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Syrie: victoire de la légitimité

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Suite à la décision du président étasunien Donald Trump de retirer la majeure partie des troupes US de Syrie, leurs alliés kurdes des dites Forces démocratiques syriennes (FDS) se sont retrouvés sous le feu de la puissance militaire turque. En effet, la Turquie avait rappelé à plusieurs reprises qu’elle ne permettra pas d’avoir des groupes «terroristes» hostiles à ses frontières. La suite a donné raison à la stratégie de l’axe Moscou-Damas.

Alors que les mêmes FDS refusaient jusqu’à encore récemment tout dialogue digne de ce nom avec le gouvernement syrien, en ayant à l’esprit d’être «intouchables» grâce à la protection de Washington, et se permettant même de lancer des ultimatums à Damas, la nouvelle réalité du monde multipolaire a fini par payer. Abandonnés par leurs «alliés» étasuniens, et devant la perspective d’être écrasés par la force de frappe turque, aujourd’hui c’est eux qui ont fait appel aux forces de l’armée gouvernementale syrienne avec la médiation russe, pour qu’elles puissent entrer dans les localités jusqu’ici contrôlées par la coalition FDS-USA-France.

C’est désormais chose faite et le processus se poursuit. A l’heure actuelle, les forces de l’Armée arabe syrienne sont déjà entrées à Minbej, la plus grande ville du nord de la Syrie, ainsi qu’à Raqqa – un temps «capitale» de la nébuleuse terroriste de Daech – et ce pour la première fois depuis 2014. Le déploiement de l’armée syrienne dans les zones précédemment sous contrôle des forces kurdes se fait en compagnie de la police militaire russe, qui patrouille déjà les localités en question.

Au-delà d’un développement positif pour la Syrie, à savoir la reprise sous contrôle par le pouvoir légitime des territoires appartenant à la République arabe et le départ des troupes occidentales non invitées, le fait est que c’est, une fois encore, une victoire géopolitique pour la Russie, et bien évidemment ses alliés.

D’une part, la Russie a démontré, et ce tout au long du conflit en Syrie, que c’est un allié fiable, qui ne lâche justement pas ses alliés. De l’autre, qu’au-delà d’être une puissance militaire de première taille, ayant joué un rôle de loin déterminant dans la lutte antiterroriste, notamment dans la victoire aux côtés de l’armée syrienne contre Daech, Moscou a prouvé que sa stratégie qui vise à défendre ses intérêts, et ceux de ses alliés, par la voie politico-diplomatique est d’un niveau bien supérieur que celle de ses adversaires.

Maintenant résumons un peu les vainqueurs et les perdants dans cette guerre, bien qu’il soit toujours difficile de parler de succès lorsqu’on parle de guerre. Mais sur ce point, force est de constater que celle-ci n’a pas été réalisée à l’initiative ni de la Syrie, ni de la Russie, ni de l’Iran. Mais bien à l’initiative d’une large coalition néocoloniale, et de ses suiveurs.

La Syrie, malgré les énormes pertes humaines et matérielles, a été sauvée en tant qu’Etat. Le terrorisme takfiriste a été écrasé, avec l’assistance cruciale de ses alliés, dont évidemment la Russie. Le pays est à reconstruire, mais là aussi il pourra très certainement compter sur l’assistance des pays-amis. N’empêche que malgré les souffrances et les destructions, la vie reprend en Syrie. Notamment à Alep, qui fut longtemps le poumon économique syrien et l’un des principaux centres industriels de la région. De nombreux réfugiés retournent dans le pays. Il y a donc de quoi être optimiste.

La Russie, alliée de Damas, conforte désormais son rôle de superpuissance militaire et de puissance politico-diplomatique de premier plan au niveau mondial. Le nier ne fait que ridiculiser encore plus ses adversaires et ceux qui portent une haine traditionnelle à son encontre. L’Iran, conforte lui son rôle de puissance régionale majeure. La Turquie, bien qu’ayant été au départ dans le camp de ceux qui voulaient faire tomber le président Bachar al-Assad, a vraisemblablement fait depuis les bonnes conclusions. A cet effet, le partenariat stratégique russo-turc a montré toute sa viabilité. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que désormais une normalisation serait même envisageable entre Damas et Ankara, avec, là aussi, le soutien de Moscou. Une éventualité ouvertement abordée par les hauts responsables, dont le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Lorsque cela arrivera, la victoire sera alors totale. Pour les pays concernés, pour l’Eurasie.

