée comme l’une des raisons à cette dispute. Parallèlement à ces événements, la Turquie, considérée à juste titre comme l’une des principales puissances du monde musulman sunnite, prend fait et cause pour le Qatar en critiquant ouvertement la ligne menée par les initiateurs de la crise à l’égard de Doha. En outre, la Turquie assure désormais d’importantes livraisons alimentaires à l’émirat qui fait face au blocus des livraisons décidé par Riyad et Abu Dhabi. L’Iran, grande puissance régionale et leader admis du monde musulman chiite, a profité lui aussi de la détérioration « fraternelle » saoudo-qatarie pour offrir son soutien au Qatar, à travers des livraisons alimentaires.

En parlant justement de l’Iran, considéré comme l’une des causes des manœuvres punitives des Saoudiens en direction des Qataris (ces derniers étant accusés de privilégier un rapprochement avec la République islamique), il en sort évidement gagnant et renforcé. Rappelons à ce titre toutes les tentatives, le plus souvent vaines, de Riyad d’isoler Téhéran au sein du monde musulman. Pour autant, non seulement ces tentatives n’ont pas apporté au leadership saoudien (et bien sûr américain) le résultat escompté, mais au contraire le rôle prédominant de l’Iran ne cesse d’augmenter dans les affaires régionales, que ce soit en Syrie, au Yémen ou dans le cadre du processus d’Astana (en coordination avec la Russie et la Turquie). De plus, cette main tendue de Téhéran envers Doha a sérieusement renforcé les sentiments pro-iraniens à l’intérieur même du Qatar.

Du côté de la Russie, la position est plus nuancée. Moscou n’ayant pas pris fait et cause pour l’un des deux groupes de belligérants, en appelant uniquement au dialogue et en maintenant le contact avec toutes les parties du « conflit ». En ce sens, le chef de la diplomatie qatarie s’est même rendu en visite à Moscou il y a quelques jours. La position russe diffère en ce sens considérablement des Etats-Unis, qui vraisemblablement ont donné le feu vert à Riyad pour ses actions anti-qataries, tout en se gardant de prendre des mesures radicales vis-à-vis de Doha — sachant que la plus grande base US du Moyen-Orient se trouve précisément au Qatar.

Dans ce casse-tête évident pour certains, le tableau est grosso modo le suivant. La Turquie confirme qu’elle souhaite jouer sa propre politique, tout en étant un membre clé de l’OTAN (et donc « allié » des USA). L’Iran renforce ses cartes sur la scène régionale en donnant un camouflet supplémentaire à l’Arabie saoudite, et en jouant sur les dissensions entre les alliés d’hier. Enfin, la Russie se positionne clairement comme un médiateur d’envergure globale, confortant ainsi sa position retrouvée en tant que l’une des principales puissances mondiales, dont la politique ne cesse de monter en popularité dans pratiquement tout le monde musulman. Le Moyen-Orient n’étant pas une exception, tout au contraire.

Quant aux accusations lancées par les pays arabes déjà cités en direction du Qatar, qu’y a-t-il de nouveau par rapport à ce que l’on disait déjà ces derniers mois et années? Rien. Oui, le Qatar faisait jusqu’à maintenant partie des principaux sponsors des terroristes à divers endroits, en premier lieu en Syrie. Nous l’avons dit et répété. Mais les Saoudiens sont-ils bien placés pour accuser leurs cousins de terrorisme, sachant qu’ils font clairement partie de la catégorie « supérieure » des sponsors du terrorisme, notamment sur le territoire syrien? C’est évidemment l’hôpital qui se fout de la charité. D’ailleurs, l’un des rares pays de cette « coalition » anti-qatarie qui a une réelle légitimité à accuser Doha de soutien au terrorisme, c’est bel et bien l’Egypte, clairement visé par le danger takfiriste, notamment sa minorité chrétienne. Et compte tenu des relations positives entre les leaderships russe et égyptien, et une approche beaucoup plus responsable envers le conflit syrien de la part du Caire, il est clair que la Russie n’a pas vraiment intérêt à prendre position en faveur du Qatar. Parallèlement à cela, il est également clair qu’il n’y a absolument aucune raison de prendre position en faveur de l’Etat wahhabite — l’un des principaux satellites étasuniens, l’un des principaux sponsors des groupes terroristes en Syrie, fermement opposé à Assad et à l’Iran (alliés de la Russie).

