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ONU: une nouvelle coalition pro-multipolaire se forme

La récente initiative à l’ONU de plusieurs pays voulant défendre la Charte des Nations unies et contrer les attaques visant le multilatéralisme dans les relations internationales confirme une fois de plus la détermination évidente des partisans du concept multipolaire mondial.

17 pays membres de l’ONU s’unissent dans la création du Groupe des amis pour la défense de la Charte des Nations unies, en mettant un accent particulier sur la défense du multilatéralisme, tout en repoussant le recours à la force ou même à sa menace, ainsi que l’imposition des sanctions unilatérales.

Les membres fondateurs du groupe étant: la Chine, la Russie, l’Iran, la Syrie, la Bolivie, l’Algérie, l’Angola, la Biélorussie, Cuba, le Cambodge, la Corée du Nord, l’Erythrée, le Laos, le Nicaragua, la Palestine, le Venezuela, ainsi que Saint-Vincent-et-les-Grenadines. D’autres nations sont par ailleurs invitées à se joindre à cette initiative dans le cadre onusien.

Les initiateurs de cette coalition indiquent dans une note explicative que «le multilatéralisme, se trouvant au cœur de la Charte des Nations unies subit actuellement une attaque sans précédent, ce qui menace à son tour la paix et la sécurité mondiales». En ajoutant que l’on observe aujourd’hui dans le monde le recours de plus en plus actif à des actions unilatérales, marqué par des mesures isolationnistes et arbitraires, y compris des mesures coercitives unilatérales ou le retrait d’accords historiques et d’institutions multilatérales.

Les auteurs notent également que le groupe d’amis s’efforcera de préserver, promouvoir et défendre la primauté et l’importance de la Charte des Nations unies, ce qui est indéniablement très important dans l’environnement international actuel. Le groupe s’efforcera par ailleurs d’assurer le respect intégral, de façon permanente et efficace, et non sur une base sélective ou purement bénéfique, des obligations découlant de la Charte onusienne, ainsi que le respect de sa lettre et de son esprit.

La note explicative à la lettre annonciatrice du lancement de cette coalition indique en outre que le groupe d’amis servira de plateforme pour discuter et coordonner des initiatives conjointes. Ces initiatives devront contribuer à assurer le respect des principes de souveraineté, d’égalité des Etats, et de non-ingérence dans leurs affaires intérieures. Les dites initiatives devraient également contribuer à la mise en œuvre du principe de règlement pacifique des différends.

Ainsi, il est prévu que le groupe coordonnera la préparation des déclarations conjointes, ainsi que l’organisation d’événements supplémentaires dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies. Le groupe se réunira régulièrement au niveau des représentants des pays concernés auprès de l’ONU – au moins une fois tous les trois mois. Les participants se réuniront également une fois par an au niveau des ministres des Affaires étrangères – si la situation à New York le permet en marge de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. Le coordinateur du groupe sera l’un de ses membres au cours de l’année. Il changera chaque année sur une base de rotation.

Maintenant et en parlant de perspectives dans le cadre de cette initiative internationale, il serait juste de dire qu’elle est incontestablement à saluer. S’il est clair qu’elle réunit et réunira en soi les partisans affirmés de la multipolarité, et qu’elle vise indéniablement à contrer les actions des nostalgiques de l’ordre unipolaire révolu, en premier lieu les Etats-Unis, elle a le grand mérite supplémentaire de renforcer, une fois de plus, la véritable notion de communauté internationale, qui ne peut aucunement se limiter aux pays occidentaux et à leurs proxys. Surtout dans la réalité mondiale actuelle.

D’autre part, les actions coordonnées des pays initiateurs de ce groupe d’amis, ainsi que d’autres qui seraient amenés à rejoindre ledit groupe, représenteront sans aucun doute des réponses efficaces à l’unilatéralisme étasunien et occidental, y compris lorsqu’il s’agit justement pour ces derniers d’adopter des mesures de sanctions unilatérales visant des Etats souverains, ou encore dans le cas d’une interprétation purement néocoloniale du droit international, comme cela fut souvent le cas dans le passé. Et même d’ailleurs au présent bien qu’avec beaucoup moins de résultats pour les nostalgiques unipolaires – capacité de résistance des forces pro-multipolaires oblige. Comme le rappelle d’ailleurs à juste titre le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi durant la récente conférence de presse en marge de la quatrième session de la 13ème Assemblée populaire nationale (APN). Notamment sur la question de la défense et de la promotion du multilatéralisme dans les relations internationales.

Last but not least, cette initiative renforce considérablement les efforts conjoints sino-russes dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU – où l’axe occidental, y compris à travers ses instruments médiatiques, tente sans grand succès de présenter les capacités de blocages et de vétos de Pékin et Moscou comme une volonté minoritaire face à la prétendue «communauté internationale». Une notion qui continuera d’être dépassée pour la simple et bonne raison que la véritable communauté internationale est tout, sauf, la communauté occidentale. Et le monde, dans sa large majorité, n’a jamais adoubé l’Occident d’en être le porte-parole.

Justement et dans le cadre du Conseil de sécurité, bien que la Chine et la Russie réunies ont beaucoup plus de légitimité à parler pour une large part de la communauté réellement internationale, ne serait-ce que du point de vue démographique, économique, politique et sécuritaire que les trois membres occidentaux du CS, il n’empêche que voir une large solidarité internationale, aussi bien dans le cadre eurasien avec l’axe Moscou-Pékin-Téhéran, que de la part des nations africaines, latino-américaines et asiatiques – permettra indéniablement de remettre les pendules à l’heure vis-à-vis de ceux qui n’ont aucune légitimité à parler pour la planète.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Iran compte adhérer à l’Union économique eurasiatique

Le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf avait récemment annoncé que son pays prévoit de rejoindre l’Union économique eurasiatique (UEEA). Si cette annonce suscite un évident enthousiasme pour les partisans de l’intégration eurasienne, du côté des puissances occidentales et d’Israël – l’heure est résolument à l’inquiétude.