Les perdants, eux, sont connus et reconnus. Et pas seulement les terroristes écrasés. Mais aussi tous ceux qui ont misé sur eux. Dont bien évidemment les puissances occidentales, qui doivent aujourd’hui reconnaitre l’amertume de la défaite, compter les pertes financières parties en fumée, mais aussi et cela est très important la perte de confiance de leurs propres populations. Sans parler même des pertes de prestige et de notoriété quant à leur supposée «exclusivité» face au reste du monde. Le président français Emmanuel Macron a récemment reconnu la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde. Avec du retard, puisque cela fut annoncé il y a plusieurs années, mais vaut mieux un peu tard, que jamais.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Christophe Raineteau: visage contemporain du mercenariat français en Afrique

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La France, en tant qu’Etat ayant une longue histoire coloniale et néocoloniale, dont une large partie en Afrique, est aussi connue pour ses tristement célèbres mercenaires, ayant opéré durant de longues années sur le continent africain, notamment dans le cadre du système communément appelé «Françafrique».

Le plus connu d’entre eux est certainement Bob Denard, dont les activités au service du néocolonialisme de son pays s’étendirent à nombre de pays africains: Congo, Nigéria, Bénin, Gabon, Angola ou encore les Comores. Décédé en 2007, sa mort pour de nombreux observateurs signifiait une sorte de fin d’une longue page de mercenariat français en Afrique. Mais ce fut loin d’être le cas. Dans le refus d’accepter le respect de la souveraineté de ses anciennes colonies, Paris a aujourd’hui de nouveaux personnages sur qui il peut miser. L’un de ces mercenaires contemporains n’est autre qu’un certain Christophe Raineteau, surnommé Alpha.

Actif dans plusieurs pays africains, c’est en République centrafricaine que ses activités de déstabilisation feront particulièrement parler de lui, au point que Bangui accusera ledit citoyen français de terrorisme et lancera un mandat d’arrêt à son encontre, ainsi que de son compatriote Bernard Cousin.

Déjà fin mai 2018, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, dans un entretien à la chaine de télévision France 24, a fait mention de ces deux citoyens français en qualité de déstabilisateurs de son pays: «ils manipulent certains hommes politiques, des groupes armés et une partie de la société civile en Afrique centrale dans le seul but de déstabiliser le gouvernement démocratique de Bangui» https://youtu.be/jTQF42IIKVA

Les tentatives de déstabilisation françaises contre la Centrafrique, via notamment ces mercenaires, ne sont pas anodines. La RCA, longtemps considérée comme la chasse gardée de Paris, est rentrée depuis les dernières années en alliance avec la Russie, dont les instructeurs participent à la formation des Forces armées centrafricaines (FACA), sans oublier plusieurs projets bilatéraux en cours de développement entre les deux pays, sur une base légale et conformément à la souveraineté des deux nations.

Il n’est donc aucunement surprenant qu’un Raineteau soit utilisé par des cercles obscurs de l’Elysée dans des opérations visant à déstabiliser un Etat africain qui assume de plus en plus sa souveraineté, y compris dans le choix de ses partenaires extérieurs. Et ce malgré le fait que le président centrafricain Touadéra est connu pour être un intellectuel qui s’est fixé le ferme objectif d’apporter la paix et le développement pour son pays, après des années de chaos et d’affrontements, notamment inter-religieux. Et malgré aussi le fait d’avoir été élu dans un cadre démocratique. Mais peu importe la démocratie et la volonté réelle de sortir son pays des années sombres récentes, Paris et ses hommes de main n’ont que faire de la souveraineté de cet Etat.

