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Comment l’axe anglo-saxon arnaque Paris en Afrique

28.06.2022

Pendant que Paris continue d’accuser régulièrement Moscou et Pékin de frapper ses intérêts sur le continent africain, les anglo-saxons n’hésitent pas à commettre de nouveaux croche-pieds à leur allié hexagonal en Afrique. Une réalité qui met parfaitement en exergue la relation vicieuse qu’entretiennent Washington et Londres à l’encontre de la France et des autres prétendus alliés européens.

Comme déjà annoncé précédemment par Observateur Continental, le système françafricain de l’Elysée est désormais non seulement confronté à la résistance panafricaniste, et à l’alliance de celle-ci avec les principales puissances mondiales non-occidentales, mais également à ses propres alliés anglo-saxons, qui n’hésitent plus à frapper ouvertement les intérêts hexagonaux. Le tout sans remords et avec le sourire. Paris devra apprécier.

L’erreur monumentale des élites hexagonales, aussi bien dans le cadre de leur politique en Afrique qu’à l’échelle globalement internationale, est:

1) de ne pas avoir su adapter leur politique en tenant compte des attentes des Africains. Ni d’avoir été en mesure de se conformer aux nouvelles réalités mondiales multipolaires, en maintenant une mentalité, un discours et des actions caractérisés par une extrême arrogance, si habituelle.

2) d’avoir maintenu pour soi-même un rôle de sous-traitant vis-à-vis de l’establishment anglo-saxon, en continuant à fermer les yeux sur tous les sales coups entrepris contre les intérêts français par les alliés washingtonien et londonien à divers endroits du monde.

Et pendant que l’Elysée et le Quai d’Orsay, réfutant les aspirations populaires africaines de masse, et en lançant des accusations incessantes contre Moscou, Pékin, Téhéran ou encore Ankara – dans l’objectif de justifier les échecs subis – Washington et Londres passent désormais presque ouvertement à l’action pour frapper le pauvre et si obéissant «allié» français.

Observateur Continental l’avait déjà soulevé dans des articles analytiques précédents – le principal allié (ou plutôt suzerain) de Paris, en la qualité de l’axe anglo-saxon, a été observé à tenter de surfer sur la vague souverainiste et panafricaniste, y compris s’il fallait à cet effet reprendre les discours critiques à l’encontre de la Françafrique.  

Désormais, les anglo-saxons sont allés encore plus loin: en faisant adhérer le Togo et le Gabon au Commonwealth – de-facto l’équivalent (néo)colonial britannique de la Françafrique. « Alors qu’ils n’ont pas de liens historiques avec le Royaume-Uni, le Togo et le Gabon ont rejoint samedi le Commonwealth, composé majoritairement d’anciennes colonies britanniques » – rapporte  France 24, l’une des principales voix de propagande hexagonale pour l’international.

Cela est d’ailleurs rapporté par les propagandistes hexagonaux avec une amertume à peine voilée, mais qui traduit si bien la relation de dominant à dominer entre l’axe Washington/Londres et Paris. Quel sera notre pronostic pour la suite? A dire vrai et très vraisemblablement l’Elysée et le Quai d’Orsay feront en sorte d’avaler de nouveau ces énièmes amertume et déception. Après tout, si cela sert les intérêts des chefs du bloc des nostalgiques de l’unipolarité – c’est tout de même pour «la bonne cause».

Maintenant et en quittant la discussion sur les relations familiales sadomasochistes occidentales, comment entrevoir ces tout récents développements pour les Africains et leurs principaux alliés non-occidentaux qui défendent et promeuvent l’ordre multipolaire international? Probablement, il faut le prendre de manière positive.

Tout d’abord et le fait que les croche-pieds se multiplient dans l’axe occidental confirme que l’Occident collectif est loin d’être uni, si ce n’est de faire front commun sur le théâtre clownesque de soutien au régime kiévien et dans l’opposition à reconnaitre l’ordre multipolaire, promu par la Russie et la Chine, notamment.

D’autre part, le fait que l’axe anglo-saxon tente de reprendre la main en marchant sur les intérêts hexagonaux en Afrique confirme que l’establishment occidental comprend parfaitement les difficultés auxquels il fait face sur le continent, et plus généralement à l’échelle internationale. Y compris dans le refus, malgré d’énormes pressions, des pays africains à suivre l’Occident dans la haine et l’hystérie russophobe.

Enfin, et cela est particulièrement rassurant: si certains représentants africains pro-occidentaux changent de cap, passant de Paris à Washington-Londres, cela est fort loin de concerner la société civile africaine qui pour une large partie d’entre elle voit tout l’Occident collectif comme une menace, voire la principale menace, pour l’émancipation totale et le développement de leurs pays respectifs et de l’Afrique dans son ensemble.

Et de la même manière que la Françafrique a subi de plein fouet la colère de millions d’Africains, le Commonwealth, ou autre arnaque occidentale – subira fort vraisemblablement le même sort. Personne ne sera désormais dupe pour ne pas s’apercevoir que l’establishment occidental, aussi rusé soit-il dans le cas anglo-saxon en particulier, est bel et bien la cible à éliminer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pétrole: les marchés asiatiques comme priorité

23.06.2022

Le secteur pétrolier traduit une configuration mondiale qui suit parfaitement les changements majeurs observés sur la scène internationale, dans le cadre de l’ordre multipolaire. Et en ce sens, l’Occident est loin de représenter une quelconque priorité.

