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USA: les républicains pour le durcissement des sanctions contre les principaux adversaires géopolitiques

Gestion catastrophique de la pandémie du Covid-19, tensions inter-ethniques, raciales, violence policière et vandalisme des casseurs à l’intérieur, refus d’accepter l’ordre unipolaire révolu par la grande majorité des pays du monde à l’extérieur, mais rien n’y fait – les représentants de l’establishment US prévoient de s’accrocher jusqu’au bout. Y compris à travers de nouvelles menaces qu’ils souhaitent mettre à exécution. 

Les républicains à la Chambre des représentants du Congrès étasunien ont publié mercredi un rapport sur la stratégie de la sécurité nationale, appelé à «renforcer le rôle des Etats-Unis et à contrer les menaces mondiales». Dans ledit rapport, il est notamment proposé d’imposer «les sanctions les plus dures jamais imposées auparavant» contre la Russie, l’Iran, et le Parti communiste chinois. A noter que le groupe de travail en question fait partie de la plus grande association de la faction républicaine à la Chambre des représentants US.

Ainsi, les auteurs du rapport proposent d’inclure la Russie sur la liste «des pays parrainant le terrorisme» – une liste que rédige l’administration présidentielle étasunienne. Ni plus, ni moins. Les raisons pour de telles accusations serait le soutien de Moscou aux corps des Gardiens de la révolution islamique iranien, le Hezbollah libanais, ou encore aux Talibans afghans. L’autre raison invoquée serait le fait qu’au cours de la dernière décennie, la Russie a affirmé son rôle de puissance mondiale, avec «une intention claire de saper l’ordre mondial sous la direction des USA». Ce serait peut-être d’ailleurs et surtout la principale raison.

L’autre orientation vis-à-vis de la Russie concerne, là aussi sans grande surprise, le secteur énergétique. Ainsi, le Congrès est invité à imposer une seconde couche de sanctions aux entreprises soutenant les projets pétroliers et gaziers russes. Ce n’est pas tout: selon les dits auteurs, il faut également imposer des restrictions à l’acquisition de la nouvelle dette souveraine russe, tout en poursuivant des sanctions personnelles vis-à-vis de responsables russes, et… des structures pro-russes dans d’autres pays. La liste n’est pas terminée, puisque les «érudits » étasuniens appellent aussi à exclure la Russie du système interbancaire SWIFT.

Dans le cas de Pékin, le rapport propose d’imposer «des sanctions contre le Front uni du Comité central du Parti communiste chinois», ainsi qu’à l’encontre d’un certain nombre de hauts fonctionnaires, y compris des membres du Politburo. Ceci, «dans le cadre de leurs activités concernant la population ouïghoure de Chine, ainsi que dans celui de la situation à Hong Kong». Les auteurs du rapport pensent également qu’en ce qui concerne la Chine, il est plus raisonnable d’utiliser des «sanctions ciblées», qui selon eux «fonctionneraient plus efficacement que les mesures tarifaires à grande échelle, qui affecteront à large échelle les USA eux-mêmes». Enfin, ils font également mention de la nécessité de bloquer la propagande chinoise, ainsi que de prendre les «mesures pour empêcher les technologies américaines critiques d’arriver dans ce pays».

En ce qui concerne la lutte contre l’Iran, le rapport propose d’imposer de nouvelles sanctions vis-à-vis d’un certain nombre de secteurs de l’économie iranienne. En parallèle des mesures visant les structures régionales affiliées à la République islamique, en particulier les milices pro-iraniennes en Syrie, Irak, Liban et Yémen. Reste tout de même à espérer que les initiateurs de ce rapport maitrisent également la localisation géographique des pays dont ils font mention.

Maintenant, pour parler perspectives. Evidemment, toutes ces mesures proposées par les politiciens étasuniens, peu importe d’ailleurs qu’ils soient républicains ou démocrates – car la haine de la Chine, de la Russie et de l’Iran les rassemble fortement – sont de nature consultatives et ne sont pas (en tout cas pour le moment) un projet de loi soumis au Congrès. Il n’empêche que cette action est tout de même très révélatrice des intentions de l’establishment étasunien dans son ensemble – y compris dans le camp de Donald Trump – à savoir se battre jusqu’au bout pour un retour à une gestion unipolaire du monde, même si le navire en question continue de couler.

Evidemment, dans le cas d’une imposition de telles sanctions, la guerre pourrait être totale, aussi bien sur le plan économique, qu’au niveau de la confrontation militaro-stratégique (sans forcément de guerre directe, mais avec une implosion d’affrontements locaux et régionaux). Et au vu des capacités contemporaines de Pékin, Moscou, et Téhéran, sans y inclure les alliés respectifs, Washington ne sortira pas gagnant d’une telle confrontation. Et ne ferait qu’accélérer sa chute. Mais connaissant la mentalité des élites atlantistes, beaucoup plus joueurs de pokers que d’échecs, ils pensent que miser le tout serait la solution. Rien n’est moins sûr. Ajoutez à cela les innombrables problèmes irrésolus de l’intérieur, et le tour est joué. Sauf que le Deep State n’a que peu à faire non seulement des vies humaines au-delà des frontières US, mais également sur le front intérieur, et effectivement l’époque actuelle multipolaire n’avait jamais autant remis en question leur pouvoir autoproclamé et inacceptable pour l’écrasante partie de l’humanité. 

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Burundi / présidentielle: confirmation de la légitimité des élections

Les résultats des récentes élections présidentielles en République du Burundi semblent désormais être acceptés au niveau international, malgré les critiques qui émanaient de la part des élites occidentales. La légitimité est désormais confirmée aussi bien au niveau de l’Union africaine (UA), de nombreux chefs d’Etat du continent, ainsi que de la part de nombreuses capitales du monde.