A noter qu’un mandat d’arrêt a été émis par la RCA à l’encontre de ces deux personnages en décembre dernier, sur la base de dix paragraphes d’accusation, parmi lesquels les actes de terrorisme, les meurtres et la destruction de la sécurité intérieure de l’Etat. Christophe Raineteau se trouvant de passage au Madagascar sera même arrêté par les autorités malgaches en vue d’une extradition vers la Centrafrique pour y être jugé, mais sous pression des autorités françaises fut relâché et a pu regagner la métropole, au grand dam des autorités centrafricaines https://www.nofi.media/2019/03/christophe-raineteau-2/63723

Evidemment, Raineteau nie les accusations qui sont portées à son encontre depuis Bangui. Il se présente lui-même comme un «aventurier humaniste», et dont les activités sont avant tout liées au «consulting de géopolitique africaine» pour des entreprises clientes. Quoi qu’il en soit et malgré la poursuite vraisemblable de ses activités dans nombre de pays africains, il n’est pas prêt à remettre les pieds sur le sol centrafricain.

L’histoire de ce mercenaire français est en réalité bien plus qu’une nouvelle page de mercenariat occidental en Afrique. Elle est surtout l’image d’une politique qui prétend parler au nom des valeurs dites «universelles» et de promotion de la «démocratie», mais avec comme fond un néocolonialisme aujourd’hui pratiquement impossible à voiler. Qu’un chef d’Etat d’un pays souverain soit élu démocratiquement et ayant pour objectif de changer radicalement les choses, d’y apporter la paix, la sécurité et le développement – tout cela préoccupe bien peu l’Elysée, et plus généralement les élites politiques occidentales. Les objectifs de ces derniers restent les mêmes et ne sont pas prêts de changer : maintenir le contrôle des anciennes colonies sous le diktat politique, armé et économique, sans oublier le contrôle des ressources naturelles des pays en question. Et peu importe si pour cela il faille maintenir la souffrance des populations locales, qui à défaut d’être massacrées, n’auront d’autre choix que de prendre la voie de l’immigration. «L’humanisme» libéral-occidental dans toute sa splendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Dopage, géopolitique, russophobie: le point commun?

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Le mercenariat US en Afrique: une réalité difficile à voiler

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Alors que les pays du continent africain semblent plus que jamais déterminés à prendre en main leur destin et défendre jalousement leur souveraineté, du moins dans une partie notable de ce continent représentant l’avenir, les Etats occidentaux ne l’entendent pas de cette oreille. Critiques ardentes des partenaires chinois et russe, ainsi que des présidents africains menant une politique indépendante et multilatérale, l’Occident et bien évidemment les USA, ne mâchent pas leurs mots. Tout cela, en essayant tant bien que mal de masquer leurs véritables actions au cours des décennies passées et jusqu’à aujourd’hui. Rappel.

Les Etats-Unis d’Amérique, plus que jamais inquiets dans l’observation de plus en plus évidente de perte de leur leadership mondial sur les plans géopolitique comme géoéconomique, le tout dans un monde multipolaire en ébullition, ne cessent d’hystériser quant aux succès des grandes puissances civilisationnelles et indépendantes, en premier lieu de la Russie et de la Chine, ainsi qu’en ce qui concerne la prise de conscience des peuples à différents endroits du monde. L’Afrique ne fait pas exception.

Ces attaques politico-diplomatico-médiatiques occidentales visent aussi bien l’interaction sino-africaine, devenue aujourd’hui incontournable, que celle de l’Afrique avec la Russie, cette dernière étant aujourd’hui de retour et de plus en plus présente sur le continent africain. Si dans le cas de la Chine, les dites accusations visent principalement l’économie, le mainstream politique et médiatique de l’Ouest insistant sur le «piège» de Pékin au niveau économique et financier prétendument tendu aux Etats africains, dans le cas de la Russie les attaques concernent elles l’interaction grandissante sur le plan sécuritaire et politique, même si l’économie est elle aussi présente, certes de façon encore bien moins importante que dans le cas de la Chine.

Plus que cela, les médias occidentaux ne cessent de trouver des «mercenaires» russes à divers endroits d’Afrique. En omettant souvent de rappeler que la présence russe sur le continent se fait en conformité des accords conclus de façon souveraine entre les pays africains concernés et la Russie. Et puis en parlant de mercenariat, l’Occident n’oublie-t-il pas les pages obscures qui le concernent à ce sujet et les crimes qui en ressortent?