«Grâce à la Chine et l’Inde, le pétrole rapporte encore gros à la Russie» – annonce la chaine Euronews – l’un des principaux porte-voix des européistes bruxellois. En effet, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cité par ledit reportage – la Russie a tiré des exportations de pétrole un revenu estimé à 20 milliards de dollars pour le seul mois de mai.

Par ailleurs, les importations chinoises de pétrole en provenance de Russie ont augmenté de 28% le mois dernier, et comme résultat l’Etat russe est devenu le premier fournisseur pétrolier de la Chine, en dépassant l’Arabie saoudite. Du côté de l’Inde, autre grande puissance non-occidentale et tout comme la Chine et la Russie – membre des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – pour la seule demi-année en cours elle a acheté 60 millions de barils de pétrole russe, tandis pour toute l’année 2021 le volume de pétrole acheté à la Russie était de 12 millions de barils.

Les observateurs occidentaux aiment rappeler que Moscou vend son pétrole à Pékin et New Delhi avec un discount intéressant, ce qui est d’ailleurs vrai, mais en oubliant parfois d’indiquer que l’augmentation nette des prix pour cette matière stratégique à l’échelle internationale compense largement aujourd’hui tous les possibles discounts. D’autant plus des discounts faits à des partenaires dignes de ce nom. A l’énorme différence des régimes occidentaux. Après tout, vous avez bien droit de vendre le produit demandé au prix qui varie selon le niveau de fiabilité du client, et des relations qui vous lient à lui.

Tout cela traduit plusieurs aspects. Tout d’abord qu’il est effectivement grand temps pour la Russie de prioriser au maximum les marchés asiatiques et d’autres espaces non-occidentaux. Pas seulement pour le pétrole d’ailleurs. Dans le cas plus particulier du pétrole, les responsables et experts russes l’ont maintes fois indiqué: le pétrole russe trouvera preneur partout dans le monde, même si l’establishment atlantiste interdirait complètement son importation pour les compagnies occidentales.

De l’autre, que de manière générale et connaissant ce que représentent les marchés asiatiques, à savoir de loin les principaux consommateurs, il est également parfaitement naturel de se focaliser sur ces orientations. Et pas seulement du point de vue démographique, même si là aussi tout est dans les faits : la Chine et l’Inde à elles seules représentent près de 2,8 milliards de personnes. Cela sans même comptabiliser de nombreuses autres nations d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique latine. Quant aux USA et leurs fidèles sous-traitants de l’UE: pas plus que 800 millions…

Mais au-delà de l’aspect démographique qui a bien évidemment toute son importance, et peut-être aujourd’hui plus que jamais, pour rappeler aux nostalgiques de l’unipolarité où se trouve la véritable communauté internationale, la réalité économique n’est pas en reste. Faut-il justement rappeler qu’à ce titre, la Chine est la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et l’Inde – troisième?

Un sujet qu’Observateur Continental avait déjà abordé nombre de fois. Avec en prime le rappel que la Russie dans un avenir proche dépassera l’Allemagne (première économie de l’UE) pour devenir la 5ème puissance économique du monde, et que des pays comme le Royaume-Uni et la France quitteront, et ce également dans un avenir assez proche, le Top 10 des principales économies mondiales pour laisser place à des nations comme la Turquie ou encore le Mexique.

Bien sûr, nous savons tous que cela fait mal, et peut-être très mal, aujourd’hui pour l’Occident de devoir reconnaitre le fait d’être non seulement une extrême minorité planétaire sur le plan démographique, mais également de regarder avec énorme jalousie les portefeuilles de ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques. Qui ne sont autres que les grandes puissances non-occidentales, et partisanes de l’ordre multipolaire international par la même occasion.

Et lorsqu’on prend en compte tous ces aspects, et quelques autres, on comprend mieux pourquoi l’Occident a tellement de mal à maintenir une domination mondiale. Une domination qui non seulement s’est essoufflée, mais qui de facto est morte. Encore une fois il faut bien rappeler et préciser qu’au départ il n’était pas question d’exclure l’Occident de la communauté internationale au vrai sens du terme. Mais les élites occidentales ont de par leur extrême arrogance et une pure mentalité néocoloniale préféré s’autoexclure elles-mêmes. Et ainsi nous permettre non seulement de poursuivre le développement de l’ordre multipolaire international, mais également d’ouvrir la page de l’ère multipolaire post-occidentale. Une ère dans laquelle les ressources réelles joueront un rôle clé dans le développement des peuples, et non pas la spéculation sans aucun support derrière.

Quelles en seront les conséquences pour l’Occident? Difficile de le dire de manière exacte pour le moment. Il faudrait juste peut-être rappeler que les diverses croisades occidentales du Moyen-Age avaient peut-être des objectifs spirituels que pour certains de ses participants. Mais pour les instigateurs, n’hésitant pas à attaquer musulmans comme chrétiens orthodoxes (voir pillage de la ville de Constantinople de 1204), l’objectif était uniquement économique. A une période où cette fameuse Europe aujourd’hui si arrogante mourrait de la faim et de la peste, et n’avait pratiquement aucune notion digne de ce nom de la médecine. A la grande différence notamment du monde arabe.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Iran-Russie: le corridor Nord-Sud en tant que route commerciale internationale majeure

21.06.2022

Téhéran et Moscou vont établir des centres de commerce basés dans les deux pays, tout en établissant un corridor Nord-Sud qui pourra rivaliser avec le canal de Suez. Cela en maintenant une coordination de haut niveau sur les questions eurasiatiques et internationales.