L’Union africaine (UA) a pris note de façon officielle des résultats définitifs de l’élection présidentielle au Burundi – publiés le 4 juin dernier. C’est ce que rapporte l’Agence de presse africaine (APA).

Par ailleurs, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a souhaité au président burundais élu «ses vœux de plein succès dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités». Plusieurs chefs d’Etat africains ont également transmis leurs félicitations au leader du Burundi. Les médias occidentaux n’ont de leur côté pas manqué de faire écho de nombre «d’irrégularités».

Il est vrai que depuis de nombreuses années le Burundi s’était retrouvé sous pression de la part de nombre de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, la France ou encore l’ex-puissance coloniale belge – qui n’approuvait pas l’orientation souveraine choisie par le prédécesseur du président nouvellement élu Pierre Nkurunziza. Les accusations émanant de ce camp, notamment via le mainstream médiatique, étaient fort nombreuses: accusations de violation des droits de l’homme, risque de génocide, politique autoritaire…

Il n’empêche que grâce à la mobilisation intérieure et au soutien diplomatique de deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, en la qualité de Pékin et Moscou, ayant empêché la poursuite de la déstabilisation opérée par les capitales occidentales, le pays a réussi à tenir toutes ces années et même à poursuivre la diversification de ses relations extérieures.

L’élection récente d’Evariste Ndayishimiye est venue conforter l’idée que le Burundi refusera toute interférence extérieure dans ses affaires internes. Et confirmant par la même occasion l’idée de véritable souveraineté, tellement voulue et recherchée par grand nombre d’Etats africains. D’autre part, ce petit pays de la région des Grands Lacs a démontré que toute idée d’une guerre civile, voire de génocide, n’était rien d’autre que l’œuvre d’une propagande hostile non seulement au Burundi, mais plus généralement vis-à-vis de tous les Etats d’Afrique ayant misé sur leur souveraineté nationale et sur la diversification active de leurs partenariats extérieurs.

Evidemment et comme tout pays, de nombreux défis existent et rentrent très certainement dans l’agenda du leadership burundais. Ce qui est certain c’est que du moment que le processus électoral a pu se dérouler dans des conditions pacifiques et sans violence – en nette opposition des pronostics de certaines forces, cela confirme toute la maturité du peuple du Burundi et de la capacité de ses dirigeants à maintenir le cap vers un développement durable, conséquent et souverain. Quant aux donneurs de leçons, ils feraient bien mieux aujourd’hui de se concentrer sur leurs problèmes intérieurs. La crise du Covid-19, ainsi que bien d’autres sujets d’actualité, l’ont à ce titre pleinement démontré.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Prague comme centre d’attaques contre la Russie

S’il est vrai que la pandémie du Covid-19 ait concentré l’attention de l’opinion publique internationale dans sa majorité, le travail des services secrets est quant à lui resté très actif. Et à ce titre, le rôle attribué par les services secrets occidentaux à la Russie en qualité «d’empire du mal» par excellence est resté inchangé. Le tout évidemment en coordination avec les divers instruments à disposition de l’establishment occidental.

A ce titre, la capitale tchèque Prague est devenue probablement l’un des plus grands centres opérationnels de communication des services de renseignement occidentaux. Et ce hub de la Guerre froide 2.0 est notamment activement utilisé pour non seulement mener des attaques informationnelles et accusations en tout genre contre la Russie et ses intérêts, mais également à renforcer dans la conscience collective, du moins occidentale, le stéréotype faisant de la Russie «l’empire des hackers».

Pour cela, les services de renseignement tchèques représentent beaucoup plus les exécutants d’un plan géré et coordonné en premier lieu par le duo USA-Grande-Bretagne (ou plus précisément CIA-MI6), ayant justement fait de Prague l’un de leurs principaux centres opérationnels en Europe continentale.

Le choix de Prague n’est pas un hasard. Notamment en ce qui concerne la relance des accusations visant la Russie dans l’affaire Skripal. C’est en effet dans la capitale tchèque que se trouve le plus grand centre de renseignement d’Europe centrale de la CIA et du MI6. C’est également Prague qui représente le plus grand centre opérationnel des communications du renseignement occidental anglo-saxon. Le tout sans oublier que Sergueï Skripal lui-même avait assez longtemps travaillé dans cette ville, en enseignant au contre-espionnage tchèque et à d’autres services de renseignement les méthodes d’identification des agents de renseignement russes.

Enfin, la République tchèque n’a pas seulement été activement utilisée dans la fameuse affaire Skripal, mais également dans les accusations visant la Russie quant aux différentes attaques de hackers, prétendument russes. Les méthodes coordonnées entre les principaux services du renseignement occidental et leurs homologues tchèques pour les attaques contre la Russie n’étaient pas forcément originales, mais utilisaient plutôt un schéma relativement «standard». A savoir la formation d’un motif fictif quant aux raisons de «l’agression russe», la création d’un cas informationnel (comme une prétendue cyberattaque sous false flag), puis diffusion au niveau des médias (notamment mainstream) et de la communauté «d’experts» occidentaux de l’idée sur «la trace russe», et enfin les responsables politiques de l’Occident qui reprennent à leur tour les accusations en question.

Désormais, le moment est de nouveau bien choisi. La provocation avec le démontage à Prague de la statue du maréchal soviétique Ivan Konev – en passant celui qui commandait les troupes de l’Armée rouge ayant libéré la ville des nazis en 1945 et également celui qui lors des combats pour la libération de la ville avait ordonné de ne pas utiliser l’artillerie lourde en vue de préserver les monuments historiques de la capitale tchèque – rentre vraisemblablement dans de nouvelles attaques informationnelles qui visent et viseront la Russie.