De l’assassinat de Patrice Lumumba au Congo avec la participation directe d’agents étasuniens en passant par le Zimbabwe ou encore l’Angola, les intervenants US ont attenté à maintes reprises à la souveraineté et à la dignité africaine. Le tout dans un esprit purement néocolonial. Si l’on sait aujourd’hui que l’assassinat barbare du grand leader congolais Lumumba a été décidé et validé au plus haut de l’Etat étasunien, avec la participation directe de la CIA et des services secrets belges, on sait aussi que Washington a utilisé plusieurs de ses mercenaires dans des opérations contre les mouvements progressistes africains. Parmi les mouvements visés l’ANC sud-africain, le MPLA angolais, la SWAPO namibienne ou encore le FRELIMO mozambicain. En passant presque toujours en coordination directe avec le régime raciste sud-africain de l’apartheid de l’époque.

Si les noms des mercenaires US tels que George Bacon, Thomas W. Chittum ou encore Robert C. MacKenzie, pour beaucoup ne disent pas grand-chose, il faut savoir que pour les pays africains où ces personnages ont agi, ils sont bien connus. Ou encore le groupe «The Crippled Eagles» – nom informel «d’expatriés» US ayant participé à la Guerre du Bush de Rhodésie du Sud aux côtés des forces néocoloniales de la République de Rhodésie du Sud de l’époque face aux guérilleros de la ZIPRA et de la ZANLA.

Cela sans oublier la guerre d’Angola, à l’issue de laquelle plusieurs mercenaires occidentaux, dont étasuniens, seront condamnés par l’Etat angolais à des peines allant de 16 ans d’emprisonnement à la peine de mort, pour leurs actions contre le pays.

Evidemment, certains seraient tentés de dire que ces actions occidentales de mercenariat et de déstabilisation se faisaient dans le cadre d’une certaine époque, communément appelée «Guerre froide». Le seul souci c’est que l’esprit néocolonial occidental de l’époque et celui d’aujourd’hui n’a pas vraiment évolué. A ce titre la concurrence entre les Etats-Unis et la Russie dans le volet sécuritaire en Afrique entre aujourd’hui dans une phase de plus en plus active. C’est dans ce contexte qu’il faut vraisemblablement voir les attaques récentes de l’establishment politique comme médiatique de l’Ouest visant aussi bien les intérêts russes et chinois, que ceux des souverainistes africains.

On a beau à posséder la puissance militaire, économique, géopolitique et médiatique, le fait est que la vérité est têtue et difficile de pouvoir l’effacer. Dans cette optique, le mieux que l’Occident aurait aujourd’hui à faire serait de changer de politique vis-à-vis des nations indépendantes non-occidentales. Mais bien que le monde multipolaire ait prouvé toute sa viabilité, les élites occidentales elles ne sont toujours pas prêtes à accepter la nouvelle réalité et surtout être en mesure de se regarder objectivement dans le miroir. Compte tenu de cela, les déstabilisations étasuniennes, et occidentales en général, en Afrique comme ailleurs, se poursuivront incontestablement.

 Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1169

Premier Forum social russo-africain: pour un envol des relations bilatérales

Afrique

Les relations russo-africaines ont le vent en poupe. Le premier Forum social russo-africain à Moscou confirme l’étroitesse des liens entre l’Afrique et la Russie. Un succès qui en annonce d’autres, puisque cet événement prépare notamment le premier Sommet Afrique-Russie de 2019. Retour sur un colloque riche en enseignements.

C’est une innovation dans la relation entre la Russie et les pays africains: l’African Business Initiative a organisé le premier Forum social russo-africain à Moscou.

Cette rencontre, organisée dans le cadre de la promotion des relations russo-africaines, notamment au niveau économico-commercial, prépare le terrain au premier forum d’affaires, et surtout au premier Sommet Afrique-Russie, qui devrait avoir lieu en 2019.

Y ont pris part des représentants russes et africains du monde diplomatique, politique, scientifique, des affaires, des médias et de la société civile. De nombreux représentants africains étaient d’ailleurs diplômés des universités soviétiques et russes. Côté pays hôte, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, ainsi que le vice-ministre des Affaires étrangères et représentant spécial du président russe pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Mikhail Bogdanov, étaient présents.