L’Iran et la Russie ont signé un protocole d’accord en ce qui concerne la mise en place de centres de commerce mutuels, comme l’annonce le site d’information anglophone spécialisé dans les rapports et les analyses sur le Moyen-Orient – Al-Monitor.

L’un des deux centres sera basé dans la capitale iranienne Téhéran, tandis que le second se trouvera dans la deuxième plus grande ville russe Saint-Pétersbourg. Les centres en question auront pour fonction de faciliter les échanges entre les deux pays dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’électronique, de l’agriculture, de l’alimentation, des produits pharmaceutiques et de la construction.

Le mémorandum a également pour objectif d’aider les hommes d’affaires iraniens et russes à établir des contacts et à effectuer des transactions financières. Le projet visera également à faire accélérer le projet de corridor Nord-Sud – un corridor commercial de première importance pour les deux nations. Pour rappel, les deux pays participent à ce grand projet eurasien, reliant l’Inde à de nombreux autres pays de l’espace eurasiatique à travers un système de routes, de lignes maritimes et de chemins de fer. Ledit projet a pris encore plus d’importance suite aux problèmes qu’avait connus le canal de Suez en mars 2021, lorsqu’un porte-conteneurs s’est échoué, provoquant de sérieuses perturbations pour le commerce maritime dans cette zone stratégique au niveau international.

Evidemment et en parlant de perspectives, ces nouvelles orientations ne font que rajouter encore plus de poids aux relations stratégiques entre l’Iran et la Russie. Faudrait-il rappeler l’adhésion de la République islamique à l’Organisation de coopération de Shanghai (composée de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan) – en qualité de membre de plein droit? Sans oublier l’interaction avec l’Union économique eurasiatique (UEEA) également considérée comme une orientation stratégique pour Téhéran ou encore la coopération dans la sphère militaro-sécuritaire, y compris dans le cadre du triumvirat Russie-Chine-Iran.

Il devient désormais évident que l’Eurasie continuera à jouer un rôle de premier poids dans l’ordre multipolaire international. Et vraisemblablement désormais non plus seulement dans un cadre multipolaire, mais bel et bien multipolaire post-occidental, à l’heure où l’Occident s’est de facto lui-même isolé de la communauté internationale, en continuant obstinément à prétendre vivre encore dans l’ère unipolaire du diktat occidental.

Evidemment et dans le cadre eurasiatique, la Russie, la Chine et l’Iran – jouent des rôles déterminants aussi bien sur le plan civilisationnel d’appartenance à l’Eurasie, mais également du point de vue des orientations géopolitiques, géoéconomiques et militaro-sécuritaires au niveau régional et international. Des orientations appelées à se renforcer, comme le confirme y compris le projet du corridor Nord-Sud, s’ajoutant parfaitement au grand projet chinois des Nouvelles routes de la soie, et créant par la même occasion des défis supplémentaires à l’axe anglo-saxon ayant longtemps pensé dans l’histoire contemporaine pouvoir dominer sans partage sur les axes commerciaux internationaux.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le format des BRICS+ en tant qu’une des priorités des Etats membres

19.06.2022

L’organisation des BRICS semble promouvoir de plus en plus une approche multilatérale permettant une intégration maximale dans le cadre du concept BRICS+, donnant la priorité à la diversité géographique aux pays concernés par cette interaction, et renforçant la thèse d’un ordre multipolaire post-occidental.

L’un des points principaux de la présidence chinoise des BRICS (composée du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud) a été le lancement d’une réunion BRICS+ élargie au niveau des ministres des Affaires étrangères, dans laquelle au-delà des pays membres de l’organisation internationale, ont été conviés les représentants de l’Egypte, du Nigéria, du Sénégal, de l’Argentine, du Kazakhstan, d’Indonésie, d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et de Thaïlande. Une perspective déjà abordée par Observateur Continental.

Mis à part cette initiative du leadership chinois, Pékin a également présenté un format de dialogue inclusif couvrant toutes les grandes parties du Sud global, réunissant des plateformes d’intégration régionale en Eurasie, en Afrique et en Amérique latine.

Anil Sooklal, ambassadeur spécial d’Afrique du Sud pour les BRICS et les pays d’Asie, en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg auquel il participe, a déclaré «que le format actuel des BRICS permet aux Etats membres de répondre aux défis géopolitiques et financiers actuels».

Toujours selon lui, l’ignorance par les pays occidentaux de l’architecture multilatérale des affaires internationales en matière de sécurité, ainsi que l’imposition des sanctions contre la Russie – entraînent des problèmes dans les domaines de l’alimentation et de l’énergie. Tout en ajoutant «que nous avons été très souvent privés d’accès aux vaccins. Nous avons également vu l’impact dévastateur des changements climatiques et nous constatons que de nombreux pays dits développés ne partagent par les technologies avec les autres pour surmonter les problèmes existants. Notre président (le président sud-africain Cyril Ramaphosa, ndlr) avait expliqué que nous étions déjà confrontés à des problèmes de sécurité alimentaire et nous nous sommes tournés vers la Russie pour résoudre ce problème».