Désormais, il sera assez facile pour la coalition des services de renseignement occidentaux, et en premier lieu pour le duo américano-britannique, de mettre sur le dos des services russes toute attaque, réelle ou fictive, dans le cyberespace ou ailleurs – en mettant l’accent sur un acte de «vengeance» de la Russie pour le démontage du monument d’Ivan Konev à Prague. Un peu à la sauce de l’affaire Skripal – qui était décrit lui aussi comme un acte punitif ou de vengeance de la part de la Russie par les forces intéressées à mettre la responsabilité sur Moscou.

Ce qui est d’ailleurs assez paradoxal, c’est que les éléments utilisés bien souvent dans les accusations visant les hackers russes (ou prétendument russes), c’est:

1) les adresses IP russes utilisées lors des «attaques» et

2) «l’origine» russe des virus utilisés lors de ces attaques.

Pour ceux qui maitrisent un peu le sujet, ils sauront que les adresses IP, surtout lorsqu’il s’agit de hackers professionnels de haut niveau, peuvent loin et même très loin correspondre aux adresses IP réelles utilisées lors de telles cyberattaques. Car tout hacker fera en sorte de voiler au maximum toute trace de son activité d’origine. Quant à l’origine prétendument russe des virus, c’est un argument également qui bien souvent ne tient pas – sachant qu’une bonne partie des virus utilisés par les hackers de «haut niveau» ont justement une origine étasunienne, et plus que cela – des services de renseignement US. Et plus que cela encore, ces derniers n’hésitent d’ailleurs tout simplement pas à kidnapper des spécialistes informatiques russes (là aussi prétendument «hackers»), et ce à divers endroits du monde (comme par exemple lors de leurs congés), pour ensuite les ramener de force en terre étasunienne, leur faire du chantage (comme par exemple la prison à perpétuité) et ainsi les obliger à travailler pour les intérêts des services de renseignement étasuniens. Eh oui, aussi simple que cela.

Quant encore une fois au choix de Prague, il n’est lui aussi pas vraiment anodin et pas seulement lié à des raisons technico-pratiques. Grande ville historique d’Europe centrale – où d’une part on peut trouver de nombreux politiciens et responsables hostiles à la Russie, et ce dans pratiquement tous les domaines, et de l’autre où se trouvent un certain nombre de sympathisants vis-à-vis de Moscou, notamment le président tchèque Miloš Zeman. Un endroit donc idéal pour d’une part mener des attaques contre l’adversaire russe et ses intérêts, et de l’autre affaiblir tous ceux qui regardent avec ne serait-ce qu’un peu de sympathie (ou simplement de respect) envers la grande puissance eurasienne. Mais l’avantage du monde contemporain, c’est que justement ces méthodes qui paraissaient tellement voilées jusqu’à encore récemment s’ouvrent désormais au grand jour.

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Emeutes aux USA: le Zimbabwe lui aussi sur le banc des accusés

Les Etats-Unis sont en train de vivre une page fortement difficile de leur histoire. De loin en tête en termes de nombre de contaminations et de décès dus au Covid-19, le pays de l’Oncle Sam doit désormais faire face à de multiples émeutes à divers endroits du pays, le tout sur fond de tensions ethniques.

De façon générale ces émeutes n’ont rien d’exceptionnelles en tant que telles – sachant que ce ne sont loin d’être les premières. En effet, sous l’administration Obama – durant le mandat duquel plusieurs assassinats avaient été commis vis-à-vis, bien souvent, de représentants afro-américains et d’autres minorités ethniques, suite à quoi s’en étaient suivies plusieurs manifestations de citoyens US en colère. En réponse de quoi les forces de l’ordre étasuniennes n’avaient pas hésité à utiliser la violence comme moyen de réponse, y compris l’extrême.

Au-delà du fait que le pays se prétendant être le modèle parfait en termes de démocratie, de liberté et des droits de l’homme, se permettant de façon hyperactive à donner des leçons de vie à la planète entière et à se mêler d’affaires intérieures d’Etats souverains, sans oublier évidemment les déstabilisations, organisations de coups d’Etat, et bien évidemment l’intervention armée pure et simple – lorsque cela est «nécessaire», ait à utiliser un tel degré de violence contre ses propres citoyens, mais l’autre fait qui se démarque – ce sont les accusations portées par nombre de représentants de l’establishment étasunien à destination de pays étrangers – qui auraient «contribué» à ces émeutes.

Si les accusations portées par une partie de l’establishment politique et médiatique (notamment via la chaine CNN) à l’encore de la Chine, la Russie ou encore de l’Iran sont loin d’être nouvelles, le cas du Zimbabwe parait tout de même surprenant. S’il est vrai que Harare se trouve en alliance avec les trois premiers dans les domaines politico-diplomatiques, économiques et militaires, quel intérêt aurait-elle, sérieusement parlant, à contribuer à la montée de la violence en terre étasunienne? Revanche pour les sanctions US? Pour les nombreuses déstabilisations intérieures orchestrées par des forces obscures liées aux Etats-Unis? Tentatives américaines de faire isoler le pays?

S’il est vrai que les raisons pour le Zimbabwe d’en vouloir les USA sont réelles et nombreuses, il est peu probable que Harare aurait une quelconque volonté de mettre de l’huile sur le feu chez l’ex-gendarme du monde – si ce n’est que de lui mettre un miroir devant ses yeux. Vraisemblablement, un miroir qui donne une migraine énorme à ceux qui profèrent ces accusations d’interférence contre les USA. Peut-être d’ailleurs que ces derniers auraient quelque chose à se reprocher?Demain les accusations seraient-elles portées également contre Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et d’autres forces progressistes latino-américaines, voire la Syrie ou encore la Turquie? Connaissant l’establishment US et sa mentalité – rien ne serait impossible.