L’éventualité d’une adhésion de la République islamique d’Iran à l’Union économique eurasiatique conforte l’idée du plein renforcement de la coopération eurasienne – aussi bien dans le sens d’une région plus que stratégique pour le renforcement du concept multipolaire du monde, ainsi que dans l’idée que c’est bel et bien en Eurasie que se forme la véritable notion de communauté internationale. Et ce aussi bien du point de vue géopolitique, géoéconomique, sécuritaire et démographique.

Pour rappel, l’Iran fait partie d’une autre grande organisation internationale eurasienne, à savoir l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en qualité de membre-observateur, avec de très bonnes perspectives de devenir prochainement membre à part entière. Mais que représente concrètement du point de vue stratégique une adhésion de Téhéran au sein de l’UEEA? Il faut pour cela faire mention de plusieurs orientations.

Tout d’abord, il faut noter que désormais l’Union économique eurasiatique dépasse le cadre «promu» dans la vision des élites atlantistes, comme une simple renaissance de l’URSS. Sachant que l’Iran, à la différence des membres actuels de l’UEEA, n’a jamais fait partie de l’Union soviétique. Cela conforte donc l’idée que la notion même de l’intégration dans l’espace eurasiatique est un concept résolument tourné vers l’avenir et surtout qui attire les nations du grand espace eurasien.

D’autre part, et puisqu’on parle d’économie, il faut noter que pour l’Iran – la 21ème puissance économique mondiale en termes de PIB nominal, la 25ème en qualité de PIB à parité de pouvoir d’achat et l’une des principales économies parmi les pays du monde musulman, la perspective d’entrée dans l’UEEA ouvrira des perspectives économiques fortement intéressantes. Puissance énergétique de premier plan (avec une part de marché au niveau mondial des produits pétroliers de 5,5%), l’économie iranienne a connu une vive diversification au cours des dernières années. Cela sans oublier le potentiel scientifico-intellectuel de la nation perse qui n’est pas à démontrer. Y compris en comparaison avec certains de ses voisins régionaux. Ainsi qu’une capacité ferme à résister aux sanctions et pressions extérieures.

Quant à l’Union économique eurasiatique, il faut rappeler que l’organisation représente en soi une population de près de 200 millions de personnes, un PIB nominal de plus de 1700 milliards d’équivalent de dollars et un PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA) de près de 4800 milliards d’équivalent de dollars.

Cette intégration de l’Iran dans l’espace eurasien se déroule  au moment d’un renforcement stratégique avec des pays comme la Chine et la Russie. Ceci étant dit, Pékin et Moscou ne sont pas les seuls soutiens de cette alliance avec l’Iran, aussi bien sur le plan géoéconomique que géopolitique. Des pays comme l’Arménie voient d’excellentes perspectives pour leurs projets économiques dans le cas d’une entrée de l’Iran dans l’Union économique eurasiatique.

Parmi les projets qui peuvent prendre forme ou être ravivés, on peut faire mention du projet ferroviaire reliant l’Iran et l’Arménie. Le coût de ce projet avait été estimé à 3,2 milliards d’équivalent de dollars. La longueur de cette route devrait être autour de 300 kilomètres, avec une infrastructure comprenant 64 ponts d’une longueur totale de 19,4 kilomètres, ainsi que 60 tunnels de 102,3 kilomètres et 27 stations.

Mais ce n’est pas tout. Si ce projet venait à être réalisé, l’Arménie n’aurait pas seulement une importante voie d’accès à l’Iran, mais également vers la Caspienne – en renforçant ainsi les liens par voie maritime avec les autres membres de l’UEEA – comme la Russie et le Kazakhstan. Ce qui est certain, c’est que l’adhésion de l’Iran à l’Union économique eurasiatique ouvre des opportunités pour Erevan de booster son économie, surtout pour la période post-covid et post-conflit avec l’Azerbaïdjan. D’autant plus lorsqu’on connait l’importante et influente diaspora arménienne d’Iran et qui maintient des contacts étroits avec la nation d’origine. Tout cela ne peut être donc que fort positif pour les deux pays, et plus généralement pour le front eurasien.

Evidemment, l’intégration de l’Iran dans l’UEEA ne trouve pas que des partisans. Et suscite une inquiétude peu voilée du côté étasunien, ou encore israélien. Justement, le quotidien israélien Israel Hayom note que les Etats occidentaux craignent que l’adhésion de l’Iran à l’Union économique eurasiatique permette à Téhéran de contourner les sanctions étasuniennes et de faire progresser son programme nucléaire.

Le souci pour les opposants à ces processus de larges intégration et interaction en Eurasie, c’est qu’ils oublient que des pays-civilisations que sont la Chine, la Russie, l’Iran et d’autres n’ont pas l’habitude de demander d’autorisation à qui que ce soit, en ce qui concerne leurs intérêts respectifs et ceux de leurs alliés. Et que si l’adhésion de l’Iran dans l’Union économique eurasiatique se concrétisera – ce n’est certainement pas Washington, Bruxelles ou Tel-Aviv qui pourront la faire stopper.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Ouzbékistan dans l’UEEA: d’observateur à membre à part entière?

En décembre dernier, l’Ouzbékistan avec Cuba ont rejoint le rang de membres observateurs de l’Union économique eurasiatique (UEEA). Depuis, de nombreuses voix s’élèvent à Tachkent afin que le pays puisse passer rapidement à l’étape supérieure au sein de l’organisation.