En termes de perspectives et au-delà d’un élargissement en cours du format de partenariat avec le BRICS+, un point très important concerne effectivement non seulement le maintien des relations stratégiques entre les Etats membres, mais également un renforcement encore plus notable de ces relations.

Ainsi, malgré les multiples tentatives occidentales de saper le développement des relations sino-russes, cela non seulement n’a pas abouti, mais au contraire suit le cours absolument inverse de celui souhaité par les nostalgiques de l’ère unipolaire. La toute récente discussion téléphonique entre les présidents russe et chinois n’a fait d’ailleurs que le confirmer. 

Une discussion durant laquelle le leader chinois a réitéré que la Chine est prête à travailler avec la Russie pour continuer à se soutenir mutuellement sur leurs intérêts fondamentaux respectifs concernant la souveraineté et la sécurité, ainsi que sur leurs préoccupations majeures, en approfondissant leur coordination stratégique et en renforçant la communication et la coordination dans des organisations internationales et régionales importantes telles que l’ONU, les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Autre point très important: la Chine est également disposée à travailler avec la Russie pour promouvoir la solidarité et la coopération entre les marchés émergents et les pays en développement, et pour faire avancer l’ordre international et la gouvernance mondiale vers une direction plus juste et plus raisonnable.

La réalité est devenue parfaitement évidente. Même nombre d’experts intervenant sur les plateaux des chaines occidentales le reconnaissent: la Chine et la Russie se trouvent sur la même longueur d’onde. Une réalité qui a au moins le mérite d’être honnête et comme résultat largement plus appréciée par les téléspectateurs.

De manière générale, il devient évident que les BRICS tout en représentant une large partie de l’humanité, aussi bien du point de vue démographique, économique qu’industriel – misent désormais sur une intégration encore plus large pour définitivement tourner la page d’une fausse communauté internationale, et mettre pleinement en pratique la seule et véritable.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Sommet des Amériques et l’échec confirmé des USA

14.06.2022

Malgré les beaux discours, Washington doit se rendre à l’évidence que le 9ème Sommet des Amériques s’est conclu sur un échec retentissant, et ce même de l’aveu de plusieurs observateurs occidentaux. Avec l’impossibilité de soumettre les pays latino-américains progressistes, l’influence toujours grandissante de la Chine et de nouveaux partenariats avec la Russie.

Comme annoncé précédemment, ledit sommet n’a pas pu échapper aux boycotts de plusieurs nations latino-américaines. Après avoir exclu Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, Washington n’a pas pu empêcher l’absence de nombreux autres chefs d’Etat, notamment de Bolivie, du Guatemala, du Honduras et du Mexique, dont le président Andres Manuel Lopez Obrador avait précédemment ouvertement condamné l’exclusion de La Havane, Managua et de Caracas. Et avait même accusé les USA de commettre un génocide contre Cuba.

Voulant réduire considérablement l’interaction des nations latino-américaines, que l’establishment étasunien continue de considérer comme son arrière-cour, avec la Chine et la Russie – l’arrogance des personnages washingtoniens semble fortement répéter les erreurs des élites hexagonales qui subissent l’humiliation de plus en plus vive en Afrique, avec le système néocolonial françafricain qui fait face à des revers après revers.

Incapable de proposer des partenariats de type gagnant-gagnant aux pays d’Amérique latine, y compris dans le domaine des investissements et de la construction des infrastructures, Washington s’obstine à vouloir y défendre une prétendue démocratie que ce dernier n’a en réalité jamais défendu et respecté. L’exemple ne serait-ce que de l’ancien président chilien Salvador Allende ne fait que largement le confirmer. Après tout – l’histoire ne ment pas.

Mis à part les boycotts retentissants du sommet et la ridiculisation de l’establishment étasunien – souhaitant ardemment défaire la Chine – tout en offrant aux participants du sommet des cadeaux dont certains étaient fabriqués… en Chine, Washington doit désormais faire face à de nouveaux défis. Y compris une présence militaire russe que les Etats-Unis ne prenaient pas au sérieux, mais qui semble désormais se concrétiser avec déjà le Nicaragua.

En effet, le leadership sandiniste a signé tout récemment un accord avec Moscou en vue de permettre le déploiement de troupes et d’équipements militaires russes dans le pays, y compris d’avions et de navires de guerre. Cette présence sera destinée entre autres à développer la formation des militaires nicaraguayens, assurer la sécurité, apporter des réponses aux besoins humanitaires et aux situations d’urgence, ainsi que de lutter contre le crime organisé et le trafic de drogue.

Mais au-delà de ces aspects très importants, il est évident que cela apportera une sécurité supplémentaire au Nicaragua qui se trouve dans le viseur washingtonien depuis un long moment, avec la possibilité de l’étendre à d’autres nations progressistes latino-américaines. Cela sans oublier que les USA découvriront peut-être enfin le ressentiment qu’ils n’ont cessé d’exporter aux quatre coins de la planète : ressentir près de ses frontières la présence armée de son adversaire.