Ce qui signifie une chose relativement simple. La Russie va devoir poursuivre ses efforts diplomatiques et ses manœuvres afin de maintenir un équilibre dans cette équation (ce que la Russie sait bien faire), tout en pensant évidemment à ses intérêts nationaux, et à ceux de ses alliés. Tout dépendra maintenant aussi de la nouvelle approche qatarie (si elle a lieu). Notamment en direction de la Syrie. Si Doha cesse son soutien massif aux groupes djihadistes en Syrie, ce sera indéniablement un pas fortement positif, en premier lieu pour la Syrie elle-même. Et si cela devait arriver, on pourrait alors entrevoir un rapprochement. D’autre part, le fait que l’Iran renforce ses positions sur la scène régionale ne peut qu’être salué, y compris dans ce dossier. C’est d’ailleurs l’une des raisons de l’inquiétude qui règne à Riyad, Abu Dhabi et évidemment Washington. A ce titre, le leadership saoudien commence déjà à atténuer sa rhétorique anti-qatarie en parlant même de l’éventualité de lever le blocus. Les cousins feront-ils alors la « paix » sous la pression de Washington? Ou la crise montera-t-elle d’un cran? Il conviendra de suivre la situation. Une chose est néanmoins certaine: cette dissension saoudo-qatarie renforce l’axe de la résistance. Et last but not least, l’une des raisons principales de cette dispute Riyad-Doha est évidemment à rechercher dans les victoires de l’armée gouvernementale syrienne et de ses alliés sur le théâtre syrien. Et quand on a déversé des sommes colossales pour réaliser un scénario écrit (faire tomber Assad) et qu’il tombe à l’eau, il arrive souvent que des accusations réciproques entredéchirent une « famille ». Surtout que le grand maître, j’ai nommé les Etats-Unis, est loin d’être ravi de la situation lui aussi. A suivre donc…

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201706151031851854-qatar-crise-enjeux/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La géoéconomie des relations Russie-Turquie

Poutine et Erdogan

Lorsque deux pays sont liés par un partenariat stratégique dans la sphère économico-commerciale, les leaders des deux pays en tiennent logiquement compte. Et malgré des divergences sur certains dossiers de l’actualité internationale, le bon sens finit généralement toujours par triompher.

Ce n’est évidemment pas toujours le cas. La preuve : la différence de visions entre d’un côté les entreprises européennes travaillant en Russie et de l’autre l’élite politico-médiatique de ces pays. Mais dans le cas des relations russo-turques, l’heure est effectivement au développement encore plus actif des relations bilatérales stratégiques.

Chiffres tout frais. Pour le seul mois de mai 2017, 505 000 touristes russes ont visité la station balnéaire turque d’Antalya. Représentant par la même occasion près de 50 % du nombre total de touristes étrangers. Ainsi, les touristes russes ayant visité la principale station balnéaire de Turquie ont été de plus de 2 fois plus nombreux que les touristes allemands, 4 fois plus nombreux que les Ukrainiens, 10 fois plus nombreux que les Néerlandais et 23 fois plus nombreux que les Britanniques.

En outre, la Turquie s’attend à ce que cette année le nombre de touristes en provenance de Russie dépasse le chiffre de 3,5 millions de personnes ( un chiffre standard d’avant la crise de novembre-décembre 2015, une crise ayant duré pour rappel près de sept mois ). Certains spécialistes turcs du secteur se disent même encore plus optimistes et attendent près de 5 millions de touristes russes en Turquie pour l’année 2017.

Pour ce qui est du secteur du BTP, autre secteur stratégique de l’économie turque qui a été fortement pénalisé par la crise des relations entre les deux pays, l’heure est à l’optimisme, voire à la liesse. Ainsi, le chef de l’Association turque des entreprises de construction Mithat Yenigün, ne cache pas sa joie suite à la levée des restrictions côté russe visant les intérêts turcs, en premier lieu dans ce domaine qui le concerne. En outre, l’expert du domaine a rappelé un chiffre clé : « les entreprises turques du BTP ont réalisé à ce jour des travaux à divers endroits du monde pour des contrats d’une valeur totale de 340 milliards de dollars. Sur ce montant, 65 milliards ont été obtenus grâce aux travaux en Russie ». Ce qui signifie que près de 20 % des travaux de BTP réalisés par des entreprises turques au niveau international ( sachant que les sociétés turques font partie du TOP 3 des meilleures au monde en la matière ) reviennent au seul marché russe. Très révélateur.