Depuis que l’Ouzbékistan et Cuba aient rejoint récemment la Moldavie en qualité de membres observateurs de l’UEEA – les membres de plein droit étant aujourd’hui le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan – l’éventualité que le premier cité devienne lui aussi membre de plein droit semble de plus en plus à l’ordre du jour. Et ce aussi bien au niveau de l’UEEA, que du leadership et de la société d’Ouzbékistan.

En effet et du côté de l’Union économique eurasiatique, la volonté est clairement dans la favorisation de la pleine intégration de Tachkent au sein de l’organisation. Les pays membres se déclarent d’ailleurs prêts à accorder tout le soutien nécessaire au pays dans l’intégration en tant que membre de plein droit.

Au niveau de l’Ouzbékistan, les sentiments régnant, notamment au niveau de la population du pays, sont clairement en faveur de ladite intégration eurasienne – l’espace par ailleurs tout simplement naturel pour la nation ouzbèke. Lors du sondage effectué en mai de l’année dernière, ¾ des citoyens ouzbèks avaient confirmé soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. 

Plus récemment, il a été également rappelé qu’au-delà des avantages existants dans le cas d’une pleine intégration, notamment pour le commerce et les exportations, les travailleurs originaires d’Ouzbékistan pourront profiter des avantages qu’offre l’appartenance à l’UEEA. 

Ainsi, les citoyens des pays de l’Union économique eurasiatique travaillant dans les pays de l’union n’ont pas besoin d’obtenir de permis de travail, chose qui est nécessaire pour les migrants venant d’autres pays. Parmi les autres avantages mentionnés, les taux de l’impôt sur le revenu et de l’assurance sociale sont les mêmes pour les migrants appartenant à l’UEEA que pour les citoyens des pays de l’union où ils se trouvent. Lors de l’embauche, les diplômes et certificats de qualification sont reconnus sans accréditation ou procédure de reconnaissance supplémentaire.   

Lors des paiements liés à la retraite, le stage de travail dans les pays de l’UEEA autres que celui de l’appartenance est pris en compte. Enfin, les migrants, ainsi que les membres de leurs familles, dont les pays sont membres de l’union reçoivent des soins médicaux d’urgence gratuitement. A noter que sur les près de 2,5 millions de citoyens ouzbèks travaillant en dehors de leur pays, environ 2 millions vivent et travaillent en Russie. Un nombre conséquent d’entre eux travaillent également au Kazakhstan.

Tout cela conforte l’idée que l’Ouzbékistan pense très sérieusement de passer de statut d’observateur à membre à part entière de l’Union économique eurasiatique. En termes de timing, si l’année 2025 avait été mentionnée dans le passé comme décisive, il n’est pas à exclure que cela puisse arriver plus tôt.

Il est à rappeler que l’establishment étasunien a maintes fois déclaré sa vive opposition quant aux processus d’intégration dans l’espace eurasien post-soviétique, en y voyant ni plus ni moins « qu’une renaissance de l’URSS ». Ceci étant dit, le dernier mot reviendra aux peuples concernés, et non pas aux politiciens occidentaux. Les sentiments observés dans l’espace eurasien confortent cette idée.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: du Kazakhstan jusqu’à Cuba

L’Union économique eurasiatique (UEEA) a accordé le statut d’observateurs à l’Ouzbékistan et Cuba, élargissant par la même occasion son influence régionale et internationale. Retour sur les développements récents et moins récents.  

Malgré la vive opposition de nombre d’Etats occidentaux aux processus d’intégration dans l’espace eurasiatique ex-soviétique, principalement de Washington, rien ne semble pour le moment pouvoir stopper un processus enclenché depuis les années 1990 comme une initiative personnelle de Noursoultan Nazarbaïev, devenue une réalité en 2014. Depuis ledit processus poursuit sa lancée.

Il est important encore une fois de rappeler le rôle précisément du Kazakhstan et notamment de son ex-président Nazarbaïev pour que l’UEEA voie le jour. En effet, le leader kazakh à l’instar de nombreux habitants d’Asie centrale était opposé à l’éclatement de l’URSS. Mais lorsque la fin de l’Union soviétique était en train de devenir une réalité, il avait cherché dès les premiers moments à créer et bâtir un autre cadre d’intégration et d’interaction dans l’espace eurasien post-soviétique. Et ce aussi bien dans l’intérêt de son pays le Kazakhstan, que de nombreux autres Etats ayant composé l’URSS.

Dans un commentaire récent, accordé dans le cadre du film-documentaire Traits pour un portrait et diffusé par la chaîne de télévision Khabar, le premier président du Kazakhstan a évoqué comment était venue l’idée de la création de l’Union économique eurasiatique. Fait intéressant: l’initiative de Nazarbaïev était réellement apparue avant même l’éclatement officiel de l’URSS. Sa proposition était alors de créer à la base une union de quatre Etats (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, Ukraine), dans les mains de laquelle était concentrée 90% de l’économie soviétique. Tout en proposant aux autres pays de pouvoir l’intégrer, selon leur volonté.

Mais l’idée n’avait pas reçu l’approbation de Mikhaïl Gorbatchev – le dernier leader de l’URSS, ni de Boris Eltsine – le premier président de la Russie post-soviétique. Au lieu de cela c’est la Communauté des Etats indépendants (CEI) qui verra le jour. Pour autant et voyant que la nouvelle organisation ne contribuait pas à une intégration profonde au sein de l’espace concerné, Noursoultan Nazarbaïev avait continué à insister pour qu’une structure d’intégration plus puissante se réalise.