Une fois de plus – l’esprit des descendants d’esclavagistes ne peut et ne va pas changer. Dans la mentalité de l’establishment occidental – l’écrasante majorité de l’humanité doit accepter la domination d’une extrême minorité. Car c’est ainsi que ce système criminel avait fonctionné depuis des siècles. Le seul souci pour les nostalgiques de l’unipolarité, c’est que non seulement le monde non-occidental continue de monter en puissance sur les plans démographique, économique et militaire, avec comme base l’ère multipolaire internationale devenue réalité, mais chose tout aussi importante: c’est le déclic d’un énorme nombre de personnes habitant la planète commune – à n’avoir plus aucun complexe vis-à-vis de l’Occident. Le tout allié à la ferme volonté de remettre cet Occident collectif à sa véritable place.

Pour le reste – les processus en cours se poursuivront. Et l’échec de l’organisation washingtonienne du 9ème Sommet des Amériques ne fait que confirmer la chute de l’establishment occidental, bien que ce dernier tente de continuer à prétendre le contraire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3951

Armes occidentales pour l’Ukraine: la revente a déjà commencé

10.06.2022

Les armes envoyées par les USA et l’Otan risquent de tomber dans les mains des réseaux criminels et même des terroristes, note Global Times dans son éditorial. Des perspectives qui créeront des défis sécuritaires évidents, y compris pour les pays européens.

Dans un article co-écrit par Fan Lingzhi et Lin Xiaoy pour le quotidien anglophone chinois Global Times,il apparait clairement que les livraisons massives d’armes de l’Otan à destination de l’Ukraine montrent déjà les signes d’une catastrophe sécuritaire à venir, y compris pour les pays occidentaux. Un sujet déjà abordé par Observateur Continental.

Comme l’indique l’éditorial de Global Times – déjà fin mai dernier, Catherine de Bolle, la directrice exécutive d’Europol – avait déclaré aux médias allemands qu’il était à craindre que l’équipement militaire envoyé par l’Occident en Ukraine ne finisse sur le marché noir, ainsi qu’entre les mains des terroristes et des criminels.

Cela en parallèle des rapports antérieurs des services russes de renseignement qui indiquent que les Etats-Unis intensifiaient leurs efforts afin de recruter des membres de groupes terroristes internationaux, dans l’objectif de les faire combattre en qualité de mercenaires en Ukraine contre les Forces armées russes, comme l’indique également le quotidien chinois.

Plusieurs des experts interrogés par Global Times ont affirmé qu’il sera fort difficile de contrôler le flux d’armes envoyé en Ukraine, et qu’au final ce sera non seulement l’Europe – privée de son autonomie sécuritaire par les USA et l’Otan – mais également les pays du monde non-occidental qui en subiront les coûts.

Les journalistes chinois rappellent effectivement une notion très importante: ceux qui préfèrent vivre par l’épée – tomberont par l’épée. Et bien que le complexe militaro-industriel occidental profite de la situation actuelle, d’après les experts interrogés – cela se retournera contre lui.

En parlant de perspectives – le fait est que désormais cela n’est même plus un pronostic d’avenir, mais bel et bien déjà une réalité. En effet et sur le darknet les ventes d’armements occidentaux transmis au régime kiévien sont déjà en cours. Ainsi, le lance-missiles antichar étasunien Javelin, dont chaque unité coûterait 178 000 dollars selon le budget du Pentagone pour l’année 2021 – serait revendu 30 000 dollars l’unité aujourd’hui à partir de l’Ukraine. Soit pratiquement un discount de 6 fois…

Li Wei – expert en sécurité à l’Institut chinois des relations internationales contemporaines dans son commentaire à Global Times – rappelle par ailleurs la gestion chaotique des armes reçues du côté du régime ukrainien. L’expert chinois indique qu’à la différence de l’armée russe, l’effectif armé ukrainien ne dispose pas d’un système digne de ce nom de gestion des armements à sa disposition. Car en plus de l’armée dite régulière, il existe le bataillon Azov et d’autres structures similaires. Cela sans oublier la distribution des armes aux civils qui avait été réalisée par Kiév.

Pour He Zhigao – chercheur à l’Institut des études européennes à l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS) – «si ces armes tombent entre les mains d’organisations terroristes et de gangs criminels, cela pourrait renforcer le séparatisme européen et déclencher un conflit interne. Et c’est alors que l’Europe devra assumer sa responsabilité vis-à-vis des actions militaires étasuniennes, ainsi que pour ses propres erreurs».

Il a également ajouté que l’afflux de réfugiés ukrainiens augmente considérablement le risque d’attaques terroristes. Pour cet autre expert chinois – l’Europe a clairement perdu de son autonomie sécuritaire – comme résultat des actions des USA et de l’Otan.

Pour conclure et selon Global Times – la définition de soutien au terrorisme telle qu’elle est définie dans la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme – correspond «presque parfaitement» au comportement affiché par Washington, bien qu’ironiquement les USA fassent partie de ladite convention.