Mais le mieux probablement que ces élites étasuniennes auraient à faire c’est justement et surtout de commencer à se regarder dans le miroir et comprendre à quel point leur propre société est tout sauf un exemple pour d’autres nations. D’autre part, pour les partisans de Trump si il y a bien ceux qui essaient d’exploiter les énormes tensions actuelles, c’est surtout ses adversaires intérieurs – aussi bien ceux liés à Soros & Co., que les Clinton, Biden et Obama – de façon il est vrai totalement hypocrite sachant qu’à leur période de règne les crimes à caractère raciste étaient tout sauf moindres.

Enfin, du moment que l’establishment étasunien, dans son ensemble, ne saura accepter la réalité multipolaire du monde et leur incapacité à maintenir le diktat unipolaire, les USA continueront de s’enfoncer dans toutes les contradictions possibles – intérieures comme extérieures. Et à ce titre au lieu de maintenir des centaines de bases militaires à l’étranger, Washington ferait bien mieux de régler ses énormes problèmes intérieurs – de l’économie à la santé, des problèmes sociétaux aux conflits interethniques qui n’ont cessé d’exister au cours de son histoire tumultueuse. Des massacres des populations de souche et de la traite esclavagiste jusqu’aux lois ségrégationnistes, y compris après la seconde moitié du XXème siècle, jusqu’aux violences contemporaines. Donc stay home and solve your problems.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Iran brise le blocus étasunien du Venezuela

Malgré les sanctions étasuniennes visant la République islamique d’Iran et la République bolivarienne du Venezuela, les dernières actions des deux pays démontrent la détermination d’outrepasser ces pressions, et ce malgré les menaces de Washington.

Le premier des cinq pétroliers iraniens est arrivé au Venezuela, transportant des carburants nécessaires pour la nation latino-américaine. L’information est confirmée par Tareck El Aissami, le ministre vénézuélien du Pétrole. Il a également indiqué que le navire a été escorté par les forces armées à son entrée dans les eaux territoriales du pays.

A cet effet, l’ambassade iranienne à Caracas a également publié un communiqué et a remercié les militaires vénézuéliens: «Le premier pétrolier iranien a atteint les côtes vénézuéliennes. Nous sommes reconnaissants aux Forces armées bolivariennes pour l’avoir escorté». La télévision pan-latino-américaine Telesur a en outres diffusé les images correspondantes.

L’arrivée des quatre autres navires est prévue dans les prochains jours. Au total, 1,5 million de barils de carburant font partie des livraisons en cours. Le tout à un moment où les pénuries de carburant en République bolivarienne se sont aggravées avec la propagation du Covid-19. Pour rappel, les USA ont imposé des sanctions visant les exportations de brut de l’Iran et du Venezuela. Tout en proférant des menaces de recours armé. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué de rappeler le représentant permanant du Venezuela à l’ONU, en déclarant que les pétroliers iraniens transportant le carburant à destination de son pays font l’objet d’une «menace d’un usage imminent de la force militaire par les Etats-Unis». Le représentant vénézuélien parle également de «crime d’extermination», puisque ces actions visent à priver le peuple du Venezuela d’un moyen vital de subsistance.

Ceci étant dit, les deux pays ne comptent pas reculer. Et se disent, en cas de nécessité, à être prêts d’utiliser leurs capacités défensives. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué d’affirmer le président iranien Hassan Rouhani, lors d’une conversation téléphonique avec l’émir du Qatar samedi, cité par l’agence Mehr, en avertissant que la République islamique d’Iran répondrait à toute éventuelle agression étasunienne contre les pétroliers iraniens dans la mer des Caraïbes ou tout autre point du monde.

Si les deux pays se montrent prêts à s’entraider sur le plan énergétique, économique et militaire, il serait également important de rappeler que malgré l’hostilité de Washington et de ses alliés occidentaux, Caracas peut aussi compter, entre autres, sur le soutien de la Russie, de la Chine, de Cuba, de la Turquie ou encore du Mexique – dans le cas des deux premiers y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela sans oublier plusieurs secteurs d’importance stratégique qui lient Moscou et Pékin aux autorités vénézuéliennes, parmi lesquels on retrouve également les projets de partenariat économico-énergétique, sans oublier la coopération militaro-technique.

Une chose est certaine. Le refus de suivre les prérogatives de Washington et des capitales occidentales, aussi bien de la part de Téhéran que de Caracas, conforte l’idée que la réalité multipolaire mondiale est bel et bien une réalité admise, et non pas un projet en cours de construction. Malgré cela, et au moment d’énormes défis dont font face à l’heure actuelle les USA, l’establishment de ces derniers n’est toujours pas en mesure, et probablement ne le sera pas, à reconnaitre cette réalité. Quoiqu’il en soit, ce refus égocentré d’un nombre limité de pays de la planète ne pourra vraisemblablement stopper le processus naturel des choses en cours. Les seuls perdants de la réalité présente n’étant que ceux qui la refusent.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: l’Ouzbékistan en tant que nouveau pays membre?