Au final, c’est ainsi que naîtra l’Union économique eurasiatique, devenue aujourd’hui l’une des principales forces motrices aussi bien dans le grand espace eurasien, mais également dans le cadre du concept multipolaire du monde. Deux projets auxquels restent fermement opposés les élites étasuniennes, occidentales et atlantistes.

L’organisation est aujourd’hui composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. Depuis mai 2018, la Moldavie est devenue membre-observateur de ladite structure. Des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux en octobre 2019).

Désormais – deux nouveaux Etats ont rejoint avec l’aval des pays membres les observateurs de l’organisation: à savoir l’Ouzbékistan et Cuba. Dans le cas du premier, il s’agirait vraisemblablement que de la première étape du processus d’intégration. Sachant que lors du sondage mené en mai de cette année, ¾ des citoyens ouzbeks avaient soutenu l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA. Fait notable: parmi eux – beaucoup de jeunes.

En ce qui concerne Cuba, les éléments d’une coopération multisectorielle donnent non seulement des avantages, notamment économiques, évidents pour l’île de la liberté, mais peuvent également ouvrir la voie à une interaction encore plus large entre l’Eurasie et l’Amérique latine. Le tout au moment où nombre d’Etats latino-américains soutiennent fermement l’ère multipolaire mondiale. Parmi eux, on peut citer le Venezuela, le Nicaragua, la Bolivie ou encore l’Argentine.

Dans le cas de l’espace eurasien, une grande puissance comme l’Iran pourrait devenir également membre-observateur de l’Union économique eurasiatique prochainement. Des négociations sont prévues en ce sens. A noter que la République islamique est déjà membre-observateur d’une autre grande structure internationale basée en Eurasie – en l’occurrence l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une structure dans laquelle elle devrait devenir membre à part entière dans un avenir proche.

Et lorsqu’on sait que ces événements majeurs, dans le cadre de l’UEEA, se sont réalisés en l’espace d’un peu plus de six ans – de la création aux événements actuels, il est évident que l’espace eurasien aura pour mission de poursuivre le renforcement observé. Et ce malgré la vive opposition des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Vraisemblable échec de la révolution de couleur en Biélorussie

Alors que la Biélorussie faisait partie des priorités récentes en matière de déstabilisation visant l’espace eurasien par les instigateurs occidentaux, la situation actuelle semble confirmer la thèse de l’échec de ce scénario.

Le fait que l’Etat biélorusse faisait partie des principales priorités de l’establishment US et plus généralement atlantiste en termes de déstabilisation de la situation ne laisse aucun doute. Et ce non seulement dans l’objectif de se débarrasser d’un leader mal aimé des Occidentaux, mais également et peut-être surtout de tenter à ralentir la montée en puissance sans précédent de l’espace eurasien dans le cadre multipolaire du monde, ainsi que des principaux adversaires géopolitiques du camp atlantiste, qui partagent des relations d’alliance avec Minsk.

Mais malgré des semaines de manifestations soutenues par les principales capitales occidentales, ainsi que le refus par ces dernières de reconnaitre la légitimité de la réélection du président Loukachenko, tout semble désormais confirmer la thèse de l’échec du scénario voulu et calculé par le camp atlantiste.

Plusieurs faits le démontrent assez clairement. Premièrement, le fait que les principaux alliés de Minsk aient affiché leur solidarité avec le pouvoir légitime n’a laissé aucun doute. Effectivement, l’opposition nette à une interférence extérieure s’est même traduite par l’éventualité déclarée d’une implication de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), à laquelle la Biélorussie appartient. Faisant comprendre aux élites occidentales tout le sérieux de la motivation des alliés de Minsk.

Deuxièmement, les sanctions annoncées par l’Union européenne vis-à-vis de nombre de responsables biélorusses – sans pour autant y inclure Alexandre Loukachenko – a également mis en lumière que malgré le refus de cette UE à reconnaitre la légitimité des résultats de l’élection présidentielle biélorusse et la rhétorique hostile – l’incapacité des Occidentaux à dépasser certaines lignes rouges. Qui auraient été dépassées si l’Occident politique avait effectivement cherché à interférer encore plus dans les affaires intérieures de la Biélorussie.

Troisièmement, et cela est tout aussi important – c’est l’échec, un peu comme à l’image du Venezuela, de se placer pour les élites occidentales en porte-paroles de la communauté internationale. En effet, la voix d’une minorité mondiale ne peut aucunement parler au nom d’une communauté internationale au véritable sens du terme. Le fait que les résultats des élections biélorusses aient été reconnus rapidement par plusieurs grandes puissances internationales et régionales (Chine, Russie, Iran, Syrie, Turquie), sans oublier les autres pays de l’espace eurasien, notamment membres de l’Union économique eurasiatique, ainsi que nombre de pays d’Amérique latine et d’Afrique, a clairement mis en exergue que la véritable notion de communauté internationale est tout sauf celle présentée par les Occidentaux.

Quatrièmement, la tentative des élites occidentales de faire de l’opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa une sorte de leader parallèle, un peu comme à l’image du Venezuela, à savoir présenter un candidat perdant de l’élection comme leader autoproclamé par un groupe limité de pays, le tout dans une totale incapacité d’influer sur les décisions prises au niveau étatique du pays concerné, ne fait confirmer un peu plus tout le ridicule d’une telle approche.

Dernièrement, et cela est peut-être même le plus important car cela concerne les citoyens biélorusses et leur pays. Le refus de soutenir les manifestations par une majorité de la population du pays et l’essoufflement progressif observé au niveau des partisans de l’opposition ont clairement démontré que les instigateurs de la tentative de déstabilisation en Biélorussie peuvent déjà commencer à faire une sorte de bilan de leur échec. Et pourquoi pas par la même occasion faire état des finances parties dans le vent à cet effet.