Enfin, le secteur de l’export agroalimentaire turc attend lui aussi de décoller depuis la levée des restrictions, mis à part les tomates turques. Cela est dû aux investissements importants qui ont été réalisés par les producteurs nationaux russes ( pendant la période de crise entre les deux pays ) et qui doivent attendre la fin du cycle de production pour récupérer leurs investissements avec profit. Néanmoins, une libéralisation là aussi aura certainement lieu côté russe pour faciliter l’accès des tomates turques sur les étals russes ( sachant qu’avant la crise de novembre-décembre 2015, la part des tomates en provenance de Turquie représentait 65 % des importations russes sur cette position ). Une chose est pratiquement sûre : d’ici 2 à 3 ans il ne restera probablement plus aucune restriction sur les importations agroalimentaires en provenance de Turquie. En attendant, les exportateurs turcs de la filière y trouvent leur compte ( sauf pour les tomates déjà citées ), sachant que le marché russe est pour nombreux d’entre eux de loin le principal.

Clin d’œil en passant aux producteurs de l’Union européenne qui peuvent « remercier » la politique de leurs gouvernements respectifs, en réalisant qu’ils ne pourront probablement jamais retrouver leurs positions d’antan ( même dans une moindre mesure ). Sachant par exemple que la Turquie, qui n’avait pas participé aux sanctions contre la Russie et dont la crise bilatérale avec Moscou n’a duré que sept mois ( la normalisation a commencé après les excuses officielles transmises par la Turquie à la Russie, c’était fin juin 2016 ), il a néanmoins fallu tout de même près d’une année après l’annonce de la normalisation entre les deux pays pour arriver à un accord de levée des restrictions ayant permis de relancer pleinement le partenariat stratégique des deux nations. Evidemment, dans le cas de l’UE, dont les sanctions visant la Russie sont selon Moscou clairement injustifiées, et qui durent depuis déjà plusieurs années, les dirigeants russes ne permettront donc certainement pas un retour rapide des produits occidentaux frappés par les contre-sanctions russes à ce jour.

D’autre part, et de l’aveu de plusieurs analystes internationaux, y compris de l’Onu, la Russie a bien adapté son économie et sa production intérieure en tenant compte des sanctions qui la visent. Et autre point fort important : les producteurs russes ont d’ores et déjà lancé un appel à Poutine lui demandant de ne pas annuler les contre-sanctions russes visant les produits occidentaux, même en cas d’annulation des sanctions occidentales visant la Russie. Poutine leur avait promis d’en tenir compte.

Quant à la Russie et à la Turquie, c’est donc officiellement reparti pour l’objectif annoncé précédemment par les élites des deux côtés, à savoir 100 milliards d’échanges bilatéraux annuels à l’horizon 2020-2023. Cela sans compter le partenariat politique engagé entre les deux pays avec la participation de l’Iran en Syrie. Notamment dans le cadre du processus d’Astana. Voire d’un partenariat dans la sphère de la défense, ce qui serait une première historique dans la relation entre la Russie et un pays lié ( bien que de moins en moins ) à l’Otan. Enfin, et fait tout aussi important, les échanges éducatifs et culturels entre la Russie et la Turquie sont appelés à augmenter considérablement au cours des prochaines années.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201706071031738916-geoconomie-russie-turquie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Quand les succès syriens mettent à mal le double jeu US

Carte du Proche-Orient

L’armée syrienne et ses alliés, dont la Russie, enregistrent de nouveaux succès face aux terroristes de Daech. Certains d’entre eux sont révélateurs des complicités presque non voilées entre les djihadistes et ceux qui prétendent les « combattre ».

Aux dernières nouvelles sur le front syrien, un groupe militaire russe a coupé la voie aux terroristes de Daech qui quittaient Raqqa via un corridor offert par les soi-disant Forces démocratiques syriennes, une coalition principalement kurde, soutenue par les États-Unis, à condition qu’ils se dirigent vers Palmyre.

« Le 25 mai, un convoi de terroristes composé de 39 camionnettes avec des armes se dirigeant vers Palmyre a été repéré et anéanti par les avions des forces aérospatiales russes. 32 pick-up dotés de mitrailleuses lourdes ont été détruits et plus de 120 terroristes abattus », a communiqué à Sputnik une source du ministère russe de la Défense.