Selon un sondage récent, effectué par le Centre de recherches et de réformes économiques, basé à Tachkent – la capitale de la République d’Ouzbékistan, ¾ des citoyens ouzbèques soutiennent l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

En effet, les processus d’intégration au sein de l’ex-URSS se poursuivent, notamment dans le cadre eurasien. La principale union économique au sein de l’espace des anciennes républiques soviétiques, qui regroupe actuellement la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan en tant que membres à part entière, ainsi que la Moldavie en qualité de membre-observateur, pourrait être élargie à la nation d’Asie centrale ex-soviétique ouzbèque.

Les résultats dudit sondage affichent un soutien de 74% des répondants à l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA, 16% y sont opposés, 4% ont répondu par la neutralité et 6% n’ont pas donné de réponse. A noter que le soutien en faveur de l’intégration est plus important chez les femmes interrogées que chez les hommes (82% contre 73%). L’essentiel des partisans de l’adhésion est au sein des groupes d’âges suivants : les jeunes de moins de 20 ans et les plus de 40 ans.

L’analyse des résultats a également révélé que parmi les partisans de l’intégration de l’Ouzbékistan au sein de l’Union économique eurasiatique, le plus grand nombre était parmi les enseignants, les étudiants, ainsi que les représentants du secteur privé (76%).

Parmi les avantages cités par les répondants du sondage, 51% estiment que l’adhésion à l’UEEA aura comme résultat une baisse significative des prix des biens et services, ainsi qu’une augmentation de la qualité des produits due à une amélioration de l’environnement concurrentiel. Le deuxième avantage cité, par 24% des citoyens ouzbèques, étant l’élargissement du marché d’exportation des produits nationaux, avec le potentiel supplémentaire de créer de nouveaux emplois. Enfin 15% des répondants sont convaincus que ladite adhésion améliorera les conditions pour les travailleurs-migrants (pour information sur les près de 2,5 millions de citoyens ouzbèques travaillant en dehors de leur pays, environ 2 millions vivent et travaillent en Russie).

A noter qu’en juin 2019, le président du pays Shavkat Mirziyoyev avait déclaré qu’en vue de prendre une décision sur l’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Union économique eurasiatique, le pays devait analyser tous les défis. En janvier 2020, le chef de l’Etat avait annoncé que la question de la participation du pays à l’union devait être étudiée de manière approfondie par le parlement national. Début mars, le Cabinet des ministres a décidé de soumettre à l’examen des deux chambres du Parlement la proposition concernant la participation de l’Ouzbékistan à l’UEEA en qualité d’observateur. Fin avril, la Chambre législative du Parlement a approuvé la participation du pays en qualité d’observateur au sein de l’union.

Maintenant et pour parler perspectives, il serait juste d’aborder plusieurs points. Tout d’abord, un petit rappel historique s’impose. Celui qu’au moment de la chute de l’URSS, l’écrasante majorité des habitants des républiques soviétiques d’Asie centrale, dont l’Ouzbékistan, étaient radicalement opposés à la dislocation de l’Union soviétique. Deuxième point, et cela est tout aussi important : le fait que parmi les partisans de l’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Union économique eurasiatique on retrouve une bien large part de jeunes, notamment de moins de 20 ans – la génération qui de facto n’a pas connu l’URSS, confirme pleinement que le processus d’intégration dépasse largement, comme certains pourraient le penser, le cadre des nostalgiques de l’URSS. Si bien que certainement on peut retrouver de nombreuses personnes ayant cette nostalgie au sein des habitants plus âgés, dans le cas des jeunes il s’agit avant tout d’une compréhension logique de l’importance de l’intégration dans l’espace eurasien, y compris évidemment dans le cadre historico-civilisationnel, mais aussi tout simplement une réalité pragmatique des opportunités économiques, commerciales et d’emploi.

Enfin, et malgré la ferme volonté de l’establishment atlantiste de stopper cette intégration dans l’espace post-soviétique eurasien, la réalité est telle que malgré les énormes programmes économiques mis en place par les USA et certains de leurs alliés afin de détourner la jeunesse d’Asie centrale, y compris d’Ouzbékistan, d’un quelconque soutien vis-à-vis d’une intégration eurasiatique, vraisemblablement les résultats de ces tentatives occidentales restent pour le moins… médiocres. Au final, les réalités économiques, alliées à une lecture commune sur de nombreux points de l’histoire, y compris commune, le facteur humain, mental et civilisationnel, restent les atouts qu’il est très difficile d’anéantir, y compris à coups de millions, voire de milliards de billets verts.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les BRICS: unis face aux défis actuels

Le 28 avril a eu lieu la réunion extraordinaire par visioconférence des ministres des Affaires étrangères des pays BRICS. Plusieurs initiatives importantes y ont été abordées et proposées. Une chose est sûre, les puissances membres de l’organisation semblent décidées à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre les défis du moment, dont évidemment le Covid-19.

En effet, au sein du groupe des principales puissances dites «émergentes» selon les termes utilisés par le mainstream occidental, regroupant pour rappel le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, l’heure est incontestablement à la coordination conjointe, et ce dans plusieurs secteurs. Surtout à l’heure de la poursuite de la propagation du coronavirus et des effets néfastes sur l’économie mondiale.

Les chefs des diplomaties respectives ont émis plusieurs appels, en vue aussi bien de s’entraider mutuellement dans le cadre de la crise mondiale actuelle, mais également afin de contribuer aux efforts dans le cadre planétaire. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a appelé tous les pays des BRICS à défendre fermement le multilatéralisme, le système international centré sur l’ONU et les objectifs et principes de la Charte des Nations unies.