En effet et selon les sources se trouvant sur place, les manifestations ont non seulement diminué en intensité de par le nombre des participants, mais désormais c’est principalement en week-end qu’elles se déroulent. Les autres jours étant ouvrables – les opposants au président Loukachenko se sont donc rendus à l’évidence qu’il faut reprendre le cours normal des choses – à savoir travailler à l’instar des partisans du gouvernement. Après tout, ce n’est ni Washington, ni Bruxelles, ni toute autre capitale occidentale qui paieront les salaires à la fin du mois.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine prend part aux exercices militaires Caucase 2020

L’espace eurasiatique devient plus que jamais le terrain d’une interaction majeure entre les Etats appartenant audit espace, notamment sur le plan sécuritaire. Les exercices militaires Caucase 2020 auxquels prennent part les représentants de plusieurs pays, dont la Chine, ne font que le confirmer.

Les exercices en question, qui se dérouleront dans le sud du territoire russe, verront la participation de militaires de Russie, Chine, Biélorussie, Arménie, du Myanmar et du Pakistan. Les représentants des forces armées de l’Iran, du Kazakhstan, d’Indonésie, d’Azerbaïdjan, du Tadjikistan et du Sri Lanka, prendront part à l’événement en qualité d’observateurs.

Selon le communiqué du ministère russe de la Défense, près de 80 000 militaires participeront aux exercices Caucase 2020. Au sein des participants, il y aura des formations et des unités de combat, de soutien logistique et technique, de défense aérienne et des formations de forces navales. Par ailleurs, il est prévu que lors des manœuvres soient impliqués jusqu’à 250 chars, environ 450 véhicules de combat d’infanterie et de véhicules blindés de transport de troupes, ainsi que jusqu’à 200 systèmes d’artillerie et de lance-roquettes, le tout dans des actions pratiques sur le terrain.

En ce qui concerne la République populaire de Chine, il est à noter que le leadership militaire de l’une des principales puissances mondiales, participe pratiquement à tous les exercices en coordination avec ses alliés et partenaires stratégiques. Et ce aussi bien dans l’espace eurasiatique, qu’au-delà. Les nombreuses manœuvres militaires conjointes bilatérales, comme multilatérales, ne font que le confirmer.

En effet, les nombreux exercices conjoints des forces armées chinoises et russes ont été observés au cours des dernières années, confirmant par la même occasion le très haut niveau d’interaction entre Pékin et Moscou sur la scène mondiale. Plus que cela, d’autres pays se joignent à la coordination sécuritaire sino-russe. En novembre dernier, aux larges des côtes atlantiques d’Afrique du Sud, les forces navales chinoises, russes et sud-africaines avaient organisé des manœuvres conjointes. 

Un mois plus tard, en décembre 2019, des exercices navals ont eu lieu entre l’Iran, la Chine et la Russie dans l’océan Indien et golfe d’Oman, entre le Détroit d’Ormuz, Bab-el-Mandeb et le Détroit de Malacca. 

Désormais, et avec la participation chinoise aux exercices Caucase 2020, Pékin ne fait que confirmer l’importance accordée à cette interaction stratégique. Et ce malgré les peurs et inquiétudes suscitées en Occident face à la montée en puissance indéniable de l’espace eurasiatique. Un espace qui ne cesse de renforcer le concept multipolaire de la géopolitique mondiale, sa capacité à gérer les défis liés à la lutte antiterroriste, à défendre la souveraineté et à interagir dans nombre d’autres domaines, allant de l’économie à la recherche et l’enseignement.

Evidemment, le leadership chinois observe avec attention les nombreuses tentatives de déstabilisation visant aussi bien ses intérêts directs, que ceux de ses alliés et partenaires stratégiques, à divers endroits du monde. C’est également en ce sens qu’il faut entrevoir la régularité et le sérieux avec lesquels la Chine participe à ces manœuvres. Plus que jamais les nations partisanes de la multipolarité comprennent la nécessité d’être non seulement capables d’interagir au plus haut niveau sur les plans diplomatique, politique et économique, mais également d’accroitre la capacité défensive conjointe, pouvant faire face à tout défi les visant. C’est probablement le point à retenir.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les pays baltes: une sous-traitance qui risque de coûter cher

Depuis la chute de l’URSS, certains pays ayant fait partie de l’union, se sont engagés sur une voie radicalement russophobe et pro-atlantiste. Les conséquences d’une telle politique restent extrêmement mitigées.

En effet, il suffit de prendre l’exemple des trois pays baltes – qui furent pour ceux qui ne le savent pas en période soviétique parmi les plus subventionnés par Moscou, mais à la fin de l’Union soviétique le cap était clairement donné vers l’intégration au sein de l’Otan et le fait d’accepter un véritable rôle de sous-traitants vis-à-vis de Washington, en parallèle d’une montée en flèche de positions clairement russophobes.

Dans cette politique, où d’ailleurs les trois pays baltes ne font pas figure d’exception, car des pays de l’ex-bloc socialiste comme la Pologne ou la Roumanie, se sont également engagés sur la même voie, les résultats restent très fortement discutables. Si les élites de ces pays trouvent leur compte dans leurs rapports privilégiés avec Washington et Bruxelles, le développement économique tant attendu n’est toujours pas arrivé. Si ce n’est la possibilité pour un large nombre de Polonais, Roumains, Lituaniens, Lettons, Estoniens d’aller faire une vie meilleure au Royaume-Uni, Allemagne et d’autres pays économiquement plus développés.