A notre niveau nous ne pouvons que dire que si l’Europe bruxelloise a déjà sacrifié fort vraisemblablement la sécurité de ses propres citoyens pour le compte du donneur d’ordre washingtonien – le monde non-occidental devra prendre toutes les dispositions nécessaires pour contrôler le chaos créé par l’establishment atlantiste de l’Occident, et ce dans toutes les régions mondiales concernées.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Manœuvres stratégiques conjointes sino-russes comme réponse aux nostalgiques de l’unipolarité

30.05.2022

L’interaction militaire sino-russe se renforce à l’heure où les principaux partisans de l’ordre multipolaire international comprennent parfaitement les défis posés par les vestiges de l’ère unipolaire, comme l’atteste la récente patrouille conjointe – stratégique selon les représentants chinois.

Pour la première fois, des avions de combat chinois J-16 ont été observés dans la patrouille conjointe sino-russe, rapporte la Télévision centrale de Chine (CCTV), montrant une photo de deux J-16 volants aux côtés de bombardiers chinois H-6K et russe Tu-95MS. Les J-16 avaient été déployés comme escortes pour les dits bombardiers lors de cette dernière patrouille conjointe dans la région Asie-Pacifique. Plusieurs experts affirment par la même occasion que des avions de combat encore plus avancés comme le J-20 chinois et le Su-57 russe pourraient prendre part aux manœuvres conjointes la prochaine fois.

Global Times, quotidien chinois anglophone revient par ailleurs sur cette actualité dans un article tout récent. Comme rapporté – la patrouille conjointe a été menée par les forces aériennes des deux pays au-dessus de la mer du Japon, de la mer de Chine orientale et du Pacifique occidental. Il est question déjà de la quatrième patrouille conjointe de ce type depuis 2019, visant à examiner et à renforcer l’interopérabilité des forces aériennes de Chine et de Russie, ainsi que de booster la confiance mutuelle stratégique et la coopération pragmatique entre les armées des deux pays, comme l’a déclaré le colonel supérieur Wu Qian – un porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale.

C’est d’ailleurs la première fois que la Chine révélait des informations détaillées sur l’envoi d’avions de combat pour escorte lors d’une patrouille conjointe sino-russe, a déclaré dimanche un expert militaire chinois sous couvert d’anonymat à Global Times. De son côté, le ministère russe de la Défense a déclaré avoir envoyé des avions de combat Su-30SM pour l’escorte des bombardiers des deux pays, ce qui confirme selon cet expert que cela constituait un accord réciproque.

Les bombardiers stratégiques n’étant effectivement pas destinés pour s’engager dans des combats air-air, l’importance donc d’une escorte d’avions de chasse est à ce titre parfaitement compréhensible. De son côté, l’expert militaire et commentateur de télévision Song Zhongping affirme qu’afin de faire face à l’évolution constante de l’environnement du champ de bataille et dans l’objectif d’améliorer sa capacité de combat, la Chine doit disposer de suffisamment d’avions de chasse pour garantir que les patrouilles aériennes stratégiques puissent être effectuées de manière fiable, efficace et sûre.

Toujours selon lui, avec le développement des technologiques militaires, les chasseurs furtifs chinois J-20 et russe Su-57 pourraient participer à la prochaine patrouille conjointe sino-russe. Ce qui conduira à une augmentation significative de la capacité de combat de la flotte aérienne.

En termes de perspectives, il est évident que ces nouvelles manœuvres conduites conjointement par la Chine et la Russie – déplaisent fortement aux nostalgiques de l’ère unipolaire – occidentaux, plus particulièrement étasuniens, fortement implantés dans cette zone également, sans oublier les supplétifs régionaux, en premier lieu le Japon – qui d’ailleurs a déclaré avoir surveillé ladite patrouille conjointe sino-russe. Le tout d’autant plus à une période où les représentants de l’establishment occidental continuent de courir dans toutes les directions pour tenter de donner, ne serait-ce qu’un semblant, de l’isolement de la Russie. Bien que toutes ces tentatives se soldent jusqu’à maintenant par des fiascos évidents. Y compris là où encore récemment ils pensaient «régner» en maîtres.

Une chose est sûre. Le bloc sino-russe poursuit les orientations stratégiques, y compris dans le volet militaire, sans accorder trop d’attention à ceux qui gesticulent beaucoup sans être en mesure d’apporter quelque chose de plus que ces gesticulations.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3894

Secrétaire général de l’OTSC: l’alliance militaire eurasienne capable de faire face à l’Otan

28.05.2022

L’expansion vers l’Est de l’Otan attisera les tensions régionales et en aucun cas ne sera une source de stabilité ou de sécurité pour ses Etats membres, selon le secrétaire général de l’OTSC. Toujours selon lui, les hostilités entre les deux blocs ne pourront que s’aggraver.

L’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) dispose de toutes les possibilités pour garantir la sécurité pour nos pays, c’est ce qu’a indiqué Stanislav Zas – secrétaire général de l’organisation. Il a également ajouté que l’OTSC représente un bouclier efficace pour ses Etats-membres. Pour rappel, l’organisation politico-militaire est composée de la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Arménie et le Tadjikistan.

Selon lui, l’expansion orientale de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord attisera les tensions régionales et en aucun cas ne stabilisera et n’assurera pas la sécurité pour ses pays membres. En ce qui concerne les perspectives d’adhésion de la Finlande et de la Suède au bloc otanesque – cela ne fera qu’aggraver les hostilités entre la Russie et l’Otan.