«Nous devons défendre l’approche de la consultation et de la coopération pour des bénéfices partagés en matière de gouvernance et prendre l’initiative de faire avancer la réforme de la gouvernance mondiale dans la bonne direction», a déclaré M. Yi. Il a également appelé les pays membres «à sauvegarder, via des efforts conjoints, les droits et intérêts légitimes, ainsi que l’espace de développement non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour tous les autres pays émergents et en développement». Tout en rappelant la nécessité de mesures économiques, notamment dans le maintien de la coordination afin de préserver la sécurité et le bon fonctionnement des chaines industrielles et d’approvisionnement mondiales.

Son homologue russe, Sergueï Lavrov, a de son côté appelé à unir les efforts conjoints au sein des BRICS, notamment dans la lutte contre le coronavirus qui est aujourd’hui la priorité pour l’organisation. Plus concrètement, M. Lavrov a appelé de toute urgence à lancer le mécanisme des BRICS pour le développement et la production d’un vaccin contre le coronavirus. Une proposition sans aucun doute plus que jamais d’actualité, compte tenu d’une part de la situation sanitaire internationale, et de l’autre du potentiel scientifico-intellectuel des pays membres. En effet, un pays comme l’Inde est reconnue comme une puissance dans la conception et la production de produits pharmaceutiques, au niveau mondial. La Chine, la Russie, l’Afrique du Sud et le Brésil possèdent eux-aussi un potentiel très important dans ce secteur. Et en joignant les efforts, les pays de l’alliance ont en effet toutes les chances de pouvoir contribuer grandement à ce que le résultat recherché, pour l’humanité toute entière, soit atteint.

Par ailleurs, le chef de la diplomatie russe a tenu à rappeler que les mesures restrictives applicables à certains pays empêchent une lutte pleinement efficace contre la pandémie du coronavirus, tout en causant des dommages importants au développement socio-économique des pays respectifs. A ce titre, il aurait été juste de rappeler que la Russie, la Chine, l’Iran, la Syrie, Cuba, le Nicaragua, le Venezuela et la Corée du Nord, avaient transmis récemment un appel au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres pour lui faire part de la nécessité d’une levée des sanctions unilatérales, imposées par un certain nombre d’Etats. Une initiative qui avait été d’ailleurs soutenue par le chef onusien mais bloquée par les pays qui poursuivent l’imposition de ces sanctions – et qui se reconnaitront sans problèmes.

Sergueï Lavrov, à l’instar de son collègue chinois, n’a par ailleurs pas manqué lui aussi d’apporter son soutien à la recherche de réponses concrètes aux défis du moment, tout en rappelant qu’il n’y a pas d’alternative à une approche multilatérale égale, sans la politisation de la coopération des Etats souverains dans la résolution des questions les plus urgentes du moment.

Une approche saluée par les autres membres des BRICS, particulièrement la République d’Afrique du Sud, ayant en passant démontré jusqu’à maintenant une gestion efficace du coronavirus sur son sol. A noter également, que La Nouvelle banque de développement – créée en juillet 2014 par les Etats BRICS – allouera un montant équivalent à 15 milliards de dollars afin de stimuler les économies des pays membres de l’alliance.

A suivre donc. Ce qui est néanmoins sûr, c’est que malgré la crise que traverse l’humanité au stade actuel, les BRICS confirment une fois de plus leur capacité à unir les efforts aussi bien dans le cadre de leurs propres intérêts respectifs, mais également dans le cadre des intérêts conjoints et plus globalement encore dans le cadre mondial. Une approche qui d’ailleurs ne fait que confirmer la raison du pourquoi l’avenir se trouve au niveau des puissances non-occidentales. Cela évidemment sans oublier que les cinq pays membres de l’organisation, à eux seuls, représentent près de la moitié de la population mondiale, un quart de la surface terrestre, et pas moins de 35% du PIB mondial, appelé à croitre. A noter aussi que dans le classement récent du Top 10 des pays par PIB à parité du pouvoir d’achat (PPA), quatre des cinq membres des BRICS y sont présents, en l’occurrence la Chine, l’Inde, la Russie et le Brésil – respectivement première, troisième, sixième et huitième dans ce classement. Cela sans oublier que le rôle de l’Afrique du Sud, 30ème au classement, puissance économique et politique indiscutable du continent africain, continue d’aller à la hausse au niveau international. Notamment à l’heure actuelle – en tant que membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, où Pretoria représente un soutien de poids au duo sino-russe.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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OCS-Afrique: un modèle de coopération d’avenir?

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L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) représente de plus en plus un modèle d’interaction prometteur pour les pays du continent africain. Composée de poids lourds internationaux comme la Chine, la Russie ou encore l’Inde, la grande alliance eurasienne peut incontestablement représenter un partenaire d’importance majeure, en premier lieu pour les nations africaines assumant pleinement leur souveraineté. 

Conçue au départ pour faire face aux défis sécuritaires régionaux par le leadership chinois, russe et des pays ex-soviétiques d’Asie centrale, le cadre d’action de l’OCS dépasse aujourd’hui largement celui de 2001 – l’année de création, et touche désormais aussi bien aux questions de défense, de la lutte antiterroriste, économiques, politiques et diplomatiques.

Depuis, le nombre des membres composant l’organisation s’est également élargi, avec l’intégration en 2017 de grandes puissances comme l’Inde et le Pakistan – ajoutant par la même occasion un poids démographique, économique et militaire supplémentaire à l’alliance. En effet et à l’heure d’aujourd’hui, l’OCS compte quatre puissances nucléaires et deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ayant le droit de véto. Cela sans oublier le fait qu’un pays comme l’Iran – aujourd’hui membre-observateur, devrait dans un avenir assez proche devenir lui aussi membre à part entière de l’organisation. L’OCS c’est tout simplement aussi près de la moitié de la population mondiale.