Le souci pour les pays baltes en l’occurrence, c’est que la dépendance économique vis-à-vis des voisins dont les élites des pays en question partagent une haine non-voilée, est restée forte. Les trois membres de l’UE – 86ème, 102ème et 112ème respectivement pour Vilnius, Riga et Tallinn dans le classement mondial en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PPA), restent fortement dépendants économiquement de pays comme la Russie et la Biélorussie. Justement et dans le cas du dernier, les récentes interférences baltes en coordination avec l’Otan et Washington dans les affaires post-électorales biélorusses, ont rappelé que Minsk dispose de bien d’instruments pouvant frapper les intérêts des pro-atlantistes radicaux. En premier lieu ceux de la Lituanie.

En effet, le président biélorusse Aleksandr Loukachenko a récemment menacé de réorienter les exportations biélorusses transitant par les ports lituaniens, notamment celui de Klaipėda, ainsi que d’interdire le transit des exportations européennes destinées à la Russie. Et dans le cas du premier point, les choses semblent déjà avoir commencé.

Pour information, les marchandises en provenance de Biélorussie représentent tout simplement près du tiers du trafic ferroviaire et portuaire de Lituanie. Un trafic qui rapporte gros au budget lituanien. Et selon le président biélorusse son pays « assure un tiers des revenus budgétaires » du voisin hostile. Certains responsables à Vilnius avaient pris au départ ces déclarations comme étant du « populisme » et avaient déclaré que ces actions frapperaient également la Biélorussie, en faisant notamment référence au fait que la réorientation pour le transit des produits biélorusses en faveur des ports russes couterait plus cher que le canal existant avec la Lituanie, tout en poursuivant les actions hostiles envers Minsk adoubées par Washington. Mais les récentes négociations entre Minsk et Moscou, composant ensemble l’Etat-Union et faisant partie de structures comme la CEI et l’Union économique eurasiatique, confirment que la Biélorussie semble déterminée à suivre la voie annoncée. D’autant plus que la Russie pourra certainement offrir des tarifs préférentiels à Minsk pour l’utilisation de ses ports, entre autres celui d’Oust-Louga, compte tenu des liens politiques et sécuritaires étroits entre les deux nations, et aussi du point de vue économique compte tenu des volumes importants de marchandises concernées par ledit transit.

Tout cela pour dire plusieurs faits. Tout d’abord que l’Union économique eurasiatique, un marché de près de 200 millions de personnes, représente un espace de grandes opportunités économiques pour ses membres et les pays ayant déjà des accords de libre-échange avec ladite union. D’autre part, les pays membres de l’Union européenne réalisant de façon radicale la sous-traitance politique et sécuritaire pour le compte de Washington, dont bien sûr les trois pays baltes, devront probablement désormais espérer l’obtention de plus de subventions venant de Washington et/ou de Bruxelles, pour compenser les pertes économiques dues aux actions hostiles qu’ils réalisent vis-à-vis des pays dont ils possèdent une dépendance économique. Notamment la Lituanie dans sa relation avec la Biélorussie. Après tout, ce n’est jamais bon de cracher dans la soupe.

Enfin, et lorsqu’on voit de quelle façon un pays comme les USA adopte des sanctions non seulement contre ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques, mais également contre tout Etat qui refuse de se mettre à genoux, il y a de quoi réfléchir. La Syrie, le Venezuela, l’Iran, ou encore Cuba (plus d’un demi-siècle d’embargo agressif étasunien pour ce dernier) en savent quelque chose. Pourquoi donc des pays possédant des instruments économiques évidents se priveraient-ils de riposter eux aussi vis-à-vis d’Etats ayant non seulement des positions hostiles vis-à-vis des premiers, mais aussi qui participent aux différentes déstabilisations et provocations visant des pays dont ces initiateurs dépendent fortement économiquement? Restera après aux concernés d’assumer les conséquences. Peut-être en envoyant encore plus de migrants vers les pays plus développés, pour le compte desquels cette sous-traitance est appliquée.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Eurasie s’unit dans le volet sécuritaire

La réunion des ministres de la Défense des Etats membres de la Communauté des Etats indépendants (CEI), de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) se tiendra à Moscou le vendredi 4 septembre au parc Patriot de Koubinka, près de Moscou.

C’est ce qu’a annoncé Vladimir Zainetdinov, l’attaché de presse de l’OTSC. L’ordre du jour de cette réunion conjointe des trois importantes organisations comprend des questions de sécurité régionale et internationale, la consolidation des efforts pour prévenir la menace de déclenchement de guerres et de conflits armés, ainsi que le renforcement de la coopération militaire. De plus, les participants à ladite réunion feront une déclaration commune à l’occasion du 75ème anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 et la Seconde Guerre mondiale.

Le secrétaire général de l’OTSC Stanislav Zas prendre également part à la réunion. Le ministre indien de la Défense Rajnath Singh de son côté est déjà arrivé à Moscou pour une visite de trois jours, y compris pour prendre part à la réunion conjointe CEI-OCS-OTSC du 4 septembre. En outre, le ministre biélorusse de la Défense, Viktor Khrenine, participera également à la rencontre.

Ce dernier présentera un rapport sur la sécurité internationale et régionale, la consolidation des efforts dans le but de prévenir la menace de déclenchement de guerres et de conflits armés, et le renforcement de la coopération militaire dans les conditions modernes.

Pour rappel, la CEI comprend 10 des 15 anciennes républiques soviétiques (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie, Azerbaïdjan, Kirghizistan, Moldavie, Ouzbékistan, Tadjikistan et le Turkménistan en tant qu’Etat associé). L’OTSC, organisation à vocation politico-militaire, est quant à elle composée de la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Enfin, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) se compose de la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan (tous membres fondateurs de l’organisation depuis 2001), ainsi que de l’Inde et du Pakistan (membres à part entière depuis 2017). L’Iran, la Biélorussie, la Mongolie et l’Afghanistan sont quant à eux membres observateurs de l’OCS.