Mis à part l’efficacité des forces aériennes russes opérant en Syrie, un autre fait saute aux yeux: la complicité, elle aussi une fois de plus, entre la pseudo-coalition « anti-Daech » dirigée par les USA, les FDS soutenus par les USA et le groupe terroriste Daech, que les deux premiers sont censés « combattre ».

Parallèlement à cela, Le Parisien annonçait la reprise par l’armée syrienne de la route reliant Damas à Palmyre. Comme le note le quotidien français, « les troupes syriennes, appuyées par l’aviation russe, ont réussi à chasser les combattants de l’EI d’une zone désertique de plus de 1 000 km2. Les djihadistes se sont retirés face à l’intensité des frappes russes. »

L’offensive promise par le président syrien Assad en vue de reprendre les territoires en zone désertique à faible densité se confirme et suit donc son cours avec le soutien de ses alliés, dont évidemment la Russie. Et c’est vraisemblablement cela qui pose de nouveaux problèmes aux « braves partenaires » de la coalition US.

Bref rappel des péripéties de la guerre syrienne. Les terroristes, ayant obtenu un très large soutien extérieur, avançaient sur plusieurs fronts, l’armée gouvernementale se retrouvant acculée à la défensive. Les principaux médias et experts occidentaux donnaient « quelques semaines », voire « au maximum quelques mois » avant qu’Assad ne tombe. Les risques de voir la grande cité historique de Damas tomber dans les mains des barbares de Daech ou d’Al-Qaida étaient effectivement élevés. Puis intervient la Russie à la demande officielle du gouvernement légal syrien. Cela a permis une bascule militaire: L’armée gouvernementale retrouve l’initiative et passe à l’offensive en libérant plusieurs villes et localités. Évidemment, les plus grands succès seront les libérations d’Alep, la deuxième ville du pays et de la cité antique de Palmyre, patrimoine culturel aussi bien de la Syrie que de toute l’humanité.

Dans ce nouveau schéma que l’Occident et ses acolytes n’avaient guère prévu, le gouvernement syrien a retrouvé le contrôle sur pratiquement toute la Syrie dite « utile », à savoir les cinq plus grandes villes du pays et les territoires sur lesquels se trouvent 80 à 85 % de la population. Mais il ne compte pas en rester là et annonce poursuivre la libération de tout le territoire national et au vu des derniers événements, l’offensive en zone désertique se poursuit avec succès.

Des victoires qui provoquent une nouvelle hystérie de côté de ceux dont les objectifs n’ont jamais changé, à savoir faire tomber Assad, y compris si pour cela des villes millénaires ayant vu la civilisation naître devaient tomber aux mains des barbares coupeurs de têtes.

Quoi qu’il en soit, la Russie et ses alliés surveillent de près la situation. Et ce malgré toutes les complicités, voilées ou non, entre les terroristes et ceux qui prétendent les combattre sur le théâtre de guerre syrien. Quant à la Syrie, elle semble plus que jamais déterminée à vaincre le terrorisme, malgré les pertes subies au cours de toutes ces dernières années. Pour cela, elle sait sur qui elle peut compter.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705291031585189-usa-syrie-daech/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La nouvelle Route de la soie, la multipolarité économique en marche

Caravane sur la Route de la soie

Plus le temps passe et plus la multipolarité gagne du terrain. Au-delà des changements de grande envergure qui s’opèrent au niveau de la politique internationale, le volet économique n’est pas en reste, comme le démontre le projet de nouvelle Route de la soie.

L’OCS, les BRICS, l’Union économique eurasiatique, tous ces projets ont déjà confirmé leur solvabilité. Les puissances que les Occidentaux avaient tendance à appeler émergentes, pèsent de plus en plus sur l’économie internationale. Selon plusieurs cabinets et centres d’analyse occidentaux importants, à l’horizon 2040-2050, 6 des 10 principales économies mondiales seront celles de pays non-occidentaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, Mexique), à condition que l’on mette le Japon dans le « camp occidental », car membre du G7.