Ce colloque comprenait plusieurs séances plénières et tables rondes, qui ont couvert presque tous les sujets d’intérêt russo-africain. Plusieurs points importants ont été soulevés, notamment l’objectif d’augmenter considérablement le nombre d’étudiants africains dans les universités russes, de faciliter aux étudiants l’accès aux stages et au marché du travail russe durant leurs études et d’assurer le suivi des succès post-études des diplômés africains. Sur le plan des affaires, l’accent a été mis sur la nécessité de collaborer dans un esprit gagnant-gagnant, de créer des projets avec une responsabilité sociale des entreprises et bien sûr la création d’emplois pour les populations africaines.

Sur le plan politico-diplomatique, M. Lavrov n’a pas manqué de rappeler plusieurs points importants, des points ayant reçu l’approbation des participants, dont deux méritent une attention particulière. Le ministre des Affaires étrangères a souligné que «la Russie n’a pas à se reprocher des crimes coloniaux. Au contraire, elle a accompagné les luttes d’indépendance en Afrique». Il a aussi martelé un slogan —«aux problèmes africains, des solutions africaines»- qui mettait l’accent sur le respect de la souveraineté de l’Afrique, tellement de fois remise en cause par certains États.

La Russie en Afrique peut déjà compter sur plusieurs atouts: absence d’histoire coloniale, soutien aux luttes d’indépendance des nations africaines, mais également durant la période post-indépendance; en outre, la Russie n’a jamais pillé les ressources du continent. À ce titre, le Dr Edimo Mongory, économiste camerounais qui est récemment intervenu en qualité d’expert dans l’une des émissions de la chaîne TV Afrique Média —la télévision panafricaine- a déclaré que «la Russie est probablement le seul pays du monde qui a plus donné à l’Afrique qu’il n’en a pris». Déclaration difficilement contestable.

L’autre atout évident de la Russie en Afrique, ce sont effectivement les milliers de cadres africains ayant été formés dans les universités soviétiques et russes et qui, dans leur grande majorité, continuent de porter le pays de leurs études dans leur cœur. Plusieurs d’entre eux occupent aujourd’hui des positions de haut rang dans leurs pays respectifs.

Mais ce qui peut paraître paradoxal, c’est qu’au-delà des amis naturels de la Russie sur le continent africain —comme ces diplômés- la Russie peut compter sur des milliers de représentants de la société civile africaine, notamment de la jeunesse, qui bien que n’ayant pas été formés sur le sol russe et ne parlant pas la langue de Pouchkine, soutiennent néanmoins activement la politique actuelle de la Russie. Et c’est probablement cette jeunesse aussi qui jouera un rôle stratégique dans la suite des relations Afrique-Russie, n’en déplaise aux détracteurs de la Russie et de sa présence en Afrique.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201810241038623076-russie-afrique-relations-forum/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pourquoi la présence russe en Afrique inquiète tellement l’Occident?

Centre de Bangui

Le plein retour de Moscou sur le continent africain provoque une véritable hystérie dans les cercles occidentaux. Si il y a quelques années encore, les paroles sur un tel retour faisaient sourire les élites occidentales, depuis que la Russie post-soviétique est passée à l’action, le sourire a subitement disparu…

Agitation diplomatique, matraquage médiatique, pressions politiques, les élites occidentales, notamment celles de l’Hexagone ne reculent désormais devant rien pour tenter à tout prix de maintenir leur prétendu « pré-carré » en Afrique, et empêcher une prise de souveraineté digne de ce nom au niveau de nombre de pays du continent. En effet et si l’on suit les titres de nombreux médias mainstream, francophones comme anglophones, l’heure est nettement à l’inquiétude. France 24, BBC, RFI, New York Times, Jeune Afrique et d’autres — tous « s’interrogent » sur les « motivations » et les capacités de Moscou en Afrique.