Maintenant pour parler perspectives, il serait juste de dire que cette réunion est fortement importante, et ce pour plusieurs raisons. La première c’est qu’il s’agit d’une réunion conjointe de trois grandes organisations de l’espace eurasien. Confirmant par la même occasion nombre de questions d’intérêts conjoints au sein des trois structures, notamment dans le volet sécuritaire et de la Défense. Deuxièmement, elle confirme toute l’importance du grand espace eurasiatique à l’heure où l’Eurasie devient l’un des centres majeurs de la géopolitique et des relations internationales. Le tout dans le cadre multipolaire du monde. Troisièmement, à l’heure des nouvelles tentatives occidentales de déstabilisation, visant notamment actuellement la Biélorussie, il est fort important d’afficher l’unité et la solidarité au sein des alliés. Enfin, et en dehors du cadre ex-soviétique, il est certainement à saluer qu’au moment où les relations sino-indiennes vivent certaines tensions et désaccords, les représentants des deux pays seront en Russie pour la réunion, confirmant par la même occasion toutes leurs obligations en tant que membres de l’Organisation de coopération de Shanghai.

Par la même occasion, Pékin comme New Delhi ont le mérite de comprendre parfaitement que le dialogue reste la meilleure option en vue de résoudre les différends existants. En ce sens, l’OCS reste une référence. Et ce au moment même où les tensions au sein de l’adversaire de l’OTSC et de l’OCS, en la qualité de l’Otan, ne cessent de s’exacerber. Notamment entre la Grèce, la France et plusieurs autres membres du bloc atlantiste d’un côté, et la Turquie de l’autre.

Il sera par ailleurs fortement intéressant de suivre les décisions qui seront prises lors de cette réunion conjointe de Moscou, y compris face aux événements en Biélorussie, où vraisemblablement le scénario d’une nouvelle révolution de couleur pro-occidentale semble s’essouffler. Sur les autres sujets d’actualité internationale, qu’ils soient liés au Moyen-Orient, à l’Amérique latine ou à l’Afrique, la diplomatie sino-russe continue de démontrer une implacable solidarité face aux membres occidentaux du Conseil de sécurité de l’ONU. En ajoutant à cela la coopération multiforme dans la sphère sécuritaire et de la Défense, il est aujourd’hui devenu définitivement clair que les forces pro-atlantistes doivent rapidement mettre à jour leurs visions du monde. Et surtout leur compréhension du monde – un monde dans lequel ils ne seront plus, en tant que minorité évidente, amenés à dominer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Evènements au Mali et hypocrisie occidentale

Les événements récents à divers endroits du monde ont eu le mérite indéniable de montrer au grand jour et une fois de plus toutes les contradictions caractérisant les élites occidentales. Avec la notion du deux poids, deux mesures comme fondement de base de leur politique.

Au moment même où l’Occident maintient la pression sur la Biélorussie tout en applaudissant les manifestations anti-gouvernementales, dans le cas du Mali l’establishment occidental adopte une toute autre approche. Tout en sachant que les manifestations de la population malienne ont été régulièrement organisées au cours des derniers mois par la société civile de ce pays. Des manifestations qui étaient loin de trouver le même enthousiasme et approbation du côté des capitales occidentales.

Et alors même que ces capitales – se considérant toujours comme étant la prétendue communauté internationale (tout en étant une extrême minorité) appellent ouvertement à un changement de pouvoir à Minsk, dans le cas de Bamako ce sont les condamnations qui sont tombées depuis que le président Ibrahim Boubakar Keïta a été destitué par les militaires maliens en soutien aux revendications populaires.

Les Etats-Unis ont déclaré à travers l’émissaire étasunien pour le Sahel, Peter Pham, «qu’ils s’opposent à tout changement extra-constitutionnel de gouvernement, que ce soit par ceux qui sont dans la rue ou par les forces de défense et de sécurité». Ni plus, ni moins. Washington prend-t-il les observateurs au sérieux sachant qu’en ce qui le concerne c’est tout simplement le champion des organisations de coups d’Etat et de déstabilisations en tout genre de pays souverains. De Belgrade à Bagdad, de Tbilissi à Caracas, de Damas à Kiev, de Sucre à Minsk…

Où sont donc passés les appels au respect des revendications légitimes du peuple? La prétendue défense des droits humains? L’hypocrisie par excellence quand tu nous tiens. Ou c’est tout simplement l’intérêt géopolitique qui prime sur le reste? Si tel est le cas, et c’est vraisemblablement le cas, peut-être que cette prétendue et fausse communauté internationale (précisons occidentale) devrait cesser cette extrême hypocrisie et assumer son vrai visage ?

Un son de cloche similaire du côté de Paris, l’ancienne métropole coloniale que de très nombreux citoyens maliens voient comme la source même des problèmes sécuritaires auxquels le pays fait face et comme une entité n’ayant toujours pas abandonné une approche ouvertement néocoloniale vis-à-vis de leur pays et plus généralement des pays africains francophones.

La réalité est que les événements en cours au Mali, aussi bien avec la participation de la société civile que des militaires du pays, doit apprendre une bonne fois pour toute à l’Occident politico-médiatique que son hypocrisie ouverte et déclarée ne peut plus désormais être voilée. Et que par la même occasion toutes les belles paroles de cet establishment atlantiste ne représentent dans le fond absolument rien.

D’autre part, Washington comme Paris, sans oublier les autres acteurs occidentaux, devraient apprendre à respecter la souveraineté des Etats africains. Car dans ce XXIème siècle, désormais multipolaire, il n’y aura plus de place à terme pour ces pratiques non seulement totalement hypocrites, mais également et purement néocoloniales.