Mais plusieurs projets en cours ont pour objectif d’accélérer encore plus les choses. Il s’agit évidemment de la nouvelle Route de la soie, nommée aussi « Ceinture », « La Route » ou encore « Le pont terrestre eurasiatique ». Il s’agit d’un plan de très grande envergure voulu par la Chine et à portée ouvertement eurasienne, puisque c’est bel et bien l’Eurasie qui y jouera un rôle clé, comme dans un passé lointain.

Son principal axe? Une liaison de fret ferroviaire qui part de la Chine, passe par le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie (les trois pays membres-fondateurs de l’Union économique eurasiatique) pour arriver en Europe centrale et occidentale (les consommateurs finaux). Les trois pays cités jouent ainsi un rôle de hub commercial majeur. La route s’inscrit aussi dans l’objectif de sécuriser les approvisionnements de gaz russe en direction de la Chine, dont la consommation ne cesse de croître.

D’autres voies additionnelles devraient s’y ajouter, notamment le réseau routier, qui devrait permettre à d’autres pays de l’espace eurasien de contribuer au projet, à savoir le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, ainsi que l’Iran et la Turquie. Sans surprise, les pays cités y voient de grandes opportunités économico-commerciales.

Qu’en est-il des autres, notamment des pays occidentaux?

Washington y voit une façon pour Pékin d’augmenter considérablement un poids sur l’économie mondiale déjà très important, ce qui évidemment ne peut la ravir. D’autre part via ce projet, la Chine diminuera non seulement ses coûts de transport, mais en plus réduira considérablement les risques liés à d’éventuelles tensions en mer avec les USA, qui pourraient évidemment affecter ses approvisionnements.

Quant à Bruxelles, elle n’est pas ravie d’être réduite au rôle d’observateur ou de consommateur final. Et selon la dernière information relayée par RFI, les six pays de l’UE qui participent en ce moment même au Sommet international sur les nouvelles routes de la soie à Pékin (Allemagne, France, Grèce, Portugal, Royaume-Uni et Estonie) n’ont pas souhaité signer le communiqué commun sur le commerce. Elles prétendent que Pékin « ne prend pas en compte ce que l’Union européenne réclame depuis longtemps, à savoir que la Chine accorde un accès plus libre à son propre marché ».

Il est pour autant peu probable que l’Europe bruxelloise puisse faire quoi que ce soit contre le grand projet eurasiatique face à une Chine, deuxième puissance économique mondiale, extrêmement déterminée et ouvertement soutenue par des pays partisans de l’ordre multipolaire. Et ce d’autant moins que les pays de l’UE ont eux aussi clairement besoin du marché chinois pour écouler de leurs produits et services. Pour rappel, le coût total du projet s’élèverait à plusieurs trillions de dollars et, selon CNN, englobera à terme 68 pays, représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial, justifiant une fois de plus la détermination chinoise et eurasienne.

Le cas intéressant est celui de l’Ukraine, qui se retrouve de plus en plus isolée. En effet, de l’aveu même des élites ukrainiennes issues du coup d’État de février 2014, le gazoduc Turkish Stream fermera la page qui avait fait de ce pays un important hub gazier entre la Russie et l’Union européenne. Mais Kiev semble aussi être hors-jeu dans le projet de nouvelle Route de la soie, puisqu’après le Kazakhstan et la Russie, c’est la Biélorussie qui sera vraisemblablement privilégiée.

Tout cela pour dire que les énormes problèmes économiques actuels de la « new Ukraine » ne sont pas prêts d’être résolus. Restera alors pour Kiev à compter sur une aide économique que l’Occident est de plus en plus réticent à fournir, ainsi que tenter de profiter du régime sans-visa qui a été validé le 11 mai dernier par l’UE, régime qui ne donne pour autant pas droit de résider, ni de travailler dans l’Europe de Bruxelles. Mais cela est une autre histoire et il sera difficile aux élites de Bruxelles d’expliquer aux millions de citoyens ukrainiens du Centre et de l’Ouest du pays, ayant soutenu le Maidan, que ce qu’ils avaient espéré n’est pas exactement ce qu’ils auront obtenu, avec les conséquences migratoires qui en découlent.

Après tout, la meilleure analyse se fait après expérience personnelle. Un peu comme dans la Moldavie voisine, où après sept années de pouvoir pro-occidental, un président résolument prorusse a pris le pouvoir via des élections démocratiques, sans coup d’État. Chaque chose en son temps.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705161031400522-route-de-la-soie/

Mikhail Gamandiy-Egorov