En réalité, cette inquiétude est assez compréhensible. Car ils savent que ce retour russe en terre africaine, frappera indéniablement le système que l’Occident a longtemps imposé au continent l’un des plus riches en termes de ressources naturelles et humaines, mais si longtemps dénigré avec des clichés promus par les mêmes médias mainstrimois. Souvenez-vous d’ailleurs des premiers pas de la Chine en Afrique: moqueries occidentales d’abord sur les capacités de Pékin, puis — lorsque la Chine commencera à s’imposer lancement de vastes campagnes anti-chinoises, notamment via les instruments médiatiques, pour enfin se rendre à l’évidence: la Chine a bel et bien réussi à s’imposer et malgré toutes les critiques dont elle peut faire face, le constat est sans appel, les Africains en majorité préfèrent Pékin à l’Occident.

Le retour russe fait d’autant plus peur aux Occidentaux pour plusieurs raisons. Tout d’abord car désormais la concurrence sino-occidentale pourrait entrevoir l’élargissement de cette opposition en deux blocs antagonistes, un peu dans le style du Conseil de sécurité de l’ONU: russo-chinois d’un côté et occidental de l’autre. Certes, les intérêts de la Russie en Afrique ne sont pas forcément ceux de la Chine, et vice-versa. Mais globalement parlant, il est aujourd’hui clair que Moscou et Pékin pourraient être en Afrique beaucoup plus partenaires que concurrents, et ce bien évidemment au détriment des intérêts occidentaux. Car faut-il le rappeler les domaines de compétence de la Chine en Afrique ne sont pas forcément ceux de la Russie, et les domaines d’expertise russe ne sont pas forcément ceux de la Chine. Ce qui signifie que les deux pays peuvent réellement se compléter, tout en respectant chacun la souveraineté des nations africaines. Cette complémentarité pourra d’ailleurs se faire aussi bien dans le cadre des projets liés à l’alliance BRICS, que dans le cadre des accords bilatéraux russo-chinois.

Autre point tout aussi important: celui de la popularité évidente de la Russie actuelle auprès d’une large partie de la population africaine. En effet et cela pourrait paraitre paradoxal: alors que la Russie avait perdu nombre de ses positions en Afrique à la chute de l’URSS, et que la jeunesse africaine actuelle n’a pas connu la période de la guerre froide, la politique extérieure russe contemporaine séduit justement un bien large nombre de représentants de cette jeunesse d’Afrique. Sans oublier évidemment la génération plus âgée — celle justement qui garde en mémoire l’apport décisif de la Russie soviétique dans la libération du continent du colonialisme, mais aussi dans le soutien qui fut accordé pour permettre à de nombreux Etats nouvellement libérés d’aller de l’avant. Et à ce niveau aussi, Moscou n’a pas de quoi rougir. Il suffit d’observer un pays comme l’Angola, qui malgré de nombreuses attaques visant sa souveraineté, notamment des régimes US et sud-africain version apartheid, ait non seulement pu résister grâce au soutien décisif de Moscou et de La Havane, mais ait pu devenir un pays prospère, dont les citoyens n’immigrent pas ou peu, à l’énorme différence des pays faisant partie du cercle vicieux nommé « Françafrique », pourtant disposant eux aussi de fort importantes ressources naturelles.

Et enfin, comme résultat des deux points précédents, les élites atlantistes comprennent parfaitement aussi que les succès des collaborations russo-africaines, comme c’est d’ailleurs actuellement le cas par exemple entre Moscou et Bangui, deviendront au final comme une vague, si ce n’est pas un tsunami, pour toute présence ultérieure occidentale sur ce continent. Et bien que les élites politico-médiatiques de l’Occident, et notamment françaises, s’obstinent à refuser de reconnaitre qu’ils doivent beaucoup à l’Afrique, le temps de rendre des comptes s’approche à un rythme élevé. Ajoutez à cela une autre réalité que l’establishment occidental aura beaucoup, mais vraiment beaucoup de mal à accepter: celui de perdre le contrôle sur les ressources naturelles africaines, à un moment de l’histoire où les notions de patriotisme et de souveraineté ont clairement le vent en poupe. En Afrique, le panafricanisme, comme lors de la guerre froide, s’impose de nouveau. Et malgré la vive opposition occidentale, la réalité sera ce qu’elle sera. Le monde, dont l’Afrique est membre à part entière, ne peut être que multipolaire.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201809141038077891-presence-russie-afrique-occident-reaction/

Mikhail Gamandiy-Egorov