Enfin, il serait bon de savoir que la voix populaire, la vraie, ne s’achète pas. Et les peuples africains qui se mobilisent aujourd’hui le confirment pleinement. Par contre les financements, soutiens politiques, médiatiques, et dans bien de cas armés, d’une minorité radicale active dans nombre de pays souverains, des pays qui se trouvent dans le viseur des élites atlantistes et pro-unipolaires, tentant de donner une impression de masse face à une vraie majorité, non pas passive mais surtout travailleuse, en essayant de voiler tant bien que mal un agenda géopolitique clairement affiché – devront, à un moment ou un autre finir dans les poubelles de l’histoire. Mais connaissant l’incapacité de ces mêmes élites à apprendre et analyser l’histoire, et d’assumer les crimes commis, il est évident que les déstabilisations se poursuivront avec une hypocrisie toujours au summum.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La jeunesse comme fer de lance de l’intégration eurasienne

Histoire commune, échanges économico-commerciaux, politiques, éducatifs et culturels intenses, flux humains, l’intégration au sein de l’espace eurasiatique n’a probablement jamais été aussi forte depuis la fin de l’URSS. Le rôle attribué à la jeunesse des pays concernés en est pour beaucoup.

Il apparait aujourd’hui de façon évidente que si l’intégration eurasienne ait pu, principalement à partir des années 2000 et à ce jour, se développer à un rythme intense et toucher non seulement l’orientation économico-commerciale, cela est dû justement à la compréhension des populations concernées quant à l’intérêt majeur d’un tel projet. Et sans le soutien des jeunesses des pays appartenant à l’espace eurasiatique, notamment ex-soviétiques, il aurait probablement été difficile d’obtenir les résultats souhaités, y compris même avec le soutien à ladite intégration de la part des élites politiques des pays en question.

A cet effet, plusieurs raisons peuvent être avancées. Un bagage culturel, linguistique et historique commun certain, les liens familiaux, les échanges dans la sphère économique et commerciale, et bien évidemment le secteur de l’éducation et de l’enseignement. Ce dernier est d’autant plus important qu’il concerne aussi bien l’éducation familiale, notamment l’attachement aux valeurs et traditions communes. Car en effet, ce qui rassemble un Russe, Kazakh, Biélorusse, Arménien ou un Kirghize, durant ne serait-ce que la célébration chaque année de la Fête de la Victoire sur le nazisme, est quelque chose qui probablement ne peut être compris par ceux qui n’appartiennent pas à cette histoire commune, notamment en ce qui concerne la question sacrée des sacrifices endurés par le peuple multiethnique soviétique. Mis à part évidemment pour les étrangers qui habitent dans l’espace eurasien ou qui en possèdent une connaissance réelle, approfondie et sans clichés.

Au-delà de l’éducation familiale, s’en suit évidemment celle de l’école primaire, du secondaire et de l’enseignement supérieur. Et là aussi et malgré les innombrables bourses offertes aussi bien par Washington (principalement) que Bruxelles, donc atlantistes, en vue de casser les liens des peuples eurasiens, il s’est avéré que les fonds alloués ne suffisent pas à détruire ces liens en Eurasie.

D’autre part, le système éducatif de l’espace eurasien s’adapte lui aussi à la réalité multipolaire et commence à répondre aux attaques extérieures. Dans le calme et sans hystérie. Ainsi et à titre d’exemple, à la veille de la nouvelle année universitaire vient de paraitre le manuel appelé Intégration eurasienne: idées, objectifs, processus et perspectives. Parmi les auteurs dudit manuel on retrouve plusieurs chercheurs et professeurs renommés de Russie et d’Arménie.

Comme l’annonce Armenpress, la principale et plus ancienne agence de presse arménienne, le manuel en question – offert aux étudiants, doctorants et aux enseignants d’Arménie et des autres pays de l’Union économique eurasiatique est un produit unique, n’ayant pas d’analogues dans la littérature scientifique russe et arménienne. Et représente par la même occasion un guide d’étude pour tous ceux qui souhaitent découvrir ce qu’est l’Union économique eurasiatique (UEEA), comprendre l’essence d’un phénomène comme l’eurasisme et l’intégration eurasienne, ainsi que de découvrir le contenu de ces processus, en premier lieu économiques, se produisant aujourd’hui dans l’espace post-soviétique.

L’inquiétude et la vive opposition de l’establishment atlantiste vis-à-vis de l’UEEA est, les connaissant, d’une certaine façon compréhensible. Notamment leur peur permanente de renaissance d’une URSS sous une autre forme. Et cette inquiétude est justement expliquée par le fait qu’au-delà d’une large part de la génération plus âgée des pays eurasiens qui approuve les processus en cours, le soutien de la majorité des jeunes d’Eurasie pousse les élites atlantistes à des gesticulations supplémentaires.

En effet et pour rappel, lors d’un récent sondage en République d’Ouzbékistan, pays d’Asie centrale de plus de 30 millions d’habitants, ¾ des répondants ont déclaré soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. Fait fortement révélateur: l’essentiel des partisans de l’adhésion se trouvait au sein des plus de 40 ans ayant connu l’URSS et des jeunes de moins de 20 ans – nés après la fin de l’Union soviétique.

Les fondations washingtoniennes comme bruxelloises, continueront certainement et par tous les moyens à tenter de ralentir ces processus. Mais ce que l’establishment occidental ne comprend pas – c’est qu’il y a des choses qui ne s’achètent pas. Les valeurs de la jeunesse eurasienne dans sa large majorité y compris.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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