En parlant de l’interaction à construire avec l’Afrique, que peut réellement offrir l’OCS aux Etats du continent africain? La réponse serait multiple. Tout d’abord, il serait juste de rappeler que des pays comme la Chine, l’Inde ou la Russie sont des partenaires traditionnels forts des pays africains et comptent un large réseau d’amis au sein de l’establishment de nombre de pays du continent. Des alliés occupant par ailleurs de hauts postes politiques, économiques, diplomatiques ou universitaires dans diverses capitales africaines. Dans le cas chinois, il s’agit ni plus ni moins que du principal partenaire économico-commercial de l’Afrique. L’Inde est également fortement implantée, quant à la Russie son retour est aujourd’hui indéniable, et ce dans plusieurs domaines.

Cela sans oublier le fait que Pékin et Moscou sont également des membres-fondateurs d’une autre alliance – en l’occurrence les BRICS, qui compte par ailleurs en son sein une puissance africaine en la qualité de la République d’Afrique du Sud. En passant, Pretoria soutient de très nombreuses initiatives diplomatiques sino-russes, y compris actuellement au niveau du Conseil de sécurité onusien en qualité de membre non-permanent. Justement en parlant de cet aspect, il est évident que si une coopération majeure devait voir le jour entre l’Organisation de coopération de Shanghai et les Etats africains, il est pratiquement certain que cela concernera en premier lieu les pays du continent possédant une marge de manœuvres importante dans leur capacité à prendre des décisions ou en d’autres termes ayant une pleine souveraineté.

Evidemment, un certain nombre de pays du continent ne peuvent encore se vanter d’une telle capacité, mais il n’empêche qu’une part importante d’Etats africains assument aujourd’hui pleinement leur droit à une politique indépendante et souveraine, en s’opposant aux tentatives principalement occidentales d’interférence, d’autres encore prévoient d’y arriver. Donc au-delà d’une interaction économique de premier plan entre deux grands espaces géographiques et démographiques, il y a nombre d’autres domaines où l’expertise de l’OCS peut être très utile aux Etats africains. Parmi ces domaines on retrouve incontestablement la coopération militaro-technique, mais également le soutien dans la lutte antiterroriste, à l’heure où de nombreux pays du continent font face à la montée de l’extrémisme et du terrorisme, notamment dans la région du Sahel.

A l’heure où les partenaires «traditionnels» de certains pays africains n’ont pas été en mesure d’apporter des solutions efficaces – tout en souhaitant pour autant à maintenir leur capacité d’interférence dans les affaires internes de ces pays et ce pratiquement à tous les niveaux – de la politique à la défense, en allant jusqu’à la monnaie, il est évident que l’Afrique dans sa large majorité souhaite passer à autre chose. Et ce aussi bien au niveau de l’élite intellectuelle africaine https://www.youtube.com/watch?v=Kp7lf78ILpQ qui ne cache pas son soutien à la donne multipolaire du monde, qu’au niveau de la société civile dans laquelle la voix de la jeunesse continue de monter.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Nouvel accord OPEP+ : ni Riyad, ni Washington, en vainqueurs

C’est fait, le nouvel accord entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les pays producteurs non-membres de ladite organisation, destiné à réguler le marché du pétrole en période de crise mondiale, a été bel et bien coordonné. Et ce malgré les actions récentes de l’Arabie saoudite d’une part et la politique US qui visait à dominer le marché énergétique mondial, de l’autre.

Au final, ni le royaume wahhabite, ni l’establishment US n’ont obtenu gain de cause. Les premiers sont revenus à la table des négociations en vue de trouver la solution qui puisse convenir à toutes les parties impliquées. Les USA, eux, se voient quant à eux obligés de s’adapter désormais à la dynamique des prix mondiaux sur le pétrole et surtout à comprendre que leur volonté de domination sur ce marché stratégique ne pourra se réaliser.

Dans le cas plus particulier de l’Arabie saoudite et de la Russie – chefs de file respectifs des groupes OPEP et non-OPEP, les deux pays vont baisser la production jusqu’à 23%, pour atteindre une production réciproque de 8,5 millions de barils par jour, représentant une baisse de 2,5 millions de barils par jour pour chacun – 11 millions de barils de production journalière ayant été pris comme la référence à partir de laquelle la baisse aura lieu.

Ceci étant dit, l’engagement à baisser la production pétrolière est de facto plus importante côté saoudien: ayant récemment augmenté la production journalière à hauteur de 12,3 millions de barils, suite au refus du mois de mars de la Russie et nombre de ses alliés de signer l’accord dans sa forme de l’époque, la baisse côté saoudien est donc plutôt de 3,8 millions de barils par jour, depuis le tout récent accord. Quant à la Russie, dont la production journalière récente était de 11,3 millions de barils par jour (chiffres de mars, sans augmentation en avril), la baisse suite au nouvel accord OPEP+ est de facto de 2,8 millions de barils, soit une baisse d’un million de moins que du côté saoudien.

La mission saoudienne donc de tenter de prendre des parts de marché à l’international à la Russie… n’a simplement pas abouti. Quant aux USA, bien qu’ayant souhaité jusqu’au bout montré leur indépendance vis-à-vis du groupe OPEP+, la réalité a fait qu’ils ont été obligés de suivre la nouvelle marche énergétique et accepter, malgré eux, de baisser leur production. Avec un coût de production du pétrole de schiste – ayant permis dans un passé proche de devenir le premier producteur mondial et de prendre des parts de vente sur le marché pétrolier international – bien supérieur aux coûts russe et saoudien, les USA entrevoient désormais une baisse, qu’ils appellent «technique», à hauteur de 2-3 millions de barils par jour. C’est d’ailleurs ce qu’a déclaré Aleksandre Novak, ministre russe de l’Energie, ayant joué un rôle majeur dans les négociations de l’accord:

«Les Américains eux-mêmes soutiennent désormais activement l’accord et se disent prêts à contribuer à la réduction de la production: on a entendu des chiffres allant de 2 à 3 millions de barils par jour. Les Américains sont très intéressés, car pour eux il s’agirait sinon (si l’accord n’était pas conclu) d’énormes pertes d’emplois».