Stanislav Zas a également rappelé que l’OTSC est une organisation internationale qui ne constitue pas seulement un bloc politico-militaire, mais que c’est également une organisation multifonctionnelle, offrant une protection contre d’autres types de menaces. Tout en ajoutant que l’organisation dispose de suffisamment de forces et de moyens, ainsi que d’un système de réponse aux crises: «L’OTSC a toutes les possibilités pour servir de garant de la sécurité de nos pays et je pense que nous sommes vraiment un bon bouclier pour nos six Etats», a-t-il déclaré.

En termes de perspectives, ces déclarations du secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité collective confirment effectivement plusieurs aspects. Tout d’abord est que nous assistons en effet aujourd’hui à une opposition féroce entre l’Eurasie – devenue la principale force motrice de défense et de promotion de l’ordre multipolaire international et l’Occident – dont l’establishment continue de tenter à forcer l’écrasante majorité de la planète vers un retour à l’ordre unipolaire, dépassé et révolu.

En ce sens, les processus en cours et à venir dans le grand espace eurasiatique prennent aujourd’hui une dimension particulièrement importante. Aussi bien dans le cadre de structures telles que l’OTSC, mais également en ce qui concerne les grandes alliances internationales telles que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – composée quant à elle de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde, du Pakistan, et bientôt de l’Iran qui deviendra également membre à part entière. 

D’où les innombrables tentatives des élites atlantistes à tenter de ralentir les processus en question en Eurasie – non seulement car ledit espace représente en soi un énorme poids démographique, militaire, économico-industriel et civilisationnel, mais aussi en raison de d’influence de plus en plus accrue dudit espace sur d’autres régions du monde, notamment dans son interaction avec l’Afrique, l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.

En effet et depuis les événements des derniers mois, l’Occident ne peut plus occulter la réalité de n’être qu’une extrême minorité à l’échelle mondiale et de n’avoir absolument aucune légitimité à pouvoir parler au nom d’une quelconque communauté internationale. Et ce malgré les innombrables instruments étant encore à sa disposition pour tenter de faire croire le contraire. Un autre élément à prendre en considération – vu comme un extrême danger par l’establishment atlantiste – n’est autre que la montée en nombre de personnes dans l’espace occidental qui se revendiquent de plus en plus ouvertement de la multipolarité. Et qui ne se retrouvent aucunement dans les délires de leurs prétendues élites qui s’accrochent au fantasme d’une hégémonie occidentale sur le monde, dans la pure continuité d’une mentalité coloniale.

En ce sens, il est évident que les alliances eurasiennes et internationales ont un énorme rôle à faire valoir pour mettre définitivement fin aux rêves des nostalgiques de l’unipolarité, et pour que puisse s’imposer non plus seulement le monde multipolaire – qui est déjà une réalité admise – mais bel et bien l’ère multipolaire post-occidentale, souhaitée et attendue par des milliards de personnes de la planète.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Amérique latine: les USA face aux difficultés

20.05.2022

Malgré le maintien de la politique washingtonienne d’arrière-cour à l’encontre des nations latino-américaines, les processus régionaux et internationaux ne font chaque jour que réduire un peu plus l’influence étasunienne sur les pays en question.

L’heure n’est vraisemblablement pas rose pour Washington en Amérique latine. The New York Times affirme d’ailleurs que le prochain Sommet des Amériques prévu à Los Angeles le mois prochain pourra être sérieusement affecté par plusieurs boycotts de leaders latino-américains.

Parmi les grands noms de ce boycott figurent ceux de Andres Manuel Lopez Obrador – président mexicain ou encore de Jair Bolsonaro, président du Brésil. En ce qui concerne le leader du Mexique – il avait en effet déclaré qu’il ne participerait pas au prochain Sommet des Amériques si les USA excluaient d’autres pays, parmi lesquels Cuba, le Nicaragua et le Venezuela.

Le président mexicain est même allé plus loin en affirmant dans un entretien à l’agence de presse Prensa Latina que les actions des Etats-Unis à l’encontre de Cuba constituent un génocide. A noter que le Mexique au-delà d’être un des voisins immédiats des USA – est également l’actuelle 13ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Avec en perspectives la possibilité d’intégrer le Top 10, tandis que des pays occidentaux comme la France et le Royaume-Uni vont vraisemblablement quitter ce même Top 10 sur le court-moyen terme.

En ce qui concerne le Brésil – principal puissance latino-américaine et l’actuelle 9ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat, si le président Bolsonaro était longtemps considéré comme un sympathisant à Washington, ses relations avec Joe Biden sont aujourd’hui loin d’être au beau fixe. Y compris sur la question du refus du Brésil à se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie.

Mais au-delà de l’aspect qui concerne purement le sommet en question, de manière générale les processus pro-multipolaires semblent effectivement prendre la voie d’un éloignement de plus en plus évident de l’Amérique latine vis-à-vis de Washington, comme Observateur Continental l’avait prédit précédemment.

Effectivement, si l’axe bolivarien souverainiste et progressiste est non seulement toujours vivant avec Cuba, le Nicaragua, le Venezuela et la Bolivie, la gauche progressiste continue d’attirer d’autres pays. L’élection au Pérou de Pedro Castillo avait déjà marqué les esprits, en Colombie – l’un des principaux alliés de Washington en Amérique latine de plus en plus de doutes persistent quant aux choix stratégiques d’avenir, mais surtout la présidentielle brésilienne d’octobre prochain inquiète vivement l’establishment étasunien.