Plus que cela, les Etats-Unis ont par ailleurs accepté de prendre sur leur propre responsabilité une partie de la baisse de production dédiée au Mexique. En effet, les représentants du pays latino-américain étaient opposés jusqu’au dernier moment à accepter le quota de réduction à hauteur de 350 000 barils journaliers. Et c’est là que les USA ont dû accepter d’intervenir, en acceptant de prendre à leur charge 250 000 barils supplémentaires en termes de réduction, permettant au Mexique de ne limiter sa production qu’à hauteur de 100 000 barils par jour.

Last but not least, trois pays membres de l’OPEP – en l’occurrence l’Iran, la Libye et le Venezuela – sont quant à eux exemptés des réductions de production de pétrole en raison de «problèmes politiques», le premier et le dernier étant surtout sous le coup des sanctions washingtoniennes. Et lorsqu’on sait que par exemple le Venezuela commercialise activement son pétrole via l’allié russe, pour Moscou il s’agit évidemment d’un atout supplémentaire. A noter d’ailleurs que les actifs pétroliers russes en République bolivarienne appartiennent désormais non plus à la compagnie Rosneft, mais directement… à l’Etat russe. Le tout après une transmission récente des parts.

Et donc dans toute cette situation, où tellement d’analyses et d’opinions avaient surgi à la suite du désaccord du mois dernier entre la Russie et l’Arabie saoudite, et de la guerre des prix qui s’en est suivi, la victoire n’est certainement pas du côté de Riyad, ni de Washington. Le temps où ce duo pouvait avec un simple claquement de doigts déstabiliser l’économie de pays entiers est vraisemblablement révolu. Le Far-West saoudo-étasunien doit désormais s’habituer à une autre réalité et de nouvelles règles.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: actions conjointes contre les effets du coronavirus en vue

Les pays membres de l’Union économique eurasiatique (UEEA) se pencheront sur les mesures conjointes de lutte contre la propagation et les effets négatifs du coronavirus (Covid-19), en marge d’une discussion des Premiers-ministres de l’union, prévue le 10 avril.

La discussion aura lieu sous forme de vidéoconférence. Au-delà des mesures conjointes rentrant dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, les chefs des gouvernements de l’UEEA se pencheront également sur des décisions visant à assurer la stabilité économique, ainsi que la poursuite du développement du commerce mutuel et avec l’extérieur.

A titre de rappel, l’Union économique eurasiatique est composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. La Moldavie y est membre-observateur depuis mai 2018. L’UEEA a par ailleurs plusieurs accords de libre-échange: avec le Vietnam (accord signé en mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux octobre 2019). Des pourparlers sont également en cours avec plusieurs autres Etats, dont la Chine, Cuba, l’Egypte, la Mongolie, l’Inde, notamment.

Au total, près d’une cinquantaine de pays du monde avaient déjà annoncé leur volonté de collaborer avec l’UEEA. A noter que plusieurs des pays membres de ladite organisation composent également des structures comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). En passant, l’intégration en cours au sein de ces organisations n’a jamais été appréciée au niveau des élites atlantistes, en premier lieu étasuniennes, inquiètes de voir « renaitre une autre URSS » et surtout de voir l’Eurasie devenir l’un des principaux fers de lance du monde multipolaire auquel l’establishment occidental est si opposé.

D’ailleurs, en parlant de la gestion de la crise du coronavirus, puisque c’est toujours le sujet d’actualité phare du moment, il est intéressant de se pencher justement sur la situation qui prévaut au niveau des pays de l’UEEA face à la propagation de cette pandémie, surtout lorsqu’on connait la proximité géographique et économique des dits pays avec la Chine et l’Iran – ayant subi de plein fouet les premiers les effets du Covid-19.

La Russie compte à ce jour un peu plus de 10 100 cas de contaminations, dont 76 décès (l’un des taux de mortalité liée au nombre de contaminations au coronavirus les plus bas au monde) et 698 guérisons. Le Kazakhstan comptabilise 764 cas de contaminations, 7 décès et 55 guéris pour le moment. 1486 cas de contaminations pour la Biélorussie, 16 décès, 139 guérisons. Pour ce qui est de l’Arménie, à ce jour le pays compte 921 contaminations, 10 décès et 138 guérisons. Enfin, le Kirghizistan comptabilise 280 cas de contaminations, 4 décès et 30 personnes guéries.

Des chiffres, faudrait bien le dire qui sont loin des statistiques observées dans l’Union européenne ou aux Etats-Unis. Et ce encore une fois malgré la proximité géographique immédiate avec les nations ayant été frappées en premier par l’apparition du virus. Evidemment, ce n’est aucunement une raison pour baisser la garde et se relâcher car les effets de la pandémie sont évidents aussi bien sur la situation sanitaire internationale que sur l’économie mondiale. Une économie qui tourne depuis au ralenti dans bien de secteurs, avec tout ce que cela implique. Donc au-delà des mesures de prévention et de soins médicaux à maintenir au niveau de l’Union économique eurasiatique, il est aujourd’hui également important à coordonner des actions efficaces pour une reprise économique aussi rapide que possible, et ce aussi bien dans le cadre eurasien que mondial.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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