En effet, le retour fort possible au pouvoir de Luiz Inacio Lula da Silva, représentera un énorme défi pour la politique US dans toute l’Amérique latine. Rappelons à cet effet que Lula n’a jamais eu de relations cordiales avec Washington, récemment avait dénoncé la responsabilité des Etats-Unis et de l’UE dans la crise ukrainienne, le tout sans oublier d’être un ferme partisan du bloc des BRICS, dont le Brésil fait partie avec la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

Fait important: Lula fait pour le moment figure de favori du scrutin présidentiel brésilien. Son élection éventuelle à la tête du Brésil créera de nouveaux problèmes pour Washington, sachant d’autant plus qu’il partage une amitié forte et ancienne avec tous les principaux leaders progressistes latino-américaines – largement hostiles aux USA par la même occasion. Et si la principale puissance latino-américaine adoptera une position ferme dans cet axe souverainiste, progressiste et résolument pro-multipolaire – il est évident que l’influence washingtonienne et occidentale en prendra un sérieux coup supplémentaire. Oui, réalité multipolaire post-occidentale oblige.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3878

Tchad: la population se mobilise contre la Françafrique

16.05.2022

Comme prévu, les processus de rejet de la politique occidentale se renforcent dans les pays du continent africain. Y compris dans les Etats sur lesquels l’establishment occidental continue de miser.

L’Elysée et le Quai d’Orsay se rendent à l’évidence que la dynamique engagée à de nombreux endroits de l’Afrique, qu’ils avaient espéré ralentir, ne fait au contraire que monter en intensité. La récente mobilisation au Tchad ne fait que le confirmer avec des appels de la population ouvertement hostiles contre Paris et ses intérêts.

En effet, toutes les campagnes que le système néocolonial françafricain a tenté de mener, et continue d’ailleurs, en cherchant à déstabiliser les Etats qui inspirent aujourd’hui nombre d’autres, notamment la Centrafrique et le Mali – ne semblent pas apporter les résultats escomptés.

Les tentatives de séduire une partie de la jeunesse africaine ou les informations récentes faisant part d’actions visant à soudoyer des blogueurs africains ne font au contraire qu’exacerber la volonté de résistance à ces pratiques néocoloniales occidentales de la part d’une large partie de la société civile panafricaine.

Mais ce n’est pas tout. On peut remarquer aujourd’hui de plus en plus de tentatives visant à essayer de surfer sur la vague panafricaniste, y compris sur les sentiments hostiles à la Françafrique, de la part du principal allié (ou suzerain) de Paris, à savoir Washington. Ainsi, certains influenceurs africains sont mis à contribution pour tenter à se joindre au discours souverainiste dans un cadre panafricain, en reprenant une partie des discours hostiles au régime hexagonal, mais par la même occasion en essayant de dénigrer le partenariat avec la Russie ou la Chine, tout en promouvant les intérêts étasuniens.

Fait marquant et au-delà de l’aspect propre aux anglo-saxons qui n’hésitent pas à poignarder dans le dos leurs propres prétendus alliés, le fait est que cette stratégie n’apporte pas elle aussi, à l’instar de celle de Paris, de résultats rassurants pour ses instigateurs. Washington a beau vouloir se distancer dans ce schéma des échecs hexagonaux – peu de gens en Afrique lui font confiance.

Tout cela confirme que le rejet actuel du système de la Françafrique dépasse largement le cadre des sentiments hostiles au régime hexagonal, mais s’étend beaucoup plus largement à tout l’Occident, du moins plus particulièrement à l’establishment occidental, aussi bien politique que médiatique. Et cela malgré encore de grands moyens à sa disposition – allant de médias propagandistes, francophones comme anglophones, jusqu’aux financements via les réseaux à la sauce Soros & Co.

Pour revenir au Tchad, le défi particulier pour Paris et plus généralement l’establishment atlantiste, est que ce pays fait justement partie des Etats africains sur lesquels le régime hexagonal comptait le plus, avec également la Côte d’Ivoire et le Niger, pour tenter à minimiser les pertes suite aux revers subis en RCA et au Mali.

Il faut également se rendre à l’évidence qu’en ce qui concerne le cas tchadien, l’élite occidentale fera de son maximum pour empêcher la réalisation des aspirations de la société civile du pays. Y compris avec des moyens de répression, largement disponibles de part une présence militaire hexagonale sur place.

Cependant, le processus de résistance panafricaniste et pro-multipolaire est déjà largement enclenché. Et se basant sur cela – il sera extrêmement difficile désormais pour les forces néocoloniales occidentales et leurs supplétifs locaux de pouvoir faire taire la voix de millions d’Africains qui souhaitent prendre complètement leur destin en main. Et par la même occasion rappeler, une fois de plus, que ce qui a permis la prospérité, pendant longtemps, de l’espace occidental – ce sont les ressources du monde non-occidental, et non pas le prétendu contraire.

Oui, la chute sera très dure pour l’Occident. Son extrême arrogance, ainsi que l’incapacité la plus totale à s’adapter aux règles récentes issues de la multipolarité, sans oublier les innombrables crimes et pillages commis – en sont parmi les principales raisons. Aujourd’hui, il faudra assumer.

Mikhail Gamandiy-Egorov